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CHAPITRE V

Chouart et Radisson retournent au lac Michigan. — L'hiver de 1660. — Chouart malade. — Retour du printemps. — Les deux Français s'en retournent à Montréal et à Québec. — Visitent leurs familles. — Opinion de Charlevoix et de l'écrivain de la Relation sur ce long voyage. — La question de la découverte du Mississipi.

1S|vuRANT l'hiver qui suivit, Chouart et Ra- ^sf disson se retirèrent de nouveau à la baie des Puants, et y firent une traite abondante. Pourtant ils avaient promis aux Cristinos de les aller visiter. Mais, comme ce voyage était de longue haleine, et qu'ils avaient résolu de retourner aux Trois-Rivières au printemps de 1660, ils se hâtèrent de faire une levée des pelleteries. Or, les Poutéouatamîs étaient bons chasseurs, et les Français se joî-

gnaient aux sauvages dans leurs courses à travers les forêts pour expédier la besogne plus rondement.

Chouart tomba malade durant l'hîver, mais ce contre-temps n'eut pas d'autre résultat pour lui que de se voir constamment en butte aux obsessions des sauvages. Radisson tuait le temps à la chasse.

Le printemps venu, 500 Indiens étaient réunis au saut Sainte-Marie, prêts à se mettre en route pour Montréal. La crainte des Iroquois fit rebrouser chemin à deux cents des moins braves.

La descente dura vingt-six jours, et le 19 août, soixante canots portant trois cents sauvages venaient atterrir sur l'île de Montréal. Ils apportaient avec eux pour 200,000 francs de pelleteries, dont ils laissèrent le quart à Montréal, et le reste fut transporté aux Troïs- Rivières et à Québec. Chouart et Radisson firent une courte halte au sein de leur famille puis continuèrent à Québec. « Nous arrivâmes enfin à Québec, s'écrie Radisson; l'on nous y salua de plusieurs salves des canons de la batterie du fort et des vaisesaux ancrés dans la rade. Ces vaisseaux seraient retournés allèges en France, si nous ne fussions pas venus. Le

gouverneur nous fit des présents et nous envoya conduire aux Trois-Rivières sur deux brigantins \ »

Le Journal des Jésuites du mois d'aoiàt 1660, dit : « Le 17 partit Monseigneur de Pétrée pour j sa visite. . . il arriva à Montréal le 21. . . oti les ] Outaouais estoient arrivés le 19. . . Ils estoient i au nombre de trois cents. Des Groseilliers \ estoit en leur compagnie, qui y estoit allé l'an- née d'auparavant ^. Ils estoient partis du lac Supérieur cent canots, quarante rebroussèrent chemin, et soixante arrivèrent ici chargés de pelleteries pour 200,000 livres. . . Des Groseil- u liers a hyverné à la nation du Bœuf, qu'il fait ¥ de 400 hommes. Ce sont les Nadoueseronpns sédentaires ^. »

C'est de ce voyage que Radisson écrit qu'il dura trois ans et quelques mois. L'auteur des Voyages a mal calculé son temps, ou les éditeurs ont laissé glisser une faute d'impression peu excusable. La Relation de 1660 dit assez

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