I. Voyages de Pierre-Bsprit Radisson, pp
sion dans les rangs. Un sauvage qui s'offrit soudainement à eux du milieu d'un bois, les avertit de se tenir sur leurs gardes, et de ne pas décharger leurs arquebuses sans de graves motifs. Ce conseil désintéressé resta lettre morte. Le jour suivant, ayant été pris à Timproviste par une poignée d'Iroquois, ils perdirent treize de leurs compagnons au milieu du désordre qui s'ensuivit. Ce fut le signal de la débandade. Tous les Français rebroussèrent chemin pour regagner Montréal ; la plupart des sauvages se sauvèrent dans diverses directions, abandonnant Chouart et Radisson avec quelques Indiens qui leur restèrent fidèles. La situation s'assombrissait, et il fallait que ces deux hommes fussent bien courageux pour aller outre. « Nous nous encouragions mutuellement, s'écria Radisson, étant désireux de vivre ou de mourir l'un à côté de Tautre ; comme frères, nous ne pouvions pas agir autrement ^. »
Les deux entreprenants coureurs des boîs continuèrent à remonter le Saint-Laurent jusqu'au fond du lac Ontario, d'où ils semblent s'être rendus par les terres jusqu'au lac Huron.