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LETTRES ET ÉPÎTRKS. ^37
TBAUCCTION.
Louange à Dieu. Que Dieu répande ses bénédictions sur notre Seigneur Moh'ammed, sur sa famille et ses compagnons ; qu'il leur accorde le salut ! Que Dieu vous conserve et vous protège ! qu'il soit avec vous par sa grâce et qu'il vous mette au nombre de ses élus !
(A) l'honorable, au vénérable, très -respectable, trèsgracieux , très-pur , très-parfait , notre ami , sidi Ali ben 'Aïça, bâch-h'anba. Que Dieu le comble de faveurs. Amen !
Que le salut soit sur vous, ainsi que la miséricorde et la bénédiction de Dieu ! Nous n'avons rien à ajouter, après ces (souhaits), à ce que nous vous avons antérieurement exposé ; nous désirons que (la présente) vous trouve en bonne santé lorsqu'elle vous parviendra.
Qu'il soit porté à la connaissance de leurs seigneuries (que la prospérité leur soit constante !), que deux jours avant la date (ci-dessousj, il est arrivé ici un vaisseau de guerre français, armé de cent- vingt canons ; il était accompagné d'une corvette de trente-six. L'amiral s'est rendu au Bardo (palais du Bey) et s'est entretenu avec notre seigneur (que Dieu le secoure ! ) au sujet de la flotte du sultan (Mahmoud), dont il avait appris la sortie de Constantinople pour se rendre à Tripoli et de là à Tunis. Ils ont craint (les Français) que le capit an-pacha ne vînt à Tunis secourir notre seigneur et maître, Ah'med Bey. La cause de cette appré-
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hension est que la nouvelle de l'arrivée du chaouch qui s'est rendu auprès de vous est parvenue en France. Ils sont convenus avec notre seigneur que les vaisseaux français séjourneraient dans le port de Tunis.
Cinq vaisseaux portant des troupes à Oran, sortis avec eux (l'escadre), ont débarque leurs troupes et viennent les rejoindre à Tunis. Le nombre des vaisseaux portant des troupes est de huit , dont quatre viennent ici , et les autres se dirigent vers l'Occident. Ils (les Français) ont des discussions avec notre maître 'Abd er-Rah'mân.
Un jour avant l'écriture de la présente', il est arrivé de Malte un bateau à vapeur, qui a annoncé que le capitanpacha était sorti de Constantinople, et que la guerre allait avoir lieu entre l'empereur de Maroc et les Français. Ceci a été affiché sur les murs et rapporté dans les journaux à Malte.
Le motif de la guerre entre l'empereur de Maroc et les Français, est que ces derniers exigent de l'empereur, et lui imposent comme condition, Tobligation de ne laisser aucun de ses sujets passer dans la province de Tlemcen, de ne point secourir Moh'y ed-Din par de la poudre , des armes ou des hommes ; d'interdire à ce dernier tout secours de son pays (du Maroc); sinon, ils déclarent la guerre à l'empereur. Celui-ci a répondu qu'il aiderait Moh'y ed-Din de toutes les choses du Maroc dont il aurait besoin, quand même on lui ferait la guerre par terre ou par mer.
La réponse de l'empereur aux Français est énergique ,
240 DlilJXlKMK PAUTIK.
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LKTTBES ET KPÎÏRKS. 211
et il ne veut traiter avec eux qu'aux anciennes condilions établies entre la France et son aïeul sidi Mohammed (que Dieu lui fasse miséricorde^. En un mot, la guerre (est imminente) avec le Maroc, car il vient d'arriver de ce pays un navire ayant à bord des marchands se rendant à Tunis, et qui ont quitté le Maroc depuis un mois et quatre jours ; ces gens nous ont apporté les mêmes nouvelles que les chrétiens (du bateau maltais). Ils ont laissé l'empereur à Rabat', accompagné d'une cavalerie nombreuse. L'empereur a fait enjoindre aux habitans du port (de Rabat') de se tenir prêts et sur leurs gardes ; de monter les canons sur leurs affûts, de visiter les forts, et de veiller nuit et jour.
De la part du pauvre devant son Dieu, el-H'îidj Moh'ammed. Que Dieu efface ses fautes. Amen!
\ Rebi' du Prophète (rebï' premier} 1252 (juillet 1856).
POST-SCRIPTUM
Il a également fait dire aux tribus ( de l'intérieur ) de s'approcher de la mer. Il fait les dispositions les plus actives. Il possède une nombreuse cavalerie et de l'infanterie. Notre Dieu nous secourra , et secourra les Musulmans , par les mérites du Prophète et de sa famille!
Vous saurez aussi que la France, c'est-à-dire (les membres de) la chambre (des députés) s'étaient tous décidés à abandonner Alger et ses provinces, et à évacuer ces points. Le général qui était autrefois (gouverneur) à Alger s'est présenté et n'a point acquiescé à cette proposition ; il a demandé que la France lui donnât trente - six mille hommes de troupes, à la tête desquels il se rendrait à Alger, prendrait pour trois ans le territoire tout entier, et rendrait à la France les sommes qu'elle aurait dépensées. On a pris avec lui cet engagement par écrit, et il y a apposé sa
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Xcttre au Cadi.
(Dans cette lettre et la suivante, l'orthographe est tellement altérée, que nous sommes obligé de la rétablir au bas des pages pour rendre possible l'intelligence du sens. — Les textes de cette nature sont utiles pour l'expérience pratique, mais ne doivent jamais être pris pour modèle.)
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LETTRES ET ÊPÎTRES. 243
signature. On lui a promis de lui donner des troupes et tout ce qui lui sera nécessaire. Soyez instruit de cela. [Que Dieu déçoive son espérance et secoure l'islamisme ! ]
Enfin, vous trouverez ci -joint la lettre du consul sarde (de Tunis), dont notre seigneur et maître Ah'med bey {que sa puissance et sa haute dignité soient éternelles, amen ! ] nous a demandé la réponse par le courrier. Vous voudrez bien, notre ami, remettre la lettre (ci-incluse) et nous en faire parvenir la réponse, parce que le consul compte sur nous en cela.
Salut au seigneur cadi. (Que Dieu le protège par sa grâce et sa bonlél)
Est averti par la présente celui auquel parvient notre réponse. A son excellence le cheikh cadi. Celte lettre est de la part de Mouni , fille de Mos't'afa khodja , relativement à l'acte (de location) de la boutique située rue de la Charte n» 214 (à Alger).
Auprès de vous est le profit, et vous connaissez la justice.
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LETTRES ET ÊPÎTRKS. 245
Vous êtes gouverneur d'Alger depuis deux ans, vous nous avez bien des fois dérangée (inutilement); Dieu n'aime point cette manière d'agir. Si vous me donnez ce qui m'est dû , donnez-le-moi (yromptement), et si vous ne me le donnez pas, rendez- moi mon acte. Je suis une femme pauvre; vous avez démoli ma boutique; avec quoi vivraije maintenant? Si vous me donnez l'argent [prix de Vimmeuble), vous ne me paierez (sans doute) pas le loyer. Je n'ai point de mandataire, car fsi f en avais un) il voudrait manger l'argent ; et alors comment vivraient mes enfans? Cnformez-vous : je n'ai point encore reçu d'espèces. Donnez enfin une parole exacte : si vous me donnez l'argent, prix de la boutique, j'attendrai un mois ou deux par égard pour vous; et si vous voulez m'envoyer une réponse, adressez-la à Oulid Ah'med ben 'Aly, rue de la Porte-Neuve, n" 286, auprès de l'étuve de Sidi Moh'ammed el-Cherif. Si vous ne me donnez point l'argent, donnez-moi l'acte de location, ou bien déclarez que vous ne me donnerez ni l'un ni l'autre. Salut.
24() DEUXIÈME l'Aimi:.
■dénonciation d'un voleur.
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LETTRES ET BPÎTRES. ^^
TRADCCTIOW.
Louange au Dieu unique. Celui devant lequel se
présente notre écrit et entre les mains de qui parvient notre lettre est averti (de ce qui suit) :■
Aux magistrats qui tiennent entre leurs mains la justice. (Plainte) contre Mah'moud, fils du Canonnier, qui possède une longue barbe. ( Cet homme) s'est enfui d'Alger après avoir volé sa femme. Il lui a pris des redifen or (anneaux en torsade que les jemmes se mettent aux jambes); plus, des bracelets en or ; plus, des pendans d'oreille en or avec des perles ; plus enfin dix pièces de cinq francs de France ; rien autre chose. Cet homme en a imposé au cheikh el-Medina (chef de la police municipale); il lui a dit qu'ii n'avait point de femme, ni personne au monde ; qu'il n'avait que sa tête (quil était seul), qu'il ne devait une obole à qui que ce fût. C'est un imposteur. Nous avons informé le cadi des Musulmans de cette affaire, et nous vous en informons également. Vous êtes les grands de la ville , et votre main est assez longue pour l'atteindre aussi bien que d'autres. Salut.
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DEUXIEME I'AHTII