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Boisdon II, qui sera de si mésaventureuse mémoire du temps de François de Bienville.
Robert arrive en droite ligne de Versailles d’où il s’en est venu guerrover ès pays de Nouvelle-France, et, en attendant la gloire, il s’escrime bravement contre une des énormes omelettes de la mère Pétue Boisdon, tout en lorgnant de l’œil la grande place du marché, ce qui l’amèëne à se dire familièrement :
— Cap de dious ! Mornac mon bon ! voici de bien curieux personnages !
Bien curieux, en effet, pour un Gascon sortant de la cour. C'était la députation iroquoise qui s’en venait demander la paix à M. de Mésy, et vous voyez d’ici le chevalier bouclant son épée, cherchant au fond de sa malle un pli que Colbert lui a confié pour messire le gouverneur, puis emboîtant le pas derriére les moricauds d’Agniers, pour se rendre au Château St. Louis, et ouvrant des yeux ‘‘ grands comme des piastres d’Espagne, ’’ pendant que les guerriers Indiens haranguent sans pitié Ononthio et lui fument au nez cent et un calumets de paix. Nécessairement, après un exercice aussi violent, il est hygiénique de humer l’air frais du fleuve ; tout honnête maître de maison aurait été de l’avis de M. de Mésy en faisant aérer son salon. Une porte à deux battants donnait sur un balcon. On l’ouvre, tout le monde circule sur la terrasse ; les Agniers, en attendant les rafraichissements, Mornac, en se vâmant d’aise devant le tableau magique que la nature lui a mis sous les yeux ;
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a lorsque crac ! patati ! patatras ! ambassadeurs, balcon, officiers, et valets culbutent en bas du cap, et voilà le noble chevalier Robert du Portail de Mornac
DU servant de haquenéc à Griffe-d'Ours dit la Main-
| Sanglante, et donnant une chevauchée à ce farouche
guerrier qui, “avait fait brûler à petit feu 8o hommes aux mânes d’un de ses frères et — toujours pour compléter son ex-voto, — n avait tué en guerre, et | massacré 60 autres de sa propre main.’?
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Même de nos jours, cette position aurait été . embarrassante pour un de nos petits marquis ; on € R conçoit ce qu’elle avait d’humiliant pour un superbe | fls de croisés.
L f er L — Mordious ! s’écriait-il, en se démenant comme M
un diable, allez-vous descendre de sur mon dos ! Eh ! là sandis ! monsieur le sauvage, vous n’êtes pas IH | à. Q Q PEUT une plume, savez-vous ? Cap de dious ! vous m'érein- LEUR tez !
Et l'enfant des bois de rouler désarçonné par sa
| noble monture, pour se relever aussitôt, et mieux in | rouler le soir mêm: sous les tables de l’hôtellerie pe | Lil Boisdon, où il se grise en compagnie de Mornac, et 8e 1 (i par manière de plaisanterie indienne, essaie de scalper
{| WI Robert qui se contente de pousser du pied le guerrier | LR | ivre-mort, et de grimper à sa chambre faire un brin de
{ | de toilette, puisqu'il y a bal ce soir chez M. Ruette de LU d'Auteuil. ss
LRU fest LRU Mais avant d’arriver chez le conseiller, il va falloir tré
r par d’autres aventures, passer par d par
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Griffe-d'Ours s’est échappé de chez Boisdon, et comme chez lui le vin est devenu de plus en plus plaisant, il est en train de le prouver un peu trop galamment à mademoiselle de Richecourt qui se rend, elle aussi, chez M. d'Auteuil. Mornac tombe à coups de pommeau d’épée sur l’intrus, offre son bras à mademoiselle l'inconnue, et comme Dieu a toujours protégé la Gascogne, le chevalier découvre, avant de pénétrer dans les salons du conseiller, que celle qu’il a sauvée des pattes de Griffe d’Ours, est sa cousine-germaine.
— Vive Dieu ! comme le cadet gascon a encore le cœur chaud et bien fait, voilà l’intrigue nouée, et Mornac peut s’avouer ce soir-là, en s'endormant :
— C'est égal, cap de dious ! ma première journée passée à Québec est assez bien remplie ! Dégringolade du haut en bas de la terrasse ; trois aventures assez drôles avec le prince Griffe-d’Ours ; rencontre inespérée d’une fort belle cousine ; petit guet-àpens ce soir; voilà de quoi empêcher un bon gentilhomme de trouver le temps long !
Ces incidents sont pétillants d’entrain, de verve et de gaîté. Ils prêtent même à un grand déploiement d'érudition historique, comme dans les descriptions de costumes et de coutumes des temps, dans celle du festin à tout manger — épisode un peu trival mais très véridique — ainsi que dans l’énumération faite par Mornac des munificences de la cour de Louis XIV,
ia déni ain 5.7 En certe rec ame ers