‹ Chouart et RadissonChapitre 45 sur 75 · I. Lettre 84e, p · texte numérisé non relu

I. Lettre 84e, p

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sauvage comme pas un, il pouvait tenii: tête, par la ruse et la fourberie, au plus ingénieux des Iroquois.

Tous deux réussirent à persuader M. de la Chenaye qu'il y avait des profits à réaliser dans le trafic avec les Cristinos. Il leur promit un vaisseau, pour le printemps suivant. Le plan était qu'ils se rendraient immédiatement à Percé sur le vaisseau en partance du gouverneur de l'Acadie, qu'ils y passeraient Thiver X)our prendre ensuite la route de la baie d'Hudson. Frontenac leur accorda trois excellents compagnons, dans la personne de Jean-Baptiste Chouart, fils de Médard ^ et neveu de Radisson, Pierre Allemand, pilote expérimenté, et Jean-Baptiste Godefroy, bon interprète.

Radisson partit le 4 novembre avec ses trois hommes, laissant à Québec son beau- frère, qui

I. Jean-Baptiste était l'aîné des enfants issus du mariage de Médard Chouart avec Marguerite Radisson. Ils eurent, en outre, quatre filles: Marie-Anne, née en 1654; Marguerite, née en 1657, morte à 7 ans; Marie- Antoinette, née en 1661, mariée en 1679 à Jean Jalot et en secondes noces à J.-B. Bouchard; Marie-Jeanne, née en 1662. Jean Jalot était surnommé des Groseilliers comme son beau-père. Il était chirurgien et résidait à Repentigny. En 1690, Jalot fut tué par les Iroquois, avec plusieurs autres, au bout de l'île de Montréal.

devait le rejoindre au moment du départ de Percé, à la clôture de l'hiver. Le vaisseau promis par Aubert de la Chenaye arriva au lieu et au temps dits, et Chouart vint à son tour sur une barque de trente tonneaux, avec quinze hommes d'équipage.

Tout étant prêt, les deux petits navires cinglèrent de Percé, le ii juillet 1682. Le voyage ne se fit pas sans quelque désagrément. Ce fut d'abord l'équipage qui, à tout instant, menaçait de se mutiner, et que l'on ne réussit à pacifier qu'à force de promesses et d'attentions, et puis les glaces entravaient la marche des vaisseaux. Radisson arriva le premier près de la côte occidentale de la baie d'Hudson, le 26 août, après six semaines de navigation.

Le 7 septembre, Chouart rejoignait son beau-frère, et tous deux entrèrent dans une rivière appelée Kakiouakina par les Indiens ^.

I. La Potherie l'appelle Penechiouetchiou, et les Français lui donnaient le nom de Sainte-Thérèse. Jérémie la nomme Pinasiouetchicouen, ce qui signifie rivière rapide. D'après Radisson, Kakiouakina veut dire, "les voilà qui viennent." Cette rivière fut baptisée sous le nom de Hayes par les Anglais, en mémoire de l'un des directeurs de la Compagnie de la baie d'Hudson. Elle est située à 57° 30' lat. n., et n'est séparée de

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Il leur fallut s'avancer jusqu'à une profondeur de quinze milles avant de rencontrer un endroit propice pour y mettre leur flottille en sûreté, et pour y construire une habitation à proximité. Laissons Chouart à cette besogne, et suivons l'autre à travers les bois, à la recherche des sauvages.

Radisson, son neveu et un autre Français, s'étant donc mis en marche, remontèrent la rivière sur un parcours de quarante lieues, sans en rencontrer un seul. Le huitième jour, au moment oi^i ils se reposaient sur un îlot, ils aperçurent un Indien à la poursuite d'un caribou. Radisson s'étant avancé pour lui adresser la parole, il se sauva dans la profondeur du bois. Le 'lendemain on vit à la pointe de l'île neuf canots qui se dirigeaient vers eux. Radisson apostropha les sauvages dans leur langue, et parvint aussi à se rapprocher d'eux, et à s'en faire des amis, au moyen de cadeaux. Cette première rencontre leur valut trois charges de canot de pelleteries.

Ce même jour, 8 septembre, l'écho de la forêt retentit du bruit des canons, au grand éton-

la rivière Nelson ou Bourbon à son embouchure que par une bande étroite de terre.

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