‹ Choléra-morbusChapitre 4 sur 50 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

Le choléra-morbas est une maladie fort anciennement connue; elle a été désignée, en France et à l'étranger, sous les noms de maladie bleue, maladie noire, fièvre algide grave ^ trousse- galant , passio cholerica, vedi-vandi ^ mordechi ou mordyxim (Indes), diarrhœa cholarea (Young), cholérée (Baumes), choladrée lymphatique (Bally), psor enter ie , ite (Serres et Nonat). La première dénomination [choléra -morhus) qui est généralement admise aujourd'hui , a été créée à une époque où régnaient les théories humorales ; elle se compose d'un mot latin, morhus, maladie, et du mot choiera, qui dérive lui-même des deux mots grecs yoXri, bile, et pcw , je coule; parce qu'en effet, dans le choléra sporadique, les matières des vomissements et des déjections sont de nature bilieuse. Après avoir parcouru les symptômes qui caractérisent le choléra épidémique , il sera facile de se convaiiicre que cette définition étymologique, vraie pour le choléra sporadique, ne saurait convenir réellement au choléra épidémique. Nous l'adopterons cependant, non seulement

parce qu'elle est devenue populaire, mais parce qu'elle ne préjuge rien ni sur la nature ni sur le naode de propagation de la maladie que nous avons à décrire.

Pendant longtemps le choléra-morbus n'a été connu dans nos climats que comme une affection sporadique; nous l'avons nous-même observée fréquemment (deux cents fois environ) à Marseille, de 1824 à 1826, et nous avons publié quelques unes de ces observations dans le Journal complémentaire , année 1826. Quoique grave parfois et présentant des symptômes plus ou moins alarmants : refroidissement général , vomissements et selles répétés et abondants, affaissement rapide et profond, altération des traits ; amaigrissement tel que la physionomie des malades est changée entièrement en quelques heures, et qu'une personne jeune encore prend l'aspect d'un vieillard à peau ridée, à teint plombé; voix faible, paroles soufflées, etc., cependant la terminaison est presque toujours favorable. Pour notre compte, quoique témoin de faits très graves, nous sommes toujours parvenu, par la privation de boissons ou Fusage à petites doses de boissons froides et acidulés, par l'emploi d'une potion anodine composée d'un véhicule d'eau de laitue et de 30 ou 60 grammes de sirop diacode , à enrayer les accidents.

Mais, quoique les symptômes soient moins tranchés, moins formidables, ils ont une telle analogie avec ceux que l'on observe dans le choléra épidémique, qu'on ne saurait s'empêcher de rapprocher ces deux affections, et de les regarder comme appartenant à la même famille.

Bien que les causes assignées au choléra sporadique puissent être rapprochées de celles d'une indigestion, si l'on tient compte du retour pour ainsi dire périodicpe de cette maladie à certaines époques de l'année (fin de l'été, automne), époques où la fraîcheur des nuits alterne avec la chaleur des jours, où l'on fait un abondant usage de fruits, il est difficile de ne pas y reconnaître aussi une cause spéciale, et il faut n'avoir jamais été témoin de faits de ce genre pour n'y voir qu'une simple indigestion ordinaire!

Voyons d'abord de quelle manière le choléra, de sporadique qu'il avait toujours été dans nos régions , y est devenu épidémique.

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