CHAPITRE III
Conférence sanitaire internationale de Paris, 1894. — L'organisation sanitaire du pèlerinage en général. — Le pèlerinage au départ. — Le pèlerinage au lazaret de Gamaran. — Le pèlerinage au Hedjaz. — Retour des pèlerins par terre. — Organisation sanitaire du pèlerinage futur.
Conférence sanitaire internationale de Paris 1894.
— Les débuts de l'organisation sanitaire raisonnée du pèlerinage musulman ne remontent guère au delà de 1894. Successivement, en 1890, 1891 et 1893, trois épidémies de choléra — dont la dernière particulièrement meurtrière — avaient ravagé le Hedjaz; l'infection avait pu se propager en Egypte, en Méditerranée et jusque dans le golfe Persique; l'Europe, courant un sérieux danger, s'était émue, et les puissances résolurent de réunir une conférence sanitaire ayant pour but de réglementer le pèlerinage musulman.
La situation des délégués ottomans à cette conférence était assez délicate : c'était en effet — et à juste titre — à l'imprévoyance administrative de leur gouvernement que l'on attribuait les malheurs survenus; c'était lui qui paraissait responsable de la mort de près de la moitié des hadjis, survenue l'année précédente; c'était enfin pour lui imposer une réglementation, qu'il semblait impuissant à prendre lui-même, qu'avait lieu la réunion internationale de 1894.
Durant cette conférence, les délégués ottomans n'hésitèrent pas à promettre beaucoup; bien plus, ils affirmèrent qu'une partie de ce qu'ils promettaient était déjà en voie d'exécution.
Voici, en résumé, ce que Turkhan bey, premier délégué ottoman, exposa devant la conférence comme devant être terminé à bref délai1.
(( Une commission a été envoyée dans la mer Rouge, elle doit accomplir de suite la tâche suivante :
1° A Camaran, transformation des ariches où logent les pèlerins en maisons de maçonnerie; construction de 27 cuisines, 12 buanderies, 24 hôpitaux, 23 citernes, 6 pavillons d'étuves, 6 douches, 6 mosquées, 10 logements pour les médecins et les employés, 1 machine distillatoire et 2 réservoirs-citernes;
2° A Abou-Saad, construction de 10 cuisines, 5 buanderies, 5 citernes, 1 pavillon d'étuve, 1 machine distillatoire ;
3° A Bassorah, réorganisation du lazaret;
4° A Djeddah, agrandissement de l'hôpital de la Charité; l'eau de Djeddah fournie par les citernes n'étant pas de bonne qualité, on procédera immédiatement aux réparations des conduites installées à Djeddah il y a dix ans, et qui amènent à la ville l'eau des sources avoisinantes2 ;
5° A la Mecque, construction d'un mussaftr-hané3 ;
6° A Mouna et à l'Arafat, diverses améliorations.
La surveillance de ces constructions — dont le coût est de un million de francs prélevés sur la cassette particulière de S. M.I. le Sultan — a été confiée à une