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L’AGRICULTURE A L’ÉCOLE

bibliographie (Novembre 1870)

Petit manuel d’ Agriculture, à l’usage des écoles élémentaires, par Hubert La Rue.

Léger Brousseau, éditeur.

oici un petit livre que tout le monde doit

V avoir. La meilleure preuve que j’en puisse donner, c’est que je l’ai entre les mains!

Le Conseil de l’Instruction publique a déjà donné son approbation à l’opuscule de M. La Rue ; ce dernier sait donc à quoi s’en tenir sur l’opinion des hommes compétents. S’il désire maintenant connaître l’appréciation de tout le monde, qu’il veuille bien m’écouter. Je con-

choses d’autrefois

sens volontiers à représenter le gros public ; et cela sans mandat, comme MM. Gambetta et Jules Favre, et aussi sans salaire, comme. . . . Mais ne parlons pas de politique.

Le petit manuel d’agriculture que j’ai devant les yeux a été écrit expressément pour les écoles élémentaires. Vous allez peut-être croire que la tâche de l’auteur en était d’autant plus facile ? Il n’en est rien.

D’abord, pour qu’un livre soit digne de devenir livre de classe, il lui faut être irréprochable non seulement sous le rapport de la science ou de la doctrine, mais encore sous le rapport de la forme. De quelle autorité n’est pas un livre imprimé pour un jeune élève, et combien ne doit-on pas soigner la rédaction de ceux que l’on met entre ses mains ! Sous ce rapport, je n’hésite pas à dire que le petit livre de M. La Rue est parfait. Le littérateur le plus minutieux n’y trouverait pas la moindre incorrection de langage, et les épreuves et revises ont été corrigées avec tant de soin que M. l’abbé Laverdière lui-même n'y saurait découvrir une seule erreur typographique!

FFUIU/ES ÉPARSFS

Quant à écrire pour les écoles élémentaires, pour les enfants , c’est plus qu’une difficulté, c’est une parfaite impossibilité pour certaines gens ; et si M. le docteur La Rue n’était pas lui-même professeur, s’il n’avait pas luimême enseigné pendant bien des années, son livre eût été certainement tout autre.

Je défie l’homme le plus instruit du monde ( il serait assez difficile d’identifier cet hommelà !) de bien rédiger un ouvrage didactique quelconque, si, auparavant, il ne s’est jamaislivré à l’enseignement.

Je me souviens d’avoir vu à l’œuvre un homme fort instruit, mais tout à fait novice dans l’art de l’enseignement, à qui l’on avait confié la direction de quelques élèves. Il parlait, expliquait, dissertait, interrogeait ; parfois même il s’élevait à une véritable éloquence. Cependant les élèves ne comprenaient absolument rien. Un professeur expérimenté vint prendre sa place au bout de huit jours. Il commença par exposer un principe, une vérité — une seule : simple, si simple qu’il semblait puéril d’en parler ; puis vint une seconde don-

née se rattachant à la première ; et le professeur continuant ainsi, procédant constamment et patiemment par la synthèse, les élèves connurent parfaitement, après trois ou quatre leçons, les principes généraux, base et fondement de la science dont ils voulaient se rendre maîtres.

Pour bien enseigner, il faut d'abord bien posséder son sujet, puis savoir se faire petit .avec intelligence.

Or, je crois pouvoir affirmer que la méthode comme la forme littéraire ne laisse rien à désirer dans le petit livre qui nous occupe. Essentiellement élémentaire, clair, concis et d’une grande correction typographique, on dirait un de ces livres de classe si méthodiques et si parfaits de forme dont la dixième ou quinzième édition nous arrive de la vieille France.

M. La Rue débute par cette phrase laconique :

« Dans la rédaction d’un petit manuel de ce genre, deux graves défauts sont à éviter : i° ne pas atteindre le but ; 2° le dépasser. »

Ce laconisme se soutient cinquante pages

FÉUIRLÉS ÉPARSES

durant. Pas de lignes courbes ; pas de lignes brisées : lignes droites partout.

L’appréciation de la partie purement scientifique de l’opuscule qui nous occupe, est, je l’avoue bien humblement, en dehors de ma portée. Là-dessus je me repose, comme à peu près tout le monde, sur la décision du Conseil de l’Instruction publique. Je me permettrai seulement de dire ici que les avis de l’auteur, touchant le chaulage des prairies, ont été, à ma connaissance personnelle, exécutés à la lettre, il y a quelques années, par un cultivateur du comté de Maskinongé, et que lés résultats obtenus ont été véritablement étonnants.

L’auteur parle tour à tour de la qualité des terres et des moyens de les amender, de l’appropriation des semences aux diverses qualités du sol, du drainage, des bestiaux, etc., etc. Ajoutons qu’il insiste assez longuement sur le traitement et l’usage des. . . . fumiers.

M. La Rue, poète et chimiste— ce qui ne s’exclut pas— avait sans doute devant les yeux des moissons jaunissantes, de blonds épis et des fleurs aux fraîches corolles, quand il écrivait

sur les fumiers pailleux, chauds, froids, etc. Tout le monde peut lire cela ; il s’agit seulement de porter sa pensée de la cause aux effets, et ... . de prendre une prise !

En résumé, M. Ta Rue a, de l’avis de tous, fait un travail éminemment utile. Je voudrais en voir quelques milliers d’exemplaires entre les mains du peuple, certain que je suis que sa diffusion produirait les plus heureux résultats.

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