‹ Choléra-morbusChapitre 13 sur 50 · DES DIVERSES PERIODES · texte numérisé non relu

DES DIVERSES PERIODES

DU CHOLÉIIA-IÎOEBUS ÉPIOÉiOUE,

Ce n'est pas chose facile que de se résumer dans ce fatras de médicaments de toute espèce, de médications plus ou moins sensées, plus ou moins rationnelles ; choisir d'une main sûre ce qui convient à l'âge, à la constitution des malades, ce qui s'applique le mieux à chaque période de la maladie, contre chaque symptôme prédominant, n'est donné qu'à un petit nombre d'esprits sagaces et doués de ce tact médical sans lequel la pratique de la médecine n'est qu'un empirisme grossier, hasardeux , une routine désastreuse. Nous ne sommes plus à l'époque où des idées théoricjues absolues régnaient dans la majorité des esprits, où la thérapeutique se bornait à répondre d'une manière toujours la même, toujours fatale à des prémisses aveuglément et passionnément posées. L'exercice médical était facile alors : la lancette et les sangsues faisaient face à tout ; l'eau de gomme était la panacée par excellence ; on ne pouvait guérir que par des pertes à flots de sang et par la diète la plus exténuante, la plusabsolue. Mais depuis lors les épidémies ont reparu, les constitutions médicales ont varié, et le grand

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prêtre de la doctrine lui-même eût fini par abjurer ses juvéniles erreurs, par reconnaître qu'il avait poussé trop loin ses préceptes, et que dans les autres classes de médicaments il en est qui ne sont pas sans utilité, quoique incendiaires ! Les vomitifs, les purgatifs, les excitants, ont rendu des services tels qu'on n'a pu méconnaître leurs fréquents avantages, et le patronage des Hippocrates anciens et modernes est de nouveau invoqué par des disciples soumis et revenus de passagères erreurs.

Il est un point de la thérapeutique du choléra qui a surtout acquis depuis quelque temps une importance majeure. A tort ou à raison, on prétend à coup sûr arrêter les progrès du mal et prévenir son développement. Si l'on s'en rapportait aux prétentions fort élevées de nos voisins, l'épidémie ne serait plus à craindre, le moindre Hercule l'étoufTerait par les moyens les plus simples, et nous pourrions renvoyer dans son berceau le funeste voyageur que l'Inde nous a si libéralement octroyé depuis 1817.

Sans ajouter une foi entière à ces merveilles, et tout en faisant de prudentes réserves contre de nouvelles exagérations, nous sommes loin de disconvenir de l'utilité des mesures préventives, et notre conviction est depuis longtemps faite sur les avantages d'un bon régime, d'une saine hygiène et d'une médication raisonnée et hâtive contre les débuts de toute maladie, épidémique ou non épidémique. Principiis obsta, est, selon nous, l'un des préceptes les plus sages, les plus vrais du divin vieillard , et cette sentence de l'oracle de Cos n'a perdu pour nous depuis l'antiquité aucun de ses prestiges, aucune de ses vertus.

C'est aux médecins de surveiller les populations confiées à leur soin, d'aller au-devant des malheurs que leur observation prudente et attentive peut leur faire entrevoir, d'éclairer leurs alentours et de les forcer par la persuasion, le raisonnement, la crainte au besoin, à des soins faciles et toujours avantageux. On ne trouvera donc pas mauvais que nous insistions d'une manière toute particulière sur ces points de première importance et que nous serions blâmable de négliger. C'est à la diarrhée préventive, c'est aux premiers symptômes, à la période de début du choléra que nous devons nous arrêter surtout ; pour cela, nous consulterons non seulement nos souvenirs et notre expérience, mais nous mettrons à profit tous les travaux, toutes les publications qui portent le cachet de la pratique, et qui sont dus à des hommes que nous avons vus nous-même au lit des malades ou dont nous avons pu apprécier la sagacité, la prudence et le savoir.

Traitement de la première période du choléra épidémique [prodromes , cholérine , diarrhée prémonitoire y etc.).

S'il est un fait généralement et depuis longtemps reconnu, c'est qu'en toute épidémie et spécialement dans les épidémies de choléra, la population presque tout entière ressent à un certain degré l'influence de la maladie régnante, soit par suite de la commotion morale que fait éprouver l'invasion du mal dont les progrès et les manifestations sont si redoutables, soit par l'action directe du principe morbifique sur Téco-

nomie. Il n'est pas douteux que le principe, quel qu'il soit, qui agit avec violence sur beaucoup d'individus, n'agisse à un degré moindre sur la plupart de ceux qui échappent à de graves atteintes. Ainsi, en 1832 comme en 1849, et cette année même (1 85o) , une grande partie des habitants de la capitale ont éprouvé des symptômes d'une maladie identique, modifiée seulement dans ses degrés et ses apparences secondaires. « Les uns ont perdu l'appétit; ils éprouvent du malaise après avoir mangé, des borborygmes pendant la digestion et surtout pendant la nuit. Il n'y a pas encore de coliques, mais il y a ce sentiment d'inquiétude, de torpeur et de tension intestinales qui annoncent un dérangement plus considérable. A ces premiers symptômes d'embarras gastrique, il s^en joint d'autres qui appartiennent aux fonctions de l'innervation. L'intelligence est moins excitée, moins vive; en même temps que la force musculaire est affaiblie, les facultés intellectuelles perdent de leur énergie. Chez d'autres individus, le trouble dans les fonctions est déjà plus considérable. Des envies de vomir, des borborygmes accompagnés de coliques, des sueurs spontanées, des lassitudes plus grandes , des défaillances subites , enfin des dévoiements se manifestent. Ce second état peut être passager, et alors il ne constitue qu'une simple indisposition, qui se dissipe d'elle-même ou par les secours de l'art. Si elle continue, un, deux, plusieurs jours, elle devient une véritable maladie qui nous paraît mériter d'autant plus d'importance, qu'elle est souvent suivie du choléra-morbus lui-même , comme elle peut s'arrêter dans ses propres limites. C'est à cette affection complètement réalisée que nous donnons le nom de

cholérine. A ce degré, la cholérine affecte principalement les organisations faibles et délabrées ; celles qui sont usées soit par les excès et les fatigues, soit par l'âge ou d'anciennes maladies. Chez les individus qui présentent ces conditions au plus haut degré, il est rare qu'elle ne soit pas suivie du choléra. On conçoit de quelle importance il doit être de prévenir la cholérine quand elle n'existe pas encore, et d'en arrêter les progrès quand elle est déclarée.

» Lorsqu'il n'y a encore que malaise sans dérangement notable des fonctions, il suffit d'observer avec sévérité les règles de l'hygiène; de manger beaucoup moins à la fois, de ne manger que quand la digestion du repas précédent est complète, et de se borner à quelques bouillons légers si l'on n'éprouve pas le sentiment prononcé de la faim. Ce précepte est plus important qu'on ne le pense. Une foule de personnes ont été prises de coliques, de dévoiement et de vomissements pour avoir mangé en temps inopportun et une quantité plus grande d'aliments que les besoins de l'économie ne Texigeaient.

» Lorsque les borborygmes et les premières coliques persistent, il convient de s'abstenir de tout aliment solide, d'éviter le moindre refroidissement. Il faut, le soir avant de se mettre au lit, prendre une infusion chaude de thé ou de camomille, édulcorée avec une cuillerée ou deux de sirop de pavot blanc; provoquer par la chaleur des couvertures une transpiration abondante. Si les coliques se prononcent davantage et sont suivies de quelques garderobes, on aura recours avec succès à une ou deux doses de poudre de Dower de 25 à 30 centigrammes chacun, et l'on prendra une

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décoction légère de riz pour boisson. Aux moyens qui précèdent on joindra des bains tièdes, presque froids, s'il est possible. Ces bains conviennent surtout aux personnes irritables chez lesquelles l'influence de la peur s'est combinée avec l'influence épidémique. Sous ce rapport, il y a quelque distinction à faire entre les vsymptômés gastriques produits par la constitution régnante seulement et ceux qui paraissent dus à des émotions vives et continuelles. Dans le premier cas, il y a peu ou point d'irritation proprement dite. La bouche est pâteuse, mais peu chaude. Le malade éprouve à l'estomac un sentiment de plénitude et de pesanteur qui peut aller jusqu'à la douleur ; mais cette douleur n'est ni brûlante ni accompagnée de soif vive, d'ardeur et de sécheresse de la gorge, de pincement et de resserrement spasmodique à l'estomac, comme quand il s'y joint une réaction morale continue. Dans ce second cas, les symptômes prennent plutôt le caractère de la cause qui les provoque. Cette différence, peu importante quand les symptômes sont peu prononcés, le devient davantage quand ils ont acquis plus d'intensité. La cholérine, dépendant exclusivement de la constitution épidémique, exige, quand elle est arrivée à son dernier développement, des moyens presque entièrement opposés à ceux qui conviennent contre la diarrhée produite par la première cause. Nous allons entrer dans quelques détails à cet égard.

» Lorsque la diarrhée épidémique existe déjà depuis un jour ou deux et qu'elle a résisté à la diète et aux boissons légèrement astringentes, ou même lorsqu'elle débute avec des apparences de durée, telles que langue saburrale, envies de vomir, perte d'appétit de-

puis plusieurs jours, céphalalgie sus-orbitaire, anéantissement des forces, sueurs spontanées, il faut recourir immédiatement à l'ipécacuanha que Ton administrera comme vomitif à la dose de 1,25 à 1,50 grammes en deux fois, à vingt minutes d'intervalle. Cet évacuant a la propriété d'arrêter subitement la diarrhée et même les vomissements quand ils existent. Il faut y avoir recours quand même l'estomac serait le siège d'une douleur persistante. Le tout est de savoir discerner la nature de la douleur. Lorsqu'elle est due à une concentration irritative vers l'estomac sous l'influence des causes que nous avons déterminées plus haut, il faut se borner aux lavements et aux bains émollients, à quelques saignées à l'anus et sur la région épigastrique ; on peut y joindre l'usage des demi-lavements avec quelques gouttes de laudanum. Mais, hors ce cas, il ne faut pas hésiter un instant à prescrire le vomitif. Cela nous paraît si important que, sur dix cas de choléra qui ont commencé par la cholérine, nous pensons qu'on aurait pu en prévenir la moitié si Ton avait employé à temps cette médication.

» Concluons. La cholérine nous paraît produite dans ses différents degrés par l'influence plus ou moins prononcée de la constitution épidémique. Abandonnée à elle-même, elle est susceptible de donner naissance au choléra-morbus ; il convient donc de la combattre immédiatement. » [Gazette médicale, 12 avril 1.832, p. 165.)

A cet article, que nous avons cité presque en entier à cause de sa date et parce qu'il contient des données pratiques, nous joindrons les réflexions d'hommes compétents et d'une expérience assurée.

« Une des règles les plus importantes, dit M. Cayol, est de proportionner toujours les aliments aux exercices. Si l'estomac ne demande aucune nourriture solide, on ne doit pas cependant négliger de le soutenir par de bons bouillons et de légers potages, après lesquels on peut prendre utilement une tasse de thé pour faciliter la digestion. On peut suppléer au thé, suivant les goûts, les répugnances ou les habitudes, par quelque autre infusion aromatique , telle que celles de menthe, de camomille, de feuilles d'oranger ou par le café, si l'on en a l'habitude, et qu'on s'en trouve bien. Il faut, autant que possible, prendre ces boissons avec les aliments. Dans l'intervalle des repas, le mieux est, en général, de ne pas boire si l'on n'a pas soif, et de se borner à prendre, quand on a la bouche pâteuse, tantôt une pastille de menthe et tantôt de petites parcelles de quinquina ou de bonne rhubarbe, que l'on mâche et que l'on garde longtemps dans la bouche, en ayant soin d'avaler la salive. Dans cette disposition, les eaux gazeuses, telles que l'eau de Seltz ou de Chateldon, et la limonade carbonique, conviennent à quelques personnes. On peut toujours en essayer sans inconvénient. Des frictions sèches, faites soir et matin sur tout le corps, mais principalement sur le ventre, l'épine du dos et les jambes avec une brosse ou un morceau de flanelle, sont encore un bon moyen de régime. » (P. 5.)

Dans le cas où au défaut d'appétit et à l'amertume de la bouche se joignent des nausées, des envies de vomir sans résultat, aux moyens précédemment indiqués on peut ajouter avec avantage , dit encore M. Gayol, l'eau distillée de menthe poivrée dont on

imprègne un morceau de sucre ou dont on prend une cuillerée plus ou moins allongée avec de Teau sucrée ou même pure, si les maux de cœur persistent et s'ils ne cèdent pas aux autres moyens. Lorsque ces maux de cœur ont lieu longtemps après le repas, lorsque surtout on est dégoûté des pastilles, des boissons sucrées ou aromatiques, on réussit souvent à les calmer et à procurer du bien-être avec de petits morceaux de glace qu'on roule un moment dans la bouche pour les arrondir, et qu'on avale ensuite comme une pilule. On peut répéter ce moyen aussi souvent qu'on le désire et qu'on s'en trouve bien.

a Quant aux aliments, dans ces états de malaise et d'incommodité qui ne constituent pas encore une maladie, ceux qui conviennent le mieux en général sont les potages (faits avec du bouillon de la veille, bien dégraissé), ausalep, à la semoule, au vermicelle ou au riz, de préférence à la soupe au pain ; les côtelettes de mouton, le bœuf rôti un peu saignant, la bonne volaille pas trop grasse , voilà ce qui doit faire la base du régime alimentaire. Le vieux vin de Bordeaux, pris en quantité modérée, est préférable à tout autre. Quelques personnes se trouvent bien de s'abstenir complètement de végétaux. D'autres, au contraire, éprouvent le besoin de tempérer le régime animal par le mélange de quelques substances végétales ; et, lorsque ce besoin est bien réel, il serait dangereux d'y résister. On peut alors, après avoir mangé une côtelette ou un morceau de bœuf, prendre suivant son goût, un peu de gelée de groseilles, une bonne orange, une compote ou quelques légumes potagers de la saison, tels qu'oseille, épinards, chicorée, accommodés

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au bouillon plutôt qu'au beurre. Les œufs frais et le poisson ne doivent pas faire la base ni même une partie considérable de la nourriture. Mais il n'y a pas de motif de s'en priver lorsqu'on les digère bien. Le bon chocolat est encore d'une grande ressource pour le repas du matin, lorsqu'on en a l'habitude. Si le verre d'eau fraîche qu'on a coutume de prendre avec le chocolat ne fait pas une bonne impression sur l'estomac, on peut le remplacer par un bol de thé léger ou par un verre d'eau chaude sucrée et aromatisée avec de l'eau de fleur d'oranger. ^> (P. 8.)

On sera peut-être étonné de nous voir reproduire avec ces détails, dans un livre destiné uniquement aux médecins, des conseils étendus et que leur auteur adresse surtout aux gens du monde ; mais les médecins ont besoin aussi de ces détails, et leur devoir est de les transmettre à leurs clients : c'est souvent par ces soins en apparence minutieux qu'ils gagnent la confiance des personnes qui s'adressent à eux, et les médecins ont toujours besoin d'inspirer de la confiance. La confiance est le meilleur aide de la guérison. On nous permettra donc de continuer encore ces emprunts dont l'utilité nous paraît incontestable.

Si les malades sont atteints de vomissements, de hoquets, de rapports aigres, etc., en un mot de symptômes d'indigestion qui peuvent dépendre de l'épidémie régnante, le médecin doit commencer par interroger le malade sur les accidents analogues qu'il peut avoir éprouvés et sur les moyens thérapeutiques mis en usage avec ou sans succès.

f< Ainsi, il est des personnes, dit M. Cayol, qui, en pareil cas, ont besoin d'une immobilité parfaite ; d'au«

très ne peuvent pas garder le lit ni la position horizontale; il faut qu'elles se lèvent tantôt debout, tantôt assises, dans un fauteuil, qu'elles cherchent ou qu'elles prennent certaine position qui leur est bien indiquée par la diminution de leurs souffrances.

» En général, et surtout dans les circonstances présentes (épidémiques), V assimilation est préférable à X élimination des aliments arrêtés dans l'estomac. Ainsi donc, pour peu qu'il y ait de tendance à la première de ces terminaisons, il faut s'appliquer à la favoriser. C'est dans cette vue qu'on proposera une boisson aromatique chaude, telle que l'infusion de thé, de tilleul et de camomille, ou de menthe, en consultant le goût du malade, en donnant d'abord de très petites quantités de ces boissons, et en se dirigeant toujours d'après les impressions bonnes ou mauvaises que le malade en éprouve.

» Après quelques tentatives de ce genre, si les malaises d'indigestion continuent ou s'ils augmentent, avec éructations, hoquets, rapports aigres, gonflements douloureux de l'estomac, il ne faut plus songer qu'à débarrasser ce viscère en excitant les efforts d'élimination. Les moyens les plus simples et les plus prompts pour arriver à ce but sont ceux qu'il faut préférer. Ainsi, il suffira souvent de titiller la luette et le fond du gosier avec les barbes d'une plume ou avec le doigt pour provoquer le vomissement. D'autres fois il faudra joindre à ce moyen quelques tasses d'une infusion de tilleul ou d'eau tiède. Une cuillerée d'eau de menthe pure ou une douzaine de gouttes d'éther dans une cuillerée d'eau sucrée réussissent quelquefois mieux que les boissons tièdes pour déterminer un vo-

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missement d'indigestion. En cas d'insuffisance de ces moyens, on donnera 50 à 75 centigrammes d'ipéca cuanha dans une tasse d'eau tiède,

» Lorsque le vomissement a eu lieu, le malade doit se mettre au lit, s'il n'y est déjà, se couvrir le ventre de flanelles bien chaudes ; mettre une boule d'eau chaude à ses pieds et provoquer par tous ces moyens une douce transpiration qui sera entretenue par le calme et l'immobilité la plus parfaite. On pourra, s'il le désire, lui donner quelques tasses de l'infusion chaude qui lui aura convenu le mieux. Mais s'il n'a pas soif, et s'il ne désire rien, il faut laisser reposer entièrement son estomac. Quelques heures après le vomissementj on peut, s'il le désire, lui donner une tasse de bouillon chaud bien dégraissé.

» Si l'indigestion se termine sans vomissement, aussitôt que les vents, les flatuosités et les éructations auront cessé et que le malade se sentira l'estomac libre, on s'occupera d'exciter et d'entretenir la transpiration par les mêmes moyens qui viennent d'être indiqués. » (P. Ji.)

Mais si, malgré tous ces moyens, ou avant leur emploi, les nausées aboutissent à des vomissements qui ne sont précédés ni accompagnés d'aucun symptôme d'indigestion, s'ils ont eu lieu longtemps après le repas ou après une abstinence assez longue ; si les matières rejetées sont aqueuses, glaireuses, insipides, inodores, qu'elles ressemblent à de l'eau de riz; si en un mot les évacuations offrent le caractère cholérique et s'accompagnent d'une diarrhée de même nature, le médecin doit devenir plus attentif et prévoir la marche et le développement de la maladie.

Ce n'est pas qu'il y ait à changer beaucoup dans les soins et les boissons à prescrire ; repos et chaleur au lit, infusions de guimauve avec du sirop de gomme ou de telle substance qui a paru la plus agréable au malade ; glace par petits morceaux , eau gazeuse , limonade carbonique, quelques tranches d'orange à sucer avec ou sans sucre, et une potion antispasmodique dans laquelle on peut faire entrer en parties à peu près égales le sirop d'éther, les eaux de menthe et de fleur d'oranger (voy. \q Formulaire)', en ce cas, qui se rapproche du choléra sporadique, on ne doit pas hésiter aussi à ajouter dans la potion quelques gouttes de laudanum de Sydenham, et si la boisson était rejetée , des pilules composées de 1 à 2 centigrammes d'extrait aqueux d'opium. Selon M. Cayol, il est parfois avantageux, pour modérer la première impression des excitants sur l'estomac, d'ajouter à la mixture un peu de mucilage de salep ou quelque substance analogue.

« Lorsque les vomissements sont bilieux, amers et de couleur jaune ou verte, s'ils ne sont pas accompagnés de vives coliques, de douleur ou de sensibilité à l'estomac ; si en même temps la langue est épaisse, humide, limoneuse, et qu'il n'y ait que peu ou point de diarrhée, on doit procéder d'une manière différente. On commencera par donner à boire, alternativement, de la limonade cuite, du bouillon aux herbes et de l'eau de Seltz, ou mieux encore de la limonade carbonique; et bientôt après, si les vomissements continuent, on prescrira une once (30 grammes) de sulfate de soude (sel de Glauber) dans quatre tasses de bouillon aux herbes, à prendre de demi-heure en

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demi-heure. On provoquera ainsi des déjections alvi-

nes qui feront cesser les vomissements ; et aussitôt que

cet effet purgatif aura été obtenu, on en viendra à la

potion calmante ci-dessus indiquée avec addition de

laudanum.

j) Quelle que soit la manière dont on ait procédé pour obtenir la cessation du vomissement, si, après quelques heures de séjour au lit, la moiteur ne s'établit pas, ou si elle s'établit sans un soulagement notable, ou bien enfin si elle est accompagnée de douleur ou de pesanteur de tête, quel que soit l'état du pouls, on ne doit pas hésiter à faire une saignée de bras, d'abord très petite (de 120 à 180 grammes), sauf à la renouveler au bout de quelques heures, si l'effet en a été bon, mais insuffisant. S'il y a une sensibilité vive à l'épigastre ou dans quelque autre région du ventre, il conviendra aussi d'appliquer sur le point douloureux de quinze à vingt-cinq sangsues qu'on fera saigner sous un cataplasme ou même au moyen de ventouses. Presque toujours, dans ce cas, on verra, après la saignée, le pouls se développer, en même temps que la moiteur s'établira avec plus de régularité, avec une bonne chaleur à la peau, avec un sentiment de mieuxêtre, et enfin avec tous les signes d'une bonne réaction, qui est ici le vj'ai moyen de guérison. 11 ne restera plus ensuite à prescrire que les ménagements qui doivent être plus ou moins prolongés suivant l'intensité des accidents qu'on a eu à combattre. On aura soin particulièrement de ne revenir que lentement, et par degrés, aux aliments solides. » (P. 15.)

Quant à la diarrhée, si elle offre des caractères cholériques, son traitement a beaucoup d'analogie avec

celui que nous venons de prescrire. Dans l'un et dans l'autre cas, l'indication première est de calmer Torgane affecté, de modérer, de régulariser ses efforts et d'amener une certaine réaction avec moiteur douce. Ainsi, le malade doit être également mis au lit avec le même soin de déterminer la chaleur et la transpiration. On peut lui appliquer sur le ventre un cataplasme arrosé de laudanum et surmonté de linges chauds destinés à en conserver la chaleur. Quant aux boissons, les mêmes peuvent convenir, ou bien de l'eau de riz édulcorée avec du sirop de gomme ou mieux de coings. Si la diarrhée persiste, on peut donner aussitôt après une évacuation un quart de lavement avec une décoction de son et de têtes de pavot ; en cas de persistance encore, on peut ajouter dans les quarts de lavement que l'on répète après chaque évacuation, de dix à vingt et jusqu'à quarante gouttes de laudanum de Sydenham , et on peut en rendre le liquide astringent par une forte décoction de simarouba ou de bistorte.

C'est seulement lorsque la diarrhée existe depuis peu avec un flux considérable, sans coliques, sans aucun point douloureux dans le ventre, que la langue est blanche, épaisse, très humide, que M. Gayol croit avantageux de commencer le traitement par une ou deux doses d'ipécacuanha pour provoquer des vomissements, qui, presque toujours, dans ce cas, arrêtent ou modèrent la diarrhée, disposent l'organisme à une réaction salutaire et facilitent l'action des autres moyens. Dans les mêmes circonstances, M. Cayol a employé avec avantage, tantôt l'extrait ou la décoction de ratanhia, soit en potion, soit en lavement, avec addition de quelques gouttes de laudanum, et tantôt

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la décoction de quinquina pour tisane (de 8 à 12 grammes de quinquina concassé pour une pinte de décoction).

Si, malgré l'emploi de tous ces moyens, les accidents persistent, si les vomissements et la diarrhée prennent définitivement le caractère cholérique, il est évident que la période des prodromes est passée, que la maladie est déclarée et constante, et que le malade entre dans la deuxième période du choléra épidémique.

Traitement de la deuxième période du choléra épidémique (Cholerrhagie),

Dans ce cas, on doit encore persister dans les moyens que nous venons d'indiquer et qui peuvent obtenir du succès et prévenir le passage à la troisième période. Ainsi, boissons adoucissantes et légèrement astringentes ; eau de riz gommée avec sirop de coings ou de grande consoude, demi-lavements émollients et légèrement narcotiques ou astringents, avec la tête de pavots, l'amidon, le laudanum ou l'extrait de ratanhia. On peut encore, selon l'état plus ou moins saburral de la langue, prescrire l'ipécacuanha à dose vomitive et soutenir l'action de ces médicaments à Taide de boissons diaphorétiques.

Si le sujet est jeune et sanguin, et qu'il n'offre pas de symptômes locaux, saignée géiiérale; s'il est vieux et affaibli ou très jeune, et qu'il y ait des symptômes locaux, sangsues aux oreilles, à l'épigastre ou à l'anus.

À ces moyens, Récamier en ajoutait d'autres dont l'emploi peut être avantageux. Ainsi, on peut, selon

lui, appliquer des sinapismes aux deux jambes et aux deux bras, et même sur l'épigastre pendant un quart d'heure ou une demi-heure, jusqu'à ce que le malade les sente fortement. On les renouvelle si cela est nécessaire, en les changeant de place et les proportionnant à la susceptibilité du malade.

f< On peut augmenter les effets du cataplasme sur le ventre en le remplaçant par un morceau de laine épaisse en plusieurs doubles, trempé dans de l'eau très chaude et tordu. On enveloppe de cette laine tout le torse, depuis la poitrine jusqu'au bassin, et on la renouvelle au besoin avec précaution si le malade ne sue pas encore.

» On a réchauffé et mis en sueur plus facilement en enveloppant les malades dans une couverture de laine sèche.

w En même temps on fait tomber sur un morceau de sucre une, deux, trois ou quatre gouttes d'essence de menthe et davantage s'il le faut, en le faisant fondre dans une tasse d'infusion de feuilles de menthe ou de camomille et on le fait boire. On donne du thé avec un peu de rhum et du sucre, je dis un peu, car si on force les doses du rhum, on enivre, on étourdit et on paralyse les effets des autres diffusibles. » On voit ici que Récamier n'aurait pas partagé l'opinion de certains théoriciens qui portent la dose de rhum ou d'eaude-vie jusqu'à enivrer les malades, et prétendent que Vivresse alcoolique triomphe de ['ivresse cholérique. C'est que les bons praticiens ne se livrent pas aisément à des idées théoriques plus ou moins absolues, qu'ils raisonnent leurs médications et ne risquent pas la vie des malades par des essais hardis et souvent

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irréfléchis. « Je préfère, ajoute Récamier, souvent deux ou trois gouttes de laudanum de Sydenham et six ou huit gouttes d'éther sulfurique dans une cuillerée d'eau sucrée ; moyen que Ton peut répéter en continuant les boissons chaudes ou froides selon la convenance du malade.

» Au lieu de Téther sulfurique simple, on peut employer l'éther camphré à deux, trois ou quatre gouttes avec le laudanum de Sydenham également dans une cuillerée à soupe d'eau sucrée; on donne ensuite de même des infusions chaudes ou de Teau froide si elle agit mieux, par cuillerées.

» Le laudanum à petite dose, deux ou trois gouttes, relève le pouls et la grande circulation ; si on force la dose de l'opium, il étourdit et éteint la grande circulation. On réitère de demi-heure en demi-heure jusqu'à ce que le pouls se relève avec sueur.

y) Si le malade vomit, on donne une cuillerée à café d'amidon délayé avec un peu d'eau, et de demi-heure en demi-heure, une pilule contenant 1 centigramme d'extrait aqueux thébaïque et 10 centigrammes de camphre. Du café noir avec de la menthe ou de l'esprit de Mindérérus ont été utiles pour obtenir la réaction.

• » Des mixtures avec la teinture de musc, Tessence de menthe, un peu de laudanum et l'extrait de quinquina ont fixé la réaction qui hésitait. (Yoy. le Foi'mulaire.)

» Si le malade éprouve le sentiment de la chaleur, et s'il est tourmenté par une soif vive, il faut examiner si l'on doit donner autre chose que de l'eau fraîche k boire par gorgées et môme de petits morceaux de

glace ; mais il faut observer sévèrement la manière d'agir du frais ou du froid, sans permettre de boire autrement que par gorgées. Croirait-on qu'il est des sujets chez lesquels la réaction et la sueur ne s'établissent que sous l'influence des boissons fraîches par gorgées !

» Si les sinapismes n'agissent pas, on emploie : soit les frictions simultanées sur les quatre membres et sur Tépine du dos par quatre personnes, surtout si les accidents marchent avec rapidité ; les frictions se font plus énergiquement avec une étoffe de laine, même rude, mise en bouchon, à sec ou trempée dans de l'eau ou du vinaigre très chaud et en agissant sous les couvertures; en employant la laine, il faut prendre garde de ne pas écorcher ; du coton ou du linge sont préférables; soit la percussion sur les membres avec les mains en cinglant ; soit l'urtication en frappant et frictionnant avec des orties piquantes ; soit le massage (p. 21). «

Si les crampes se déclarent et deviennent douloureuses et violentes, qu'elles s'accompagnent de douleurs analogues dans l'estomac et la poitrine, d'angoisses et de défaillances, on doit alors abréger les tâtonnements, recourir au plus tôt aux moyens les plus énergiques qui sont, selon M. Cayol, la saignée, les calmants à l'intérieur et les moyens d'appeler la réaction à la peau.

Traitement de la troisième période du choléra épidémique (algide, cyanique, asphyxique).

Les vomissements et les déjections blanchâtres per-

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sistant, avec faiblesse du pouls, état saburral de la langue , cyanose et refroidissement peu prononcés encore, on peut insister sur l'emploi de Tipécacuanha ou du sulfate de soude. Si à ces symptômes se joignent des signes de congestion, on peut revenir à la saignée générale ou locale. Si les symptômes nerveux prédominent, potion antisparsmodique et légèrement opiacée, lavement avec décoction de têtes de pavot et de laudanum.

« Les évacuations alvines, dit M. Gendrin, étant extrêmement abondantes, on a dû nécessairement avoir recours aux médicaments narcotiques et astringents, qui sont de tous les plus convenables pour arrêter ces déperditions, et l'on n'a pas même pensé que dans de pareilles circonstances il n'y avait presque pas d'action topique. Ainsi, ceux qui ont administré le nitrate d'argent en lavement ne se sont pas doutés que les lavements ne montaient même pas jusqu'à la valvule de Bauhin, tandis que les altérations sont pour la plus grande partie dans l'intestin grêle, et que, de plus, ces lavements, destinés à agir topiquement, étaient aussitôt neutralisés par les matières liquides organiques avec lesquelles on les mettait en contact. »

Quoi qu'il en soit, si la persistance des crampes tourmente les malades, on peut employer avec avantage les frictions avec le Uniment hongrois (voy. le Formulaire) ou un mélange de liniment ammoniacal et de laudanum.

Chez ces sujets, les stimulants diffusibles qui sont antispasmodiques ont eu de bons résultats, et il nous est arrivé, dit M. Gendrin, de prescrire avec succès l'éther, mais à dose élevée et en dissolution dans l'eau.

TRAlïEMErST. '.95

OU plutôt renfermé dans des capsules, puisque depuis quelque temps on a trouvé le moyen de l'administrer ainsi ; de sorte qu'il n'y en a aucune portion qui se perde par l'évaporation. L'éther ne guérit pas le choléra, mais il calme les accidents nerveux secondaires et surtout les crampes qui sont si douloureuses.

Nous avons parlé des saignées, elles sont approuvées en ces termes par M. Cayol :

ce Lors même que la dernière période de la maladie commencerait à se manifester par le refroidissement des membres et du bout de la langue, par la dépression du pouls, la gêne de la respiration et l'altération des traits, il serait encore utile de tirer du sang si on le pouvait. En même temps on couvrirait les jambes de larges sinapismes, et l'on insisterait sur les potions éthérées et laudanisées, autant du moins qu'elles seraient tolérées. Si elles produisaient une impression fâcheuse, on s'empresserait d'y renoncer, pour s'en tenir à la glace, qu'on ferait avaler par petits morceaux. On essaierait encore , dans cette période , l'éther saturé de camphre à la dose de quatre à six gouttes, de quart d'heure en quart d'heure, en accompagnant chaque dose d'un morceau de glace (p. 24). »

Si le mal n'est pas arrêté par les moyens que nous avons indiqués et que le malade éprouve en même tempsd'emblée ou par succession des vertiges, des vomissements et de la diarrhée, avec crampes douloureuses, refroidissement général, aspect cadavéreux, excavation profonde des yeux et altération effrayante des traits, que le pouls devienne filiforme et disparaisse, qu'il y ait suppression dés urines, couleur bleue des mains, de la face et

296 DU CHOLÉHA-MOllliUS.

du corps; on doit employer avec une énergie plus grande encore les moyens dont nous avons parlé, et insister surtout sur l'emploi de l'éther saturé de camphre et de la glace ; c'est ici , et depuis la deuxième période, qu'on se trouve bien aussi de l'acétate ou de rhydrochloxate d'ammoniaque et de l'hydrochlorate de soude, le premier par cuillerées à café dans une infusion aromatique, le second à la dose de 20 à 30 centigrammes, et le dernier (sel de cuisine) à une cuillerée à café dans un pain à chanter ou une infusion aromatique en réitérant la dose. Enfin, si Ton reconnaît l'insuffisance de ces moyens pour ramener la circulation et rappeler la chaleur à la surface du corps, on devra, selon M. Cayol et Récamier, recourir aux affusions froides faites avec de l'eau de puits pendant une minute ou une minute et demie au plus, et répétées, s'il y a lieu, à des intervalles plus ou moins éloignés. « Je les ai vues employer plusieurs fois et je les ai moi-même employées une fois sans succès dans la dernière période du choléra, dit M. Cayol. Mais dans aucun cas elles ne m'ont paru précipiter la marche des accidents. J'ai toujours vu les malades, peu d'instants après qu'on les avait remis dans leur lit (qu'on ne chauffait point), se réchauffer d'eux-mêmes au bout de quelques moments et leur peau reprendre au moins le degré de chaleur qu'elle avait eu dans le moment qui avait précédé l'affusion. »

On peut placer le malade doucement sur un lit de sangle incliné, la tête soutenue, un peu relevée. Alors de l'eau froide, puisée dans un baquet placé derrière sa tête, est lancée par nappes de la tête aux pieds pendant une minute environ, et le malade est aussitôt et

doucement replacé dans son lit modérément échauffé. Une serviette très chaude est mise sur le cœur, tandis qu'on frictionne les quatre membres sous les couvertures. Nous renvoyons, du reste, pour l'emploi du froid, à l'article consacré aux affusions froides (p. "234), mais nous ne pouvons nous abstenir de faire observer combien ce moyen, employé avec toute la prudence que demande un état aussi grave, diffère de la question véritable à laquelle ne craignent pas de proposer de soumettre les cholériques, les partisans plus ou moins intéressés de la méthode dite hydrothérapique (voy. l'article Hydrothérapie, p. 242). Employé comme le voulait Récamier, et comme le prescrivent encore M. Cayol et d'autres praticiens, le froid soit à l'intérieur soit en affusions, peut et doit avoir des avantages; employé comme le veulent les partisans de Priessnitz, il n'offre que des dangers, et selon nous doit être sévèrement proscrit dans une maladie où le déplacement seul du malade est quelquefois mortel.

Traitement de la quatrième période du choléra épidémique (^réaction).

Si la réaction se prononce avec énergie, on peut recourir de nouveau aux saignées générales et locales; si elle est modérée, la médecine expectante suffit. Du reste, comme le dit M. Gendrin, on ne doit pas oublier que, pour guérir le choléra, quelque léger qu'il soit, il faut déterminer une réaction allant jusqu'à l'état fébrile ; on doit donc produire une certaine excitation par l'application des sinapismes et l'ingestion d'excitants diffusibles en certaine proportion. Il faut exciter

298 DC CHOLÉKA-MORBUS.

cette lièvre de réaction pendant qu'on suspend la phlegmorrhagie intestinale, comme il faut s'attacher à la modérer si elle dépasse les limites convenables.

Dans la réaction véritable, selon M. Magendie, le traitement consiste à satisfaire la soif du malade, à donner quelques lavements pour tempérer la chaleur intérieure, et à faire une ou plusieurs saignées si l'indication existe. Du reste, dans ce oas, la maladie marche d'elle-même et le temps est le principal agent de la guérison.

Dans la réaction incomplète, il s'établit chez le malade une lutte entre Ténergie vitale qui tend à faire cesser le mal, et la cause morbide qui tend à faire périr le malade. Durant ces alternatives, paraît une sueur chaude ou froide, mais toujours acide (tandis que les évacuations intestinales deviennent alcalines) qui produit la viscosité dont le corps est couvert. Ici, loin de modérer la réaction , il faut l'entretenir et même l'exciter. Il faudrait, dit M. Magendie, rétablir le sang dans ses conditions physiologiques ou normales. Mais c'est ici, il faut le dire, que le traitement présente des difficultés réelles. On peut bien employer des moyens propres à rendre plus énergiques les contractions du cœur ; mais en existe-t-il pour agir sur les qualités du sang? C'est là pourtant une question de vie ou de mort. Toujours est-il que, dans la réaction incomplète, il faut continuer l'emploi des moyens qui ont réussi pendant la période algide.

Si le malade désire des boissons chaudes plus ou moins stimulantes même, il faut le satisfaire sans craindre d'exciter la réaction ou de produire une gastrite. Si les toniques ont réussi, il faut les continuer.

TKAITKMENT. 299

Si, au contraii'e, le malade préfère les boissons froides, on doit encore les lui continuer et l'on en retire souvent de grands avantages. Mais ces réactions incomplètes sont dangereuses et souvent fatales, si le sang ne reprend pas ses qualités naturelles. On peut voir à Tarticle Injections (p. 249) les tentatives que M. Magendie a faites à ce sujet avec le sérum artificiel ; le résultat en a été peu encourageant.

Mais tous les efforts sont le plus souvent infructueux, et c'est dans cette sorte de transformation et dans celle que l'on a appelée typhoïde que la mortalité a surtout frappé. Et pourtant, dans la période typhoïde, on voit quelquefois poindre une réaction franche ; mais vient ensuite un nouvel accès algide qui anéantit toute espérance , et le malade retombe dans un état de pro stration extrême, souvent avec congestion cérébrale, trouble dans les idées et regard délirant. C'est ce qui a fait croire au. développement du typhus en 1832.

« Les accidents cérébraux sont surtout à craindre, dit M. Cayol, lorsque, dans le traitement de la maladie primitive, on a prodigué outre mesure les remèdes excitants, les opiacés ou les saignées. L'excès des deux premières médications détermine des congestions cérébrales actives dont il n'est pas toujours possible de prévenir les suites. L'excès de la troisième, c'est-àdire des émissions sanguines, détermine des congestions cérébrales passives auxquelles il est plus difficile encore de porter remède. >^ Mais, dans ce cas, nous arrivons à ce que nous avons appelé la cinquième période ou période typhoïde.

s 00 DU CHOLÉllA-iMORliUS.

Traitement de la cinquième i^ér iode [typhoïde).

S'il y a agitation, délire, sangsues à la base du crâne, applications froides sur la tête. S'il y a prostration, somnolence sans douleur abdominale, malgré l'état fuligineux de la langue, toniques à l'intérieur, vésicatoires aux jambes. S'il y a tension et sensibilité abdominales, sangsues et cataplasmes émollients sur l'abdomen. Voilà ce que nous disions en 1832. — Entrons ici dans quelques détails et suivons à peu près les préceptes et les réflexions de Récamier qui nous paraissent ce qu'il y a de mieux pensé et de mieux raisonné sur cette période grave.

« Soit que le cholérique ait auparavant abusé des boissons alcooliques, soit qu'on ait été forcé d'employer beaucoup de stimulants externes et internes, soit par quelque cause insaisissable , il arrive que le malade tombe dans une stupeur nerveuse avec affaissement comme comateux plus ou moins considérable, sans fréquence du pouls, qui est faible et presque insensible, tantôt avec un pouls assez développé et sans fréquence remarquable, et tantôt avec un état fébrile plus ou moins fortement prononcé.

» 1° Lorsque la stupeur est sans fièvre, avec un cœur et un pouls faibles sans fréquence et sans délire typhomanique , c'est-à-dire sans délire somnolent , alors les vésicatoires à la nuque, si déjà ils n'ont été employés, combinés avec les sinapismes sur les membres inférieurs, alors les fomentations chaudes de la tête proposées par M. le docteur Worms pourraient

TRAITEMENT. li 0 1

devenir utiles employées avec mesure, de concert avec le sirop d'écorce d'oranges, contenant 3 ou 4 grammes d'extrait de quinquina, et deux, trois ou quatre gouttes d'essence de menthe par once (oO grammes). On donnerait ce sirop par cuillerées à café.

» Il est des cas où l'éther camphré, ajouté au sirop par gouttes , réussit mieux que l'essence de menthe.

» Le bisuccinate d'ammoniaque par gouttes a remplacé avec avantage la menthe et l'éther camphré ; on peut remplacer le bisuccinate par l'acétate liquide d'ammoniaque (esprit de Mindérérus) associé au sirop ci-dessus ou mêlé avec lui dans une infusion aromatique de camomille ou de petite sauge à une dose convenable.

» Si l'on n'est pas content des fomentations chaudes, on sera conduit à étudier tout doucement les applications d'abord tempérées et ensuite fraîches sur la tête.

» Pendant ce temps, il faut instiller des boissons fortifiantes, de l'eau vineuse légère, si elle plaît ou si l'on n'a pas trop abusé des alcooliques, et surtout des cuillerées à café, puis à soupe de bouillon de bœuf froid.

» 2° Si la stupeur est accompagnée de rougeur du visage, d'un cœur fort, d'un pouls plus ou moins développé quoique sans ou avec peu de fréquence, même sans délire très prononcé, alors on a à examiner l'indication de la saignée s'il n'en a pas été fait, ensuite celle des sangsues derrière les oreilles, celle des applications réfrigérantes sur la tête, soit dans des vessies, soit par des irrigations en même temps qu'on emploie des rubéfiants sur les membres inférieurs ; si les applications réfrigérantes ont de l'avantage, elles condui-

302 DU CHOLÉKA-MORBUS.

sent aux affusions de deux ou trois minutes avec de l'eau à 20, J9, 18 et même 17 degrés Réaumur faites de haut en bas, le malade étant couché sur un lit de sangle incliné ou assis dans une baignoire s'il est assez fort et qu'il n'y ait aucun danger de lipothymie ou de défaillance.

» Si les réfrigérants n'ont aucun avantage, on sera le maître de véritier les résultats de notre confrère du Gros-Caillou (M.Worms) par les fomentations chaudes sur la tête.

w 11 ne faut pas oublier de faire prendre des boissons acidulés et analeptiques, soit féculentes, soit du bouillon froid.

» 3° Si la stupeur cérébrale est accompagnée de fièvre, de vertiges, d'étourdissements, il ne peut guère y avoir lieu d'hésiter sur l'application des affusions de quelques minutes dont je viens de parler. Il est indispensable d'examiner l'indication de la saignée, des sangsues derrière les oreilles.

» Si le pouls a de la consistance, si les affusions ont des effets trop fugaces, les remplacer par les irrigations avec deux filets d'eau courante sur la tête, le malade étant couché horizontalement et établi de manière que le lit, garanti par une toile imperméable, l'eau s'écoule dans un seau placé au-dessous.

w Règle générale, on s'arrête à la boisson sous l'influence de laquelle la bouche s'humecte le mieux et reste le plus longtemps humide, fût-ce le bouillon pur ou coupé.

>) 4'» Si la stupeur est venue après le délire, si l'un des côtés est plus faible que l'autre ou se paralyse, si la pupille remonte sous la paupière supérieure, si le

TRAITEME^T. 3 03

coma tourne au carus, c'est-à-dire s'il est de plus eu plus difficile de tirer le malade de son affaissement ou de sa stupeur, avec difficulté croissante de la déglutition et de la respiration devenant stertoreuse, alors on est certainement en face d'une méningite avec des suppurations et même des ramollissements cérébraux, la nature, la vie et l'homme de l'art sont vaincus. » (Ouvrage cité, p. 48.)

Traitement de la convalescence du choléra épidémique,

« La convalescence du choléra-morbus est caractérisée par un état d'épuisement et d'énervation qui exige les soins les plus délicats. Les forces reviennent lentement, et longtemps après que la fièvre a cessé, le pouls conserve de la faiblesse, tantôt avec un peu d'accélération, et tantôt, au contraire, avec un ralentissement remarquable. Les digestions sont lentes et difficiles. Mais ici, comme dans toutes les convalescences de maladies graves, la faiblesse est accompagnée d'une grande irritabilité. 11 faut donc être très réservé sur l'emploi des excitants et des toniques. Si l'on croit devoir conseiller, pour faciliter les digestions, quelques prises d'extrait de quinquina, quelque vin amer ou autres choses semblables, ces substances doivent être prises avec les aliments afin de modérer leur impression sur l'estomac.

» Mais les moyens de régime suffisent le plus ordinairement pour rétablir les forces. Un bon choix d'aliments, l'usage très modéré d'un vin généreux, une habitation saine et agréable, et des exercices appro-

30 A DU CHOLÉRA-MORRUS.

priés à l'état des forces sont les principales conditions de ce régime. On recommandera aux convalescents de porter de la flanelle sur la peau et de ne négliger aucune précaution pour se garantir des vicissitudes atmosphériques qui sont la cause la plus fréquente des rechutes. » (Cayol, ouvrage cité, p. 43.)

Le régime auquel M. Rayer tient essentiellement à soumettre tous ses malades, est le suivant : S'en tenir aux bouillons et à de simples potages, tant que la diarrhée persiste, même lorsqu'une seule selle liquide reviendrait dans le courant d'une journée ; réparer l'assaut subi par l'économie, au moyen de 2 ou 300 grammes de vin de Bordeaux, dès le début de la convalescence; commencer par donner des aliments à la fois faciles à digérer et très nourrissants, sous un petit volume, tels que la volaille rôtie ; n'augmenter que très lentement la dose des aliments, même quand toute trace de diarrhée a disparu; éviter les légumes féculents et la viande bouillie ; éviter soigneusement le froid et garder un repos complet. (Moniteur des hôpitaux, 7 janvier 1854.)

Voici, du reste, ce que je disais moi-même à ce sujet en 1832, et qui me paraît compléter tout ce qui peut être dit sur cette dernière période de la maladie :

Lorsque la diarrhée bilieuse qui marque ordinairement le début de la maladie, a été combattue par les moyens que nous avons indiqués, elle cède dans le plus grand nombre des cas; la maladie avorte, et le malade entre en convalescence. Mais le médecin ne doit pas cependant se relâcher dans sa surveillance et céder aux désirs du malade pour les aliments; car le plus petit écart de régime peut provoquer des vomis-

senieiîts, ramener la diarrhée et faire éclater tous les accidents cholériques. Un grand nombre de malades ont élé victimes de ces écarts de régime pendant l'épidémie de Paris. Quelques laits de poule, de légers bouillons coupés et dégraissés doivent être les premiers aliments du convalescent, et ce n'est que plusieurs jours après la cessation de la diarrhée que le médecin doit accorder des aliments plus nutritifs.

Si la convalescence s'établit après la réaction, chez un individu qui a présenté la plupart des accidents cholériques, de plus grands ménagements encore sont nécessaires.

11 faut que le médecin se pénètre bien de cette vérité, s'il ne veut pas exposer ses malades aux plus funestes rechutes. Nous avons vu des convalescents mangeant depuis plusieurs jours de la soupe, ayant même pris sans inconvénient des aliments solides, retomber après un écart de régime ou un refroidissement, dans un état extrêmement grave, être repris de tous les accidents cholériques et succomber au bout de quelques heures. La fréquence de ces rechutes doit, pour le dire en passant, tenir en garde contre tout récit exagéré de guérisons promptes et merveilleuses. Ainsi, avant d'accorder le plus léger aliment, on doit examiner avec un soin scrupuleux le malade, et surtout porter son attention sur l'état actuel des voies digestives qui ont été le siège d'une profonde perturbation. Quelquefois la peau s'est réchauffée , le pouls a repris son rhythme normal, la langue s'est nettoyée, l'appétit est revenu, mais le malade conserve encore une diarrhée légère, ou seulement quelques gargouillements qui annoncent une tendance au dévoiement ; dans ce cas,

!^0f) DU CIlOLKRA-xVIUKBlJS.

ce n'est qu'avec une extrême prudence qu'on doit permettre l'usage du bouillon ; quelques crèmes de riz ou de saiep légères sont préférables. Si, au contraire, il existe quelques nausées, quelques rapports nidoreux, le bouillon coupé mérite la préférence.

Il suffira sans doute d'avoir engagé les praticiens à veiller sur la convalescence ordinaire des cholériques, de leur avoii- signalé un écueil, de plus longs détails seraient inutiles et déplacés dans un ouvrage qui ne s'adresse qu'à des médecins appelés chaque jour à diriger la convalescence des maladies les plus graves.

Nous n'insisterons ))as davanlage sur la manière de diriger la convalescence qui succède à la période typhoïde ; elle est généralement lente, accompagnée de nombreux accidents, et demande encore une surveillance plus active et des soins plus assidus.

Mais, comme le fait observer avec raison Récamier, les accidents cholériques ne se terminent pas toujours en laissant le malade dans une convalescence immédiate. Ils sont souvent suivis d'un état fébrile qui n'a rien de fâcheux s'il est modéré, mais qui demande des attentions en raison de ses phénomènes dominants.

Si l'état fébrile consécutif aux accidejits du choléra est simple et seulement l'effet d'un surcroît d'irritabilité du cœur et des grands vaisseaux ou du système nerveux, un régime analeptique, des bains courts et doux, aidés d'un repos et de pelils exercices en viendront à bout avec le temps.

S'il reste de la toux avec ou sans douleur de quelques points des parois de la poitrine, il faut examiner l'indication d'un vésicatoire volant sur la douleur ou de quelque calmant; par exemple, une ou deux pilules

de cynoglosse de 10 centigrammes chaque, ou bien "2 ou o centigrammes de l33lIadone seule ou associée à 10, 15, 20 centigrammes d'exirait de valériane; souvent même la tliridace suffit. I.e lait d'ânesse, quand il passe, peut rendre de grands services.

S'il y a de l'inappétence, des digestions pénibles, douloureuses, avec Uatulences, affaissement, assou-pissement après des repas même très exigus, alors on examine l'indication de faire chiquer à jeun, en avalant la salive, 2 ou 3 grammes de rhubarbe; si la rhubarbe ne réussit pas, on fait chiquer du quinquina concassé de la même manière. L'infusion à froid des mômes substances à 8 grammes pour 250 grammes d'eau froide réussit moins bien que le chiquage.

On ne saurait, en pareil cas, ajoute Récamier, appeler trop fortement l'attention sur l'importance d'étudier avec soin la température à laquelle il convient de permettre les aliments et surtout le bouillon.

a 11 arrive parfois que Festomac, après le repas, a besoin d'un adjuvant; ainsi, une cuillerée à soupe d'eau de menthe ou d'essence de vanille, par exemple, peut remonter son énergie digestive; mais il arrive aussi qu'un i/*2 centigramme à '\ centigramme d'extrait aqueux Ihébaïque, associé à 10 ou 15 centigrammes d'alun donné avant le repas, calme le surcroît d'irritabilité de l'estomac et le remet en bonne voie pour digérer convenablement.

» S'il reste une disposition au vomissement, alors 30, /lO , 50 ou 60 centigrammes de magistère ou sousnitrate de bismuth avant les repas suffisent souvent pour rompre l'habitude.

rj Si le sous-nitrate de bismuth seul échoue, on lui

3 08 DU CHOLÉRAMORBUS.

associe la poudre impalpable de racine de columbo ou de calamus aromcdicus ou de charbon de fusin parfaitement impalpable.

» Si l'estomac rejette ces poudres, on leur associe Famidon en les délayant avec de l'eau ; on essaie les eaux gazeuses, le lait ou le bouillon froid à jeun.

» S'il reste un flux bilieux consécutif qui ne finisse pas, on a recours au charbon porphyrisé impalpable à 30, 40 ou 50 centigrammes avant les repas, en lui associant une cuillerée à café d'amidon délayé avec de l'eau ou avec une cuillerée à café de sirop de pavots blancs.

» Si le charbon échoue, on examine l'indication de l'extrait alcoolique de noix vomique à 1/5 de centigramme, 1/2 centigramme, seul ou associé au charbon porphyrisé et à l'amidon; on donne également cela avant les repas.

» Si des anomalies nerveuses, telles que des vertiges, des étourdissements, des étouffements, des palpitations, une disposition lipothymique survivent aux accidents cholériques, alors reparaît la nécessité de l'étude du régime alimentaire, quant à sa nature et à sa température ; la plus petite proportion de liqueur fermentée, vin, cidre ou bière, dérange tout un plan. Un homme fort, d'ailleurs, et digérant parfaitement toute espèce d'aliment, est constamment repris de dyssenterie en buvant seulement sept ou huit gouttes de vin dans un verre d'eau ; d'autres sont empoisonnés par deux fraises, par un quartier de pêche, par la moindre proportion de melon, par une patte d'écrevisse, etc.

» Il est indispensable d'être averti que, pendant et

TUAITEMEiNT. 309

après les maladies, surtout ataxiques, et en particulier après le choléi'a, il peut se développer les idiosyiicrasies les plus bizarres, les plus imprévues, et demandant par conséquent une surveillance spéciale.

» Rien, du reste, ne peut remplacer la régularité des heures de repas et ia sobriété.

» L'exercice physique est aussi de haute importance, mais il faut, dans la convalescence oii la faiblesse est encore grande, se garder de le conseiller après les repas, car il troublerait la digestion,

» L'action d'écouter, de parler dans le commencement d'une convalescence fatigue plus ou moins ; d'où la nécessité de ne pas permettre la présence ou la circulation trop active d'une société causante autour des malades et des convalescents. La seule fatigue d'entendre parler plusieurs personnes et de leur répondre, jointe à celle d'un changen:ient de lit, a coûté la vie à un homme de trente ans.

» On doit d'ailleurs surveiller l'habitation du malade sous tous les rapports et ménager les moyens de renouveler l'air ; sans quoi on risque de voir perpétuer par cette seule cause des accidents consécutifs et une convalescence qui n'aurait pas de fin. >i

FORMULAIRE

Alcoolé de rannabine au lO-^^ (Dorvault). (Principe actif du liasciii^cli )

IL Cannabine 1 gram.

' Alcool à 90" 9 —

Faites dissoudre, laissez en contact quelques heures, et filtrez.

Un gramme de cette teinture contient 10 centigrammes de cannabine, dose à laquelle M Willemin a employé cette substance dans la première et dans la deuxième période du choléra.

Bain d'eau sinapisée (Briclietean).

^ Moutarde en poudre. . . . 2000 gram

Dans une baignoire pourun bain entier; première et deuxième période du choléra.

Bain salin du docteur Lepetit, de PolUt^'s.

^ Sel gris 500 gram.

Eau 1 décal.

Ce qui fait pour une baignoire traduites contenant 2 hectolitres, 10 kilogrammes de sel gri.s; pour un bain d'enfant de trois à six mois. ".00 grammes de sel dans 1 décalitre d'eau.

Nola. I.esiMU ordinaire contient I décalitre d'eau; il suffira pour préparer un bain salé de mettre autant de f.is .^00 grammes de sel qu'il y aura de seaux d'eau dans la baignoire.

Bain sinapisé du docteur Trousseau.

2^ Farine de moutarde 500 gram.

Délayez dans de l'eau froide , et mettez-la dans un linge; nouez le linge et exprimez dans un bain modérément chaud celte farine, jusqu'à ce qu'elle ne rende plus de liquide jaunitrc*.

On y met ensuite l'enfant dont la peau rougit, et on le retire au bout de huit à dix minutes.

Boisson an liascliiseii (CasUnei).

2£ Infus. ( hande de camomille. 96 gram.

Sirop sim|)le 30 —

Teinture de haschisch 40 goutt.

A prendre en une fois dans la période algide.

Boisson laxative de Bécaniier.

2^: Sulfate de soude 40 gram.

Eau 4 verr.

A prendre un verre d'heure en heure.

Contre les malaises et les borborygmes avec ou sans dévoiement, au début.

Boisson lénitive du docteur Anderson.

% Émulsion d'amandes. . . . .^00 gram.

Acide prussique 4 à K goutt.

A prendre daus les vingt-quatre heures.

Boisson minérale acide (Becamier).

% Sirop de capillaire. 230 gram.

Alcool nitrique 15 —

Dans la période algide et cyanique , 6 ou 7 cuillerées à café dans un grarid verre d'eau froide. On frotte doucement la gorge de haut en bas pour empêcher de vomir. Il ne faut pas s'inquiéter de quelques régurgitations après les premiers verres, bientôt les nausées s'apaisent comme la

diarrhée qui change rapidement de nature. Cette boisson a arrête l'asphyxie et relevé le pouls chez des sujets déjà livides et cyanoses.

Boisson iiarcotico-stimulanle (Micher.

2f Eau de gomme 1 litr.

Acétate d'ammoniaque. . . 10 gram.

Laudanum de Sydenham. 1 —

Mêlez.

A prendre dans la journée. M. Michel emploie la boisson précédente dans les cas de fièvres typhoïdes et dans la réaction typhoïde du choléra

ISoiiîâon de Tureluitî.

2i Tamarin 60 gram.

Faites bouillir dans

Eau 500 —

Puis faites infuser

Ipéca en poudre 4 —

Ou en donne une cuillerée à bouche toutes 1rs vingt minutes. Convalescence du choléra et début.

Bois anticholériques indiens.

1" 2: Cnlomel 0,60 gram.

Extrait de jalap 0,20 —

Camphre — . 0,15 —

Huile domenthepoiv. 2 goutt.

Faites un bol.

Dans le cas oiî il y a absence de vomissements.

0,60 gram.

2 goutt.

2°2i:Calompl (12 grains).

(Camphre. ........

Opium

Huile essent. de men

the poivrée

Faites un bol.

A donner une heure après la cessation du vomissement; s'il est vomi, il faut le donner ds la même manière, chaque fois, une demi heure après que le vomissement a cessé.

Bols anticliolé iqups indiens (Maxwell).

(Autre formule.)

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