‹ Choses d'autrefoisChapitre 5 sur 39 · DANSE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

DANSE MOYEN AGE

M. Arthur Letondal vient de faire paraître à Québec (chez Lavigueur et Hutchison) une œuvre charmante intitulée : (( Danse moyen âge. »

La composition du jeune <( maître » est écrite pour piano. Elle débute par une phrase de plain-chant en mode dorien — l’un des modes du système musical de la Grèce antique adoptés par saint Ambroise et conservés par saint Grégoire pour le chant liturgique des chrétiens.

Cette phrase, qui sert en quelque sorte d’épigraphe au morceau proprement dit, n’est rien autre chose que Vite, Missa est de l’une des messes de nos graduels.

A la suite de cette introduction viennent trois pages exquises, écrites dans le rythme de la gavotte, sans sortir de l’échelle spéciale du mode antique. C’est un triomphe de science aimable, d’érudition sereine et gracieuse.

C’est aussi, si l’on veut, un tableau de genre. Nous sommes dans Paris, à la fin du treizième siècle. Une foule joyeuse sort de la belle église gothique dédiée à saint Germain l’Auxerrois, bâtie au sixième siècle par Childebert et Ulthrogothe. Des jeunes gens venus, les uns du mont Lucotitius, où se trouve le palais des Thermes, sur la rive gauche de la Seine, d’autres de la montagne appelée Mont des Martyrs, sur la rive droite, ont organisé une fête populaire. La messe vient de finir. L’organum a fait entendre les notes de Vite, Missa est. Déjà les groupes sont formés.

La danse commence, alerte, joyeuse, et, dans les notes grêles ou stridentes des vielles

FEUILLES ÉPARSES

ou des binious, il y a comme un ressouvenir du chant de l’église. Ce n’est pas le rythme majestueux du plain-chant, mais c’est encore la tonalité grégorienne.

Il y a vraiment de la fraîcheur dans ce tableau rétrospectif, et cette musique imitée de l’antique est pleine d’originalité et de grâce ingénieuse.

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