Appelé aujourd'hui cap Wolfenbuttel
2. Cette rivière appelée aussi Nemiskausipiou, prend sa source au lac Nemiskau. "Cette rivière est fort belle, lisons-nous dans la Relation de 1672. Elle est
lèrent rivière Rupert, en souvenir du prince anglais. Ils l'aperçurent, le 29 septembre, et y jetèrent l'ancre à deux brasses et demie d'eau. Le 9 décembre, on fut surpris par les glaces, et l'on passa l'hiver dans cet endroit, ne sortant du navire que pour aller chercher du bois sur une petite île garnie de peupliers de maigre venue.
Ce ne fut qu'au printemps que le vaisseau put s'échapper de sa prison de glace, et que les Anglais firent connaissance avec les sauvages, grâce à l'intervention de Chouart. Ces sauvages étaient les Cristinos, les Monsounis et autres nations qui trafiquaient depuis plusieurs années avec les Français du Canada. Les Cristinos demeuraient sur la pointe occidentale qui forme l'entrée de la rivière Nemiskau.
Ellis dit que « ce fut en ce temps et dans cet endroit que s'établit la première colonie anglaise, qui y contruisit un petit fort de pierre,
large presque de demi-lieue et plus en divers endroits, mais elle n'est pas bien profonde; elle vient du sud-est, et s'étend au nord-ouest environ quatre-vingts lieues; elle est fort rapide et entrecoupée de dix-huit sauts... Le flux et le reflux . . . entrent quatre lieues dans cette rivière. . . Nous avons trouvé que l'embouchure est au cinquantième degré d'élévation."
auquel le capitaine Gillam donna le nom de fort Charles » \
Nous n'en connaissons pas davantage sur cette première expédition de Chouart à la baîe d'Hudson.
Dans rintervalle, Radisson, demeuré bon gré mal gré en Angleterre, n'était pas resté inactif. Ses accointances avec sir Robert Carr et le prince Rupert, et son alliance avec la fille de sir John Kertk ^, alliance qui semble remonter à cette époque ^, lui permirent d'intéresser à ses projets d'établissement plusieurs personnages marquants de Londres. Il fit tant et si bien, qu'il réussit à constituer en association des capitalistes entreprenants, dans le dessein d'exploiter les richesses du pays qu'Hudson avait
1. Ellis, Voyage de la Baye de Hudson, i, 107. — Oldmixon, British Empire, éd. 1741, i, 544.
2. Ce Kertk était le descendant de l'un des trois frères Kertk qui forcèrent Champlain de capituler, en
3. M. B. Suite dit: "L'éditeur du manuscrit de Radisson met en note, que ce dernier s'était marié en 1656. Nous sommes convaincu du contraire. D'ailleurs les notes de l'éditeur en question sont souvent incorrectes. " — Le Canada-Français, novembre 1890, p. 705, à l'article intitulé: Le pays des grands lacs au XVIIe siècle.
découvert. Cette compagnie fut autorisée par des lettres patentes du roi, datées du 2 mai 1670 \ La charte débutait ainsi :
« Comme notre cher cousin le prince Rupert, etc., a entrepris à ses dépens, et avec des frais considérables, une expédition pour la baie d'Hudson, au nord-ouest de l'Amérique, pour la découverte d'un nouveau passage dans la mer du Sud, et de quelque nouveau commerce en fourrures, minéraux ou autres marchandises imjxjrtantes, et que ces entreprises ont déjà produit des découvertes suffisantes pour encourager les participants à poursuivre leurs desseins, dont il y a apparence qu'il pourra revenir des avantages considérables à Nous et à nos Royaumes, etc., etc. »
Pour ces raisons le roi accordait au prince Rupert et à ses associés ^, le commerce et le
1. La compagnie s'intitulait: "The Governor and Company of Adventurers of Engîand, trading into Hudson's Bay.
2. Parmi les sociétaires nous trouvons les noms suivants: le duc d'York, le duc d'Albermarle, le marquis de Craven, lord Arlington, lord Ashley, sir John North, sir James Hayes, sir William Young. "Les premiers propriétaires furent : le prince Rupert, sir James Hayes, M. William Young, M. Gérard Weymans, M. Richard
territoire de la baie d'Hudson, comme privilège exclusif, à la seule condition de relever du château de Greenwich, dans le comté de Kent, avec une redevance de deux élans et de deux castors noirs par an.
Le premier fonds de la compagnie monta seulement à £10,500 sterling, ou environ 240,000 francs. Sir John Kertk souscrivit £300 pour sa part. Le comité de direction se composait de sept membres, et le prince Rupert, principal actionnaire, fut nommé gouverneur de la nouvelle compagnie.
La création de ce monopole en faveur d'un petit groupe de favoris du roi, devait soulever une opposition terrible, qui dura près de deux cents ans, jusqu'à ce que les droits et privilèges de la compagnie furent anéantis par un arbitrage et un achat régulier.
Les motifs invoqués contre les prétendus privilèges de la compagnie se tirent de quatre chefs principaux: 1° la charte du 2 mai 1670 ne fut pas ratifiée par le roi ; 2^ la couronne n'avait pas le droit d'accorder le monopole du com-
Cradock, M. John Letton, Christopher Wren, Esq., M. Nicholas Hayward. " — Oldmixon, British Empire, i, p. 545.
merce à des favoris; 3*^ la compagnie n'a jamais rempli l'un des buts de sa formation, qui était la découverte d'un passage pour atteindre la mer du Sud ^ ; 4^ une partie au moins des territoires réclamés par la compagnie avait été donnée, en 1598, par le roi de France au marquis de la Roche.
En 1847, parut pour la première fois un document dont le gouvernement anglais avait semblé jusque-là méconnaître l'existence. Il fut trouvé par hasard dans les Rôles de la chancellerie ^. Ce document était la confirmation donnée, en 1690, à la charte de 1670. La compagnie avait alors demandé la ratification de ses privilèges, parce qu'elle avait compris que la gratification royale, en dehors de l'autorité du parlement, serait insuffisante à ses fins. Le parlement la confirma dans tous ses droits antérieurs, mais seulement pour une période de sept années, et la compagnie ne s'occupa plus de la chose à l'expiration de ce terme.
L'année qui vit naître la compagnie de la baie d'Hudson, Jean Talon, alors intendant de