L'ÉDUCATION PATERNELLE
Une pièce de rez-de-chaussée, assez vaste, aux murs blancs, ornés seulement de quelques photographies. En guise de tapis, une natte épaisse. Deux chaises de forme particulière, peintes en blanc. Dans un coin, une malle entr'ouverte, d'où émergent confusément des objets très divers.
TOFANO PKRE, quaraiite-ciiiq ans ; visage très éprouvé, sillonné déjà de rides, très grave. Il est vêtu d'un costume de flanelle blanc, très serré, qui dessine sa taille extrêmement mince. Il s'adresse à son fils, un garçon
de seize ans, qui ne V écoute^ à ce qu'il sejnble, qii avec quelque résignatio7i.
Ah! malheureux enfant, tu feras mourir ton père de chagrin !
TOFANO FILS
Eh quoi! tu grondes toujours!
TOFANO PÈRE
N'en ai-je pas sujet ? Crois-tu que je puisse être satisfait de voir que tu n'as pas plus de zèle, de sérieux, d'amour du travail? Qu'est-ce que tu feras, si tu continues ainsi à perdre ton temps? Tu n'arriveras jamais à une position convenable, tu ne seras bon à rien... Il n'est pas déjà si aisé, aujourd'hui, de faire son chemin, même en se donnant delà peine.
TOFANO FILS
Tous les pères disent comme toi ; vous no savez jamais que vous plaindre.
TOFANO PÈRE
Je comprends bien qu'il faut que les jeunes