‹ Choses passéesChapitre 14 sur 34 · décembre 1898 et l" janvier · texte numérisé non relu

décembre 1898 et l" janvier

seinl)le pas que Newman ait pensé. Ma critique (le Sabatier contenait les idées que j'ai souvent lait valoir depuis contre le pur Evangile du protestantisme libéral, la loi au Dieu père qui pardonne le pécbé : ce n'est ni l'Evangile de Jésus ni une véritable religion.

Il m'aurait été impossible de publier les deux premiers paragraj)bes, qui se faisaient pendant comme les deux derniers, mais plus étroitement. Dans l'un j'exposais que la démonstration catliolique était l'ondée sur trois postulats, que j'appelais le postulat tbéologique, le postulat messianique et le postulat ecclésiastique : en vertu du postulat tbéologique, on admet que les idées religieuses fondamentales, à commencer par l'idée de Dieu, ont été essentiellement invariables, au moins dans une portion choisie de l'humanité, depuis l'origine du monde jusqu'à nos jours; en vertu du i)ostulat messianique, on admet que Jésus et l'Eglise ont été l'objet de prédictions formelles et claires dans l'Ancien Testament ; en vertu du postulat ecclésiastique, on admet que l'Église, avec les degrés essentiels de sa hiérarchie, ses dogmes fondamentaux et les sacrements de son culte^ a été directement

iiislitiiée pnr le Christ. Or, ces trois postulats, sur lt'S(|uc'ls repose tout rédifice de la croyauce eallioli(jue, ue soûl |)as seuleiueut iudénioiitrahles, ils sout déuioutrés laux par l'histoire. .riudi(juais l)ien uue trauspositiou possible de chacun de ces postulats dans sa réalité historique, évolution puissante, plus intelligible et plus satisfaisante, en un sens, même pour la loi, qu'un tissu de miracles. Mais ce n'est point par cet exorde que je pouvais me concilier les théologiens orthodoxes.

Force m'était de reconnaître, au début du second paragraphe, que Renan, séminariste de, Saint-Sulpice, ayant reconnu les trois postulats dont je viens de parler, et se les voyant présenter comme des dogmes certains et ,indisculables, en avait inféré assez légitimement que la religion catholique n'était pas vraie. Je me permettais d'établir un rapport généalogique entre la théologie que Renan avait dû renier et la religion de la science qu'il avait ensuite professée : (( 11 n'est pas sans intérêt de constater que l'esprit de la démonstration scolastique, après lui avoir suggéré que la croyance religieuse était o])iet de certitude scientifique

en ce qui regarde les vérités diles de religion naturelle et les titres de la révélation, l'a induit d'abord à l'incrédulité quand il eut remarqué l'absence de cette certitude, et lui a fait ensuite chercher dans la science une base pure lient rationnelle pour les progrès ultérieurs de l'humanité. Rien n'est plus propre que cet exemple à faire ressortir les inconvénients de l'apologétique dite traditionnelle. »

Le second chapitre, intitulé « Religion et révélation », était encore préliminaire. Il a été publié presque intégralement dans la Reinie du Clergé français, en trois articles : « la Définition de la religion », « l'Idée de la révélation », « les Preuves et l'économie de la révélation » i. Le premier est encore dirigé en partie contre Sabatier. « La raison et l'histoire, disais-je, nous obligent à placer le caractère d'institution sociale dans la définition de la religion. » Le second article se trouverait aujourd'hui condamné par les actes de Pie X, qui oblige les catholiques à professer l'existence d'une révélation « extérieure ». Je n'hésitais pas à nier que la révéla-

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