I. Relation de 1647, p
d'un nommé Harman van der Bogaert. Fixé définitivement au milieu des Hollandais, il obtint une charge de la Compagnie, et agissait souvent comme interprète.
Jean Lamontagne était aussi français d'origine, médecin instruit. Il vint à New-Amsterdam en 1637. Dès son arrivée, le gouverneur Kieft le choisit pour l'un des membres de sou Conseil, et il joua un grand rôle dans les affaires publiques de la colonie hollandaise.
Voici cette lettre de Labadie:
« Loué soit Dieu au fort d'Orange !
« Je n'ay voulu manquer à cette occasion de vous faire sçavoir mon comportement. Je suis en bonne santé, Dieu mercy, priant Dieu qu'ainsi soit de vous et de vos enfants. Au reste je n'ay pas beaucoup de choses à vous dire, sinon comme les François ont esté arrivez le 17 de ce présent mois d'Octobre 1646, au fort des Maquois, c'est pour vous faire entendre comme ces Barbares ingrats n'ont pas attendu qu'ils fussent bien arrivez dans leurs cabanes, oii ils ont esté dépouillez tous nuds sans chemises, reste qu'ils leur ont donné chacun un brayet pour cacher leur pauvreté; le mesme jour de leur venue ils ont commencé
de les menacer, et incontinent à grands coups de poings et de bastons, disans, vous mourrez demain, ne vous estonnez pas, ayez courage, nous vous frapperons avec la hache et mettrons vos testes sur les palissades (c'est-à-dire sur la clôture de leur bourgade), afin que quand nous prendrons vos frères ils vous voyent encore. Il faut que vous sçachiez que ç'ont esté seulement la nation de Tours qui les ont fait mourir, la nation du loup et de la tortue ont fait tout ce qu'ils ont pu pour leur sauver la vie, et ont dit à la nation de l'ours, tuez-nous premièrement, mais hélas ! ils ne sont pas pourtant en vie. Sçachez-donc que le i8 au soir qu'ils vindrent appeler Isaac pour souper, il se leva et s'en alla avec ce Barbare au logis de l'ours. Il y avoit un traiste avec sa hache derrière la porte, et entrant il luy fendit la teste, à Theure mesme il luy couppa et la mit sur les palissades, le lendemain de grand matin il fit de l'autre de mesme, et ont jette leurs corps dans la rivière. Monsieur, je n'ay pas peu sçavoir ny entendre d'aucun Sauvage pourquoi ils les ont tuez. Au reste leur envie et entreprise est de s'en aller trois ou quatre cents hommes pour tascher de surprendre les François, pour en faire de mesme comme ils ont
fait des autres. Mais Dieu veuille qu'ils n'achèvent pas leur dessein. Monsieur je vous supply mon baisemain à Monsieur le Gouverneur. 30 octobre 1646.
Jkan Labadië.
Il est évident, d'après le contexte même, que si cette lettre fut adressée au docteur Lamontagne, elle dut être envoyée ensuite à Québec, soit à Jean Bourdon, ancien compagnon d'ambassade du Père Jogues, soit aux Jésuites. En tout cas, elle était sous le même pli que celle du gouverneur Kieft, qui avait adressé le tout à M. de Montmagny.
Après avoir tué le Père Jogues, les Iroquois coururent chez les Hollandais pour leur vendre le missel, le rituel et la soutane du missionnaire, espérant en tirer de grosses sommes. Mais, voyant qu'ils n'en recevaient rien, ils firent cadeau au ministre Megapolensis de ces reliques du martyr. Celui-ci, qui s'était fait l'ami du défunt, les accepta de grand cœur et les conserva précieusement dans sa famille.
Laissons maintenant au Père Jogues le soin de raconter lui-même de quelle manière il quitta Manhatte. Nous en trouvons tous les détails dans une lettre qu'il adressa de Rennes,
le 6 janvier 1644, au Père Charles Lalemant, alors procureur à Paris de la mission du Canada.
... « Enfin je suis délivré ! N. S. a envoyé un de ses Anges pour me tirer de la captivité. Les Iroquois s'étant rendus à Thabitation des Hollandais vers la mi-septembre, après avoir fait beaucoup de bruit, ont enfin reçu des présents que le capitaine qui me tenait caché leur a fait jusqu^à la concurrence d'environ 300 francs que je m'efforcerai de reconnaître. Toutes ces choses étant pacifiées, je fus envoyé à Manhatte, où demeure le Gouverneur de tout le pays. Il me reçut fort humainement, il me donna un habit, et puis me fit monter dans une barque de charbonnier qui m'a porté en Basse- Bretagne avec un bonnet de nuit en tête et dans l'indigence de toutes choses, de la même façon que vous arrivâtes à Saint-Sébastien, mais non dégouttant d'un second naufrage »...
Le Père Poncet fut aussi l'hôte des Hollandais et voici dans quelles circonstances. C'était
au mois de juin 1652. Des Iroquois maraudeurs avaient surpris le Père et un nommé Mathurin Franchetot dans les environs du Cap Rouge, et les avaient amenés dans leur pays. Après leur avoir fait endurer toutes sortes de tortures, ces barbares avaient conduit le Père Poncet au fort d'Orange. La réception y fut des plus cordiales, bien que le Commissaire Dyckman ne se montrât que très peu sympathique, et cela en dépit de la recommandation écrite de M. de Lauzon, gouverneur de la Nouvelle-France. « La première maison que je rencontrai, écrit le Père, me reçut très charitablement ; on m'y présenta de quoi dîner, et entre autres choses j'y mangeai des pommes, dont je n'avais point goiàté depuis quinze ans; on m'y fit encore présent d'une chemise blanche.
«Un jeune homme pris aux Trois-Rivières par les Iroquois, et racheté par les Hollandais, auquel il servait d'interprète, me vint trouver, et après quelque entretien, me dit qu'il se viendrait confesser le lendemain, qui était le dimanche.
Ce jeune homme dont parle ici le Père Poncet, n'était autre que le célèbre Pierre-Esprit Radisson qui a laissé des Mémoires complets sur sa vie aventureuse.
Et le Père, continuant le récit de son voyage au fort d'Orange, ajoute:
« Comme la nuit s'approchait, et que je m*en allais coucher sur le plancher, sans lict et sans souper, un Sauvage demanda permission au Gouverneur de me mener en une maison qui luy estoit amie. J'y fus conduit et j'y trouvay un vieillard qui me reçut avec beaucoup de bienveillance. Le François dont j'ay fait mention cy-dessus, demeurait en cette maison; il mit ordre à sa conscience pendant trois nuits que je demeuray avec luy chez cet honneste homme, dont je voudrois pouvoir reconnoistre la courtoisie, par toutes sortes de services, tant il me traista honnestement, lorsque j'étois en un estât le plus misérable du monde. Je ne pouvois pas manquer d'habits ; cet honneste gentilhomme m'en présenta un fort honneste; et à mesme temps un bon Ouallon, ne sçachant rien de cet office, alloit quester par les maisons pour trouver de quoy m'habiller. . . Mes hôtes me pressèrent de prendre des provisions pour mon voyage ; mais je me contentay de recevoir quelques pesches d'un marchand de Bruxelles, bon Catholique, que je confessay à mon départ. Il fallut leur promettre à tous que je les retour-
nerois voir l'Esté prochain, tant ils me tesmoignerent d'amour et de bienveillance ».
De tous les missionnaires jésuites qui ont travaillé à l'évangélisation des sauvages, le Père Simon Lemoyne est celui qui a entretenu de plus longs et de plus fréquents rapports avec les habitants de la Nouvelle-Belgique. L'on constate qu'il se rendait souvent à Manatte ou à Orange. Chaque voyage lui rapportait quelques consolations spirituelles, car il était rare qu'il n'eût pas à confesser ou à aider spirituellement des catholiques, hollandais ou français. Ce père était l'ami et l'assidu du ministre Megapolensis. Tous deux discutaient religion, et il va sans dire que si leurs controverses à ce sujet étaient courtoises, elles étaient aussi éclairées. Le Père Lemoyne, avec le zèle qui l'animait, écrivit pour l'usage du ministre trois petits traités : i° sur la question des papes ; 2° sur les conciles ; 3*^' sur les hérésies. Il les fit parvenir avec une lettre lui recommandant de les étudier avec soin, en ajoutant ces mots : « Le Christ attaché au bois de la Croix, est toujours
prêt à recevoir votre conversion ». Le révérend lut ces petits traités et y fit une réponse qu'il envoya par un vaisseau qui fit voile à New- Amsterdam. Là il eut avec les autorités hollandaises plusieurs entrevues, au cours desquelles il fut bien aise d'apprendre que les marchands désiraient faire le commerce avec les Français. Le Père écrivit au gouverneur d'Ailleboust pour savoir ce qu'il déciderait ft ce propos. Dans une lettre en latin, datée du fort d'Orange, le 7 avril 1658 et signée par le Père, l'on constate que le gouverneur de la Nouvelle-France consentait à ouvrir la route du Saint-Laurent aux navires hollandais, à condition qu'ils ne feraient pas de commerce avec les sauvages, et qu'ils s'abstiendraient de pratiquer publiquement leur religion. Le Père Lemoyne, communiquant cette nouvelle au gouverneur Stuyvesant, l'appelle heureuse et fortunée.
Voici, du reste, le texte de la missive du gouverneur d'Ailleboust, à l'illustre missionnaire devenu l'hôte des autorités hollandaises.
A Québec, ce 18 février 1658.
Mon Révérend Père,
J'ai communiqué à toutes les principales per-
sonnes de ce pays, le dessein dont vous me parliez de la part de Messieurs les Hollandais; personne n'a douté que, vu que dans tous les ports de France, il y a de si tant d'années, ils sont reçus comme amis et alliés de la couronne, nous ne pouvions leur refuser pour aucune raison qu'ils viennent faire commerce avec nous, ainsi que je puis m'y opposer. Je consens qu'ils viennent quand il leur plaira, à la charge d'observer les mêmes coutumes que les vaisseaux français, et l'exercice public et à terre de la religion qui est contre la romaine. Vous savez ce que le roi nous défend là-dessus. Je me recommande à vos frères, et suis,
« Mon R. Père, votre très humble et très affectionné serviteur.
DailIvEboust »..
Le 2 juillet 1658, la barque Saint-Jean, commandée par le capitaine John Perel, faisait voile du port de New-Amsterdam, en route pour Québec, chargée de tabac et de sucre. Comme c'était le premier voyage de cette nature, le gouverneur hollandais fit la remise de tous les droits de sortie. Le résultat de cette tentative ne répondit pas à l'attente des marchands. La barque fit naufrage dans le Golfe
St-Laurent, et ses débris vinrent atterrir sur les rivages de l'île d'Anticosti.
Cette malheureuse aventure n'empêcha pas que les traditions d'harmonie et de bon vouloir entre Français et Hollandais se maintinssent aussi fermes que par le passé, Nous pourrions multiplier les preuves de cette réciprocité entre les deux nations, pour qui le voisinage des Iroquois toujours remuants constituait un trouble- fête permanent. Tenons-nous en à ce qu'ont écrit quelques Jésuites et le marquis de Tracy, lieutenant-général du roi en la Nouvelle-France.
Le Père Jean Pierron écrivait à Van Rensselaer, le 6 novembre 1667 : « Je me tiens tellement obligé de l'honneur que j'ai reçu de vous à Schenecté (Schenectady), qu'éternellement, j'aurai de l'affection pour votre compagnie, et de l'inclination à l'obliger, si jamais j'en ai l'occasion. Le noir et le blanc, ni la diversité de la religion, n*empêchent pas cette amitié ».
Le Père Jean de Lamberville, alors qu'il était missionnaire chez les Onnontagués à Onondaga, écrivait en 1685, à Jeremias van Rensselaer une lettre pour lui exprimer tout le respect qu'il avait pour son caractère.
Cette lettre est en latin.
« Illustrissime Domine, Etsi, de facie nec ego tihi, nec tu mihi cognitus sis, tuum tamen mihi nomen tuaque mihi probe nota sunt mérita,, dignus que es qui qu<icumque data ohsequi tihi deferendi occasione, pronœ voluntatis spécimen exhiheatur ».
« La nation française, écrivait le marquis de Tracy, en 1667, ^^^ gouverneur Nicolls, est trop portée à reconnaître la courtoisie, pour ne pas avouer que les Hollandais ont toujours montré de la charité pour les Français, retenus prisonniers chez les Agniers, et qu'ils m'ont racheté plusieurs, qui, sans leur assistance, auraient péri sur le bûcher. Ils peuvent demeurer persuadés de notre reconnaissance pour eux-mêmes et pour tous ceux qui exerceront des actes semblables de charité chrétienne».
Le personnage Hollandais qui a le plus considéré les Français du Canada, et qui en a été le plus aimé et le plus respecté, fut Arendt Van Corlaer, homme d'une haute distinction et d'un caractère irréprochable. Nous l'avons vu à
Tœuvrc, lorsqu'il s'est agi de tirer le Pcrc Jogues des griffes des Iroquois. Sa noble conduite en cette circonstance, lui avait déjà attiré les sympathies et la reconnaissance des Canadiens.
Arendt Van Corlaer, commissaire-général ou commissaire de la colonie hollandaise, jouissait d'un ascendant considérable sur les Indiens, qui, après sa mort, ne crurent faire mieux, pour honorer sa mémoire, que de donner aux différents gouverneurs de New- York, le nom de Corlaer. La principale vertu de Van Corlaer, était une humanité poussée aux dernières limites. Sauver un blanc des griffes des sauvages, tel était l'un des actes qu'il estimait le plus. Ainsi, l'on cite plusieurs interventions charitables, en faveur des pauvres Français qui n'attendaient que la mort après être devenus la proie de ces tigres à face humaine, connus sous le nom générique d'Iroquois.
Van Corlaer fut un des premiers colons de Schenectady. Sa parenté avec Van Rensselaers ne nuisit pas à l'avancement de sa fortune, bien qu'il pût marcher seul, grâce à ses talents et à la probité de son caractère. Sa réputation se répandit jusqu'à Québec, et le Mar-
^uis de Tracy, lieutenant-général du roi, lui écrivait en date du 30 avril 1667:
« Si vous trouvez bon de venir ici cet été, comme vous m'avez permis de l'espérer, vous serez le bienvenu, et vous serez accueilli au meilleur de ma capacité, car je vous tiens en grande estime, quoique je ne vous connaisse pas personnellement. Croyez à la véracité de mon langage et que je suis, Monsieur, votre serviteur affectionné et assuré,
(Signé), Tracy.
Ayant accepté cette invitation. Van Corlaer se prépara à entreprendre le voyage de Québec. Le gouverneur NicoU lui donna une lettre pour Tracy; elle porte la date du 20 mai 1667. On y trouve le passage suivant : « Mr Curler a été sollicité par divers amis de Québec de leur rendre visite, et ayant à cœur de vous baiser les mains, il a obtenu de moi un sauf-conduit pour conduire un jeune homme du nom de Fontaine, (Des Fontaines avait été sauvé de la mort par Corlaer et il avait passé l'hiver chez k capitaine Carteret dans le New-Jersey), qui malheureusement était tombé entre les mains barbares de ses ennemis, et a obtenu sa liberté par l'entremise de Mons. Curler ».
Le I juillet suivant, Jeremias Van Rensselaer, écrivant en Hollande, disait : « Notre cousin Arendt Van Curler part pour le Canada, après avoir obtenu la permission de notre Général ».
Comme la route la plus expéditive et la plus facile pour se rendre à Québec était celle du lac Champlain, Corlaer prit un canot trop fragile pour lui et son compagnon. Rendu dans un endroit près de Split-Rock, l'esquif ne put résister aux assauts d'une mer en furie, et les passagers se noyèrent. Ce pénible accident causa un grand deuil et chez les Hollandais et chez les Français du Canada, qui perdaient les uns un homme dévoué et les autres un ami sincère .
Cadwallader Colden est le premier qui mentionne la légende qui suit au sujet de la mort tragique de Corlaer:
« Il y a, dit-il, sur le grand lac au nord d'Albany, un rocher contre lequel les vagues battent souvent avec furie. Sous ce rocher, suivant les Agniers, vit un vieux sauvage, qui exerce un grand pouvoir sur les vents; aussi, en passant, ils lui jettent ordinairement une pipe ou quelque autre petit présent, et lui adres-
sent quelques demandes». (Calwallader Golden), The history of the Pive Indian Nations of Canada, London, 1747, Part, i, p. 32.
Cette légende est rapportée par un missionnaire avec quelques détails de plus.
« Nos Iroquois, dit-il, ne manquent jamais de s'arrêter en cet endroit, pour rendre hommage à une nation d'hommes invisibles, qui habitent là dans le fond de l'eau et s'occupent à préparer des pierres à fusil, pour les passants qui leur rendent leurs devoirs en leur présentant du petun.
« Ces hommes marins vont en canot comme les Iroquois, et quand leur grand capitaine vient à se jeter à l'eau, pour entrer en son palais, il fait un si grand bruit qu'il remplit de frayeur l'esprit de ceux qui n'ont pas connaisvSance de ce grand génie . . . L'occasion de ce conte si ridicule est qu'en vérité le lac est agité souvent de terribles tempêtes, qui causent de furieuses lames, surtout dans le bassin où le sieur Corlaer a péri ; et quand le vent vient du côté du lac, il pousse sur ce rivage quantité de pierres dures et propres à faire du feu ».
En 1658, les Agniers voulaient faire la paix avec les Français. Ils s'étaient tout d'abord adressé à leurs amis d'Orange pour obtenir d'eux un interprète qui pût les accompagner jusqu'à Québec. Les Hollandais leur donnèrent un nommé Martin, à condition qu'ils le ramèneraient au bout de quarante jours. Celuici reçut du docteur Lamontagne, une lettre pour le gouverneur des Trois-Rivières. En voici le texte même:
« A Monsieur,
« Monsieur de la Potherie,
« Gouverneur des Trois-Rivières, en la Nouvelle-France.
« Monsieur : — Les Indiens, dès nôtres nommez Maquaas, dès vostres, Iroquoys, sont venus icy le 13 de ce moys, amenant avec eux un François, nommé Louis Paraget, lequel (comme ils nous ont déclaré), ils désirent avecq deux autres ramener de par delà et vous les rendre en eschange de six des leurs que vous preniez prisonniers, et pas mesmes moyens faire la paix avec tous les Indiens de vos quar-
tiers. Et parce que qu'ils n'ozent pas le faire en personne, ils nous ont requis de les vouloir assister de quelqu'un dès nostres, qui eust cognoissance de la langue Françoise pour les servir en cette occasion; ce que nous n'avons pas peu leur refuser, craignant de rompre l'occasion d'une bonne affaire. Voilà pourquoi nous avons expédié un soldat nommé Henry Martin pour les servir en cette affaire, selon que l'occasion et le droit le requiert, espérant que vostre S. prendra en bonne part ce que nous faisons, qui ne part que d'une bonne intention, et syncere affection. Cependant, je demeure (après mes humbles baise-mains), Monsieur, vostre très humble obéissant serviteur.
« Fort d'Orange, ce 15 d'aoust 1658.
« La Montagne ».
M. de la Potherie, qui ne reçut cette lettre qu'après coup, car Martin s'était engagé dans la forêt, fit prisonniers ces sauvages et les envoya sous bonne escorte au gouverneur général, d'Argenson.
Nous pourrions encore citer plusieurs faits établissant la continuité de relations amicales entre les Hollandais de la Nouvelle-Belgique et
les Français de la Nouvelle-France. Mais, nous préférons nous arrêter, croyant avoir prouvé surabondamment notre thèse.