juin 1899, l'f janvier et 15 mars
lion IVit « connue rintroduclion violente et imprévue d'idées toutes faites dans une intelligence humaine et dans un cerveau humain. » L'analyse que j'y donnais ensuite du travail de la pensée religieuse dont le résultat est qualifié de révélation, impliquait la négation de tout mécanisme surnaturel. Je l'ai reproduite dans Autour (Vun petit livre, et elle a été condamnée avec ce volume en décembre 1903. Dans le troisième article je formulais une définition du miracle qui me parait encore vraie, mais qui n'était pas du tout orthodoxe : « Le miracle, à le bien prendre, est le train du monde et de la vie, contemplé par la loi...; le même train du monde et de la vie, observé en quelque sorte du dehors par la raison, est l'ordre de la nature, le domaine de la science et de la philosophie. » Mon manuscrit contient une discussion sommaire des grands miracles bibliques, qui n'aurait pu paraître dans l'article. Quant aux prophéties, j'en venais à dire que « l'Ecriture apparaît comme un grand recueil d'espérances et d'aspirations religieuses, espérances certaines, aspirations infinies ». C'était un i)eu plus que la « grande idée » dont me
parlait naguère M. Meignan ; mais de prédiction véritable il ne restait pas l'ombre. J'étais en contradiction avec le concile du Vatican dans ce qu'il dit des miracles et des [)ropliéties comme preuves de la révélation.
Dans mon article, je me contentais d'expliquer que « les notions scolastiques du miracle et de la i)ropliétie, les raisonnements bien connus de l'apologétique traditionnelle sont à l'arrière-plan de la définition conciliaire sans en être l'objet » : façon discrète, mais insullisante, de justifier l'abandon de ces notions. Dans mon uîanuscrit, je rappelais le triple postulat de la démonstration catlioli(jue, l'impasse où il conduisait la théologie, et la nécessité de remplacer le mécanisme surnaturel par l'évolution vitale. Cela pouvait seulement se lire entre les lignes que j'ai publiées :
Pour enlever toute occasion à des méprises faciles et dangereuses, tout prétexte à des oljjeetions spécieuses qui se couvrent des Jieaux noms de science et de critique, il importerait de })ien savoir et de bie 1 montrer ce qu'a clé le développement séculaire de la religion, et d'en reconstituer la suite, non pas avec des raisonnements à priori ou
(il- |)()cli(|iics if«noranccs, non |);is iiièiue iivcc les f«randioses métaphores du symbolisme anti(|iK' ou les considérations abstraites de l'ancienne philosophie, mais avec les faits, les humbles faits, qui, si fraj^iles et si fugitifs qu'ils soient, se trouvent résister maintenant mieux (pie les syllogismes à toutes les attaques... La vie religieuse de l'humanité dans tous les temps, celle de l'humanité chrétienne et catho i(pic est un fait. Bien analyser ce grand fait serait la démonstration positive du christianisme catholicpie.
Après quoi venaient, en elï'et, dans le manuscrit, cinq chapitres d'histoire, sous les titres suivants : « la Religion d'Israël », « Jésus- Christ », « l'Evangile et l'Kglisc », « l'Evangile et le dogme chrétien », « l'Evangile et le culte calholi(jue ». De ces cinq chapitres le commencement du i)remier parut dans la Revue du clergé français ^ : une intervention ofïicielle du cardinal Richard coupa court à la publication. Les quatre autres chapitres, avec (juelques modifications, surtout dans le chapitre sur Jésus, ont fourni la substance de mon livre FIù)an(/Ue el riùjlise, en 19U2, et (XWulour d'un