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LETTBES ET ÉPÎïttES. 224
vie il n'a dépassé les lieux les plus voisins de la ville. — Par cette cause, sans doute, vous serez satisfait de sa sagesse, de ses bonnes qualités et de l'excellente éducation qu'il a reçue. J'ajouterai en troisième lieu l'espoir que j'ai en votre paternité que vous lui faciliterez la prompte jouissance de cette faveur; car son père, qui est fort âgé, a pour lui un attachement d'autant plus vif qu'il a passé toute sa vie avec ce fils et un autre plus jeune , et que la séparation lui cause la plus grande tristesse. Comme je connais votre zèle pieux et l'attachement cordial que vous avez pour nous , j'ai lieu de croire que pour la gloire de Dieu et par égard pour nous, vous ferez tous vos efforts pour utiliser les moyens de procurer au père de cet enfant la tranquillité du cœur. Vous nous imposerez ainsi une dette de reconnaissance pour vos bontés, indépendamment de la rémunération que vous recevrez de Dieu en compensation de vos peines pour ce pauvre jeune homme.
Je vous prie également de le diriger dans les choses spirituelles , et de le conduire d'après votre pratique des bonnes œuvres, qui fait naître dans les cœurs les fruits évangéliques , car vous êtes du nombre des hommes les plus solidement vertueux. Je n'ai pas besoin de réitérer mes instances pour exciter votre zèle et votre extrême sollicitude , car votre bonté et votre bienfaisance, n'ont pas besoin de plus longues prières.
Telles sont les choses qu'il était nécessaire d'exposer à votre paternité.
Les révérends pères de notre localité vous baisent les mains et s'informent de vous, particulièrement le révérend
père, le cher prêtre Je vous annonce avec douleur qu'il
a perdu au Caire l'usage des deux yeux. Depuis un an environ il habite notre ville pour se faire traiter , mais il
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liettrc d^uu Chérif à, un Cheikh pour rcngaïa^er à. la g^ucrre rcllg;ieusc contre la France.
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n'a éprouvé aucun soulagement. Les médecins pensent que la cause de la cécité qui l'afïlige est une grave maladie de Isl veine de l'œil, dans laquelle se trouve la perle (le nerf optique). C'est pourquoi maintenant il ne sort que trèspeu, et rentre presqu'aussitôt chez lui. Nous prions Dieu de lui accorder la grâce de la résignation dans cette terrible calamité, par l'intercession de vos bonnes prières.
Adresse.
A son arrivée à Alger ^'Occident, que la présente soit favorisée et honorée par les mains de la seigneurie du très-vénéré "'**.
TRADUCTION
Louange à Dieu. Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Moh'ammed , sur sa famille et ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut !
Louange à Dieu qui a sohdement établi l'islamisme et l'a élevé; — qui a humilié ceux qui ont cherché à le vaincre et l'anéantir ; — qui, à toutes les époques, a procuré à la religion — des protecteurs et des soutiens , — des hommes aux entreprises hardies, aux énergiques volontés, — chefs hardis, favorisant le développement de l'Islam et soutenant sa puissance; — en établissant les preuves, — et en indiquant clairement la voie. — C'est ainsi qu'en tout
224 DEUXIEME PAKTIt
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LETTRES ET ÊPÎTRES. 225
temps — le secours victorieux d'en haut se renouvellera — et que la défaite anéantira les ennemis, — jusqu'à Taccomplissement de l'ordre divin.
Que la bénédiction et le salut soient sur Celui qui a établi la loi de la guerre sainte , — et ordonné de tirer les sabres de leurs fourreaux, — pour combattre les peuples de l'incrédulité et de la rébellion, — de l'orgueil et de la perturbation ; — sur Celui qui a annoncé que le Paradis est placé sous l'ombrage des glaives, — et que ceux des combattans pour la foi que la destruction et la mort auront frappés, — vivront encore dans l'un et l'autre séjour; — et s'ils ont obtenu l'une des deux gloires (la victoire ou le martyre), — les grandes récompenses et les hautes faveurs leur seront décernées, — les lieux les plus agréables du Paradis leur seront donnés comme séjour éternel ; — (sur Celui enfin, qui a déclaré que) quiconque tournera le dos à l'ennemi ou s'abstiendra du combat, — sera, par Dieu lui-même , couvert d'ignominie , et obtiendra l'enfer pour demeure.
— Que la bénédiction et le salut soient aussi sur les membres de sa famille, qui ont acquis un rang si particulièrement glorieux par la défense de la religion, — et qui sont loués spécialement par cette parole de Dieu (que sa louange soit proclamée, et qu'il soit exalté!] : « Certes, » Dieu aime ceux qui combattent dans sa voie (pour sa )) cause), rangés en lignes de bataille comme un édifice » compact» (CoE. lxi, v. 4), — guerriers qui firent le tour de la surface terrestre sur leurs chevaux agiles, — et qui précipitèrent les emblèmes de l'incrédulité — du sommet de l'élévation à l'infimité de l'abaissement ; — en sorte que la vérité s'est fait jour, et le mensonge s'est évanoui ; — les mosquées ont été fréquentées, et les lieux du culte infidèle se sont trouvés déserts.
^W DEUXIÉMK PARTIE.
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Ensuite, ce que je fais savoir à notre frère en Dieu, le très-glorieux, très grand, le cheikh sidi tel [ que le salut soit sur vous, ainsi que la miséricorde et les bénédictions divines ! ] : Celui qui se présente à vous porteur de cette épître, est chargé d'écrits (proclamations) que vous voudrez bien distribuer tous, et dont vous enverrez un exemplaire dans chaque localité. Nous arrivons par la route de R'dâmès : préparez-YOus à combattre pour la foi ; nous nous joindrons à vous dans votre locahté, ou bien nous y recevrons une lettre de vous. Lorsque vous apprendrez que nous nous sommes présentés au combat, venez-y. — Notre première attaque aura lieu dans la province de Tlemcen, sur Mar' nia (Lalla Mar'nia) : avec la puissance de Dieu, si nous commençons à attaquer le matin cette locahté, nous en ferons notre dîner; et si nous commençons le soir , elle sera notre déjeûner.
Bien que nos propres combattans, et nos alliés qui doivent commencer l'attaque, soient en petit nombre, avec la puissance de Dieu, aucun étendard ne sera forcé de fuir, aucun pied ne s'émouvra à l'aspect étincelant des épées soulevées au milieu des tourbillons de la poussière, ni des chevaux rapides auxquels l'ennemi ne peut échapper, soit par la fuite, soit par l'attente de pied ferme. Les sept métaux eux-mêmes ne pourraient agir contre nos combattans. Si vous entendez dire que Mar'nia a été dévastée : que celui qui se trouve non loin des lieux, marche au combat contre lui (l'ennemi); car, avec l'aide de la puissance divine, nous déferons nos ennemis, vaincrons les Infidèles, obtiendrons la victoire dans les batailles que nous leur livrerons; sur le lieu de l'action, nous serons soutenus par Dieu, favorisés de glorieux succès, et remplis de joie et d'allégresse.
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lietlre d'un Baeli Af$a.
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LKTTRKS ET KPÎTnES. 229
Quant à celui qui ne se présentera pas , ou dont nous ne recevrons pas de lettres , nous tomberons d'abord sur celui-là, car c'est un auxiliaire de l'incrédulité. Mais c'est avec d'autres que vous qu'il est besoin d'insister davantage. Puissiez-vous rester dans le bien-être et la santé!
Salut de la part du chérif"**, fils du chérif *"*. Que Dieu soit avec lui, par sa grâce et sa bonté.
TRADUCTION
Louange à Dieu.
A la seigneurie de l'honorable , très-digne, respectable, très-gracieux, pieux, très-intelligent, protégé de Dieu, vénérable, notre ami, l'excellence du seigneur Moh'ammed.
Après nous être informé de vous et de toutes les choses qui vous touchent [que Dieu les fasse marcher conformément à votre désir!], si vous daignez vous informer de nous, nous sommes , en ce qui nous concerne , comme il plaît à Dieu, et n'avons de sollicitude que pour les choses qui se rapportent à vous , lesquelles sont le but de nos vœux et de nos souhaits.
Ensuite : Votre très-chère lettre, votre discours très-précis nous est parvenu ; nous en avons tiré l'avantage de connaître votre état de santé et de bien-être, et avons compris ce que vous nous mandez au sujet de Sid Ah'med ben 'Ali, qu'il s'est mis en campagne avec sa colonne, que Dieu protège 1 pour apaiser quelques troubles suscités par des
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LETTPiES lîT EPÎTRKS. 231
gens dénués de raison, qui se conduisent de manière à attirer des calamités dans le pays [que Dieu déçoive leurs espérances!]. Nul doute que lorsque Sid Ah'med sort en expédition, il ne résulte que du bien et l'établissement de la paix.
Quant à la recommandation que vous nous faites de ne nous inquiéter de rien , nous connaissons l'état de toutes les choses , et nous n'accueillons pas les conseils des gens malintentionnés. Ces propos (auxquels vous faites allusion) nous sont arrivés ici ; mais nous n'y faisons nulle attention, et dans les temps même les plus éloignés, nous ne serons jamais indigne de votre amitié. Tant que je serai moi-même dans ces contrées, vous n'en éprouverez jamais que du bien. J'écris chaque jour aux tribus en leur faisant voir les avantages de la paix et de la .tranquillité, et leur démontrant qu'à tous ceux qui se sont montrés hostiles envers vous, nulle chose n'a réussi. Soyez-donc sans inquiétude à mon égard et à l'égard de ceux qui m'appartiennent, car je donnerais ma vie et ferais tous mes efforts pour vous servir , et vous ne subirez de notre part aucun acte reprochable. C'est là ce que nous avons à vous mander. Salut.
Troisième tiers de Doul-H'edja^260 (fin décembre ^844).
De la part de celui qui a écrit la présente ****. Que Dieu le préserve de tout mal. Amen!
23'2 DEUXiÈMf' ['AHxrr:.
Iie«i'c arabe écrite ik C'okiHlanlinopI*'. on excuse d'avoir manqué it un rendez-vouN d'affaireiv.
(Les lettresl . s el . 4 *o»'' poncloéo» à la manière orientale).
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TRADUCTION
fA celui qui est) la gloire des hommes éminens et considérables , à la seigneurie du très-noble, à la personne du très - magnanime , du frère sincèrement dévoué , de l'ami sympathique, affectionné et chéri. Que le Dieu très -haut perpétue la prospérité de son sort et de son influente position , amen ! par les mérites du Seigneur des Envoyés [Mahomet).
Après la présentation de la totalité des saluts et des hommages qui conviennent à votre seigneurie, notre premier devoir est de nous informer de ce qui concerne votre glorieuse personne ; puis de vous exprimer en second lieu les sentimens de vive affection que nous avons pour vous.
Vous connaissez, Monsieur, les exigences de la locahté. On était fortement inquiété , et nous avions lieu de redouter de mauvais traitemens. Si ce n'eût été notre crainte à cet égard , nous nous serions trouvé avec votre seigneurie dans le moment le plus désiré. Telle est notre excuse que vous pouvez apprécier. Nous espérons donc de vous le pardon , car nous sommes digne d'indulgence , et nous avons pour vous une grande amitié et un attachement extrême Mais nous n'avions pas la possibilité de
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nous trouver avec vous. Qu'aucune autre cause ne vienne donc préoccuper votre esprit , et qu'au cofitraire il soit assuré que l'affection que nous avons pour votre seigneurie est plus grande que pour un frère.
Nous espérons que votre haute seigneurie voudra bien, tous les jours, nous faire la grâce de passer devant notre demeure, pour que nous puissions vous contempler par le treillis de notre fenêtre, et donner ainsi quelque satisfaction à notre cœur , car nous éprouvons une grande sympathie pour vous.
L'objet que vous avez envoyé, conservé chez nous , est pour nous un sujet de consolation ; car si nous ne le possédions pas, nous serions hors de nous-même. Dans les instans où nous recevons de vos nouvelles, nous éprouvons une extrême joie.
Tel est ce que nous devions écrire à votre seigneurie, Monsieur , et il faut , il faut absolument répondre avec promptitude, pour nous causer une grande satisfaction.
Dorénavant, les communications dont vous voudrez bien nous honorer devront avoir lieu à quatre heures, selon le calcul européen, c'est-à-dire à onze heures du calcul arabe.
Puissiez-vous continuer à être (dans le bien-être et la santé!)
24 S'afar ^275 (3 décembre ^855).
236 F)i:i'xiKMK l'AUïii:.
Lettre écrite de TunlH par un Alg^érleii à lien A¥ça, au moment de la Meeonde expédition île CouNtantlne.
( Lettre très-incorrecte par le style et l'orthographe. )