‹ Chrestomathie arabe, lettres, actes et pi©·ces diversesChapitre 9 sur 56 · PHKMliiKli FAKTIE · texte numérisé non relu

PHKMliiKli FAKTIE

in unit ale ejus. Saj unilatem, esl à l'accusatif à cause d'une préposition sous-entendue. ( V. Cours, etc., termes cihconstan- TIELS, p. 418.)

(2) Foiinule de bénédiction pour Maliomel. Le nom du Prophète est sous-cnlendu. Suivant les Musulmans, Mahomet est le sceau, c'est-à-dire le dernier des prophètes, il se trouve implicitement désigné ci-dessus par les mots : après lequel il n'y a plus de prophète. Il a deux manières de lire le mot -o, qui, par conséquent , peut être pris dans deux acceptions : ^^

nabyy, prophète, et a-^ nabi', émigré, venant du verbe

L-wJ qui signifie à la fois prophétiser et se transporter d'un lieu dans un autre, émigrcr. Lorsque ces mots sont déterminés par l'article, ils indiquent toujours le fondateur de l'Islamisme. Dans notre texte, le mot — ^ est pris génériquement, et signifie seulement prophète.

Le v»erbe ^j^, construit avec la préposition Je, signifie faire miséricorde, répandre la grâce (iJ^Lo, au pluriel wjI^Lo), on sous-enlend Dieu pour sujet. De là la formule par laquelle tous les Musulmans demandent les grâces de Dieu pour Mahomet en tête de leurs lettres. D'autres fois, le verbe ,Jwv5 a l'homme pour sujet, par exemple dans celte phrase : ^-^-^^ J--^ J--^

il signifie réciter ou proférer la formule par laquelle on implore les grâces divines pour le Prophète. — On se rappelle que le verbe à la deuxième forme signifie souvent dire textuellement une chose , comme ^-^ ;vJl-.— , dire à quelqu'un oX-^-Lc ^-^-v, saluer; s ^ ^ .^, lui dire oX ^^-^y soyez

le bien-venu, etc. L'expression çy^^ ^J^ J-^» QU' est, comme on voit, à l'impératif, veut dire : récitez la formule de prière pour Mahomet : J^Xsr^ UjJlw ^^J^ ô^i! ,J~^ (que Dieu répande sa miséricorde (ou ses grâces) sur notre Seigneur Mohammed). Elle s'adresse, dans l'usage , comme un appel à la véracité de ceux que l'on va interroger sur un fait important, et que l'on adjure de répondre dans toute la sincérité de leur conscience. Elle équivaut à notre expression : « Jurez de dire la vérité, j»

Le verbe ,J~o employé seul ou avec un régime direct, signifie prier Dieu, faire une prière, etc.

(3) A la lettre : par la permission.

(4) L-*jLc allâma, est un mot qui, par sa forme (iJLJLs), exprime l'habitude d'une action ou l'intensité d'un état, comme

L\j^ tourneur, £L^-=i^ tailleur, ,^L-w voleitr, jl-|-3 trèsfort. Le ï qui s'ajoute à quelques-uns de ces adjectifs, donne une nouvelle énergie à leur signification; c'est pourquoi le mol i*bL& indique un homme très-docte.

(5) L'original porte en effet en télé le cachet du cadi.

(6} ^X^x-ij ouaba'd et ensuite; formule elliptique de transition des expressions de politesse à l'objet de l'écrit; on trouve souvent >bLJ! JoOj et après le salut; — A-ji j U! ensuite, etc.

(7) En beaucoup de localités le mot /r>3 signifie jumcnï.

(8) «.^ djarah', qui signifie blesser, veut dire métaphoriquement récuser, réfuter, arguer de faux un témoin. Le sens exige qu'on lise à la voix passive I^^jm^ ont été réfutés, il est

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bon de rappeler ici que la voix passive de la racine d'un verbe n'est presque jamais employée dans le discours oral, où, par rinccrliludc des sons voyelles, elle ne ferait qu'apporter une embarrassante confusion. Elle est très fréquente dans les écrits. Dans la conversation on la remplace par l'une des formes ordinairement passives (la cinquième et la septième, plus rarement la huitième). C'est ainsi que l'on dit dans la conversation pL-JLj yenha' (septième forme de ob), il est vendu,

ou IL SE VEND, pour ç- Lo youho' ; g H c :.' .1 yetk^all'a' il se

COUPE, OU IL EST COUPÉ, poup ^JsXj youUt'a\ Ces formes passives se distinguent par l'addition d'une ou plusieurs consonnes toujours sensibles, tandis que la voix passive du verbe primitif diffère de la voix active par des sons voyelles, appréciables seulement par le petit nombre des personnes instruites.

On s'étonne beaucoup de rencontrer, en arabe, des formes d'expression adoptées seulement dans les écrits, et rares ou inu sitées dans le langage. Ce fait a lieu dans toutes les langues, cl se remarque surtout chez les populations ignorantes. L'incorrection ou l'obscurité de l'expression se compense, dans le langage, par l'inflexion de la voix, par le geste ou les explications provoquées. Mais quand on veut écrire la parole, on doit s'astreindre à des formes régulières et positives, qui ne deviennent familières qu'à ceux qui les étudient : de là les règles de l'orthographe et du style, qui sont la consécration des faits du langage soumis à un ordre méthodique et rigoureux. Cela explique pourquoi l'écriture d'une langue, qui ne repose que sur des conventions locales dues seulement à l'intelligence humaine, exige toujours de longues éludes, tandis que la faculté du langage, que nous tenons directement de Dieu par notre nature , n'a pas besoin de tous les moyens artificiels qui rendent l'œuvre de l'homme si imparfaite et si laborieuse. Tous les hommes parlent par imitation, et en: venu d'une aptitude naturelle à saisir les analogies de l'expression ; nul ne peut lire ni écrire, s'il n'a long-temps étudie les moyens quel-

quefois irraiionels et plus ou moins incomplets adoptés dans sa nation pour exprimer graphiquement la parole et les idées. On ne doit pas s'élouner que la parole écrite revête des formes plus régulières et plus précises que la parole articulée, ni être surpris que celui qui a étudié apporte dans son langage plus de délicatesse et de précision que l'homme ignorant qui ne parle que par routine. On conçoit, d'après cela, pourquoi, chez tous les peuples, le langage de la masse ignorante diffère du langage et du style des gens instruits : ceux-ci ne disposent pas seulement d'un plus grand choix d'expressions que le peuple, mais ils possèdent aussi des idées plus nombreuses et plus étendues. Ce fait tout naturel a échappé jusqu'aujourd'hui à l'appréciation des Européens au sujet de l'arabe : on a mieux aimé répéter qu'il y a deux langues arabes, littérale et vulgaire, ou ancienne et moderne, que se donner la peine de considérer que les mots varient avec les idées, et que le peuple ignorant parle et écrit moins bien que les personnes instruites. Il faut tirer de toutes ces observations la conclusion fort simple, mais inaperçue : que ceux qui ont étudié ont généralement plus d'idées et de mots que les ignorans, — et que le langage et le style, appliqués à la fois aux conceptions élevées de l'esprit et aux relations intimes de la vie commune, ne constituent deux langues que pour l'étranger ignorant la théorie ou l'application, quelquefois Vune et Vautre, et déclarant hardiment, pour sauver son amour-propre, que ce qu'il ne comprend pas forme un idiome à part.

(9) oXjj J-3 fadounaka, sj:> est un substantif qui signifie

infériorité, en-deçà de... Il est souvent employé comme préposition, et signifie sous, sans, en-deçà. Le sens littéral est donc ici : et (mets) sous toi ton cheval, c'est-à-dire prends-le.

(10) bLU H- alla, DE PEUR que... ne. Contraction de Y »^ pour que ne.

40 J'HI MIKHh. PAUTII'

A. 'n. rintf^ndanf civil.

TRADUCTIOi\.

Après le salut adressé à M. l'Intendant civil, que Dieu le comble de faveurs (I) ! Le porteur du présent billet, vieillard très- âgé, a besoin de partir pour le pèlerinage (de la Mekke) par ce navire (qui met à la voile) aujourd'hui. Mais l'obtention d'un passeport (2) le remet à trois jours. Nous demandons de votre bonté que vous autorisiez son départ aujourd'hui. Le raïs ( capitaine ou patron de navire) H'assan est sa caution. Dieu vous aidera de son assistance. Mos't'afa ben Moh'ammed, mufti.

MOT A MOT

Après le salul sur M. l'Intendant civil, que Dieu Vaméliore! Le porteur

du billet , vieillard grand , est nécessiteux du dépari .pour le pèlerinage avec ce navire

aujourd'hui. Mais empêche lui un passeport jusqu'à trois jours. Je désire do la bonté de vous

que vous rendiez facile pour lui le départ en ce jour; et le raïs H'açan (est) répondant de lui . El Dieu

sera en l'aide de vous. Mos't'afa ben Moh'ammed, mufti.

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