‹ Chrestomathie arabe, lettres, actes et pi©·ces diversesChapitre 12 sur 56 · I.e(tre de l'émir Abd cl-HÂdcr i», Dcn Durand · texte numérisé non relu

I.e(tre de l'émir Abd cl-HÂdcr i», Dcn Durand

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TRADUCTIOxN.

Louange au Dieu unique. Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur Moh'ammed, sur sa famille et ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut !

De la part du Commandeur des croyans , du Protecteur de la religion , de celui qui combat pour la foi , le Seigneur El-H'âdj Abd el-K'âder. Que Dieu l'aide. Amen! Amen 1 A notre serviteur Yahouda ben Durand. Que le salut, ainsi que la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient sur celui qui marche dans la voie orthodoxe !

Ensuite : Ton écrit nous est parvenu , et nous en avons compris le sens , à savoir que le général veut ravitailler les troupes de la garnison de Tlemcen, parce que leurs vivres sont presque entièrement consommés. Il demande que nous lui permettions d'aller leur en porter. C'est à nos yeux une des plus graves questions, qu'il passe sur notre territoire sans conclusion de paix ni combat : c'est absolument impossible.

Tu nous mandes aussi qu'il nous prie de leur vendre , à Tlemcen même, tout- le grain qui peut leur être nécessaire pour un inois ou pour deux mois, et alors il ne rejoindrait pas ses troupes. — Quant à la période de deux mois que tu mentionnes, c'est un moyen de prolonger les pourparlers, et d'éviter de rien conclure entre eux et nous, car les lettres qu'ils attendent prochainement de Paris leur seront parvenues.

Tu nous dis que le général ne peut laisser ses troupes dans la disette : il a raison sur ce point ; et du moment que tu insistes auprès de nous et que vous désirez cela en

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LETTRES ET ÉPÎTRÊS 189

raison de la disette de votre armée, tu devras nous informer combien de charges ils (les Français) veulent nous acheter, quel prix ils donnent de la mesure , combien ils veulent de vivres pour un mois au plus, et quel serait le prix alloué au transport des grains qui leur parviendraient à ïlemcen. — Tu sais fort bien qu'en ce riioment il règne en notre pays une grande cherté, notamment chez les gens de l'Ouest, à cause du long séjour qu'y ont fait notre corps expéditionnaire et nos diverses troupes, que le secours divin accompagne. Les frais du transport sont également élevés, car voici la saison des pluies et des neiges, qui apportent des difficultés pour nous.

Hàte-toi de nous rendre réponse, afin que nous connaissions tous ces détails et le prix auquel nous vendrons nos denrées. Et si ce n'eût été en considération de tes services, je ne leur eusse point accordé cela.

Écrit par l'ordre du seigneur El-H'âdj Abd el-K'âder. Que Dieu le secoure ! Amen ! Amen ! — Le mercredi, 9 de Dou- 'Ikada.

POST-SCRIPTUM

Donne -nous sur-le-champ des renseignemens ; informenous du prix fixé et des autres détails ; s'ils désirent que cela ait lieu tout de suite ou après un court délai ; si l'on veut du blé seulement ou joint à de l'orge ; s'il faut des bœufs ou non. Lorsque tu nous auras renseigné sur toutes ces choses , nous saurons si nous pouvons permettre (ce qu'on demande), ou lui dire de faire ce que bon lui semblera : nous , de notre côté , nous ferons avec lui (le général)^ ce que nous pourrons, soit de continuer les hostilités , soit de Içs empêcher. Sois actif à nous répondre.

490 DKHXIKMK PAUTIK.

Rciiicrcleiiieiis du iJeiiteniint du I>ey d^Algcr aux OulAd Ben lloçaïn.

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LETTRES ET ÉPÎTHES. 191

TRADUCTION

Louange à Dieu. Que Dieu répande ses bénédictions sur notre seigneur Moh'ammed , sur sa famille et ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut !

Que le Dieu très-haut protège les personnes de nos honorables et vénérés amis, tous les Oulûd Ben H'oçaïn. Que Dieu les dirige ! Que le salut soit sur vous , ainsi que la miséricorde du Dieu très-haut et ses bénédictions. Il n'y a rien à ajouter après les actions de grâces rendues à Dieu, que (le souhait) du bien.

Certes, vous n'ignorez pas que votre lettre est parvenue entre nos mains; nous l'avons vue et appréciée sur la forme et sur le sens : elle mande que vous vous êtes tenus sur le pied de l'énergie et des efforts, et que vous avez su créer de la force avec de la fail)lesse. Vous vous êtes imposé des sacrifices pour nous donner des grains , et vous avez vendu ce que vous possédiez pour nous acheter des céréales. Nous vous en remercions, nous vous en remercions sincèrement.

Nous avions déjà appris toutes ces choses ; et maintenant vous pouvez vous regarder comme étant de nous et avec nous, comme faisant partie de nos propres membres ; nous n'aurons point envers vous (dans notre reconnaissance) ni changement ni altération : Dieu est garant de notre parole. Vous ne perdrez rien de ce que vous avez fait, tant de la part du noble palais (la maison du Pacha) que de celle de l'armée protégée par le Dieu très-haut, que Dieu lui-même daigne vous en tenir compte d'une manière que vous ne pouvez prévoir! Qu'il vous aide, qu'il vous comble des biens de ses immenses trésors 1

Je vous fais part des choses relatives à notre seigneur le Doulath (le Dey), et vous annonce avec plaisir qu'il a

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Lettres et épîtrès. 193

ehvoyé d'heureuses et agréables nouvelles : il mande qu'il est entré à Taza , dont toute la population s'est déclarée pour lui. Une journée de marche seulement le séparait du Chérif , il s'est encore porté en avant pour le joindre. Le Chérif alors a envoyé son secrétaire (ministre) à S. A. le Doulatli , pour demander la paix , en s'excusant et implorant le pardon au nom de son aïeul (Mahomet), que Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde le salut !

S. A. n'eut pas plus tôt reçu l'envoyé, qu'elle s'empressa d'accéder à sa prière, et écrivit au Chérif pour une entrevue qui a eu lieu. Ils se sont tous assis sur un même tapis , se sont réconciliés et ont scellé une paix solide. Les Musulmans , désormais à l'abri des troubles , se sont montrés très - satisfaits de cette conclusion , et l'on s'est quitté de la manière la plus pacifique.

Leurs seigneuries les illustres (chejsj de l'armée , sont sous le vent du retour, s'il plaît à Dieu, après avoir organisé le pays et donné la paix aux habitans. Salut.

Écrit de la part du très-grand, le seigneur Moh'ammed, lieutenant de S. A. le Doulatli. Que Dieu le protège par sa bonté. — Dernier tiers de Chaouâl ^105 (mi-juillet ^692).

post-scriptum.

Nous vous invitons à prendre part à la joie et à l'allégresse que chacun de nous ressent. Nous avons fait ici une fête magnifique dans notre ville d'Alger [que Dieu la protège \\ pendant trois jours. Que des actions de grâce et de reconnaissance soient adressées à Dieu pour cela! Que le Dieu très -haut nous soit en aide, ainsi qu'à vous! Salut.

liCtirc d'un Capitaine «le «lunlNMaireM, de none.

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LETTUES ET ÉPÎThES. 195

Louange à Dieu. Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed, sur sa famille et ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut !

Que Dieu [qu'il soit adoré et glorifié!] comble de félicités la personne de l'excellent, du très-glorieux, — du vénérable, respectable, — du savant, très-docte, — modèle (du siècle)^ très-per?picace et très-intelligent, — le seigneur Ah'med el^ Makât' a djij employé à la trésorerie). Que Dieu le protège par sa bonté , et l'assiste de son secours , amen 1

Que le salut soit sur vous, accompagné de la miséricorde de Dieu [qu'il soit exalté!] et de ses bénédictions. Il n'y a rien à ajouter, après les actions de grâces rendues à Dieu, que (des souhaits) de bonheur et de santé.

Ensuite : Seigneur, comment allez-vous, comment vont les choses qui vous touchent et qui sont agréables à Dieu, — ô vous qui possédez les quahtés précieuses, et qui avez atteint par elles les degrés éminens?

Voilà (l'expression de nos sentimens). Très-honorable Seigneur, veuillez remettre notre solde au porteur de la présente, l'honorable H'açan, fils du caïd des fontaines. Vous n'ignorez pas que je suis dans l'impossibilité de vous envoyer en ce moment la Kannât'iya (cruche de beurre fondu) qui vous appartient comme redevance d'usage, — et cela par le manque de moyens, — c'est-à-dire du côté de la mer, que vous savez investie par les ennemis de Dieu, les Chrétiens. Que Dieu [qu'il soit béni et exalté!] les rende prisonniers de notre Seigneur, l'auteur de nos biens (le Dey d'Alger). — Enfin , si vous jugez convenable, Seigneur,

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liCttre du fils de l'Empereur du Maroc.

( L'original a été trouvé sur le champ de bataille d'Isly.)

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LETTRES ET ÉFÎTttES. 197

(l'attendre, — ce qui est probable, — que Dieu [qu'il soit béni et exalte 1] nous délivre par la main de notre maître, l'auteur de nos biens, dont l'éclat glorieux ne cesse d'ébJouir les ennemis de Dieu, — la k'annât'ia vous sera remise à la première occasion, la force et la puissance de Dieu aidant; sinon, retenez-en le prix sur la solde : vous en avez l'entière faculté , et pouvez le faire en toute sécurité de conscience. En résumé, je suis votre fils, et compté comme vous appartenant : faites ce que bon vous semblera.

Salut de la part du pauvre devant son Seigneur [que sa louange soil proclamée!] le serviteur de Dieu Moli'ammed Mos't'afa, de Bône, odabâchi (capitaine) de la 55 !« compagnie {de janissaires). Que Dieu le protège!

Premier tiers de Cha'ban -1245 (-1827).

Annexe de bien, s'il plaît à Dieu. Si vous jugez convenable de déduire (le prix du pot de beurre), veuillez agir en cela comme agirait un père avec son fils.

TfiADCCTION.

Louange au Dieu unique. Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur et notre maître Moh'ammed et sur sa famille.

Serviteur de notre gracieux , glorieux et magnanime souverain, caïd 'Omar ben Moh'ammed [que Dieu t'assiste et te garde !], que le salut soit sur toi, ainsi que la bénédiction de Dieu, par les grâces de notre Souverain [que Dieu perpétue son existence et sa gloire!]

Ensuite : ta lettre nous est parvenue; nous en avons pns

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ample connaisssance, et avons appris ce qui est survenu du fait de la perversité des Karàrma , par suite du méchant esprit qui existe en eux, et du mauvais caractère de leur foi ; car ils ont levé le voile de leur pudeur et rejeté loin d'eux tout ce qui les couvrait. Mais avec de tels gens on ne peut compter le nombre des fautes. Aujourd'hui , patience, et demain, gloire! Par la patience et la fermeté dans ces lieux (temporels), le Croyant arrive auprès de Dieu, par le suave parfum des vertus de l'àme et des actes de piété. Paix donc à celui qui apprécie le but où il tend : tout ce qu'il rencontre parmi les choses d'ici-bas lui semble méprisable. Eh quoi ! Dieu ne dit-il pas : « Nous vous éprou- » verons, afin de connaître ceux d'entre vous qui partici-

» pent à la guerre sainte » et le reste du verset. (Cor.

XLvii, 55). C'est par la guerre contre l'ennemi et l'infidèle que Dieu distingue entre le méchant et le, bon , comme ii distingue entre la tempête qui ravage et la pluie qui féconde. Malheur à eux, qui sont un peuple commettant le mal et s'abstenant du bien !

Quant à ce que tu nous mandes de tes bons rapports et de ton entente avec le docteur de la loi Sid 'Ali ben el- 'Aziz , ton ami et ton compagnon [que Dieu te comble de biens!] c'est là l'objet de nos désirs et de nos vœux, c'est le but de nos prières et de nos ardens souhaits ; c'est aussi la volonté de notre maître (l'Empereur du Maroc) et la nôtre à l'égard du docteur et de toi en ces circonstances. Ni toi ni lui n'ignorez ce qui est prescrit à ce sujet. Dieu [({u'il soit glorifié et élevé I ] a dit :«.... e^ we vous disputez pas entre vous, car vous vous affaibliriez, etc. » (Cor. VIII, iS), On trouvé dans la tradition : « Tout le bien, résulte du bon accord. » Ta patience et ta sagesse se sont montrées partout au nnlieii des vexations, surtout avec ceux

'îlïOO DEUXIÈME PARTIE.

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qui comprenaient tes sentimens , comme tu appréciais les leurs.

Quant à la sollicitude que tu as eue d'envoyer tous les contingens de la contrée à la récolte de leurs " céréales , dans la pensée qu'ils étaient vivement préoccupés de cet objet , « c'est en ma propre main qu'est tombée votre bonne » action , non dans la main de K'oçaïr. » — « Et celui-là » égale la bravoure de la tribu de K'âra, qui ose la viser » avec ses flèches. »

Quant à ce qui est /elatif aux besoins des gens de ton gouvernement , et à la nécessité de faire disparaître le danger de son retour, notre sollicitude est éveillée sur ce point. Sois donc tranquille et rassuré, car dans peu, par la puissance et la force divines, tu recevras spontanément l'avis de ce qu'il convient de faire pour ton retour sain et sauf, afin de t'emparer de lui et le livrer en leur pouvoir; et cela conformément à ce que tu as demandé. Tu réuniras ainsi deux éminentes actions, et mériteras la double gloire des récompenses de cette vie et de l'autre. Que Diea te comble de biens !

Relativement à ce que tu mandes au sujet des vivres des troupes régulières : à la suite de la présente vous en recevrez une quantité suffisante, qui obviera aux besoins; les circonstances l'exigent , et c'est le droit attribué à ceux qui sont là sur les lieux. Nous prions Dieu d'accorder la victoire à ses amis et la défaite à ses ennemis. Que Dieu te soit en aide, ameni Salut.

^5 Djoumàda |er de l'an ^260 (vendredi, 5^ mai -1844).

[I^cttrc écrite de Zanzibar ik Ifl. %'Isuurd, interprète de la Htatlon navale.

(style incorbfxt.^

( Les lettres ,^ el v^ sont ponctuées y^ et /^ à la manière des Arabes orientaux).

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LETTRhS i:t épîtkks. 'î{)3

TRADUCTION

Par sa grâce et sa bonté [ qu'il soit exalté ! j

A la seigneurie du lettré , à la hauie personne de l'ami très-noble, très-cher, très-affectionné chez nous, M. Vignard, français , attaché au service du gouvernement du magnanime sultan des Français [que Dieu lui accorde le salut!]

Que le salut de Dieu vous vivifie, et que l'œil divin vous garde ! Si vous êtes hors des regards, le cœur est loin de vous oublier.

Ensuite : si vous vous informez des affaires et des nouvelles de Zangbar (Zanzibar)^ il n'y a que des choses satisfaisantes. Cependant, le klem des destinées a tracé sur nous l'arrêt du trépas de notre ami sincère le consul de France Broquant. A sa mort , nos cœurs ont été frappés d'une douloureuse stupeur, et nous avons dit : « Nous appartenons » à Dieu et nous retournerons à lui ; le défunt nous -a pré- » cédés et nous devons nécessairement le rejoindre «, s'il plaît à Dieu.

Ensuite : Nous vous avons adressé déjà plusieurs lettres, une entre autres par M. Barki , puis par M. Bernanti (?) sur le navire appelé l'Arzak; nous avons fait de même pour notre ami très-cher, et qui a droit à notre affection, le capitaine Guillain. Vous voudrez bien, notre cheikh, exposer l'objet de cette lettre au capitaine Guillain, et faire en

204 DKlJXlliME PAUTIE.

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sorte qu'il se rende promptemeni dans ces localités; car ici, d'un jour à l'autre, les choses éprouvent de nombreux changeniens.

Je désire , notre cheikh , que si vous envoyez quelqu'un pour remplacer le consul Broquant , vous choisissiez une personne entièrement expérimentée et intelligente , dont l'opinion ne soit pas dépendante du consul anglais ; car si vous connaissiez l'état actuel du pays , les affaires de nos chefs, et la position des habitans , vous apprécieriez toute la gravité des circonstances. Je vous dirai encore d'autres choses lors de votre arrivée, si Dieu nous laisse vivre.

Si vous vous informez du jeune Moh'ammed ben Khamis (notre fils) y il est arrivé à Zanzibar, venant de Londres, le jour de YÂid el-Ft'ar. Le l^lem des destinées a passé aussi sur eux au miheu de la mer. La maladie (le choléra) les a assaillis en mer à leur retour de Londres ; sur cinquante individus qu'ils étaient à bord, il en est mort trente-deux, et sur les dix-huit restant, sept seulement pouvaient faire le service le jour de leur arrivée : tous les autres étaient malades ; mais le jeune Moh'ammed est arrivé en parfaite santé , et implorant Dieu par les mérites du dernier chapitre du Coran.

Je vous dirai ensuite , au sujet de la personne envoyée par M. Passot , qu'elle est arrivée à Zanzibar. C'est un homme étranger (aux choses locales, inexpérimenté ), ne connaissant pas le caractère des gens du pays. A son arrivée. Son Exe. Sliman (le Gouverneur) lui dit en particuher : « Vous ne pouvez, en ce moment, atteindre le but que vous » vous proposez. Retournez à Mayotte, et, s'il plaît à Dieu,

206 IIRUXIÈMK PARTI K

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liettre de recommandation écrite de Zanzibar.

(style incorrect.)

» nous enverrons des hommes de travail dans les navires » arabes; seulement, laissez-nous 400 piastres (2,200 /r. » à h fr. 50 c. la piastre) pour l'arrivée des travailleurs. Le capitaine lui répondit qu'il ne pouvait lui donner l'argent. Son Exe. Sliman ben Ah'med dit au capitaine Lanti (?) : « Ce n'est pas à cause de cette modique somme, mais je «demande cet argent (comme arrhes), afin que M. Passot ») soit certain que Son Exe. Sliman s'engage à lui envoyer » des travailleurs à Mayotte. »

Quant à moi, je n'ai pas écrit une ligne à M. Passot, ni même à M. Guillain , et la présente que je vous adresse tient lieu des lettres que j'aurais pu leur écrire. — Telles sont les nouvelles. Salut. — Présentez de nombreux saluts de notre part au capitaine Guillain, ainsi qu'à M. Passot.

A la date du 5 Chaouâl 1265 ( mardi, ^4 septembre -1847).

A écrit ceci, Khamis ben Otsman, ben H'àdj El-Lami, de sa propre main.

TBADUCTION.

Au nom du Dieu clément cl miséricordieux.

A la Seigneurie du cheikh, de l'ami, du très-noble, honorable, très-respectable, rccommandable , frère chéri , Moh'ammed ben Fàd'el, fils du vénérable Ali. Que le Dieu trèshaut daigne lui accorder le salut !

208 DKUXIKMK PARTIK.

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Que le salut soit sur vous, accompagné de la miséricorde et des bénédictions divines ! — La présente vous est adressée du port (de la contrée) [que Dieu protège!) Zanzibar. — Les circonstances dans nos localités sont paisibles et tranquilles, et il ne s'est présenté aucun fait récent digne d'être élevé jusqu'aux suprêmes régions de votre intelligence.

Ensuite, je vous donne avis, ami très-cher, que M. Vignard , interprète' du navire du gouvernement français , se rend auprès de vous. J'ose espérer pour lui de Votre Excellence un accueil plein d'égards , et je demande à Dieu que vous me remplaciez auprès de lui. — Puissiez-vous être aussi bien que je le souhaite 1

Je vous annonce que j'ai entendu dire que S. A. Said ben Solt'an (fils de l'Imam de Mascate) va se rendre à Lamo dans le mois du pèlerinage , et qu'aujourd'hui même nous

partons pour El-Tah'ri et Makila (probablement ./JLSC»j ysA' ChaKar et Mekella , sur la côte méridionale d'Arabie). Je prie Dieu ' de nous accorder à tous un heureux voyage et l'accomphssement de nos désirs.

Quant à vous , mon frère , ne m'oubliez pas dans vos hienyeillantes prières, et demandez à Dieu qu'il nous réunisse avec vous dans les conditions les plus favorables. Pour toute chose que vous pourriez désirer de notre part , nous nous ferons un honneur et un devoir d'être à votre disposition.

Saluez pour moi le frère chéri Ali ben Fàd'el et les autres frères (ou affiliés) tels que Moh'ammed ben Abou Bekr Chekko , Moh'ammed ben Moa'di , Moh'ammed ben Abd Allah ben Khamis, le cheikh AU ben Ah'nied, Moh'ammed

ben Omar ben Madda (suivent les noms de quelques

autres personnages). Saluez également pour moi LL. AA. Sid Abou Jlekr ben Ah'med, et Sid Abd er-Rah'man ben

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ATfr

Ah'med, ainsi que mon frère, le gendre (ou beau-père) de votre Seigneurie el-'Arbi.

De notre côté , Moh'ammed ben Khamis ben 'Otmân et tous les frères (ou affiliés J vous présentent leurs complimens.

Ceci est écrit par le pauvre et humble Moh'ammed ben Ouazir Ali ben 'Abd Allah, le 14 Chaouàl 1262 (7 octobre 1846).

Et si vous vous informez des affaires (du pays ^ vous en serez instruit) par l'organe de ceux qui arrivent vers vous. Salut.

Adresse.

Par la bonté de Dieu, qu'il soit exalté!

A la haute Seigneurie du cheikh, de l'ami, du très-noble, honorable, très-cher, le frère Moh'ammed ben Fâd'el, ben Ali el-Bekri. Que Dieu {qu'il soit élevé I) lui accorde le salut et une longue vie. Amen.

Port de Lamo.

1\ -L OMIXIKMI r'AKTIK.

liettre de féllcliatloii» d^uu Aga h des Dames françaises.

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LKTÏKBS KT fcPÎTRES. ^13

TRADUCTION

Par kl grâce du Dieu suprèine. C'est de lui que nous implorons l'assistance.

« Puisque j'élais éloigne , el que je n'ai pu « Me rendre auprès de voire Grâce de mes propres pas, « Je me précipite vers vous par l'intermédiaire du messager, « El vous adresse la parole avec la langue de ma plume. »

Louange à Dieu, qui vivifie les âmes par le plus précieux des sentimens , celui de l'affection qui unit les amis ; — qui honore les assemblées — et favorise le seuil de nos habitations — des pas toujours bénis d'aimables visiteurs.

Ensuite : parmi les faveurs les plus glorieuses et les plus marquées, — parmi les bienfaits les plus signalés, - qui rafraîchissent les âmes de ceux qui sentent, en les abreuvant de l'eau de la source de félicités , d'où ils découlent ; — qui pénètrent les fibres des cœurs des douces émanations de leur parfum, — on doit coinpler le bonheur de s'entretenir avec des personnes joignant à une éducation distinguée, à une instruction étendue, — le prestige d'un rang élevé, d'une haute position, r— Là se trouve le comble de la satisfaction , et se manifestent les plus douces émotions du cœur. — Puisque la recherche de notre connaissance est venue à la pensée de tels personnages, — et que nous en éprouvons une satisfaction qui fait oublier tous les chagrins et toutes les peines, — notre devoir est de témoigner notre admiration et notre reconnaissance, — delà faveur que nous ont faites les heureuses conjonctures du sort, — et les bienfaits du destin , — par l'aimable visite do mesdames , le lundi, 4 Rebi l*"" de l'année l27-''>

il 4 DIUJXIÈME PAUTIK.

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(5 novembre ^856); elles ont daigné se rendre vers nous,

— et honorer notre demeure de leur gracieuse présence. Je dois donc dès-lors me réjouir du bonheur que j'ai

éprouvé ; — mon cœur s'est dilaté par la joie la plus vive ;

— les cordes de l'allégresse ont vibré dans mon âme, — et la voix intérieure de mes plus doux sentimens disait :

« N'ayez pas de regrets, si vous avez visité notre demeure,

« El daigné nous honorer de votre présence ;

« Ce n'est pas une honte ni une dérogation,

« Que l'entrée du maître sous le toit des serviteurs. »

Je demande seulement de leur aimable sollicitude, — de la bonté suprême de leurs hautes seigneuries , -^ qu'elles daignent me conserver dans leur pensée, — et garder de moi, parmi les sentimens de leurs cœurs, — un souvenir semblable à celui que mon cœur a déposé respectueusement à leurs portes, — et qu'il a humblement placé sous le seuil.

Je forme pour elles sans cesse les plus favoraMes souhaits, les vœux les plus empressés , — mêlés à la pius suave ambroisie, — au nectar le plus délicieux ; — puissent -elles en éprouver la réalisation dans tout le cours des années,

— aussi longtemps que l'humble créature louera le Dieu qui vivifie les âmes par le plus précieux des sentimens , celui de l'affection qui unit les amis.

-i<> UKUXIÈMK PARTIE.

liCttre d'un Clircf I ii île Myrfe.

Tomme (Tans les leilres XXVII et XXVIII, de Zanzibar, les caractères v^^ el ^^9 sont ponctués b la manière orientale.

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TRADCCTIO.N.

Père chéri , objet d'une extrême vénération { que son existence soit longlemps prolongée 1)

Après avoir baisé les nobles mains de votre paternité , et imploré la grâce de vos prières constamment exaucées; après vous avoir exprimé nos vœux ardents au sujet du bonheur de vous voir, jouissant de tous les biens ; après nous être informé de votre auguste personne (s'il plaît à Dieu, jouissez du bien-être le plus complet!) : — La chose exposée à votre paternité, c'est que depuis le moment où nous avons quitté votre personne , quand nous étions au Caire où vous êtes resté , nous n'avons cessé de nous informer de votre bien-être et des choses auxquelles votre cœur est attaché , car les relations d'enfance ne s'oublient pas. Depuis environ cinq années que nous' habitons cette ville, employé au service du chœur en qualité de chantre.... ( L'original renferme ici et plus loin quelques détails intimes qui ont été supprimés.)

Il y a déjà un certain nombre de jours que nous avons vu une lettre de vous, adressée au noble Père , le prêtre vénérable ***** et dans laquelle vous faites connaître la mort du prêtre très-digne de miséricorde ****. Nous demandons à la majesté divine de ranger son âme dans le sein du père des pères, Abraham, et de nous accorder, en compensation {de notre peine) la faveur de votre précieuse santé.

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Nous ne pouvons dire à votre paternité l'étendue de la douleur dont nous a tous saisis la disparition de cette perle unique. Quelle perte immense a faite en lui la population syrienne, dont il était la gloire ! Mais puisque c'est l'accomplissement d'un décret divin, et une obligation nécessaire de la nature, nous devons courber humblement nos fronts devant les signes de la divine puissance, en adressant nos instantes prières à la bonté ineffable du Très-Haut, afin qu'il fasse jouir le défunt de la contemplation de sa très-sainte majesté, en récompense des fruits de ses vertus , dont la suave odeur s'élève jusqu'à son trône, en rémunération de sa conduite pieuse et de ses excellentes qualités.

Nous demandons ardemment à Dieu que vous remplaciez le défunt dans ses fonctions et dans le saint ministère, car vous êtes doué des deux louables qualités (indispensables) : la science et le talent. C'est pourquoi nous élevons tous les mains de l'humbla supplication vers Dieu [que sa gloire et sa puissance soient proclamées !] pour qu'il augmente votre bien-être et votre position , et qu'il vous accorde la grâce des bonnes œuvres qu'il réserve [ qu'il soit exalté ! ] à ceux qui, comme vous, lui ont particulièrement voué leur amour.

car ce jeune homme est le petit-fils de mon oncle

paternel ; et comme il m'appartient de prendre l'initiative auprès de votre paternité , à cause de notre amitié fraternelle et de nos anciennes relations, j'ai cru devoir adresser la présente à votre sainteté , pour appeler toute votre pieuse bienveillance vers ce jeune homme, en vous conjurant de le prendre sous votre direction, et de vous charger premièrement de la liquidation de ce qui lui revient de l'héritage de feu son oncle paternel , auquel Dieu fasse miséricorde ; secondement , de lui accorder ce qui lui est nécessaire pour son coucher et sa nourriture ; car de sa

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