MARITIME
1° Un hôpital contenant un nombre de lits suffisant pour hospitaliser 4 p. 100 de T effectif présent à bord; il doit être divisé en deux en réservant trois quarts des lits à F usage des hommes et un quart pour les femmes ;
2° Un second hôpital volant, formé de tentes et de brancards, devra toujours être prêt et sera dressé sur le pont en cas d'épidémie ;
3° Une étuve à désinfection à opérations contrôlables ;
4° Une pharmacie et un dépôt de désinfectants amplement pourvus, notamment : sérum antipesteux et sérum artificiel {choléra) ;
5° Le matériel nécessaire pour poser un diagnostic bactériologique.
Conditions de navigabilité et appareils de sauvetage à bord des navires à pèlerins. — Sous ce rapport, les navires à pèlerins se divisent en deux catégories :
1° Navires provenant de Java, Singapore, Algérie, Tunisie, Indes, Egypte et golfe Persique ;
2° Navires provenant de Gonstantinople.
Les premiers, étant soumis à cet égard à une surveillance constante des gouvernements civilisés dont ils portent le pavillon, présentent des conditions irréprochables.
Il n'en est pas de môme en ce qui concerne les seconds : ce sont en général de vieux cargo-boats réformés de toutes les compagnies de navigation, à bout de course suivant l'expression maritime, ayant sur leurs porte-manteaux quelques rares embarcations qui iraient aussitôt par le fond si on risquait de les mettre à la mer 1 ; en un mot, ce sont des navires auxquels nulle commission maritime sérieuse n'accorderait l'autorisation de partir2.
1. Je me rappelle avoir vu arriver au lazaret de Clazomènes un de ces navires n'ayant plus une seule embarcation pouvant tenir la mer; je fus obligé de lui en procurer une pour le service courant du bord.
2. Il y a quelques années le navire turc A... K... eut la malencontreuse idée d'aller prendre des pèlerins aux Indes anglaises. Arrivé dans le
Je ne citerai à cet égard qu'un seul exemple 1 : « Un certificat de complaisance accordé à Djeddah au vapeur P..., qui s'était échoué à Gamaran et où il avait subi quelques réparations, a failli coûter la perte de huit cents pèlerins. Etant parti moi-même de Djeddah le 30/12 avril, le lendemain, 1/13 mai, vers neuf heures du matin, nous rencontrions le vapeur P..., qui faisait des signaux de détresse. Nous arrêtâmes et nous apprîmes qu'il n'avait pas de gouvernail et que son arbre de couche était cassé... Nous avons pris le P... à la remorque... Les cordes étant faibles se sont rompues... Le 4/16 mai le commandant du Fayonm m'a dit qu'en passant le détroit de Shandoum il serait dans la nécessité de larguer les câbles du P... à cause des écueils Je résistai énergiquement à cette proposition qui eût exposé le P... à une perte certaine. Le vapeur P..., faisant de l'eau à son arrivée au lazaret de Tor, on s'est vu dans la nécessité de débarquer immédiatement les pèlerins. J'aurai l'honneur de soumettre en temps opportun à l'appréciation du Conseil certaines modifications et améliorations pour le prochain pèlerinage en vue d'assurer le bien-être des pèlerins. »
Ce sont là des accidents qui certes peuvent arriver à tous les bateaux, mais je retiens de l'exemple précédent ce point : c'est grâce à un certificat de complaisance accordé à ce navire par les autorités de Djeddah que l'existence de huit cents hommes a été mise en jeu; le fait est loin d'être unique dans les annales maritimes du pèlerinage.
port de Rombay il déclara ses intentions aux autorités locales, qui le soumirent de suite à une visite minutieuse dont le résultat fut le suivant : réparations immédiates pour une somme importante, ou défense absolue de partir. Il fallut en passer par Là, et le A... K... jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. 1. DrGozzonis. Rapport sur la peste, 1898.