‹ Choses et autres [microforme]Chapitre 21 sur 42 · E (EN · texte numérisé non relu

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Dans le duel du chevalier et du baron de Vilarme le dialogue ne saurait être plus vif, plus enjoué, plus prompt à la riposte.

La réception des ambassadeurs iroquois par M. de Mésy, les harangues des chefs, le récit des tribulations du vieux gouverneur, indiquent que le romancier a su puiser aux sources les plus curieuses de nos annales, et que sous la plume d’un nouvelliste peuvert quelquefois se glisser le jugement, les recherches et même les découvertes de l’historien consciencieux et honnête. A preuve, les détails inédits que M. Marmette nous donne sur la manière dont furent retrouvés les corps des PP. de Brebœuf et Lallemant.

Rien de plus vrai et de plus triste que la narration du Renard Noir faite auprès de l’âtre de la ferme de la Pointe à la Caille, ce co:n de terre qui a permis à M. Marmette de décrire les paysages aimés de son enfance. D'une voix émue le chef huron raconte ce que fut sa nation depuis les temps de Champlain et ne fait grâce d’aucuns détails à ses auditeurs tour à tour émerveillés et terrifiés. Avec le chef, leurs poitrines se dilatent d’orgueil en apprenant la grandeur de la race huronne ; comme lui, ils déplorent sa triste décadence ; ils frémissent d'horreur devant sa dispersion, l’anéantissement de ses missionnaires et de ses bourgades, et avec le Renard-Noir, ils pleurent l’horrible mort de sa femme aimée, Fleur d’Etoile, et celle de ses pauvres enfants mutilés par le feu de la torture.

Et pendant que l’épouvantable récit va se déroulant, M. Marmette sans cesse à l’affut d’une émotion, nous

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montre l’Iroquois, à deux pas de la frêle palissade, qui rampe dans l’ombre, prêt à bondir, à tuer sans merci, à scalper toujours, et accomplissant encore son œuvre de sang.

Alors, l'intrigue se noue et s’enchevètre de plus en plus, et l’anteur nous fait assister aux tristes épisodes du lon: voy.ge que les héros de son roman font, à la suite Le: 3 farouches conquérants.

Blottis, zarottés au fond des canots iroquois, ils passent, l’âme navrée, en face de Québec, à deux pas de la délivrance et des joies pures de la famille, pour aller s’enfoncer dans la profondeur des bois, et, les pieds endoloris, le corps malade, ils s’acheminent à travers les abandons, la fièvre, l’insomnie, les tortures et les sarcasmes, vers le redoutable château-fort d’Agnier. L'arrivée du dernier des Mornac à la bourgade ennemie, sa lutte avec les guerriers qui font la haie pour mieux le caresser, sa fuite, sa reprise, son supplice, l’arrivée de sa fiancée, le combat que le fier chevalier devenu modestement le Cus/or Pelé soutient avec Griffe-d’Ours, l’adoption et la mort du baron de Vilarme, la fuite de mademoiselle de Richecourt et de ses vaillants défenseurs vers Montréal, l’arrivée du régiment de Carignan, la surprise du fort de Sorel par Griffe-d’Ours, la mort de ce chef redouté, tout cela est dit fermement, et l’imagination qu’a déployée l'écrivain canadien dans ces tableaux successifs, ferait honneur à plus d’un romancier européen.

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