FIIN PE LA PREMIÈRE PARTIE
liCttre de conipllmens.
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LETTRES ET ÉPZTRES.
(Voir les uoles el observations à la fin de celte partie).
TRADUCTION
Louange à Dieu. Aucun être ne lui est associé.
(A) l'ami affectionné, la mine de générosité et d'éducation, l'honorable, l'excellent M. tel.
Que le salut soit sur vous et sur toute votre haute seigneurie. Si \ous êtes assez bon et assez généreux pour vous intéresser à nous comme nous nous intéressons à vous, (nous vous dirons que) nous sommes heureux si vous l'êtes vous-même.
Notre ami et le vôtre, le colonel du fort du port vient chez nous de temps en temps , et nous le recevons avec la joie la plus grande. Lorsque nous le voyons , il nous semble que nous vous voyons vous-même.
Je vous conserverai toujours mon affection et je tiendrai mes engagemens tant que nous resterons, vous et moi, dans la vie ; car celui qui change ou altère ses sentimens, Dieu est son répondant et se charge de le représenter envers et contre lui-même. Je demande de votre extrême bonté que
Adresse :
Répontie à une réclamation.
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VOUS n'interrompiez point votre correspondance avec moi, car lorsque je vois votre écriture, mon cœur est plein des sentimens d'une vive amitié pour vous. Salut. *
2 Safar, an ^255 (-18^9).
De la part de votre ami, qui désire beaucoup vous revoir, Moh'ammed ben 'Abd el-'Aziz.
Présentez nos compliments à tous nos amis, chacun en son nom.
A la main de notre ami M. tel, à Bab-Azzoun.
TRADUCTION
Louange au Dieu unique. Nul autre que lui n'est
adorable.
(A) notre ami et l'objet de notre extrême affection, M. tel. Que Dieu le protège! amen. Que le salut soit sur vous et sur tous ceux qui vous touchent. Notre ami , si vous êtes assez bon pour intéresser à nous, nous sommes tous en bonne santé , et nous en rendons grâces à Dieu. Nous nous disposons à venir, s'il plaît à Dieu. Quant à la chose au sujet de laquelle vous m'avez écrit, lorsque nous nous reverrons je vous la remettrai, s'il plaît à Dieu; n'en prenez aucune inquiétude.
Saluez de notre part tous ceux qui s'informent de nous et qui ont pour nous de l'amitié et de l'affection. Salut.
26 Ch'aban \2hA (^858).
De la part de votre ami et très-affectionné Moh'ammed ben 'Abd el-'Aziz. Salut.
■ndicallon cl^iin rcmlesE-vou«.
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Demande d'envol d'un livre.
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TRADUCTION
Louange à Dieu. C'est de lui que nous devons implorer le secours.
A notre honorable ami, M. tel; que Dieu lui accorde la paix! Amen. Que le salut soit sur vous, accompagné de la miséricorde et des bénédictions de Dieu.
Notre ami , nous désirons de votre complaisance, et de votre bonté que vous passiez sans faute demain, s'il plaît à Dieu, au magasin de notre neveu, après midi; nous nous rencontrerons là. C'est là ce qu'il y a de nous à vous. Salut.
Le serviteur de son Seigneur, tel, fils de tel. (Sans date.)
TRADUCTION
Que le Dieu très-haut conserve, par sa grâce et sa générosité, qu'il répande la faveur de sa protection et de ses bienfaits , sur la personne de notre honorable , pur , trèsconsidérable, excellent, et très-agréable ami, le plus noble des hommes pour nous, sid Ah'medI Que le salut soit sur vous, ainsi que la miséricorde et les bénédictions du Dieu très-haut, de la part de celui qui vous présente ses complimens, 'Omar ben Mah'moud.
Nous avons terminé le hvre qui était chez nous, et nous vous prions d'avoir la bonté de nous envoyer le tome second (du même ouvrage). Salut de la part de celui qui écrit la présente, 'Omar ben Mah'moud.
(Sans date.)
wo UHlIXIKMIi FAHTIE.
Sollicitation d^iiue place vacante.
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Injonction à une tribu.
LETTRES ET ÉPÎTRKS i44
TRADUCTION
Louange à Dieu, et il suffit. Que le salut et la
bénédiction (de Dieu) soient sur ceux de ses serviteurs qu'il a élus.
(A) mon seigneur et mon appui, pour moi le plus cher des hommes, Si Moh'ammed. Que le salut de Dieu soit sur vous, ainsi que la miséricorde et les bénédictions du Très- Haut.
L'objet de la présente est de vous instruire , seigneur , d'une chose qui m'intéresse et dont je suis digne. J'ai appris que Si MosTafa, secrétaire de l'aga, allait se rendre à Bône pour le service du gouvernement. S'il est vrai qu'il parte , je demanderai son emploi ; une personne de considération m'a dit de me présenter chez sa seigneurie l'aga, et de lui adresser ma sollicitation.
Je vous prierai donc d'avoir l'extrême bonté de vous occuper de l'objet de ma lettre avec Sid Ah'med ben en- Nedjâr, votre ami et celui de l'aga, et de me rendre prochainement réponse.
Salut de la part de l'écrivain de ces caractères, H'açan ben 'Ali, el-Bar'dàdi.
TRADUCTION
Louange à Dieu. Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur Moh'ammed et sur ses compagnons, et qu'il leur accorde le salut I
A tous nos enfans et serviteurs les Beni-K'âïd , puisse Dieu, par sa bonté, les combler de grâces 1
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liettre an iniufti maleki.
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Que le salut soit sur vous , accompagné de la nuséricorde et des bénédictions divines!
Votre lettre nous est parvenue, nous avons compris votre raisonnement, et les motifs par lesquels vous vous excusez dans votre écrit au sujet du fait qui \ous concerne. Vous devez de toute obligation payer un tiers fcle nmpôtj aux Oulàd Bou'Aziz, parcequ'ils ont payé deux tiers. Qu'aTicune lenteur ni aucune négligence ne vous atteigne! Le bien consiste dans l'observance (de ce qui est établi), le mal est dans l'innovation. Vous êtes nos enfans et nos serviteurs. Que Dieu fasse prospérer les affaires de tous par un effet de sa bonté.
Nous n'avons à ajouter à ce qui précède que des souhaits de bonheur et de paix. Salut.
Écrit de la part du très -grand, très -fortuné, très- juste seigneur Youcef bey, ben H'oçaïn khodja. Que Dieu le rende plus puissant par sa bonté et l'aide de son secours!
A la date des dix premiers jours de Moh'arrem de l'an 1255 (1857).
TRADUCTION
Louange au Dieu unique. Il n'y a -de duralile que son empire. Qu'il soit loué!
A celui dont le nom est heureux, — le cœur doux , — l'esprit droit, — le rang auprès de Dieu considérable; — au savant, à l'excellent chef de l'Islamisme, — le modèle des hommes, — sidi Mos't'afa, mufti malelii.
Que le salut soit sur vous , accompagné du plus pur
114 DEUXIÈME PAKTIK.
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Réclamation adressée à ra. le Ciouvemeiir général.
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hommage. Comment ètes-vous? Comment est votre chère santé? Puisse Dieu vous maintenir sans cesse dans le bonheur et la paix. Amen!
Si votre haute dignité veut bien s'intéresser à nous, nous sommes dans l'état de santé et de bien-être le plus conforme à vos vœux bienveillans, et nous n'avons d'autre souhait que de pouvoir contempler votre personne.
Nous informons votre haute excellence que votre trèscher écrit, votre auguste discours nous est parvenu. Nous l'avons lu, en avons compris le sens et avons rendu grâces à Dieu de la santé prospère dont jouit votre personne.
Salut de la part de l'écrivain de ces caractères, serviteur de son Seigneur (qu'il soit loué et exalté!), tel^ fils de tel.
Que Dieu le garde par sa bonté !
Rebi' second, an 12.^2 (1856).
TRAnCCTIOlS.
Louange au Dieu unique. Que le salut et la bénédiction soient sur celui après lequel il n'y a plus de prophète !
Après (vous avoir présenté) le salut, et (souhaité ) que Dieu vous garde de tout péril, de toute affliction, de toute tentation, et qu'il vous fasse jouir de la totalité des biens et de la santé, (je vous annoncerai que) je suis un docteur pauvre, qui a besoin de votre protection ; je fais des vœux pour que le Dieu très-haut prolonge votre vie, dirige votre jugement , et vous maintienne (partni nous) pendant un long espace de temps. Amen !
Je possédais une campagne au-dessus de Ain Zerga. Après l'entrée des Chrétiens dans Alger, l'un d'eux s'y établit sans en payer ni loyer ni revenu.
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Si une telle conduite est équitable et légalement admise, nous y donnerons, vous et .nous, notre consentement ; mais si ce n'est point là un acte juste et admissible ; bien plus, s'il est opposé à la loi musulmane , à la volonté du Dieu généreux et aux idées des gens de bien , nous n'y acquiescerons ni vous ni nous , car c'est une action inique : l'iniquité est défendue , et l'homme injuste seul aime l'iniquité. Nous apprenons des personnes de haute et basse condition qu'il n'y a point en vous d'injustice , mais au contraire de la bienveillance , des grâces et des bontés. Que Dieu vous récompense par le bonheur et les bienfaits, et qu'il vous préserve des misères de cette vie et des tourmens de l'autre!
Je demande et je désire que vous me rendiez mon jarxlin. Ne trompez point mon attente, et faites-moi la faveur de m'en faire payer le loyer , car je suis pauvre et nécessiteux , et vous êtes de hauts personnages. Que Dieu vous fortifie contre vos ennemis , vous accorde son secours . et ne déçoive point votre espoir.
Si vous daignez m'accorder ce que je demande et espère, je ne vous oublierai point dans mes prières : je suis pauvre, et Dieu exauce les prières du pauvre.
Je prie Dieu de faire que mes prières soient exaucées, mon espoir accompli, mes péchés pardonnes, et de me rendre la maison du salut accessible par sa bonté, sa générosité et sa bienfaisance. Amen.
Écrit par le pauvre , l'humble devant la miséricorde de son Dieu, le riche, le puissant, El H'àdj Otsmàn Efendi fils d'Ali. Que Dieu le protège!
118 DËIIXIÈMK l'AHTir.
i.rUre de .^lolil Kd-Uln nu Ciéuéral en elief.
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LhTTIiliS ET ÉPÎTRES. 140
TKAUUCTIOiS.
Louange au Dieu unique. Cela suffît. A la grandeur de l'illustre et glorieux général en chef. (Que Dieu le fortifie!)
Après la réitération de saints qui se succèdent à l'infini, nous avons le plaisir de vous annoncer que notre ami El- Bar'dàdi, au reçu de notre lettre et de notre présent, qui lui ont causé la plus grande satisfaction , a assemblé les principaux du Chelif, et a conféré avec eux au sujet de la demande de venir (à nous), que leur avait faite sidi Sa'di, conformément à nos ordres. Cette guerre, a dit (El-Bar'dddi ) aux chefs (du Chelif J, ne nous offre aucun avantage , car nous avons des richesses (agricoles), et notre intérêt est dans les relations commerciales et la sécurité sur les routes et dans la ville d'Alger.
C'est là, en effet, ce qui est convenable, lui répondirent les gens sensés. Mais les perturbateurs qui étaient présens lui dirent qu'au contraire ils avaient , eux , tout à gagner dans le trouble , et qu'une telle pacification ne leur était nullement avantageuse. El Bar'dâdi entreprit alors de les convaincre par le raisonnement. Je n'ai point encore reçu de réponse de sa part (sur l'issue de cette conférence); seulement quelqu'un nous a instruit de ce qui s'est passé. Lorsqu'ils se seront définitivement expliqués, j'en recevrai l'avis.
Je vous annonce aussi que le jour de la date de la présente, je suis parti pour le pays des H'adjout'; de là je me rendrai auprès de sidi Zeïd , et m'entendrai avec lui pour le bien et la tranquilhté. De chez Iq; j'irai à la montagne des Béni Menàd ; j'enverrai dire aux chefs des tribus de Soumata, de Chenoua, des Béni Menaç'er, ainsi qu'à sidi
1^20 DHUXIEMK PAllTIi;.
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Moh'ammed el-Barkani et aux chefs de Bou-H'alouân , de se rendre vers moi; nous nous réunirons et nous nous entendrons sur ce qu'il est bon de faire. Nous leur dirons : « Si les R'arâba marchent contre les Français, ils n'obtiendront point sur eux de succès , mais ils en auront sur vous, et ils vous ruineront à leur passage. Il est donc iur dispensable , s'ils viennent , que vous les repoussiez vousmêmes. »
Je corresponds en ce moment avec toutes les tribus éloignées de nous ; j'écris à MiJiana , Medéa et aux autres gens de Tit'eri, suivant ce qui convient pour chacun. A ceux qui ont de l'amitié pour nous et dont les cœurs sympathisent avec les nôtres, nous disons : « Vous devez empêcher vos gens de se porter à ce désordre (aux hostilités envers les Français); dirigez-les vers le bien, et expliquezleur ce qui leur est bon et ce qui leur est pernicieux. »
Quant à ceux dont je ne connais ni le cœpr ni les intentions , et sur lesquels j'ai des renseignemens peu favorables, je leur écris : « Il faut que vous fassiez la guerre (aux Français); lorsque vous serez décidés , ne manquez pas de m'indiquer le jour où vous viendrez. » Alors j'observe de quelle manière ils me répondent ; je les reconnais alors pour amis ou pour ennemis, et je vous informe ensuite.
Vous n'ignorez pas que j'écris quelquefois dans le sens que je viens de dire , ne pouvant pas toujours distinguer l'ami de l'ennemi , afin d'éprouver (ceux que je soupçonne) et de vous en rendre bon compte. Mais je crains que quelque ennemi personnel ne vienne vous présenter mes écrits en vous disant .: « Le Marabout vous est hostile » et que vous ne le croyiez. Cependant je sais que vous ne prêtez point l'oreille aux paroles des démons.
îiC caïd El-'Arbi ben Mouça. 1ns chef?^ des Béni Khrlil et
DEIJXIEMK l'Ain IK.
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des P'adjout', ont envoyé vers ceux du côté de l'ouest, en leur disant : « Nous avons entendu dire que vous voulez venir pour combattre les Français ; vous ne pouvez rien contre eux : votre désir est de manger nos biens et enlever nos richesses. Si \ous> vous présentez, vous ne passerez vers les Français qu'après que nous aurons pris avec vous l'initiative du combat. Si vous nous vainquez , alors seulement vous passerez.
Ils n'ont point encore reçu de réponse. Il faut attendre qu'ils se soient réunis et consultés. Lorsqu'on leur aura répondu, et que nous serons revenu sain et sauf de notre voyage, je vous donnerai des détails positifs.
Dans ce moment, aucun mouvement ne se manifeste chez personne , parceque nos amis , qui sont des hommes de prudence et de calcul , ont changé les esprits et nous en ont attiré le tiers , qu'ils ont détourné du désordre. Les deux autres tiers aiment le trouble.
Nous entretiendrons toujours, s'il plait à Dieu, des relations de bonne et sincère amitié, afin de porter les cœurs des hommes vers leurs intérêts , et nous nous efforcerons de faire le bien jusqu'à ce que Dieu ait accompli son décret, car notre amour pour les Français est ancien. Nous ne nous rendrons jamais indigne de votre affection, quoique certaines personnes nous attribuent de la négligence à votre égard , parce qu'elles ne connaissent pas ma manière d'agir avec vous ; car il dans mon usage de ne point compter mes services ni mes bontés envers mes amis.
Enfin, moi, les miens et tous mes amis, nous ne négligerons rien dans nos bons offices , à moins que les mé- . chans ne nous subjuguent. Alors je vous préviendrais, et aucun reproche ne pourrait nous être adressé , d'après quelque loi, quelque opinion que vous nous jugiez.
1^4 DEUXIÈME PAIITIIÎ.
Lettre du €:aïd de la tribu des Arfb à ifl. le C;oiiite d'KrIon, Gouverneur g^énéral, pour le féliciter de son avènement.
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tLlaLwJl -v^"^ -cr'^^'j 2>'jw^-Jj A'^'^^-S ^ J Lwj V j^ -^Jjt3 « Atr?'
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Quant à vous , votre main est longue , et rien ne vous est impossible dans la guerre.
Salut de la part de l'excellent sid El-H'âdj Moh'i Ed-Din. Que Dieu l'assiste. Amen!
Samedi, 20 Rebi' premier, an 1248 (18 août 1832).
TRADUCTION
Louange au Dieu unique. Il n'est point d'autre Dieu que lui. Nul autre n'est digne d'adoration.
A celui que Dieu a revêtu dans son Univers de la puissance suprême , et auquel il a confié les affaires de ses serviteurs ; à celui dont le cœur est doux , les actions nobles , le rang illustre , le pouvoir évident et considérable ; au glorieux et très-fortuné sultan, représentant de la nation française, gouverneur de la ville d'Alger. Que Dieu l'assiste et le protège! Amen.
Que le salut soit sur vous, ô souverain du temps, sultan du siècle et des périodes ! Que Dieu maintienne sans cesse votre gouvernement, vous favorise d'une longue vie et fasse exécuter vos décrets, par les mérites des hommes intègres; qu'il éloigne de nous et de vous tous les maux!
0 sultan! votre très -cher écrit, votre très- auguste discours nous est parvenu par le journal; nous nous sommes rassemblés pour l'entendre; nous l'avons lu, nous en avons compris le sens, l'avons placé sur notre tête et baisé de notre bouche; nous l'avons reçu avec le plus grand ac-
1^6 UKUXIKMK PAIiTli:.
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:5^x*«^ ^t^^ -^r^^ i^-^^^rr^^ ^.yj (^^y=^ -^'^^ ^ v.^-j^i'
Rapport d'Ibrahim, Bey de lUlostar'ftnein, k Iff. le Procureur du Roi.
LKTTKKS ET ÉPÎTRES. 127
cueil , et nous nous sommes réjouis de votre arrivée en notre pays pour y faire régner la justice, l'équité et le bon droit. Je demande au Dieu très-haut qu'il vous ouvre les portes. Oui certes, votre avènement nous a réjouis, et nous avons remercié (Dieu) de ce qu'il vous a revêtu ici du gouvernement fortuné ; nous nous empressons de vous déclarer, par la présente, que nous sommes prêts à recevoir vos ordres , auxquels nous nous soumettons entièrement , nous et toute la tribu des Arib qui demeure à la Rassauta.
Il ne nous reste plus rien à ajouter , après ce qui précède, qu'à vous témoigner de notre amitié, et à vous présenter les vœux nombreux que nous formons pour votre auguste personne.
Notre salut s'adresse également à toutes les personnes qui composent votre conseil, ainsi qu'à tous les membres de votre administration. Et cela est suffisant.
Salut de la part de celui par l'ordre duquel (la présente lettre) a été écrite, votre ami , qui vous souhaite le bonheur. El-H'âdj Mes'oud ben Zekri, caïd des Arib.
Que Dieu soit favorable à tous. Amen.
Mercredi...., djumada second, an -1250 (^854).
Louange à Dieu, l'unique.
A notfe ami qui est pour nous plus cher que tout ce qui existe dans l'Univers, M. le Tribunal supérieur, procureur du Roi à Alger. Que Dieu le protège! Que le salut
128 DKUXIK.MIi rAHTIi:.
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soit sur vous , ainsi que la miséricorde et les bénédictions de Dieu!
Après nous être informé de votre situation et de tout ce qui intéresse votre personne , qui est l'objet de nos vœux et de nos soubaits , je vous ferai savoir qu'un homme nommé Charles , marchand cabaretier, exerçait son commerce dans des boutiques situées sur la place de Mostar'ânem.
Cet homme ayant quitté son établissement et étant parti pour le Caire, un officier de nos troupes (indigènes) nommé Abdi, loua ces boutiques d'un ami du cabaretier, moyennant cinquante francs par trois mois, et y fît des répararations , dans le but d'y établir un café pour les soldats.
Pendant les travaux qu'il fît faire dans ces boutiques, il découvrit sous terre des caisses enfouies , contenant du cuivre provenant du bateau à vapeur qui s'est brisé en cet endroit. Abdi vint me trouver et m'instruisit de sa découverte. Je donnai avis de sa déclaration au colonel, et nous nous rendîmes , moi et le colonel , accompagnés de mon lieutenant El-Mazary au lieu indiqué. Nous y vîmes ce qu'on nous avait annoncé. Comme il était nuit alors, nous plaçâmes une garde auprès de ces caisses, afin d'attendre le jour pour faire des recherches scrupuleuses.
Lorsque le maire eut entendu parler de ce qui se passait, il se rendit également sur les lieux , avec la gendarmerie. Ils cherchèrent, et découvrirent six caisses qu'ils voulurent enlever malgré la nuit; mais notre officier leur dit qu'il avait l'ordre du bey de ne laisser rien emporter avant le jour, par conséquent qu'ils ne les enlevassent point pendant la nuit, mais bien en plein jour et publiquement.
Le jour étant venu, j*y retournai, moi, mon lieutenant
130 DLIJXiÈMii l'AKTIK
^Ji-^^j ^V^ ^^j 'L^j\^\j j^\j v-^jW^ '^^^^J *^w-3 *.^Jj wt*X» /<r^-^ w^o^lj LijJJ.^^ ^Juc à-X-w LJj^j j:cv
.Ujjj.iJ! LwJbi LjKj i*f,^^ L-^Lx-/» .jtvjb ^__^^j xL>» ^j J! Ijj» st^ c. jJI J-,s£ U Lwiàilj ..yj^^ v^^^ ^'^^ S^
^.JL.^ ^ t«M> 2$ >J
Demande à ITI. rintenclant civil, (le la place d'Administrateur d'une Zaouya.
y^jjj ôJaAssj ei^j!^ 2La5' .jJ^ J5^* ^^ ï!^ ^^^ ^^ ^5i w\<ss^!
JixJ! 2j.«:a^^ J,l ^1 wX^ ^ ^]\^ J^j <^ LsrC*^ àÙ\ J^ ^
(jT* ^^J (*^\:^ j»^Ji ^i.^Lsr' ^^JwLœt^I J^ ^/»j ^i/Lijj
EI-Mazary, le maire, la gendarmerie, des gens de la ville, et le premier mufti. Nous entrâmes dans ces boutiques, et trouvâmes les caisses enfouies sous terre ; nous ordonnâmes de les retirer l'une après l'autre. On creusa tout autour, et l'on retira seize caisses dont l'une était brisée, toutes remplies d'objets divers et de cuivre provenant du bateau à vapeur. Je les fis transporter chez moi escorté de la gendarmerie ; et ayant fait peser le tout , je trouvai dix quintaux vingt-deux livres et demie de notre ancien poids.
J'ai déjà instruit de cette affaire voire collègue, le procureur du roi d'Oran, Voyez maintenant ce que fera la justice à l'égard du cabaretier chrétien, puisqu'il a commis cette action. Il n'y a aucun doute que ce ne soit un vol dont il est l'auteur.
C'est à vous qu'il appartient d'ordonner. Nous vous avons indiqué ce qui a eu Heu, et quel est le coupable. Salut.
(Sans date ni signature. Le sceau d'Ibrahim tient lieu de cette dernière. J
TRADUCTION
Louange à Dieu. Nul autre que lui n'est adorable. Il suffit à celui qui met sa confiance en lui , le protège , le garde, et l'admet au nombre de ceux qu'il aime.
De la part du serviteur de Dieu (qu'il soit loué et exalté !) Ali fils d'AI)dallah. A l'excellence de M. l'Intendant civil , gouverneur d'Alger, chargé de l'administration des affaires de cette ville. Que Dieu vous comble de faveurs, qu'il vous protège et vous délivre des perfidies des envieux !
Que le salut soit sur vous et sur tous ceux qui vous
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%! oXjw» v..j^.sŒr^ v^LLsr^l I jJ^ vj:^^^-9j v^jbw! OXJLc Jijj
sont attachés, qui vous louchent, ou qui ont quelque lien avec votre grâce.
L'objet de nos désirs et le but de la demande que nous adressons à votre extrême bienveillance, est que vous nous confériez (la- gestion de la Zaouija de) Sidi Abd el-K'âder, dont l'administrateur est mort. Je suis digne de cet emploi et apte à le remplir ; car vous voudrez bien avoir égard à la position d'un homme très - peu fortuné , chargé de famille , et prendre en considération que je suis un des docteurs (eulamâ) d'Alger, descendant du Prophète, et livré à la recherche de la science , qui est le plus noble fonds. Je n'exerce ni industrie ni commerce; je ne possède aucune ressource qui puisse suffire à mon existence actuelle ; et c'est pour ces motifs que je me suis adressé à vous et que j'ai voulu par cet écrit vous faire connaître ma situation.
Je vous prie donc, lorsque cette lettre vous parviendra, et que vous aurez pris connaissance de ce qu'elle renferme, de décider en ma faveur cette affaire, et de vous hâter de me rendre réponse.
Celte demande que je vous fais ici, n'est point du nombre des affaires difficiles ; elle est au contraire une chose simple et facile si Dieu la veut , lui qui est généreux et libéral, entre les mains de qui sont les trésors des cieux et de la terre, et qui est puissant et magnanime.
J'avais demandé jadis au Gouverneur, avant qu'il partît pour Constantine, la Zaouya d'El-Abbâcy, qui est contiguë à l'étuve de Sidi Moh'ammed ech-Chérif, et il m'avait répondu favorablement à cet égard. Mais lorsqu'il alla à Constantine, Dieu ne voulut pas que (ma demande) s'accomplît.
Je désire, donc maintenant de Dieu , puis de votre extrême bonté , que vous daigniez m'accorder sidi Abd el- K'âder ou la Zaouya dont j'ai parlé, suivant ce qui vous semblera bon et sera plus facile. Dieu accroîtra votre bien-
I3i DEUXIÈME PAaiIlî.
Demande d'exécution d'une promesse.
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être, répandra sur vous ses grâces et vous comblera^de bienfaits, car Dieu ne laisse jamais faillir la récompense de ceux qui font le bien.
Salut le plus complet sur vous , parfumé de musc et d'ambre , de la part de l'écrivain de la présente , Ali ben Abdallah. Que Dieu le protège et lui accorde sa faveur. Amen.
TRADUCTION
Louange au Dieu unique. Que Dieu répande ses
bénédictions sur notre seigneur Moh'ammed, sur sa famille et ses compagnons, et qu'il leur accorde le salul!
A celui que le Magnanime a comblé de ses grâces ; — que n'abandonnera point le Bienfaisant ; — dont le nom sera toujours célèbre, -^ dont le cœur est doux, — le jugement droit , — dont les paroles sont fleuries. — Je veux désigner par ces épilhètes le seigneur des hommes excellens , — le sultan des gens de lettres; — descendant de nobles ancêtres , — mine des connaissances rares , — le savant , l'homme illustre, très-bon, — qui tient la gloire par héritage de ses aïeux , — le très - affectionné Si Moh'ammed ben Sa'd. — Que le salut soit sur vous; que la miséricorde et les bénédictions de Dieu vous couvrent, ainsi que tous ceux qui vous sont attachés et tiennent à votre personne comme ruembres de votre famille, ou comme vos enfans. Que Dieu
Î36 DEUXIÈME PARTIi;.
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Béponse èk. la lettre précédente.
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répande ses grâces sur vous , qu'il vous couvre de sa protection, jusqu'à (ce que vous ayez atteint) la meilleure des voies, par les mérites du Prophète et de son vicaire Abou- Bekr le Sincère.
Monsieur, vous nous avez promis, vous vous êtes légalement engagé à prendre une décision en faveur de nos amis les fils de R'azli, Ah'med ben Ali et ben Moh'ammed. Que vous est-il donc arrivé ? vous avez été négligent à notre égard : ce n'est pourtant point là votre aimable coutume. Nos ennemis exercent sur nous leur malveillance, c'est un fait que vous n'ignorez point. Si donc vous voulez conserver l'amitié que nous avons eue pour vous jusqu'à ce jour, remplissez l'engagement qui existe entre nous dans cette affaire, engagement que nous avons entendu de votre bouche, et sur lequel votre caractère a attiré notre confiance. Les actes ne doivent point démentir les paroles.
C'est là tout ce que nous avons à vous dire.
Salut de la part de celui qui écrit la présente, qui fait pour vous toutes sortes de vœux , et dont le nom ni la naissance ne vous sont inconnus, Moh'ammed ben es-Senouci ben el-H'âdj.
Réponse au dos de la présente, s'il plaît à Dieu.
TRADUCTION
Louange à Dieu , et salut sur vous. La promesse est sincère, et son infraction ne viendra point aflïiger votre cœur. Je me suis occupé à effectuer un emprunt d'argent
138 DKIJXIÈ.Mi; l'AHTIH.
Rapport d'un espion cspag^nol it Hoçcïn pacha, sur le bruit de l'expédition française en fl830.
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pour (satisfaire) le propriétaire du bien que nous avons acheté, et c'est là cause de mon retard. Soyez en sécurité, et recommandez à vos deux amis d'être sans inquiétude. Salut.
Je désire que vous teniez prêt votre argent ; je dois sortir jeudi et je le trouverai disponible. II le faut de toute nécessité.
Écrit par Moh'ammed ben Sa'd, Que Dieu le protège. Amen !
TRADUCTION
Louange au Dieu unique. Rien n'est éternel que sa souveraine puissance.
A l'illustre et très -honorable guerrier combattant dans (la voie de) Dieu, notre vénérable seigneur H'oçeïn, pacha de la ville d'Alger. ( Puisse- 1- elle être gardée par la protection divine!) Que Dieu lui accorde son secours et éternise sa mémoire et les traces de son règne I
Que le salut soit sur la dignité de notre seigneur le très-élevé en Dieu ; que la miséricorde 'et les bénédictions divines consolident le bonheur de notre seigneur , dont Dieu veuille perpétuer pour nous l'existence. Amen !
Parmi les choses qu'il est nécessaire de lui faire connaître, tant d'après les rapports des Français qui sont ici que d'après les journaux qui accompagnent la présente pour
140 DEUXIÈMK PAUTIK.
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Demande de g;râee adressée h Hoçeïn pacha.
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qu'il y jelte les yeux et s'instruise de ce dont il est question, (nous lui annoncerons que) le bruit s'est répandu que les Français veulent attaquer la place forte d'Alger par terre et par mer, à la fin du mois de mai prochain.
Nous sommes dévoués au service de notre seigneur, et nous lui donnerons, s'il plaît à Dieu, connaissance de toutes les nouvelles qui circuleront. Quant à ce dont il pourra avoir besoin , nous sommes prêt à tout ce qu'il peut attendre de nous. Avec l'aide de la puissance divine, nous ne négligerons rien pour son service. Salut.
17 Ramd'ân 1245 (mi-mars 1850).
TRADUCTION
Que la louange soit adressée à Dieu, autant qu'il en est digne I Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed , sur sa famille et sur ses compagnons, et qu'il leur accorde le salut !
Que le Dieu très-haut conserve par sa grâce, couvre de sa protection la plus étendue et (comble) de ses bienfaits la haute dignité du Prince des Croyans, le Seigneur H'oçeïn pacha ; qu'il lui accorde sa faveur et lui prête son assistance dans le bien et la piété. Amen!
Que le salut soit sur vous , accompagné de la miséricorde du Dieu très-haut, de ses bénédictions, de ses grâces et de sa bienveillance entière 1
L'affaire dont j'ai à vous entretenir , et qui renfermera du bien, s'il plaît à Dieu, est relative au canonnier Ah'med, qui est auprès de nous depuis environ dix mois. « Le chef
I i*2 DEUXIÈME PAllTIi:.
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LETTRES ET ÉFÎTRES. 143
» de mon corps ( bâch - topdji ) , nous a dit cet homme, » m'ayant pris en haine, la mésintelligence s'est mise en- » tre nous par la volonté divine. Un de ces jours, il vint » à moi , et me fît donner cinq cents coups (de baton), » injustement, sans aucun égard à ce que Dieu a révélé »> (le Coran) : il m'a frappé avec une entière iniquité. » Comme je craignais qu'il ne poussât les sévices jusqu'à » mon cou et qu'il ne voulût me tuer , je pris la fuite. » Interrogez les gens du pays , et tous vous dirons quel » homme est ce bâch-topdji. » Nous demandons à Dieu , nous réclamons de votre extrême bonté que vous pardonniez à ce canonnier, et que vous recommandiez à son chef de ne point le châtier, par considération pour nous j pour l'amour de Dieu , et eu égard aux jours de la fête.
Je vous entretiendrai également d'un Turc nommé Moh'anmied, impliqué dans l'affaire de la douane (dans un vol mentionné sans doute dans une lettre antérieure], affaire qui est dénuée de tout fondement pour lui. Au moment du vol perpétré par les Biskris, il était absent. Comme il rentrait à son poste, ces hommes, le reconnaissant pour un Turc, se portèrent à des excès envers lui et le maUraitèrent injustement. Son affaire est sans aucun fondement, il n'était pas présent au moment du vol.
Nous désirons donc de Dieu, puis de vous, que vous leur fassiez grâce- à tous, parce qu'ils sont vos serviteurs, et qu'ils vous sont dévoués. Vous êtes la source de la miséricorde, suivant la parole divine, où Dieu dit : « et
ceux qui sont démens envers les hommes. Tu les combleras de bienfaits, car Dieu aime ceux qui sont bienfaisans » .
C'est là ce que nous avons (à vous dire); nous vous en avons donné connaissance.
Que le salut soit sur vous; que Dieu vous accorde ses grâces, et, par sa bonté, vous rpnde satisfait. Amen!
144 UEUXIKMË PARTIE.
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Annonce d'nnc capture.
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Écrit de ia part du saint, du juste, de la brillante étoile polaire, du docteur de la véritable science, du pontife de la voie (orthodoxe), sidi Ali ben Aïça, maître du Djerdjora. Que Dieu nous fasse mériter sa grâce. Amen! (Sans date.)
TRADUCTION
Louange à Dieu. Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed, sur sa famille et ses amis, qu'il leur accorde le salut !
Que Dieu vous accorde la faveur de marcher dans la voie de l'orthodoxie et de la gloire ; — qu'il vous revête des cuirasses de la protection et de la grandeur, Altesse qui fait reposer les hommes dans la douceur de la sécurité!
— qu'il fasse déborder sur vous les urnes de la parole et des bienfaits; — ô protecteur de la blancheur de l'islamisme, — auxiliaire de la religion de Moh'ammed, sur qui soient la miséricorde et le salut, — souverain équitable,
— guerrier impétueux ; — notre maître très-fortuné revêtu des dignités suprêmes, notre seigneur H'oçeïn pacha. — Que ses ennemis de terre et de mer ne cessent d'être dissipés et anéantis par son choc formidable! — Salut à l'Altesse suprême, notre seigneur le magnanime ; — auquel sont nécessairement dus les hommages et les honneurs; — (salut) accompagné de la miséricorde divine la plus étendue, de la bénédiction la plus complète , — tant que la colombe gémira, — tant que le moueddin appellera à la prière, tant que l'imàm proclamera la grandeur du Très-Haut.
— Après avoir rendu des actions de grâces à Dieu, qui
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protège ses serviteurs — contre les peuples de la croix et les adorateurs de ce signe; — qui nous accorde la faveur de leur enlever du butin, de leur faire des 'prisonniers ; — qui imprime la terreur des Musulmans aux cœurs de ses ennemis les hordes des Chrétiens, — au point que le faible d'entre nous obtient la victoire sur le fort d'entre eux ; — qui fait parvenir au but de ses désirs celui qui leur enlève une proie, — par un effet de sa grâce et de sa bonté. Il a promis il celui d'entre nous qui subit le martyre l'entrée du paradis ; — louange lui soit rendue pour ce bienfait immense — et ce don ineffable !
Nous instruirons votre seigneurie [que Dieu la conserve longtemps en cette vie IJ que nous sommes sorti d'Oran le samedi 4 8 Safar el kheïr, dans le but de licencier l'armée à laquelle s'attache le secours de la protection bienveillante du Dieu très-haut.
Le mardi 21 du présent mois, nous avons reçu deux lettres, du caïd eddar et du caïd du port d'Oran. L'une d'elles était pour votre seigneurie, l'autre pour notre frère el votre fils , le très - honorable sid Ibrahim , oukil hardj de Bab el-Djihâd; elles sont écrites d'après le capitaine (de corsaire) Ali e\-Bouzarry'y . Nous les envoyons à votre grandeur élevée en Dieu.
Le caïd du port nous donne avis dans sa lettre que le raïs en question l'est allé voir lundi dernier, après la prière du d'ohr (une heure après midi), et leur a raconté qu'il entra, lui et son compagnon, dans la grande mer (l'Océan), et que Dîeu leur accorda la faveur d'effectuer trois prises : le premier navire est chargé de café et de sucre ; le second,
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méponse d'Ahmed, Bey de Constantine , à son lieutenant Ali ben Aïça, sur l'avis que ce dernier lui avait donné de l'apparition d'un détaclienient français.
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d'étoffes ; le troisième de mercure et de drogueries de diverses espèces. Ils ont fait prisonniers vingt-neuf Chrétiens.
Le raïs Ali en a reçu vingt-une têtes (pour sa part); il en reste huit qu'il a laissés entre les mains de son compagnon le Majorquin, ainsi que les trois bâtimens capturés.
Il a recommandé à ce dernier , que , dans le cas où le vent les séparerait et le pousserait vers Gibraltar , il y vendît tout ce qu'il a entre les mains.
fLe caïd du port) nous annonce aussi que le raïs Ali doit venir à Alger dès qu'un vent favorable soufflera. Que Dieu, par sa bonté et sa grâce, le fasse accompagner du salut. Amen !
Tout ceci est arrivé par la bonté divine et par la bénédiction qu'il accorde à votre subhme Altesse. Que Dieu vous appuie de son secours ; qu'il vous favorise de sa puissance victorieuse 1 Salut le plus complet, au commencement et à la fin.
Écrit de la part de votre fils, le très-honorable seigneur H'açan bey. Que Dieu le protège. Amen!
TRADUCTION
Louange à Dieu. Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed, ainsi que sur sa famille, qu'il leur accorde le salut !
Que le Dieu très-haut conservée par sa grâce et sa faveur la personne de notre excellent, très-illustre, très-pur, trèsparfait, très-vénérable, bien gardé (de Dieu) et très-respec-
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table fils, Sid Ali ben 'Aïça, bâch-hânha. Que Dieu le protège. Amen !
Que le salut soit sur vous, accompagné de la miséricorde et de la bénédiction divines. Il n'est rien de plus (à désirer) après la louange de Dieu, que le bien et la paix.
Votre lettre , ô notre excellent fils , nous est parvenue ; nous en avons pris connaissance et avons compris ce qu'elle renferme, au sujet de l'arrivée de ces cinq cents soldats (français). Sid 'Abd Er-Rah'mân vient sur leurs derrières. Nous avons appris tout cela [que Dieu répande ses grâces sur vous] : c'est un effet de la vigueur et de l'activité que vous avez apportées à l'exécution de nos ordres.
Quant à l'InjQdèle ennemi de Dieu, il est descendu hier à Etn Temtâm; et aujourd'hui, c'est-à-dire mardi, nous avons envoyé les goums à sa rencontre : nous n'en avons pas encore de nouvelles. [ Que Dieu l'abandonne et le .fasse périr 1] Il faut conserver entre vous l'accord le plus complet. Sacrifiez vos personnes pour accomplir les volontés , du Seigneur. Nul n'est plus agréable à Dieu que celui qui se dévoue pour le service de son Seigneur! Nous ne vous imposerons point, s'il plaît à Dieu, de fatigues- (inutiles) à cet égard ; nous vous seconderons , au contraire , dans l'accomplissement des desseins du Très-Haut, avec l'assistance divine. Or donc votre devoir est de vous tenir prêt à tout, et de stimuler tout , de peur que la tiédeur ne se glisse parmi les hommes ; d'ailleurs, un homme comme vous n'a pas besoin de telles recommandations.
Restez sans cesse sous la protection de Dieu. Salut de la part de notre très-ibrtuné, très-orthodoxe maître, sidi El-H'âdj Ah'med pacha. Que Dieu augmente sa puissance 1
152 DKUXIËMK PARTIE.
liettre d'uu habitant d'Alger à une dame française.
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TRADUCTION
Louange à Dieu. C'est de lui que nous implorons le secours.
A la grâce de celle qui brille par l'éclat des parures de sa beauté; (arbre verdoyant) sur les branches duquel les rossignols de l'allégresse font entendre leurs chants mélodieux;— dont les dents, semblables aux fleurs de l'oranger , montrent leur symétrie dans un doux sourire ; — (à celle) que Dieu a spécialement ornée de la beauté et des charmes , — de la splendeur, de la grâce et des (autres) perfections. — Sa taille est souple et majestueuse, — sa paupière languissante; elle joiiU la sagesse à l'éducation; — elle est éminente d'origine et .d'alliance. — (A) notre sincère amie, la très-honorée Madame*"*. Que Dieu vous conserve dans une élévation constante, — dans une douce prospérité. — Amen! — Je vous adresse un salut proportionné à votre rang, — 'qui exhale son parfum vers votre personne comme la fleur sourit à la nuée qui va la rafraîchir. — Comment êtçs-vous, comment est votre état actuel, objet, de notre sollicitude? — Que Dieu le maintienne dans le bonheur et la santé ! — Nous avons appris ce que vous a fait souffrir l'agitation de la mer, — et ce qu'elle vous a fait éprouver pendant le voyage. — Grâces soient rendues à Dieu sur votre salut, — et sur votre arrivée en votre pays; -- puissiez-vous être, s'il plaît à Dieu, dans la position la plus prospère — et dans un état qui ne laisse rien à désirer. — Tels sont nos souhaits. Et si vous vous informez de nous, nous nous trouvons dans l'état le plus conforme à vos vœux bienveillans , et le plus propre à vous réjouir, si ce n'est toutefois que nos cœurs sont pleins du
154 DEUXIÈME PAUTIF.
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LETTRES ET ÉFÎTRES. 155
désir de contempler votre visage semblable à la lune dans toute sa splendeur , et sont dans l'attente du bienfait de votre réponse. Puisse Dieu nous réunir dans l'état le plus prospère. Amen!
Veuillez transmettre à notre ami M. *" et à sa fille nos saluts par millions. De même aussi notre famille (ma femme) redouble à l'infini les salutations qu'elle vous présente.
C'est là ce que nous avions (à vous dire). Restez dans un bonheur perpétuel. Salut de la part de votre ami, serviteur de son Dieu *"* Que Dieu le protège. Amen!
Écrit à la date du ^er Rebi' premier, an -1254 (2 ^«^858.)
TRADUCTION
Que la louange soit rendue à Dieu autant qu'il en est digne! Que la miséricorde et le salut soient sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons!
(A) la seigneurie à laquelle appartiennent les qualités les plus aimables , — • la dignité éclatante et suprême , — les nobles sentimens auxquels s'attachent de féconds résultats ; — les œuvres saintes et durables ; — dont le minaret s'élève dans le ciel de l'éminente noblesse ; -- de laquelle les soleils et les lunes resplendissent à l'apogée de la félicité ; — dont les traces sont ornées de la parure de la
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beauté ; — dont les branches et les racines sont pures ; — dont toutes les parties sont excellentes ; — dont les habitudes ont atteint la plus grande perfection ; — dont toutes les productions sont arrosées de l'eau de la bienfaisance. (A) la seigneurie du très-honorable, très-digne, très-pur, très-excellent, — très-bon, très-parfait; — du protégé de Dieu, du vénérable, — du très-glorieux, très-courageux, — du respecté, du très-fortuné, — doué des (qualités les plus nobles, que personne ne méconnait ni ne dénie; — de l'ami très-grand , — de l'homme sincère , très-cher , trèsgénéreux, — le seigneur Moh'ammed khodja, ouMl (administrateur) des deux (villes) sacrées et nobles , — que le Dieu très - haut lui donne la félicité dans l'une et l'autre habitation, — et lui accorde, en ce qu'il désire, la satisfaction la plus entière dans l'une et l'autre vie.
— Que le salut soit sur vous, accompagné de la miséricorde et de la grâce, — du bonheur le plus constant et de la clémence divine, — tant que le jour et la nuit ne cesseront de se succéder, — que la lumière et les ténèbres seront distincts, — et que brilleront les astres.
— L'arôme de l'amitié sincère s'exhale de toute sa personne; — le parfum de l'affection s'attache aux paremens* de ses manches, — plus pur que la goutte de pluie, — plus brillant que les fleurs des collines et des tertres.
— Après les actions de grâces rendues à Dieu, à qui appartiennent la glorification et les hommages , — celui dont l'existence est indispensable, l'être qui subsiste de toute éternité, — qui survit à la consommation des temps, à Taccomplissement des années, — qui connaît ce qui est patent et ce qui est caché des choses des hommes ;
Et (après le souhait de) la clémence divine et du salut sur notre seigneur Moh'ammed, flambeau brillant des ténèbres,
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pleine lune dans toute sa splendeur, — et sceau des emvoyés, — ainsi que sur sa famille et ses compagnons, les justes, les nobles, clémence que nous amassons pour le jour de la miséricorde,
— Le motif (qui a déterminé) l'écriture de cette épître, — et sa présentation devant cette excellence fortunée et cette grandeur, — est premièrement de nous informer de vous et de toutes les choses qui vous concernent , et auxquelles nous souhaitons la faveur divine, — [que Dieu vous maintienne dans le bonheur, la paix et la santé, pendant tous les instans de votre vie!]; — Et secondement, que n'est point caché à votre seigneurie, — ni étranger à votre esprit pénétrant, — et à votre vaste intelhgence, — ce qui arriva à notre mosquée — que nous avons conservée entre nos mains toute notre vie, — et qui fut avant nous entre celles de (feu) nos prédécesseurs , qui ont éprouvé la miséricorde divine, — pendant une période qui excède cent et soixante années, — remphe par le respect et la vénération , — ainsi qu'il est connu des grands d'entre les hommes, — des gens distingués et du vulgaire, — et authentiquement établi pardevant le chef de l'Islamisme (le mufti), et leurs seigneuries les docteurs chargés de rendre les décrets de la justice ; — toutes ces choses sont connues de votre excellence. — Que Di€u prépare pour tous la meileure des voies et le plus sûr des chemins !
— Certes, vous savez, ô ami excellent et généreux, — conseiller sûr, — que le Dieu très-haut, notre maître plein de miséricorde, — seigneur des mondes, ^- entre les mains duquel sont les clés des cieux et des terres, — l'agent, le recherché, le seigneur des seigneurs, le déterminateur des événemens et des causes, — nous a secourus et dirigés par
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(la révélation de) ce noble livre (le Coran), — cette parole claire et sublime, — par lequel nos poitrines se dilatent,
— nos cœurs se rassurent.
— Comme nous savons aussi que vous êtes du nombre des gens excellens pleins d'amitié pour nous , tant pour notre personne elle-même que pour ce qui s'y rattache, — et que Dieu (qu'il soit béni et exailé !) vous a choisi pour le rang ( que vous occupez ) — et vous y a entouré du respect et de la vénération les plus absolus — de la part de tous les hommes; — qu'il vous a couvert du vêteirent de la piété, de la gloire et de la dignité, — en sorte que nul ne peut vous être comparé — dans l'expédition des affaires graves et importantes.
— Nous demandons au Dieu très -haut, notre maître, le puissant , le miséricordieux , — qui nous a accordé le secours de la direction vers cette (voie du salut), — qu'il vous rende facile l'accomplissement de toutes les choses de cette vie ; — qu'il mette l'ouverture de la porte (de la bienfaisance) entre vos mains, — ainsi que (dans la dépendance) de votre regard pénétrant. — Puisse un coup-d'œil favorable de votre part nous délivrer des vicissitudes du temps,
— et nous affranchir des dégoûts de la rude nécessité 1 — Vous recevrez , s'il plaît à Dieu , en rémunération de ce bienfait, une récompense et des biens abondans, — de la part de notre maître, le très-grand, le très-glorieux.
— (fai droit à votre faveur), car je fais partie des savans rangés — dans la classe des docteurs musulmans ; — mes forces commencent à s'évanouir , — mes années sont longues, et ce que ma main possède est peu considérable ; — j'ai dépassé seize lustres, j'ai une famille pour laquelle je suis astreint à des dépenses de chaque heure , de chaque
162 DEUXIÈME PABTIE.
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instant; — et les exigences de l'époque et du temps actuel, — personne, quel qu'il soit, ne peut y suffire. — Dieu ne trompera point l'espérance d'un serviteur, — et ne rendra point illusoire la récompense de celui qui fait de bonnes œuvres. — Le Prophète- a dit [que Dieu lui donne la miséricorde et le salut, — la noblesse et la dignité, — la gloire et la grandeur ! ] : — « Quiconque épargnera à son frère » musulman une peine d'entre les peines de cette vie , — » le Dieu très -haut lui épargnera une peine d'entre les » peines de la vie éternelle. » — Il a dit aussi [que la clémence et la paix soient sur luil] : « Quiconque assistera » son frère dans la nécessité , Dieu l'assistera lui - même » dans sa propre nécessité. » — Il a dit encore [sur lui soient la miséricorde et le salut ! ] : « Quiconque servira de M lien entre son frère le musulman et l'homme puissant, au » sujet d'une œuvre équitable ou pour faciliter l'accomplis- » sèment d'une affaire difficile, le Dieu très-haut l'aidera à » passer le S'irât' au jour où les pieds refuseront leur ser- » vice. » — Les traditions sur ce sujet sont nombreuses,
— et ne sont point ignorées des gens intelligens et perspicaces tels que vous.
— C'est là ce qu'il y a de nous à vous ; — notre confiance à cet égard est dans le Dieu très-haut et en vous. — Que Dieu vous fortifie et vous accorde son assistance I — Il ne nous reste plus fà souhaiter), api es avoir adressé à Dieu des actions de grâces , que votre amitié , — à attendre votre réponse favorable, et à former des vœux ardens pour voire excellence. — Puissiez-vous être gardé par la protection du Dieu très-haut, — à toute heure et à tout instant,
— par les mérites du seigneur des premiers et des derniers (Mahomet).
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— Enfin, nous souhaitons que des grâces soient rendues à Dieu, seigneur dçs mondes, — et que le salut soit transmis à votre excellence, — salut initial et final , — de la part de celui qui a tracé la présente , le pauvre serviteur (de Dieu) qui reconnaît sa faiblesse et son impuissance, — qui espère en la clémence de son créateur et maître , — dans la vie actuelle comme dans l'autre , — Ali ben En- Negro. Que le Dieu très - haut use de mansuétude envers lui dans les deux mondes, — en cette vie et en l'autre.
Dernier tiers de Chaouâl , an 55 (1255) 3 décembre -1837.)
POST-SCRIPTUM
Annexe béni, — et renfermant un bien continu : — 0 ami excellent et généreux , — ami bienveillant et plein de sollicitude ! — ■ ce que nous désirons de vous , — et de votre extrême bonté, — c'est que vous transmettiez notre salut le plus complet, — parfumé d'ambre et de musc, — à la seigneurie du très-grand , très-honorable , — du pur , du favorisé de Dieu , — du gracieux , de l'ingénieux , — du perspicace, du digne, — doué d'un jugement sain, — d'un esprit vaste et juste , — le très-glorieux , très-noble , — le pieux, le très-orthodoxe, — le seigneur Ah'med, — descendant du défunt — dans le sein de la grâce du Vivant, du Subsistant, — Si El-'Arbi ben H'amouda, — [que soient sur lui les nuages de la miséricorde et de la faveur, — de notre seigneur le clément , le miséricordieux ] , — Bachadel , décoré de votre collier , — rangé dans votre classe .
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liCttre d'y^^h'med bey à Hoçaïn pacha.
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LFTTRES ET ÉPÎTRES. 167
— l'auxiliaire de votre seigneurie , — l'ami dévoué à votre excellence, — qui forme des vœux pour votre personne.
— Nous désirons de sa part qu'il soit avec votre seigneurie dans une entière conformité d'état , — dans un sentiment unanime , — relativement à tout ce que nous vous prions de nous accorder, sans aucun retard, ni délai, sans aucune hésitation.
— Que Dieu nous facilite à tous chaque affaire difficile ;
— qu'il rende vos jours heureux , — et qu'il vous fasse atteindre le but de tous vos désirs, — par les mérites de notre prophète Moh'ammed , sur lequel soit le salut !
TRADUCTION
Louange à Dieu, autant qu'il en est digne.
Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed, sur sa famille et ses compagnons, qu'il leur accorde le salut.
A l'altesse de l'honorable , très-fortuné , très-utile , trèsexcellent , très- parfait , très -glorieux , très - considérable , très -généreux, l'incomparable, très -orthodoxe, gardé par la protection de celui qui peut tout ce qu'il veut, sa Hautesse notre seigneur H'oçaïn pacha. — Que Dieu perpétue le bonheur et le secours qu'il lui accorde dans ses armes ; qu'il le comble de félicités , et 'lui fasse atteindre , dans l'une et l'autre vie, l'objet de ses souhaits et de sqs désirs. Amen. Amen ! Que le salut soit sur vous, ainsi que la miséricorde de Dieu, ses bénédictions, les marques les plus complètes de sa satisfaction, et l'ensemble de ses grâces. — Il n'est rien à ajouter , après la louange de Dieu ( que sa
168 DEUXIÉMK PAKTIE
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gloire soit proclamée, que sa bonté et ses dons s'étendent dîme manière générale], si ce n'est le vœu du bonheur et de la tranquillité, des faveurs divines les plus étendues, dont nous demandons au Maître généreux , Seigneur du trône sublime , la continuité et la persistance pour votre haute seigneurie , par les mérites du meilleur des êtres et des hommes créés , sur lequel soient les bénédictions les plus excellentes et les faveurs les plus marquées.
Ensuite. Que -le Dieu très-haut étende votre puissance 1 qu'il prolonge votre séjour en cette vie, et qu'il épuise sur vous les trésors de ses grâces et de ses bienfaits I — Ce qui doit parvenir à votre noble connaissance , — et qui sera bon, s'il plait à Dieu. Amen, — c'est que nous avons expédié à Votre sublime Hautesse, — que Dieu la protège et l'aie pour agréable 1 — une caravane de dattes et d'olives, conformément à l'usage et à la voie bénie et pratiquée. Une partie (de cette caravane) vous est destinée, et vous parviendra en toute paix et sécurité , avec deux jumens de la plus pure race , l'une de couleur bai , l'autre grise ; — ainsi que deux burnous des fabriques du Djerid et deux autres burnous de Soussa , dont l'un est rayé de soie , — plus une gandoura du Djerid d'un beau choix et rayée. Nous expédions également, en toute intégralité, dans ce convoi , les 'aouâïd (cadeaux périodiques) des membres de votre gouvernement fortuné. Que Dieu procure à toutes ces choses une heureuse et tranquille arrivée auprès de vous !
Nous informons votre sublime Hautesse que nous sommes à la colonne expéditionnaire secourue par Dieu, cherchant la position qui nous sera le plus convenable , d'où nous pourrons tirer le plus d'avantages, et conduire le mieux les opérations. Nous y dirigerons notre marche. — Tant que vos saintes prières seront pour nous, nous ne serons
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LETTRES ET RPÎTRES. 171
point trompés dans notre attente, par la puissance, la force et l'assistance divines.
Le pays est tranquille, grâces en soient rendues à Dieu ! — Le territoire a été cultivé complètement en labourage, entre autres localités le pays des H'anâncha, que ses habitans ont labouré , et sur lequel , les années antérieures , aucun sillon de charrue n'avait été tracé. Que des grâces soient de nouveau rendues à Dieu !
Nous demandons à Dieu [ que sa louange soit proclamée !] qu'il rende le sol cultivé , par la protection qu'il vous accorde , et qu'il maintienne dans la paix , par un effet de la bénédiction et de la félicité qu'il répand sur vous , le pays et les habitans.
C'est là, notre Seigneur, ce qu'il était nécessaire de vous • faite connaître. Que Dieu nous conserve votre existence ; qu'il vous soutienne de son secours victorieux et qu'il vous rende vainqueur de tous ceux qui secouent votre joug, refusent de s'y soumettre , ou sont rebelles à la foi I Qu'il vous fasse marcher dans la voie des brillantes actions, qu'il soit pour vous un protecteur, un auxiliaire et un sûr garant, par les mérites du Seigneur des Envoyés, que Dieu répande ses bénédictions sur lui , sur sa famille et ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut. Amen.
Salut de l'humble devant son Dieu [que sa louange soit proclamée!] votre serviteur et votre esclave, qui baise vos pas, El-H'âdj Ah'med, bey (de Constantihe ) . Que Dieu le protège par sa bonté. Dernier tiers de Redjeb H 245 (-1828).
POST-SC»IPTUM.
Annexe de bien. Parmi ce qu'il est nécessaire de porter à votre connaissance [ que Dieu vous fasse miséricorde , vous entoure de sa protection et vous conduise au salut IJ,
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c'est que notre khalifa (lieutenant), depuis qu'il est revenu d'auprès de Votre sublime Hautesse, est tombé malade [que Dieu vous préserve, vous tienne à Tabri de tous les maux et vous fasse miséricorde ! ] de la maladie appelée francs (espèce de petite vérole)^ qui s'est manifestée sur presque tout son corps et sur sa figure; sa guérison sera lente. Son poste reste vacant et nous nous trouvons sans khalifa. Il est donc obligatoire pour nous de vous instruire de ce fait, et de le soumettre à votre appréciation et à votre délibération. Si vous croyez devoir nous désigner quelqu'un, c'est à votre seigneurie qu'il appartient de commander ; — mais si vous nous ordonnez de choisir une personne qui nous convienne.... — Les sujets sont nombreux; — cependant, Monseigneur , ceux qui sont aptes, et qui marchent avec zèle dans le service du gouvernement fortuné, qui possèdent l'intelligence et l'aptitude à ce service , sont rares. Vous êtes notre Seigneur et le maître de nos personnes. Celui que vous trouverez n'aura peut-être égard qu'à ses propres intérêts et ne tiendra nul compte des nôtres. Les intérêts de l'État fortuné exigent des précautions pour nous ; vous n'ignorez pas cela et le reconnaissez mieux que nous. L'appréciation et la décision vous appartiennent. Je suis votre fils et votre esclave : ce que vous aurez pour agréable est ce qui nous réjouira et nous sera agréable. Que Dieu prolonge pour nous vos jours, qu'il nous fasse éprouver les maux à votre place , et qu'il vous secoure par la victoire, la tranquillité et le bien-être. Amen. Amen I
174 OEUXIÈMU l'AllTIlî.
Autre lettre d'Ah'mcd bey à H'oçain pacha.
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TRADUCTION
Louange à Dieu, autant qu'il en est digne. — Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed, sur sa famille et sur ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut I
A l'altesse du très-grand, très-élevé, très-fortuné, refuge assuré, forteresse imprenable, très -utile , très - glorieux , très-excellent, très-parfait, très -orthodoxe, auteur de nos biens, notre Seigneur H'oçaïn pacha, le doulatli. Que Dieu l'augmente en gloire, le fortifie, le garde, et lui accorde son secours tout-puissant ! Que le salut soit sur vous, ainsi que la miséricorde du Dieu très-haut , ses bénédictions , sa grâce , ses faveurs. Nous n'avons à ajouter , après les actions de grâces adressées à Dieu [ que sa louange soit proclamée avec adoration ! ] que (des souhaits) pour le bonheur et la santé , dent nous demandons à Dieu [ qu'il soit adoré et exalté !] la durée et la perpétuité pour votre haute Seigneurie, (par des prières adressées) matin et soir, au nom des mérites de la plus noble des créatures , notre seigneur et maître Moh'ammed [que sur lui soient les grâces divines les "plus excellentes, les faveurs les plus pures.
Ensuite, notre Seigneur [que Dieu vous fortifie!], votre auguste lettre, votre très-noble et subhme parole nous est parvenue , et nous avons remercié Dieu de l'état de bienêtre et de santé de votre personne , car ces deux choses sont le but de notre désir , et la dernière hmite de nos vœux. Votre serviteur , l'honorable El-H'âdj 'Amâr est arrivé auprès de nous , muni de votre brevet fortuné , (par lequel) vous avez daigné lui faire la faveur de le nommer oukil à Tunis. Il emporte avec lui les vêtemens magnifiques
176 UFIIXIÈMK PARTIE.
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et les brillans et augustes cadeaux que vous avez bien voulu lui donner ; il s'est présenté [ que Dieu vous augmente en gloire!] faisant votre éloge avec enthousiasme, proclamant la reconnaissance qu'il vous doit , et se proposant de vous servir avec le plus entier dévouement. Nous avons fait mettre à sa disposition un cheval avec sa selle et tous les autres accessoires , et avons donné des ordres pour qu'il soit pourvu à ses besoins. Il est allé à Constantino où il passera environ deux jours pour une affaire, et, s'il plaît à Dieu, partira ensuite pour Tunis. Voilà (sur ce sujet, tout ce qu'il y a à vous mander]. Que Dieu vous comble de félicités, et qu'il nous conserve votre existence I
Lorsque Yah'ya Aga est allé chez les Oulâd Solt'ân, les Oulâd Salâm montagnards s'étaient immédiatement soulevés avec ces derniers , dont ils s'étaient faits les auxiliaires. Il y a plusieurs années qu'ils se dispensent de payer ce .qu'ils doivent, et ils cherchent à détourner les tribus qui leur sont afférentes. Depuis un an des plaintes nombreuses sont portées contre eux. (C'est pourquoi) à notre retour du pays de Zammoura , et après avoir terminé l'expédition contre les Oulâd Bournàn , nous avons mis notre confiance en Dieu et sommes tombés sur eux le dimanche 27 du courant. Nous les avons rencontrés au sommet de leurs montagnes, dans un Jieu escarpé, nommé Er-Rah'bât, que nous n'avons atteint qu'avec de grandes difficultés et par l'aide de Dieu et l'eftet de la victoire qui s'attache à votre drapeau. Un combat s'engagea entre eux et nous, et le Dieu très -haut les a défaits. Nous les avons sévèrement châtiés , et leur avons coupé vingt - six têtes , que nous avons expédiées à Constantino. Ils ont eu plus de trente
178 DKUXIËMK PARTIR.
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blessés , cinq d'entre eux sont morts , et leurs têtes n'ont pas été coupées. Nous leur avons pris six mille moutons, deux cents bœufs , cinquante chevaux et soixante-dix mulets. Nous avons perdu un cavalier des Rir'a ; un de nos esclaves a été blessé, il y a apparence qu'il guérira ; trois chevaux ont été tués. Voilà toutes nos pertes. Nous sommes rentrés avec nos troupes et nos goums, sains et sauïs et chargés de butin. Que des actions de grâces et des remerciemens réitérés soient adressés à Dieu! Monseigneur, je l'affirme sur vous-même et vSur la vie de votre tête, ces populations rappellent les cabiles qui étaient avec les Ou* làd Bournân, et que nous avons pris.
Cette r'azia sur les Oulâd Salàm ouvre une des plus larges portes à la tranquillité de votre pays, et toutes les tribus de la plaine se félicitent de leur défaite , car ces montagnards les vexaient beaucoup par leurs déprédations. Tous ces résultats sont l'effet de la bonté et de l'assistance habituelles du Dieu très -haut envers votre Altesse. Qu'il en soit loué et remercié en premier et en dernier lieu , extérieurement et intérieurement. Nous le prions [que sa louange soit proclamée !} de vous assister de son secours , de ses biens et de ses faveurs surérogatoires. Persévérez dans les grâces et la félicité divines!
Salut du pauvre devant son Dieu [ que sa louange soit proclamée!] votre esclave, qui baise vos nobles pieds, El* H'âdj Ah'med bey. Que Dieu le protège par sa bonté I
29 s'afar ^244 (8 septembre 4 828).
180 DHIIXIKMR PARTI K
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»OST SCRIPTUM
Annexe de bien. Monseigneur, lorsque le chargé d'affaires El-H'àdj 'Arnâr s'est présenté à nous avec votre brevet fortuné et votre glorieuse lettre au Ley de Tunis, nous avons rempli les formalités d'usage en pareil cas, et lui avons écrit une commission qui le signale comme chargé de notre mandat. Nous y avons joint une lettre de notre part au bey , que nous instruisons des faits comme il convient aux circonstances, afin qu'il soit bien fixé sur ce que l'on désire. Que Dieu fasse résulter de ces choses, du bien, des grâces, de la santé et du bonheur pour Votre Altesse fortunée, par un effet de sa bonté et de sa générosité. Amen!
Le chargé d'affaires destitué nous a dit que bey de Tunis a envoyé des Kanba donner l'ordre au caïd du Kaf de payer ce que les H'amùra ont perdu. Nous avions appris déjà cette nouvelle par les H'anânclia, et nous attendons. Si le caïd les iudeumise de ce qu'ils ont perdu, c'est ce que l'on demande ; et s'il ne les désintéresse pas, alors nous lui écrirons. Quant au moment actuel , nous croyons qu'il vaut mieux diflérer de lui écrire. Salut.
AUTRE rOST-SCRIPTUM.
Complétnent de bien. Nous vous informons. Monseigneur, que El-H'âdj 'Ali et-Tarzi, de Tripoli, est arrivé à Bône. Il nous a écrit pour nous insinuer de le faire venir auprès de nous. Nous lui avons répondu qu'il nous fit part de l'affaire qui l'amène, et nous indiquât si son intention est de se présenter à Votre Altesse , ou de venir seulement à Conslanline. 11 nous a fait savoir qu'il amène cent trente têtes
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LETTRES ET ÉFÎTRES. 183
d'esclaves pour vendre , et -nous envoie deux lettres, dont l'une est adressée à Votre Altesse, et l'autre à nous, de la part du pacha de Tripoli. Quand j'ouvris cette dernière, j'y trouvai un billet contenant la mention d'un cadeau pour moi, et la demande de la permission d'acheter des chevaux et des étalons. Ayant compris le but de sa mission, je -lui ai écrit de rester à Bône jusqu'à l'arrivée de notre décision, et lui ai mandé que je vous expédie les deux lettres ainsi que le billet , pour que vous en preniez connaissance. Je ferai. Monseigneur, ce que vous m'ordonnerez, et je n'accepterai de cadeau de sa part, ni n'accorderai la permission d'acheter des chevaux que d'après votre ordre fortuné, s'il plaît au Dieu très-haut ; et cela. Monseigneur, par la vénération que vous nous inspirez. Que Dieu nous conseoe votre existence, amen !
TROISIEME roST-SCRIPTUM.
Voilà donc (l'état des choses). Parmi les faits dont nous instruirons votre seigneurie, et ce sera du bien, s'il- plaît au Dieu très-haut, c'est que le Caïd ed-Dâr nous a prévenu de l'arrivée à Constantino de deux hommes , dont l'un, nommé Moh'ammed ben Slimàn ben Farh'ât, appartenant aux Oulàd H'açan , turcs d'origine , était caïd des Dreïd, sujets diï bey de Tunis; — l'autre, à la barbe grisonnante et d'un âge avancé, était cheikh des Frâchich. On a raconté au Caïd ed-Dâr que le premier étant caïd des Dreïd , et le second cheikh des Frachich, le bey de Tunis les destitua
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et nomma à leur place des gens qui ne pouvaient prétendre à cette dignité, ni par eux-mêmes ni par leurs ancêtres; ces deux chefs exilés et humiliés prétendent que leurs adherens des Dreïd et des Fràchich ont été vivement blessés de cette rigueur, et les ont envoyés pour leur obtenir de nous la permission d'immigrer sur notre territoire. Quant à nous, Monseigneur , (nous réfléchissons J que les Zr'âlma , dont nous vous avons parlé, et auxquels nous avions dit de venir s'établir en notre pays en abandonnant les régions du sud , et qui s'y étaient engagés, sont encore aujourd'hui dans les environs de Tebessa. Nous avons donc ordonné au Caïd ed-Dâr de les laisser chez lui à Constantine, jusqu'à ce que nous ayons reçu votre réponse fortunée , et que nous sachions si nous leur donnerons une solution favorable , et les encouragerons à venir se fixer sur notre territoire ; ou si, feignant d'oubher leur affaire, nous les éconduirons avec politesse. Ces gens de l'Est ne nous inspirent aucune confiance ; néanmoins nous devons vous tenir au courant de tout ce qui a lieu de leur part, et votre appréciation est la plus sage. Salut. — Tels sont donc les faits. Monseigneur. — Ces Oulâd H'açan sont à nos yeux comme les Oulâd Yellès. Si vous voulez que nous étabhssions une connaissance [des relations) avec eux, et que nous leur répondions d'une manière satisfaisante , nous les trouverons plus tard , et les relations avec eux existeront déjà. C'est à vous d'apprécier la question. Que Dieu élève votre puissance !
186 DEUXIÈME rARTIË.