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TRADUCTION
Louange au Dieu unique.
De la part du cadi des h'anafî , notre cheikh , le lustre resplendissant, le très-docte sid Ah'med ben Ya'k'oub, — au respectable jurisconsulte le sid Khalil ben Ah'med.
Au reçu de notre invitation, à la requête de la servante de Dieu Amina , femme du jurisconsulte le sieur Moh'ammed ben Meziân , vous représenterez les objets de la succession de son mari défunt, et vous assisterez au partage
MOT A MOT
La louange à Dieu, unilé de lui. Par la permission ;cle la part) du
cadi des h'anafi, le cheikh de nous, le jurisconsulte,
le lustre resplendissant, le très-docte sidi Ah'med ben Ya'k'oub, — au jurisconsulte, respectable, le sieur
Khalil ben Ahmed — A l'arrivée de l'ordre de nous vers vous, de la servante de Dieu 'Amina , épouse du jurisconsulte
le sieur Moh'ammed ben Meziàn, vous apporterez la succession de son mari, le défunt sus-menlionné,
et vous vous présenterez au partage d'elle avec l'héritier de lui le sieur Ahmed ben El-H'àdj. Et point de dispense! Et sinon,
nous instruirons sur vous le chef de la ville, et il tirera vengeancp de vous, quoi de vengeance! Et vous (étiez) très-instruit
sur la personne de vous lorsque vous avez pris la succession dans la totalité d'elle, et vous avez laissé les maîtres des créances
chaque jour ils viennent (à) nous, et vous n'avez pas réglé eux (au sujet) du droit d'eux. Et le salut.
de ces objets avec sid Ah'med ben El H'àdj, héritier dudit défunt. Il le faut de toute nécessité ; sinon, nous vous dénoncerons au magistrat de la ville, et vous éprouverez quelle punition il vous infligera. Vous saviez très-bien o^ que vous faisiez lorsque vous vous êtes emparé de la succession tout entière, et que vous avez laissé les créanciers se présenter à nous chaque jour , parceque vous n'aviez pas acquitté intégralement leurs créances. Salut.
8t> PRKMIKRK PARTIE.
ConMiiKation mut un point de droit.
^^Lsr^l ^ ^l/'^ Tjy h^^^ e/ ^J ^-? '^j^ U^ (*^1^
TRADUCTION
Louange à Dieu. Que Dieu répande sa miséricorde sur notre seigneur Moh'ammed et sur sa famille !
Que Dieu comble vos seigneuries des marques de sa satisfaction ; qu'il accorde à l'islamisme la faveur de vous conserver longtemps en cette vie !
Nous sollicitons votre décision sur une affaire : — Un homme du dehors (-1 ) épouse une femme de la ville , et stipule avec elle , en passant le contrat , qu'elle quittera la ville pour le suivre en son pays. Elle consent , et le mariage a lieu. Pendant environ quatre ans qu'elle resta
MOT A MOT
La louange à Dieu , et que répande ses bénédiclious Dieu sur le Seigneur de
nous Mohammed et sur la famille de lui ! Les maîtres de nous (que soil satisfait Dieu de vous, et satisfasse vous, et fasse
profiter les Musulmans de la longueur de votre existence!) La réponse de vous au sujet d'une affaire, et elle : Un homme de hors les villes
s'est marié avec une femme de la ville, il a imposé comme condition sur elle, lors du contrat de mariage envers elle,
que elle sortirait avec lui au pays de lui. Elle répondit favorablement (à) lui pour cela, et il consomma le mariage. Et elle resta avec lui proximité de quatre
ans, et fit visiter elle diverses fois la mère d'elle et les frères d'elle; et elle enfanta avec lui (plusieurs) enfans.
Elle insista auprès de lui une fois autre, et décida lui à la visite de la famille d'elle, comme il précède. Il partit avec elle vers la
mère d'elle. Et après que elle eût achevé l'époque de l'hospitalité , il sollicita elle pour (qu')il partit avec elle vers la
maison de lui. Elle se défendit de lui, et elle refusa (qu'jelle sortît avec lui. — Est-ce que cela à elle, ou bien pas de parole à elle,
et partira avec elle le mari d'elle vers pays de lui? Expliquez à nous cela, vous serez récompensés et pardonnes
(de Dieu) .
avec lui, il l'envoya plusieurs fois visiter sa mère et ses frères, et elle eut plusieurs enfans avec son mari.
Mais elle multiplie ses instances et finit par décider son époux à la conduire visiter sa famille , ainsi qu'on l'a dit précédemment (2). Le mari l'emmène à sa mère, et après avoir laissé achever le temps que les convenances accordent à l'hospitalité , il engage sa femme à retourner avec lui dans leur demeure. L'épouse se refuse à partir avec son mari. — Lui appartient-il d'agir ainsi, — ou doit-elle, sans réclamer, suivre son mari en son pays?
Daignez résoudre la question, Di^ vous en récompensera et vous recevra en sa miséricorde !
SS l'HKMIÈHK PARTI K.
NOTES DU No XXI.
(i) Lj:)LJI ^ J-xj un homme du dehors. En bien des pays, nolammenl en Algérie, les populations musulmanes se divisent en deux classes : .L^yi usuellement h'adar, ks gem d résidence fixe, les citadins, — ol ^^ÎjJ! el-baddoui, les [gens campés
sous la tente, qui ne sont pas, avec les h'adar, dans le rapport des paysans de nos campagnes avec les habilans des villes. Les Arabes de la tente, i jv^LJ! J—a»! ahl el-bâdiya, nommés bedouins ou Arabes du Désert par les Européens, diffèrent de nos paysans en ce qu'ils sont littéralement campés, souvent d'une manière permanente, dans de vastes régions éloignées des villes. N'ayant d'autre habitation que la tente, ils n'ont aucun des caractères qui résultent des nécessités ou des habitudes morales , politiques, administratives ou municipales des villes, des bourgs ou des villages; et lorsque de graves événemens viennent fondre sur leurs tribus, ils ont la ressource, inconnue aux nations civilisées, de charger leurs tentes et leurs bagages et d'aller chercher ou conquérir une nouvelle terre hospitalière.
L'habitation dans les cités se nomme en arabe ^^L^l el-hâdra, le domicile fixe ou sédentaire; le séjour de la tente, loin des cités, est appelé LjviLJ) el-bâdiya, mot qui signifie
le séjour du j J,j bedou ou des contrées non circonscrites. — Dans notre histoire et notre littérature, on paraît regarder sou vent les Arabes de la tente comme nomades, et l'on appelle Désert, par un étrange contresens, les pays qu'ils habitent et qu'ils cultivent. Excepté dans les calamités qui déracinent ou transportent les peuples , les Arabes sont attachés par la conquête ou la tradition aux diverses régions où ils se tiennent, et l'on ne doit pas consioerer comme nomades (mi errans ceux
que les coudilions du sol ou du climat obligent à des émigrations périodiques d'hiver ou d'été , dans des lieux déterminés, pour leurs semailles ou leurs pâturages; de même que l'on ne regarderait pas chez nous comme nomade celui qui passerait l'été dans ses propriétés du nord de la France , et l'hiver dans ses biens du midi. L'Arabe seulement, portant sa tente avec lui dans ses émigrations, la plane toujours sur le même territoire, mais non toujours dans le même lieu.
Nous ferons observer, à celte occasion, que le mot Désert, c'està-dire, lieu inculte et inhabité, qui résonne si poétiquement à l'imagination des personnes qui ne connaissent la vie arabe que par les livres, n'est pas exactement appliqué aux vastes régions,
celles du S'ah'ra J\ysr^^ par exemple, où fourmillent des populations nombreuses, avec leurs oasis, leurs campemens el même leurs villes, séparées souvent par de grandes étendues de sables ou de terres arides. On ne peut entendre alors par Désert que l'espace peu connu qui renferme toutes ces populations et leurs lieux de résidence , comme la mer renferme des îles éparses plus ou moins séparées entre elles; mais comme cette dénomination est extrêmement vague, elle a besoin d'une désignation de contrées, que la connaissance croissante de la géographie de l'intérieur de l'Afrique précisera de plus en plus.
(2) >J à-j' Uj à la lettre : comme ce qui a été fait mis en
avant. Cette locution arabe est très-fréquente : elle peut, suivant les cas , exiger diverses formes dans la traduction française ; par exemple : comme on Va vu ci-dessus; — comme on l'a dit déjà, — ainsi qu'il a été dit, prescrit, indiqué, etc.
'.Ml l'KEMIKRË FAIITIË.
Fetoua^ ou Décision «ur la queHtion précédente.
j! Ica-) lSju. .^ L^ c-v»jij'^j ^tXJ3 J-li L^-JI ïcLwL»
TRADBCTIOIN.
Louange à Dieu. Les faits sus-mentionnés étant établis, s'il est bienveillant pour elle et qu'on ne connaisse de sa part aucun mauvais procédé antérieur ; si elle ne s'est précédemment plainte d'aucun tort ni d'aucun manque d'égards, on ne peut l'empêcher {\) de l'emmener. Mais si l'on a connaissance d'actes inconvenans ou de plaintes portées au cadi ou aux voisins, il ne doit pas l'emmener.
Tel est le sens littéral de la loi. Dieu possède la science absolue (2).
Écrit par l'humble serviteur de Dieu ( qu'il soit loué ! )
MOT A MOT
La louange à Dieu, Lorsque est établi ce qui a été mentionné , et si (il) est bienveillant pour elle, et n'est pas connu
par de mauvais procédés envers elle avant cela, et n'a pas eu lieu antérieurement de la part d'elle sur lui plainte pour lésion ou
mauvais procédés, alors il n'est pas empêchable du transport de lui avec elle. Mais si est connu de lui le mauvais procédé, ou elle était
se plaignant (de) lui au cadi ou aux voisins, il est empêchable. Ceci est le sens textuel. Et Dieu (est) le savant. A écrit lui
le serviteur, le pauvre devant Dieu (la louange de lui (soit proclamée!) Ah raed Zerrouk' ben Moh'y ed-Dîn
ben Abd el-Lat'if . Qu'assiste lui Dieu !
La louange à Dieu. Ce que est répondu par lui est véritable, et sur lui donne assentiment Mahmoud ben 'Ah'med,
le cadi à Alger. Que fasse miséricorde Dieu à eux deux.
Ah'med Zerrouk' ben Moh'i ed - Din (3) ben Abd el - Lalif. Que Dieu le protège !
Louange à Dieu. La décision est bonne, et Moh'ammed ben Ah'med , cadi à Alger [ que Dieu lui fasse miséricorde ainsi qu'à son père ! (4)] , y donne son assentiment.
NOTES DU N« XXIL
(i) On ne peut Vempêcher («j^ôj %). Lilléralement :jl
n'est pas empêché. On se rappelle que la forme passive , en arabe, s'applique très-souvent, soit aux verbes, soit aux adjectifs verbaux ou participes, pour exprimer, non seulement ce qui est
92 PREMIËRK PARTIE.
OU sera fait, mais encore ce qui peut ou doit être, ou se faire. C'est pourquoi les adjectifs ou participes passifs arabes ont souvent la valeur de nos adjeclifs terminés en able, comme ^j^
adorable. -- ^y^^ vénérable, — ^^^j^ agréable à..., etc., etc.
— Les mots «J^ %, et un peu plus loin aJ^ signifient, d'après
cela : il ne doit pas êlre empêché, — et il doit être empêché.
(2) Dieu possède la science absolue. Le texte porte : JLjJ! b^\j et Dieu est le savant (par excellence). Lorsque les Musulmans énoncent un jugement ou un fait d'après leur appréciation, ou sur une connaissance seulement traditionnelle , ils n'affirment qu'avec une certaine restriction, de crainte d'erreur. La formule
ci-dessus : JLx)î û^Îj ou celle-ci : v^j!^b J^i i^\j veut
dire, après un Jugement ou une narration : « Au surplus. Dieu sait mieux que personne ce qui en est , ou ce qui est réel, ou convenable. »
(3) Ben Moh'i ed-Din. Le nom jV^^ c^^ est très-commun dans certaines familles musulmanes : c'est une épithète signifiant vivificateur ou régénérateur de la religion, ç-r^
(par euphonie ^^ç^) est le participe actif ou présent du verbe
^^-^1 vivifier. — Si on l'écrit on le prononce Mah'i (au lieu
de Moh'i) comme cela a lieu souvent, par erreur, il signifie
l'oblitération ou l'anéantissement (de la religion) : c'est le nom
d'action du verbe Lsr^ effacer; il donne par conséquent un sens
diamétralement opposé à l'idée pour laquelle il est employé.
Cette différence considérable de signification entre deux mois
en apparence écrils de la même manière, ne doit aucunement
surprendre : elle est très- fréquente en arabe ; l'écueil est d'autant
plus grand pour la traduction, que les signes orthographiques ne sont presque jamais écrits, et que c'est au traducteur à saisir rapidement toutes les formes et toutes les significations d'un même mot, afin de choisir et appliquer celle que le sens et l'analyse lui indiquent. Ceci explique la nécessité plus grande en arabe que dans les autres langues, pour les traducteurs, de la connaissance des principes de la grammaire et de l'orthographe, pour éviter de nombreux contresens , dont le moindre inconvénient est de n'être que burlesques lorsqu'ils ne dénaturent pas l'idée , et ne la changent pas de l'affirmation à la négation, et vice versa.
(4) Ls^ L2& Qu'il (Dieu) lui fasse miséricorde, ainsi qu'à son père, à la lettre : quHl efface fies traces du péché) de dessus EUX DEUX. L'idée du père du signataire se trouve implicitement exprimée dans le nom de celui-ci Moh'ammed ben (fils de) Àh'med; c'est pourquoi le pronom (L^) est au duel, comme se rapportant aux deux individus mentionnés dans le nom Moh'ammed ben Àh'med. Cette formule est fréquemment employée dans les cas analogues à celui-ci.
Le verbe LsLx>, pour^j A D, indique l'action du vent qui efface les traces imprimées sur le sable ou sur la terre aride, à la suite d'un passage ou d'un campement. C'est ce qui l'a fait employer, dans une acception métaphorique, pour exprimer d'une manière sensible l'idée de pardonner : il veut dire littéralement : effacer de dessus quelqu'un les marques imprimées par le péché.
Comme tous les verbes dont la dernière radicale est un j prenant euphoniqueraent le son A au prétérit, il doit s'écrire Lb£ par un ! (et non ^^ par le ^). L'usage des grammairiens et des lexicographes arabes est de distinguer généralement les verbes défectueux terminés par j, en les écrivant par I au prétérit, et de n'employer exclusivement le ^ que pour ceux qui sont terminés par ^.
94 pri:mikrk parti k
Autre Fctvia.
c^^t ^j c^sjû ur Jy J^l-? ^^-^^jj ^11-^^^ U^ Jii
TRADUCTION
Louange à Dieu. Bénédiction et salut à l'envoyé de Dieu !
Le principe fondamental est que lorsqu'une femme prétend, après la consommation du mariage (1), que son mari lui a alloué telle valeur comme capital de sa dot, et que celui-ci prétend une quotité moindre, l'assertion à admettre est celle du mari. L'auteur ajoute : mais seulement après consommation, divorce ou mort; et l'assertion du mari, à défaut de preuves , doit être appuyée de l'affirmation par serment de la quotité et de la nature (2) de la dot ; car
La louange à Dieu. Et la bénédiction et le salut sur l'Envoyé de Dieu.
La règle fondamentale est que la femme, lorsqu'elle prétend après la construction (de la tente nuptiale) que son mari a alloué
à elle une quotité capital de dot, — et (que) prétend le mari moindre que ce que a prétendu la femme,
la parole (est) la parole du mari. — A dit l'auteur : seulement après consommation du mariage, divorce, ou mort,
Et la parole de lui (du mari) avec un serment sur la quotité et la nature. — Ceci avec le manque de preuve; car il fait courir, avec
la preuve, l'approbation à lui (au mari). — Sur cela court l'affaire du détenteur de lui (du présent) : après la consommation du mariage, il a prétendu
moindre que ce que a prétendu la femme de lui. Or la parole (à adopter est; la parole de lui, comme vous savez. Et de lui j'informe
celui qui est arrêté sur lui (sur la présente décIsionV Ecrivain de lui l'humble serviteur du seigneur de lui, Mohammed ben H'arrâch . Que se tourne Dieu sur lui!
avec la preuve , il admet comme suffisante la déclaration du mari.
C'est sur ce point que repose (5) Taffaire du porteur du présent : après la consommation du mariage, la dot qu'il déclare avoir stipulée est moindre que ne le prétend sa femme. C'est, comme vous savez, l'assertion du mari qu'il faut admettre.
J'instruis de ceci quiconque voit le présent (4).
Écrit par l'humble serviteur de son Dieu, Moh'ammed bon H'arrâch. Que Dieu lui fasse miséricorde (5) !
96 FKKMIÈRE PARTIE.
NOTES DU N« XXllI.
(i) Après la consommation du mariage. L'expression consacrée : L^ X^\ Jjt> signifie à la lettre : après que l'on aura construit pour elle (la tente nuptialej. De là, par métaphore, le sens de l'accomplissement ou la consommation du niaiiage.
(2) La nature. Le mot 'isuo venant de ^,^j , décrire, signifie description, désignation spéciale; par extension on l'applique, non-seulement à l'expression qui décrit, et il veut dire alors épithète, mais encore au sens matériel de celle expression : il signifie alors la nature, V espèce ou la forme désignée par V expression descriptive ou 'i^, — On se sert aussi quelquefois
du mot w-oo qui a le même sens que à çL-v».
(3} C'est sur ce point que repose.... Le mot ^j^ , courir, et au transitif ^j^^, foire courir, est employé métaphoriquement en beaucoup de circonstances avec des significations diverses , que l'on peut rapporter toutes aux idées principales de servir de..., être admis, usité, ou employé, admettre, adopter, etc. Dans le texte ci-dessus J LLsI^I '^--^--r^^ ^ sSf^^. il (l'auteur) fait courir avec la preuve, l'assentiment à lui (au mari), signifie : l'auteur admet, qu'avec la preuve ^ on doive adopter la déclaration pure et simple du mari. Les mots suivans LwCaâJi ^j^ àj£,j et sur cela court l'affaire, signifient : c'est sur cela que repose l'affaire, ou c'est en cela que consiste l'affaire.
L'emploi métaphorique du mot .C^-^w est très-fréquent , et l'idée qu'il exprime doit être rendue en français par des mots très-divers : c'est pour cela que je le signale à l'attention du lecteur.
(4) Celui qui voit le présent : ^^^^ , ^[^1 (celui qui s'arrête sur lui). L'expression ,J^ ^^j s'arrêter devant ou sur....^ pour dire, voir, lire, prendre connaissance d'un objet ou d'un écrit, est très-usilée, surtout dans le style arabe judiciaire : on trouve souvent, à propos d'une pièce mentionnée dans un acte : »|j-^ iJlû ^^j t^ (^jJ « En vertu de tel acte, qu'ont vu les deux témoins du présent et dont ils ont pris connaissance ou lecture. » — ^^j veut dire se tenir debout et s'arrêter : de là l'application métaphorique à l'idée de lire un écrit, avec la préposition ^J^, sur, en présence, devant.
(5) Que Dieu lui fasse miséricorde! àJi© i^\ ^ )Lj*, à la lettre :
que Dieu se retourne sur lui. Le mot ^Lj*--.^^^ signifie se retourner, revenir sur ses pas, revenir sur un parti pris, sur une décision. Dans le sens mystique, il veut dire pardonner
else convertir. — àJc ô^I s )ij* signifie : que Dieu revienne
sur le parti qu'il avait pris de le punir de ses fautes, qu'il lui pardonne. — ûii! ji ^Ij* il s'est retourné vers Dieu, il est
venu à résipiscence. L'épilhèle s >1^-Jt, qui s'applique à Dieu,
signifie celui qui revient facilement de sa colère contre les pécheurs, le Miséricordieux. — 'Ljj^] veut dire le retour à Dieu.
DisAoludon d^un mariage après divorce.
^L j <^Uj' L^l-Xo J >) J »! ,J.ft j.A^i c^^ ^r^^ (»^ ^jj iOeLw) w» Lciy 1 >j|^>)J-&j ij-^ AJ^j-J' Jj L^i rLw! àju <l:i£j1jj
ois-'! jki-c Lg-^jw^ ôj sjXJL-a> L>j XaUs^! ci-wisjj «s.iXJ jj
TRADUCTION
Louange à Dieu. L'honorable Khalâf ben Mos't'afa ayant déclaré {\) quitter (2) sa femme 0mm el-Kheir bent Ah'med, à condition qu'elle lui rende la dot qu'il lui a donnée , c'est-à-dire quatre-vingts réaux, celle-ci élève une contestation fondée sur des mauvais procédés de sondit mari envers elle ; elle déclare n'avoir trouvé (5) en lui aucune bienveillance , et fait rénumération de divers actes- répréhensibles qu'il a commis à son égard. L'affaire se décide entre
PETITHS PIÈCES ARABES. 99
La louange à Dieu. Après que eut déclaré l'honorable Khalâf ben
Mos'l'afa qu'il avait quitté
répQuse de lui 0mm el-Kheir benl Ahmed sur (la condition) que elle rendrait à lui la dot d'elle quatre-vingts réaux^
et que elle conteste contre lui, parce que lui a eu mauvais procédé envers elle et (qu'jelle n'a pas vu de lui de bien, et (après que) elle eut énuméré des espèces des mauvais procédés de lui
envers elle, — a été partagée l'aflaiie entre eux deux sur le divorce, et cela sur ce que il abandonne à elle
quarante réaux a mangé eux le père d'elle, il ne réclame pas (à) elle sur eux, et elle acquitte lui de quarante réaux
restant à elle du chef de lui, acquit complet. Ils se sont séparés tous deux sur cela. A pris à témoignage l'époux, que lui a quitté elle
sur cela. Et a consenti la répudiée à ce qui (est) là (ci-dessus). Et a été accompli entre eux deux l'engagement du divorce,
et a été exécuté. Et a été témoigné contre eux deux sur ce qui (est) dans lui de la part d'eux deux ; et eux deux dans l'état de santé (de corps et d'esprit) et d'admissibilité d'action.
Et a été établi la déclaration de connaissance relative à eux deux dans le jour dix-huitième de rebi' deuxième
an un et cinquante. et deux cent et mil.
eux par le divorce (4), avec la condition qu'il lui abandonnera quarante réaux que le père de ladite épouse a employés (5) à son propre usage , et que le mari ne réclamera point à sa femme ; elle acquitte complètement , en outre, ledit époux, de quarante réaux qu'elle a à toucher du chef (6) de ce dernier.
Moyennant ces conditions , ils se séparent. L'époux fait témoigner qu'il la quitte sous ces clauses, et elle consent à ce qui est mentionné ci-dessus. L'engagement réciproque
iOO PREMIÈRE PARTIE.
de divorce est accompli et exécuté par ce fait. Témoignage est porté sur ce que renferme le présent, relativement aux deux parties, et sur leur aptitude de corps et d'esprit à agir valablement en une telle circonstance. Leur identité est établie. A la date du ^8 rebi' deuxième de l'an ^25J (I85^).