‹ Chouart et RadissonChapitre 25 sur 75 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Chouart et Radisson retournent au pays des grands lacs. — S'établissent temporairement dans la baie de Chagouamigon. — Semblent pénétrer, au cours de l'hiver, jusqu'à la baie d'Hudson. — Lient connaissance avec les Cristinos.

Ç|S|ERMiNANT le récit de son troisième 41 voyage, Radisson nous aprend que son frère et lui restèrent dans leur famille pendant un an, à goûter un repos dont ils avaient V besoin. « Mon frère et moi, dit-il, considérions si nous devions déclarer ce que nous avions vu. Et parce que nous n'avions pas fait une découverte pleine et entière, surtout de la baie du nord, n'en connaissant rien, si ce n'est par les Cristinos, nous n'en parlions à personne dans la crainte que ces sauvages ne nous eussent raconté des histoires mensongères.

Nous voulions découvrir leur pays et le voîr^ avant d'en parler aux autres ^. »

Chouart et Radisson ne s'étaient donc pas rendus jusqu'à la baie d'Hudson dans leur voyage de deux ans. Ils brûlaient cependant de pousser leurs investigations vers cette contrée lointaine, mais il leur fallait au préalable obtenir la permission du gouverneur de la Nouvelle-France. Chouart se risqua à la demander. M. d'Avaugour consentit à la leur accorder, à condition que l'un de ses domestiques serait de la partie et partagerait pour la moitié dans les bénéfices de la vente des pelleteries. C'était trop exiger de ces pauvres coureurs des bois, qui étaient tenus de payer au fisc le quart de la valeur des peaux vendues en France. Chouart déclara qu'il n'avait pas d'objection à amener avec lui le gouverneur, mais pas son serviteur. Mécontent de cette réponse un peu hautaine, M. d'Avaugour lui intima de rester chez lui.

Les Jésuites intervinrent dans l'affaire, et supplièrent le gouverneur de donner aux deux Français, dont le mérite, après tout, était indéniable, le permis qu'ils demandaient. D'Avau-

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