‹ Chrestomathie arabe, lettres, actes et pi©·ces diversesChapitre 17 sur 56 · LETTRE V. PAGES 110 ET · texte numérisé non relu

LETTRE V. PAGES 110 ET

Siyle simple el familier, peu élcgaiil. Page 110, LiGisii 4.

îX^îj >jLJ^j Que le salui et la bénédiction.... Le moi

»jL^, ou, selon l'ancienne el primitive orlhographe »^JLJ>, (qui veut dire prière quand il s'agil des rapports de l'homme à Dieu), a le sens de miséricorde , bénédiction , grâces , faveurs, quand il est question de Dieu envers ses créatures, et notamment envers Mahomet. On trouve dans le Coran, ch. ii,

V. 152 : ç^ \ ^ C^ljJUs j*^-;^ ^jX-i^jl II y aura sur ceux-là (qui supportent l'adversité avec constance) des miséricordes de la part de leur Seigneur.

Page 110, Ligne 7.

^i^ ^ ^^-^ ^iXslx) Jwj-fljb L'objet de la présente est de vous instruire, Seigneur, d'une chose. ..Ala lettre ; le sens utile, je vous instruis Seigneur, indépendamment d'une chose... Cette rédaction est vicieuse et contraire à l'idée qu'on a voulu exprimer. Ce fait est habituel aux Arabes barbaresques , chez lesquels le défaut d'instruction n'exclut pas la forme prétentieuse du style; il eut fallu : Jxj v^lX^Lo LJl J-jl^U. L'emploi de la préposition abstractive ^ de, loin de, au détriment de..., au lieu

du mot V > sur, au sujet de... y se rencontre chez les gens peu

instruits, qui croient embellir leur style en se servant à contresens de mots d'un usage rare , et dont ils n'apprécient pas la valeur. La préposition ^ est inusitée dans le langage des masses, qui lui substilucnt presque toujours la particule ^^. C'est

ainsi qu'on dit ^c wXx), au lieu de c-^^ ^ *^ «'^^' éloigné de moi, elc. Ces incorrections grossières sont si fréquentes, que nous ne pouvons les relever toutes les fois qu'elles se présentent. La lecture (les textes corrects les fait apercevoir facilement.

Page HO, Ligne 8.

O^vbLJ! L»J^ g3 Pou?^ le service du gouvernement. Le mot L» J^, qui a le sens propre de travail, est employé souvent dans l'acception de fonction, emploi, service, et il exprime bien des fois l'idée de service politique ou administratif. Le verbe >Aà , travailler, est pris aussi dans l'acception de servir VÉtaf, travailler pour Ivi, ou être rangé sous ses ordres.

Le mot vs^CLL) (ligne 9) est un adjectif relatif turc, orthographié suivant la prononciation arabe , et signifiant ce qui se rapporte au ^jS-i , écrit ^b en arabe , et hey en français. — Dans l'acception générale, le mot >^CLjIj, ou plus exactement s^CLXj, signifie le gouvernement.

Page IIO, Lir.N:< 12.

^^•U! J)^^! ^ w\=vlj Une personne de consider aiion. A la lettre : quelqu'un des et. fans des gens, expression locale pour dire une personne de poids, ou de considération, à peu près comme on dit familièrement en français : une personne- comme il faut.

LETTRE VI, PAGES 110 a H 3.

Écrite dans un i-tyle très-correct.

Pagk 112, LlGNB 4

^\y vX*»^ ^j Qu'aucune lenleur ni aucune négligence m.

vous atteigne! (Ne vous rendez coupable de lenteur ni de négligc!ice. ) Le mol ^]jJ est pour ^skljj' ; le ^ final qui est

la dernière lettre de la racine de ce mol, a été supprimé à cause de la présence du tanouin , signe de l'indétermination. Les causes de la suppression, dans les cas semblables à celui-ci, du ^ etduj venant en troisième lieu dans une racine, ont été expliquées aux pages 252 et 254 , n^s 37 et 39 du Cours de Langue arabe.

Page 112, Ligne 5.

& I jwLj ! -3 jJ \j o Lj"^ \ ç3 j^ \j Le bien consiste dans

l'observance (de ce qui est établi), le mal est dans f innovation. Cette maxime, pour être bien rimée en arabe, n'en est pas plus favorable au progrès. Elle caractérise d'une manière exacte l'esprit musulman , qui , plongé depuis des siècles dans une routine ignorante, a une horreur profonde de tout progrès qui pourrait changer des habitudes enracinées, ou exiger l'emploi calculé des forces physiques ou intellectuelles en dehors des usages établis. Dans la lettre précitée, elle fait seulement allusion à l'obligation de payer une redevance établie.

LETTRE Vil, PAGES 112 a 115.

Écrite dans un bon style épistolaire.

Page 112, Ligne 13.

ijLsr^**' QuHl soit loué! Ce mot, qui accompagne ordinairement l'idée de Dieu (^t), exprimée ou sous-entendue, veut dire littéralement : laudem ejus. Il est à l'accusatif comme complément direct d'un verbe sous-entendu C'est comme s'il y avait :

wLsr^^ wj) ^^^ ou ^^>Lsry^ ^3=^ 0^^ Dieu soit loué de toute

la louange dont il est digne! (V. Cours, du Nom verbal, ou mas'dar, pp. 272 et 472.)

Page 112, Ligne dernière.

iL^iCJLJ! ^-^^-^ Mufti maleki. A la lettre : mufti des

Maleki (V. p. 33, note 5.) Le mot j^jla' est le participe actif

du verbe ^i décider, juger, en matière religieuse ou judiciaire. Le mufti, comme on sait, est le chef de la justice musulmane, dans chaque rite. ^

iw^wc»^! ^*XJ1^Î -a ^^^w-^ Comment est votre chère santé? A la lettre ; comment sont vos états agréables (à Dieu)? Cette phrase banale , que l'on trouve dans presque toutes les lettres barbaresciues, peut être prise, suivant les cas, dans plusieurs acceptions. — Le mot J|^i (pluriel de JL=s., état, condition), veut dire en ce sens toutes les choses qui touchent ou intéressent la personne, telles que la santé , les affaires ou les préoccupations. — L'épi thèle à^^^^ qui l'accompagne ordinairement, est le participe passif (J^xp) dii verbe ^^j consentir, agréer, employé d'une manière énonciative ou optative. La formule si fréquente L^mJ! ^jXi\j^\ signifie donc : votre étal de santé corporelle et de tranquillité morale, que Dieu a pour

agréables, et qu'il favorise, — ou optativement : votre état

que Dieu puisse avoir pour agréable, et daigne favoriser! — En résumé, cette phrase banale ; 'L^j^] ^tOl^i ^ ^^^ équivaut assez directement h celle-ci : quel est votre état ( de santé, d'esprit, etc.) que nous recommandons à la bienveillance divine.

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