‹ Choléra et peste dans le pelerinage musulman, 1860-1903Chapitre 56 sur 69 · DU TRANSPORT MARITIME · texte numérisé non relu

DU TRANSPORT MARITIME

pas de l'indépendance vis-à-vis de la Compagnie qui les emploie.

Les provenances d'Egypte et de Gonstantinople recrutent la plupart du temps leurs médecins, pour un voyage seulement, soit à Alexandrie, soit à Constantinople, sans se soucier s'ils possèdent ou non les connaissances voulues et s'ils offrent les garanties nécessaires ; ils sont, en outre, dans une dépendance étroite du commandement, surtout à bord des navires turcs.

Enfin, sur les navires arrivant des Indes ou du golfe Persique, on ne rencontre — dans la majorité des cas — que des médecins indigènes, vêtus d'oripeaux bizarres, sachant à peine parler une langue européenne, munis d'un très mince bagage scientifique et ayant à bord une situation à peu près identique à celle du perruquier ou du maître d'hôtel — indigènes eux aussi — et dont ce médecin aime probablement à partager la table, voire même le logement.

Si l'indépendance du médecin sur les navires à passagers a été jugée nécessaire par les conférences et les congrès internationaux l, elle devient une loi lorsqu'il s'agit des transports de pèlerins : c'est, en effet, sur la confiance que l'on peut avoir dans le médecin embarqué que repose presque entièrement la prophylaxie logique du pèlerinage au retour.

Le médecin embarqué sur un navire à pèlerins doit :

1° Être européen;

2° Avoir subi an examen prouvant son aptitude à ces fonctions spéciales ;

3° Être commissaire de son gouvernement à bord et par conséquent indépendant de la compagnie ;

i° Réunir un rapport détaillé — avec toutes les statis-

1. Congrès international d'hygiène. Bruxelles, 1903. Caducée, 1903, n° 17.

tiques — concernant son voyage, tant à l'aller quau retour.

État des hôpitaux et du matériel médical ou sanitaire à bord des navires à pèlerins. — Au point de vue de l'installation du service médical ou sanitaire, les navires à pèlerins peuvent se diviser en trois catégories :

1° Navires provenant de Java, Singapore, Algérie et Tunisie ;

2° Navires provenant de l'Egypte, des Indes et du golfe Persique ;

3° Navires provenant de Constantinople.

A bord des premiers, on trouve un hôpital réglementaire — constamment réservé aux malades — une étuve à désinfection et une pharmacie suffisamment pourvue de médicaments et de désinfectants.

Sur les seconds, la pharmacie, l'étuve existent bien, mais l'hôpital n'existe, lui, qu'au moment du départ. Le navire parti, il est la plupart du temps mis à la disposition de pèlerins riches ; dans d'autres cas, cet hôpital étant constitué par une sorte de tente dressée à l'arrière, disparaît — le bateau à peine sorti du port — pour apparaître à nouveau un an après, au pèlerinage suivant, lors de la visite des autorités.

Enfin, sur les navires arrivant de Constantinople, il n'y a, comme matériel médical, qu'un minimum dérisoire : point d'hôpitaux, la plupart du temps aucune étuve à désinfection, une vague pharmacie. Et cependant, le règlement édicté par le Conseil supérieur de santé de Constantinople les oblige — de stricte façon — à être organisés au point de vue du matériel médical et sanitaire ; mais aucune surveillance n'est apportée en ce qui concerne l'application.

Tout navire à pèlerins doit avoir :

Page 1