C->b^jix3lj ( Que Dieu vous garde) de toute affliction
Le mot vJl^L)j-Lo veut dire les châtimens que Dieu inflige dans l'une et l'autre vie. Le texte porte : Que Dieu vous garde.. . de tout châtiment. Mais celte expression n'a pas en français, comme en arabe, une valeur mystique; (.'est pourquoi nous;
avons traduit le mot c^IsjJlz par affliction, qui peut aussi être pris dans l'acception du mot arabe.
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elijj ^^ ,^j? Au-dessus de 'Aïn Zerga. C'est le nom d'uue fontaine publique construite sur l'ancien chemin d'Alger à Birmandreïs (^r^j ^\y jy^)- Celle désignation, qui signifie Fontaine bleue, a fait ainsi nommer en français les lieux environnant cette fontaine. Beaucoup de personnes nomment celte localité Fontainebleau, par réminiscence.
Page 114, Ligne dernière.
^jV- J-P"^ wXîo j Après l'entrée des Chrétiens. A la lettre : du Chrétien. Le mot ^j» est une expression par laquelle les Darbaresques désignent dédaigneusement un Chrétien. On dit au pluriel ^^L^^ , mot qui fait au singulier jL^^. L'expression ^jj signifie proprement un Grec, vn Rouméliote. Elle s'emploie en certains cas pour Romain; mais dans les contrées barbaresques, elle désigne généralement un Chrétien ; on dit quelquefois JL» au pluriel. — C-^J-^^ "^ . ^^^ '^ °^"^ arabe de l'Analolie ou Asie Mineure , et s'applique aussi aux pays européens du littoral de la Méditerranée. — Le Coran, chap. XXX, V. 1, emploie le mot /»j'P' a" sujet des Grecs.
Quant au mot ^V^ chrétien (au pluriel ^Loj), c'est un adjectif de relation qui paraît être formé de ^jj^^» n<^in d'une localité de Syrie, qu'il ne faut pas confondre avec »^L>, qui désigne la ville que nous nommons Nazareth.
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^Jl-;-?! »Ujlc Otsmân efendi. Le mot efendi, que les Turcs emploient dans le sens de notre mol monsieur (efendem)^ est une corruption du grec moderne avthentés, qui a la même signification. Quand le mot ^^\ accompagne un nom propre, il se place après ce dernier.
LETTRE IX, PAGES 118 a 125.
Style simple et familier, d'une correction peu rigoureuse. — Celte lettre fut adressée à M. le duc de Rovigo, alors gouverneur
général de l'Algérie, par un marabout de Goléa (à*J-iJ!), qui exerça jadis une certaine influence sur la politique algérienne. — El-Bar'dadi était le beau -père du frère d'El-H'âdj Abd el- Kâder. Le nom El - Bar'dadi veut dire : originaire de la ville de Bar'dâd , que les Européens écrivent toujours Bagdad , ou Baghdad, par g ou gh, parceque ce mot se prononce avec un R'.
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, isj^^i i^j J,^ Pour le pays des H'adjout'. Le mot ^^j, que l'on prononce out'ân, veut dire pays, région, domicile. — Les H'adjout' sont les membres d'une tribu établie dans la partie ouest de la Metidja; ils firent, pendant les premières années de la conquête, une vigoureuse résistance à nos armes.
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*!jl3r-;> Ljj Et aux chefs de Bou H'alouân. Parmi les irrégularités orthographiques les plus ordinaires aux Barba resques, on peut signaler le mot ^-i (pour^!, père, possesseur) que l'on écrit par un ^ comme la préposition v j. Les
lettrés algériens sont souvent fort embarrassés pour écrire le mot ^! et sa déclinaison bl et o^K qu'ils appliquent rarement avec exactitude. Pour se tirer d'affaire, ils emploient, en bien des cas, la lettre ^^ seule, qu'ils joignent au mot qui la suit, à la manière de la préposition précitée. C'est pour cela , entre autres faits, qu'on a écrit dans le texte de la lettre IX .>yLsf pour ^1^^ ^^- Les altérations de cette nature tiennent à une connaissance routinière seulement de la langue arabe ; elles se rencontrent fréquemment dans les écrits algériens, et sont prises pour des règles par les tolba ignorans, et par les personnes qui pensent que l'arabe vulgaire est une langue constituée.
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L)tJt)! ^^ J^-Jj Nous leur dirons : si les R'arâba... On a déjà fait observer (p. 255) que le » initial indique, à l'aoriste des verbes, la première personne du pluriel, souvent prise pour le singulier, surtout dans le style familier ou dans la conversation. — Le mol r'arâba (^LLi) signifie les Occidentaux, ou les gens de l'Ouest. Cette désignation s'applique aux fractions d'une même tribu situées à l'Ouest d'un point fixe, comme un cours d'eau, ou toute autre ligne de démarcation. Cela explique pourquoi beaucoup de tribus ou de fractions de tribus se subdivisent en rUL-i. cheraga (Orientaux), et cLjL-£ r'arâba (Occidentaux). Le singulier de ces adjectifs est "Jy^ cher gui et ^j-^ T^arbi, — Nous ne manquons pas d'écrire gar aba, gharaba, ou même ghroraba, dans l'orthographe routinière de l'Europe, qui semble, en transcrivant l'arabe, vouloir se rehausser par des difTicnltés et des complications systématiques aussi embarrassantes qu'inutiles, et presque toujours nuisibles à la prononciation. {V. ci-dessus, p. 258.)
i70 NOTKS
II faut aussi meiiliomior, à propos de celle observation oi- Uiographique, l'usage irréfléchi de noire S du pluri»;!, que l'on se }j;arde bien de prononcer dans les mots de noire langue , mais que l'on se croit obligé d'articuler scrupuleusemenl dans les mots étrangers. Comme le pluriel chez nous se forme généralement par rs, on pense que les autres peuples n'oseraient le former difl'éremment , et l'on écrit, par exemple les Berns Amers Cheragas, les H'ananchas, les Oulad Naïls. les Spahis ( ^,L^, du persan »Lw cavaliers), etc., et le lecteur embarrassé prononce Cheragasse, H'anancfiasse, Naïlse, Spahisse, au lieu de Cheraga, elc, ce qui fausse iniililement la prononciation.
Qu'on nous permette de rappeler ici une vieille règle fort rationelle de l'orthographe française, à peu près oublié*' aujourd'hui, d'après laquelle on n'écrivait pas l'S au pluriel des mois étrangers que notre langue n'avait pas encore naturalisés; il n'y a pas long-temps que l'on peut écrire des opéras, et l'on met encore sans S des agenda, des alibi, etc. — L'inconvénient de rs ajouté h des mois arabes n'est pas seulement orthographique et grammatical, surtout lorsqu'on ajoute celte lettre h des mots déjà pluriels, mais on est porté naturellement à la prononcer, parcequ'on la regarde comme partie intégrante des mots arabes. Il y a donc lieu, ce semble, pour ne pas altérer la prononciation, à ne pas la mettre du tout au pluriel, suivant la règle française précitée , ou tout au moins à en restreindre l'emploi à des mots où l'analogie des sons n'entraînerait pas à la prononcer.
Page 120, Ligne 5.
.^^*LCj J\^j J'écris à.... A la lettre : vous me voyez f écris... L'expression banale et expletive J\JJ vous me voyez, dont J!j paraît être l'abréviation, est employée souvent par les personnes dont \o style s'appuie sur la routine plus que sur rétud«\
Page 120, Ligne 6.
LjJ-Jlj LjLjU Miliana, Médéa... Le nom ei la position de ces deux villes de la province d'Alger sont assez connus. On écrit ordinainmenl en français, avec un H final : MilianaU, il/édeaH, Blida}iy et tous les noms terminés en arabe par le » fta merboul'a). L'usage de l'H à la fin des mots arabes est tellement général et systématique chez les Européens , même orienlalisles, que l'on a presque lieu de s'étonner que les noms d'Alger , de Conslantine et d'Oran, qui désignent des chefslieux de provinces, aient été exclus de celte faveur. — Beaucoup de noms arabes sont terminés par ii AT, prononcé a seulement dans le discours, lorsqu'ils ne sont pas suivis immédiatement d'un pronom affixe ou d'un mot commençant par un son. La terminaison ï (at) est donc commune à un très-grand nombre de mots ordinairement féminins ; et comme elle se prononce presque toujours A bref et non aulrement, il est tout simple de rendre en français le son A, qu'elle exprime, par A.
Les Orientalistes européens , étrangers à la prononciation , pour la plupart, et se basant sur des appréciations orthographiques ou grammaticales plus ou moins fondées, ont pris pour un » (h] le ï (T) qui lui ressemble dans sa forme, mais qui en diffère beaucoup pour le son. Us se sont appuyés sur ce qu'en
poésie, notamment, les désinences S-. atou, i$. ata et Ï-. ali, se
transforment par euphonie et par apocope en n^ ah, cas de transition irès-restreint, et qui est bien loin d'être général. — D'autre part, le ï (t) qui termine les mois en question, ne se prononce pas quand il y a une pause , ou lorsqu'il n'est pas immédiatement suivi d'un son voyelle. On dit en arabe, à peu près comme en français : Meliann, MediA, Blidx , bien que l'orthographe soit MelianAT, Mediyxj, Blidki. C'est ainsi que nous prononçons (sauf les cas de liaison euphonique) un vha, un
**27^2 NOTKS
pla, loiil en écrivant un chat, un plat, etc. On n'a pas encore pour cela orthographié en français un chah ni un plah; et l'on peut conclure, par rideiUilé du fait dans les deux langues, qu'il n'y a pas plus de raison pour écrire les mots arabes Miliaria, Médéa, et tant d'autres, avec un H, qu'il n'y en a en français pour écrire un potentall et un épiscopaU , sous prétexte que ces mots doivent être terminés par un T. Nous écrivons bien , dans ces mots de notre langue , la lettre étymologique ï, jque nous ne prononçons qu'en certains cas : l'usage et l'instruction nous guidant à cet égard; mais comme if esl utile en transcrivant de l'arabe en caractères français de retrancher ce qui n^est pas absolument nécessaire, il n'y a pas lieu d'écrire une lettre qui n'est, la plupart du temps, qu'orthographique et qui nuirait à la prononciation. La pratique doit toujours chercher le plus court chemin pour atteindre son but. Nous concluons donc à la suppression de tous ces H, soit finaux, soit même médiaux , dont on a cru devoir orner presque tous les mots arabes, ceux surtout qui en avaient le moins besoin, sous prétexte de couleur locale ou de précision soi-disant orthographique. Nous pensons que l'on ne doit employer l'H que dans les cas restreints où les lettres ^ et 5 (et non iJ) existent réellement. Nous ne saurions trop signaler l'inconvénient de ces systèmes abusifs de transcription, où l'on cherche plutôt à faire croire à des connaissances rudimentaires plus ou moins fixées, qu'à appliquer l'écriture à son véritable but : la reproduction à la fois des sons et des idées.
Nous signalerons encore ici l'inexactitude de l'usage de représenter par é ou éh la finale ï-, qui se prononce toujours et presque partout A , comme on l'a dit plus haut. C'est ainsi que l'on écrit eu France Fatmé ou Fathméh, dauléh, henné, etc., d'après la prononciation turque, — qui n'est pas la prononciation arabe, — tandis que les Arabes de tous les pays prononcent" Fa/ma, daula, henna, etc. Nous avons déjà fait remaiquer ( page 21 ) cette propension inexacte de nos compatriotes
à prononcer el à écrire un é dans la plupart des cas où les Arabes niellent le son d'à. Il est très-peu de circonstances où Vé aigu se présente en arabe , et l'on ne doit pas dire , par exemple , Séid, ouléd, elc, pour Sàîd et oulâd, comme on le fait presque toujours dans la liuératûre et l'adminislralion.
Page 120, Ligne atamt-dbrnibrb.
^JsLdJ! >^KJ ^i-^-^ ^ Vous ne prêterez pas l'oreille
aux paroles des démons. Le mot ^.Jjol-^ est le pluriel de
tLk-i- satan, démon. On l'emploie métaphoriquement pour
désigner les gens perfides et qui sèment la discorde : c'est dans
ce sens qu'il est pris ici.
Pagb 122, Lignes 9 et 10.
i-wJ-i-ttj ^Ij V jLsr^l Hommes de prudence et de calcul.
Le mot ^îj vient de ^1» i^oir physiquement et métaphysiqueinent ; il signifie par conséquent l'appréciation judicieuse , la sagesse, la prudence, Vopinion, l'avis. — Quant au mot iwJJL», il désigne les mathématiques en général, et son application au sens figuré lui donne l'acception de calcul et de prévoyance.
Page 122, Ligne antépénultième.
^-'l-:^|j ^^ ^c-^-ij '^î> ^^^h ^^* niiens et tous mes amis. L'expression * — & ^ç-^ '^^ f^^ ^^ l'oncle paternet , les cousins, s'emploie dans l'usage familier pour désigner les paren«, les compatriotes, les confrères ou collègues d'un individu.
LETTRE X, PAGES 424 a 127.
Style correct, mais rempli de lieux communs et de tournures banales, qui n'ont exercé que la mémoire de celui qui a rédigé celte lettre.
I'AUB lSi4, Ligne 9.
s\j^ ^j^ X? ^**^ autre n'est digne d'adoration. Liiiéra- Icmenl : il n'y a pas d'adorable si ce n'est lui. Le mol ^j-ju» osl le participe passif du verbe Jw c adorer. On doit observer que les verbes et les adjectifs verbaux à la voix passive, exprimenl en arabe, non-seulement l'idée d'une chose faite ou d'un état suM, mais très -souvent encore d'une chose faisable ou d'un état que Ton peut subik ou que l'on souhaite. On ne traduirait pas avec exactitude la phrase ci -dessus par : nul autre n'est adoré, car on serait démenti par les faits : le sens de :ij..yjufi est donc nécessairement adorable. La voix passive est fréquemment employée dans celle signification. (V. Cours, p. 277).
Page 124, Ligne 12.
ibj^JW! iA^^ Représentant de la (nation) française. Le mol ^^AUa. signifie lieutenant, successeur, représentant. Notre littérature en a fait calife, et l'administration algérienne khalifa. C'est up adjectif formé du verbe ^J^ succéder à quelqu'un , remplacer. La terminaison féminine iJ de ce mol fait supposer l'omission d'un substantif féminin dont il serait virtuellement le qualificatif. Quant au mol Lj^^JLs, qui veut
dire française, il qualifie le mol ik.Ju>LL ou L^f nation, sousentendu.
Page 124, Ligne 12.
^I^ysr'! vijw La ville d'Alger. Le mol ^^ qui est plupiel,
s'emploie comme singulier, au lieu de jJU , dans l'usage algé rien; c'est pourquoi nous l'avons traduit par la ville. On pourrail le prendre, ici surtout, dans sa véritable acception de pluriel, et entendre : les possessions algériennes.
Page 124, Ligne avant-dehnière.
A U ijCM ^ Par le journal. Dans le mol J^i^.i "S on reconnaît la irauscriplion de notre mot Gazelle. On veut désigner ici le Moniteur algérien, journal officiel de l'Algérie.
Page 126, Ligne 3.
v^i^^ ^jXj ^r^^. Qu'il VOUS ouvre les portes, sous-enlendu : de la fortune, du bonheur ou du succès.
Page 126, Ligne 6.
Us^y ^jJ?Li3! ... Qui demturent à la Rassalta. C'est le nom d'un haouch (^js^.) ou grande propriété rurale, sise vers l'extrémité orientale de la plaine de la Metidja. — Quelques Indigènes prétendent que le mot Lb^K est la corruption de LLj3! ^!j la tête de la plaine. Quelque probable que semble celte etymologic, nous ne la donnons ici que sous toute réserve.
Page 126, Lignes 8 et 9.
x^^] wi .^^ ^^.s^ De la part de celui par l'ordre duquel la présente a été écrite. La particule ^ est abstractive, el donne souvent un sens négatif à des verbes essentiellement ailirmalils. Elle est inusitée dans le langage, et les personnes qui remploient dans le style sans en apprécier la valeur, disent quelquefois, sans le vouloir, le contraire de ce qu'elles veulent exprimer. Si l'on prenait à la lellre, par exemple, la période ci dessus , il faudrait traduire : de la part de celui indépendamment de l'ordre (ou de la permission) duquel la présente a été écrite, c'esl-à-dire , en bon fiançais, MALtitiÉ lequel...., ce qui est directement opposé à l'idée que l'on veut émettre; il eût fallu àJ^L), au lieu de i-J^! ^, ce qui eût semblé plus vulgaire ei moins recherché à l'auteur de cette lettre.
27 G NOTKS
Il est à observer que chez les persoiiiios «l'une iiistructioi; insuflisante, la prélenllon au beau style détermine souvent l'emploi d'expressions recherchées, que l'ignorance croit d'un effet brillant sans en comprendre la portée. Les Barbaresques se servent volontiers, en écrivant, de la particule abstractive ^, qu'ils ne comprennent guère, au lieu des particules confirmatives
V >, J> et ,J^ par,^pour, sur, d'après, avec; cl ils pensent
être d'autant plus élégans , qu'ils se servent d'une expression moins commune. Les exemples du sens abslraclif de ^ sont très-nombreux. On trouve entre autres, dans le Coran (chap, ii,
V. 45} : I — -û. i;*^ /^ irf-' \Sj^ ^ k^. L?-^b " ^^ « craignez un jour où une âme ne sera pas rétribuée de ta « moindre des choses au détiument d'une autre âme. « — On
dit : ^jXj\jJ\ j^ v^^ast'I <^tCLLi.! L'amour t'a occupé a
l'exclusion de tes parens» c'est-à-dire, t'a fait oubliek tes
parens. — /^UJi ^ jl£ ôi^î jb « Et certes. Dieu est
« riche indépendammem: rfes mondes... » (Cor, in, v. 90), c'est-
à-dire, PEUT se passer des mondes — — ./^-*«j3lj ^ à^^^ijU
« Elle le sollicita indépendamment de sa personne » (Cor. xii, V. 20), c'est-à-dire : elle lui fit des sollicitations au sujet
de lui-même. — pi^l ^ JLâ. ^t^lJij Et ton cœur est vide DE la perfidie, c'est-à-dire : ton cœur est bien éloigné de la perfidie (Mille et une Nuits), — ^.^x-^jlxfi -^ s..j.,.-ij-j // était désiré loin de la contradiction de lui (Hariri, 2^ Mak'dmaj, en français : on était bien loin de désirer l'interrompre par des contradictions. — Ce vei-s d'Abou 'Obâda, cité par El-Hariri (2'' Mak'àma) en est encore un exemple :
« ifeV/e paraissait sourire en découvrant flfes (dénis semblables à des) per/es — bien rangées, à des grêlons éclatans de blancheur, ou à de blanches camomilles (1) ». — Le sens abstractif de ^jc^
{\) Dans l'édition in-4" des Séances de //arirt, commentées en arabe par M. de Sacy, imprimée en 1847-1853 après la mort de notre illustre Maître, les éditeurs , entre autres altérations et modifications nombreuses qu'ils ont cru pouvoir se permettre, ont imprimé, dans le vers ci-dessus /****^, faw masculin), au lieu de a***^ (au féminin), qu'avait mis M. de Sacy dans son excellente édition, et, depuis, dans sa Grammaire [l. I, p. 486), où il cite ce vers comme exemple. Beaucoup de copies d'El-Hariri, et le sens même de cette description, qui se rapporte ordinairement, chez les Arabes, à uuc Temme , semblent justifier plus qu'il n'est besoin la leçon du Maître. Ca a cru, peut-être, que, puisque le poème d'Abou 'Obâda est fait à la louange d'un homme (Abou Nouh'), toutes les images et les descriptions devaient être attribuées à un être masculin ; le premier vers ;
qui s'adresse à un tendron (J— wàl) a la taille svelte, est probablement cause de l'erreur. — Mais, indépendamment du mot wasculin tendron, qui s'applique, même chez nous, à une femme, l'usage de la plupart des auteurs de kacida, ou poèmes laudatifs, de commencer leurs vers par la louange de quelque beauté, souvent imaginaire, permettait de penser que le poème d'Abou 'Obâda, bien qu'adressé à un homme, rentrait dans la
forme commune. Le Borda, de Ka'b ben Zohaïr ^Lx^ vJl^oUi adressé à Mahomet, ne commence-t-il pas ainsi? et les autres moallak'a ne contiennent-elles pas également la description allégorique de quelque femme? — Quoi qu'il en soit du désaccord peu important des copistes sur ce passage, ne devait- on pas, en réimprimant l'ouvrage de M. de Sacy, suivre la leçon qu'il a cru devoir préférer?
Ces corrections et ces altérations, malheureusement, ne se sont pas bornées, dans l'édition in-4", au texte d'El-Hariri, donné avec un tact judicieux par M. de Sacy lui-même; elles s'éteudent aussi et surtout uu commentaire si
278 NOTKS
csl lrcà-sul)lil , el n'est pas toujours appréciable dans la Ira-
diiciioii française. On dit : .^^J-c oX:UL». Je vous ai inter-
1=1/ ' ^^f"*' \ rogék son égard; — Uc ^*>.jj^l je vous ai renseigné a notre
sujet; mais notic langue nous refuse ici les moyens d'exprimer direclemcnl la particule ^, qui paraît être employée d'une manière dont nous ne pouvons bien saisir en français les nuances, particulièrement dans les locutions arabes renfermant l'idée ^'interroger ou de renseigner.
LETTRE XI, PAGES 126 a 131
Le style de cette lettre est tout -à -fait vulgaire : il se rapproche du discours oral , tout en conservant des réminiscences du slylc plus correct des écrits. Nous ne nous arrêterons pas à relever les fautes d'orthographe que cette lettre contient.
Page 126, Ligne dernière jLi^ jJJî ^j^j^ Monsieur le Tribunal Kn iranscrivant
remarquable de cel illustre orienlalisle, qu'elles changent ou défigurent en plus d'un passage. Que l'on pardonne à un des disciples les plus aimés de S. de Sacy, de déplorer publiquement , au nom de la science et de la mémoire de son maitre, les changemens plus ou moins opportuns faits à un admirable ouvrage, que l'on pouvait reproduire textuellement, — en l'annotant si on l'eût youlu, — mais qu'on devait s'abslenjr d'altérer, dans la pensée, au moins fort téméraire, de le corriger ou de l'améliorer.
Que deviendraient nos chefs-d'œuvre littéraires, scientifiques et artistiques, si chacun, se croyant plus habile que les maîtres, les retouchait suivant son caprice?
I^e commentaire arabe do M. de Sacy sur les Mak'dma d'El-Hariri est nonseulcmcnl un monument littéraire qui honoi'e la France devant les nations musulmanes, c'est encore un chef-d'œuvre de talent et d'érudition, qui fait l'admiration des lettrés arabes, chez lesquels il est au moins aussi élèbre que chez nous.
ces mois français, le bey Ibrahim a pris le nom (lu lieu pour celui d'un homme» comme fil le singe de la fable. — Suivant l'altération que nous avons signalée p. 257, il a écrit fnôownar, au lieu de tribunal. ïl veut dire M. le Procureur du Roi.
PAtiE lâG, Ligne dermère.
^ji\ y^j Mandalaire ou Procureur du Roi. Les Barbaresques affectaient jadis de désigner les souverains chrétiens par le mot ^j , qu'ils ont formé de l'espagnol Rey. Les Musulmans en général ont toujours évité, tant qu'ils l'ont pu, et autant qu'on l'a bien voulu tolérer, de donner aux princes eu ropéens le litre de iLklw SuUan. qui désigne chez enx celui qui exerce une autorité légitime et reconnue.
Page 128, Ligne 10,
U»^*»*xJ' jJ) jjjLj! r.e bateau d vapeur qui s'est brisé in cet endroit. En novembre 1835, le bateau à vapeur la Salamandre se perdit sur la côte, à quelques milles à l'ouest de Moslar'ânein. Les caisses dont on parle étaient remplies, tant de feuilles de cuivre devant servir h entretenir le doublage du navire , que d'autres objets de même métal , recueillis après le naufrage.
LETTRE XII, PAGES 130 a 135.
Style 1res- correct, un peu prétentieux, oiî l'on s'est étudié à faire rimer les périodes. — Cette lettre comnnence par ces mots : De la part du serviteur de Dieu... Ali ben Abd- Allah, à l'excellence de M. l'Intendant civil...
Dans le style épistolaire, renonciation du nom de la personne *|ui adresse la lettre ne doit jamais avoir lieu avant celui du destinataire, ((uc de la part du supérieur qui écrit à son inférieur;
2K(I .\(»Ti:>
les Arabes suiil ircs-tiguureux à ce suj<;t. (.e posUilaiit iittisuf man, qui s'est nommé ici avant le chef français auquel il demande une faveur, a commis une grave inconvenance qu'il n'a pas dû ignorer, car la redaction de la lettre dénote une personne très-familière avec les formes épislolaires. Le peu d'habitude que l'adminislration française avait autrefois des marques de déférence et de respect usitées en arabe, faisait tolérer et accueillir souvent dés signes non déguisés du mépris que l'orgueil musulman témoigne volontiers aux Chrétie;îs, quand il croit pouvoir le faire impunément. L'expérience a fait reconnaître et éviter ces inconvenances, et les Arabes de l'Algérie n'oseraient plus aujourd'hui se permettre les tournures équivoques et les expressions injurieuses et blessantes que l'on prenait jadis pour des complimens. En mentionnant son nom au commencement de cette pétition , contrairement aux usages de la plus banale politesse arabe, l'auteur de la lettre a dû regarder ce manque de forme comme un fait excusable envers un Chrétien, auquel le Musulman s'imagine ne devoir qu'une déférence calculée et factice. -- Sauf cette particularité, la lettre est d'une rédaction convenable quant aux formes ; elle est humble et rampante quant aux idées, suivant l'usage des pétitions arabes; le style, qui est plus lourd et prétentieux qu'élégant et spirituel , est néanmoins grammaticalement exact. Cette lettre (Xll) peut être un bon sujet d'étude pour les arabisans.
Page 132, Ligne 2.
vous me confériez (la gestion de la zaouia de) Sidi Àbd el-Kâder, dont Voukil (l'administrateur) est mort. Sidi Abd el-Kâder est un marabout très-vénéré ; son tombeau est dans un petit édifice situé au bord de la mer, vis-à-vis le palmier de Bab Azzoun, à Alger. — Le nom du personnage est pris ici pour le nom du lieu, comme on dit chez nous : Saint-Roch, Saint-Eustache, etc., pour dire l'église ou la paroisse consacrée aux saints de ce nom.
Î)E LA DEUXIÈMli PARTIE. 281
L'adjectif J^ ( J.^ ) Oukil, signifie litléralemenl chargé, (du verbe J.^, charger quelqu*un d'une chose.) Dans son application usuelle, il veut dire mandataire, fondé de pouvoirs, gérant, administrateur. 11 est francisé en Algérie, où le mol oukil est d'un emploi fréquent en notre langue.
Page 132, Lignes b et 6.
v^^A.v»uJ! ^ ^.j-^ Descendant du Prophète. A la lettre :
noble de race. Le mot ^ ^ y-^ cherif, au pluriel ^L?
chorfa, signifie noble, et désigne spécialement tout individu qui se prétend descendre du Prophète. On sait que Mahomet eut vingl-cinq femmes, tant légitimes que concubines, et qu'il ne conserva aucun de ses quatre enfans mâles. Ses quatre filles : Rok'ayya, Zaïneb, Oinm Keltoum et Fâl'ima (désignée par les Barbaresques sous le nom de Fatma - Zohra) , furent toutes mariées, et soutinrent seules sa postérité. Fât'ima, la plus jeune, qui épousa Ali ben Abou T'âleb, était plus chérie de son père que ses sœurs ; et celte alDfection est la cause de la vénération toute spéciale que lui portent les Musulmans. La descendance de Mahomet par Fât'ima conslitue la seule noblesse reconnue chez les Musulmans; et ceux auquels on attribue cette origine sont désignés sous le nom de cherifs ou chorfa.
Ce titre de ohérif , qui exerce un prestigti quelquefois considérable sur les populations , n'emporte pas nécessairement avec lui une idée de puissance , de richesse ou de magnanimité ; il est des pays où les rhérifs sont nombreux, et exercent, comme d'autres particuliers, les fonctions même les plus humbles. Chez les Barbaresques, où ils sont plus rares, quelques intrigans de cette classe ont exploité leur titre au profil de leurs passions turbulentes et ambitieuses; et sous les Turcs même, comme de nos jours, les chérifs se sont violemment opposés en plus d'un cas à l'autorité du gouvernement établi. La lettre XXIV, écrite en 1692 de notre ère, et la lettre XXXI,
ÎHi NOTES
([110 nous savons avoir clé adressée en 1845, bien qu'elle ne porte pas de date , en sont des exemples dans ce livre.
En plusieurs localités, les chérifs affectent de se distinguer par un turban vert. Leur litre ne leur vaut assez souvent que de faibles avantages matériels et certains égards, entre autres quelques aumônes dans la misère, et la prérogative, lorsqu'ils reçoivent la bastonnade en châtiment d'un délit, de se voir ôler el remettre leur turban vert avec respect.
Page 132, Lignes 14 et 13.
.... La zaouya d'El-Âbbacy, qui est contiguë à l'étuve de ndi Mohammed ech-Cherif. On nomme en Algérie ^jh f angle, coin), une pelile mosquée ou chapelle où se trouve le tombeau de quelque marabout (JajL-^) ou saint, que l'on vient visiter dévotement à certains jours déterminés. Ces espèces de chapelles ont souvent dans leur dépendance immédiate un cimelière ainsi qu'une école où l'on professe quelquefois l'enseignement arabe supérieur. Ces établissemens sont ordinairement désignés par les Européens sous le nom de marabouts, qui marque seulement la qualité du personnage en l'honneur duquel on a élevé la zaouya. Le mol iajL-*, dont nous avons fait mar«&0M/, signifie lié étroitement, attaché au service de Dieu. Comme le tieu où esl placé le tombeau est ordinairemenl surmonté d'une ou plusieurs coupoles, on a appelé, en français, marabouts, les pièces
des appartemens mauresques où se trouve une coupole L^.
La zaouya dont il est parlé ici se trouve à la partie haute d'Alger, dans le quartier connu encore actuellement sous le nom de Sidi Mohammed Cherif (c'est le nom d'un autre marabout).
Le mot >C 2^ , que l'on traduit vulgairement par bain
maure , signifie une étuve , comme nous en comptions beaucoup au moyen-àge en notre pays. On ne (conçoit j^ias volontiers
l'expression bain maure, qui n'indique rien pour nous, lorsque nous avons le mol caraclérislique étuve.
Page 134, Ligne 3,
^LjisPlj s^tSL^li j hf^n { Salut) parfumé de musc et d'ambre. Par ^Li^ il faut entendre une terre sigillée , odorante, dont on se sert encore aujourd'hui en certaines localités orientales pour sceller les lettres. L'ambre étant le parfum le plus ordinairement ajouté à celte terre , le mot >>b:à. est pris souvent dans l'acception d'ambre.
Quelquefois on trouve ^Lisr'î ^^X**^ , ce qui peut être considéré comme une altération de >bsr^!j v^tXL^Jb , et traduit par le musc de la fin ; le mot ^bs. pouvant être pris comme le dérivé du verbe *-ii^, sceller, finir, terminer.
Les Arabes font une grande consommation , dans leurs métaphores épistolaires , de saluis parfumés. On en trouve des exemples aux pages 453, 1. 18, et 215, I. 21 ci-dessus ; c'est une des banalités du style prétentieux, qui paraît d'autant plus beau qu'il est plus audacieuscment ampoulé.
LETTRE XllI, PAGES 134 a 137.
Billet écrit en prose rimée, assez élégante et très-correcte.
l-AGB 136, Ligne 3.
L j'j cj AwwiJ! À )l Jjuj Monsieur, vous nous avez
promis On a déjà vu, p. 43, que la formule wVx>j indique
dans les lettres la transition des complimens aux affaires. Ce mot, qui veut dire ensuite, ne trouve pas toujours sa place
"284 NOTï':s
(tans la rédaction française, et nous l'avons omis dans la (ra duclion en plusieurs endroits. L'expression w^JL>J, ou Jju U! est nommée en arabe v >I,W^! J-^a^ la séparation du discours.
La particule ^1 est la syncope de L^l, expression compellalive ou vocative, analogue à noire mot ô.
Page 136, Ligne 6.
JLsr'î sjXiAsr^. ^ Ls^ . ...C est un fait que VOUS n'ignorez pas. Littéralement : Ainsi que n'est pas caché (à) vous l'état ou la circonstance.
Page 136, Ligne 7.
L-::-;3r* ^^1^* .\\ J-oLsr'lj Si donc vous voulez conserver l'amitié que... Le mot J-oLs-^! signifie Varrivant au terme, au fond, il équivaut ainsi à nos locutions : enfin, en somme, au total, donc.
Page 136, Ligne 8.
oX-9 ^ »Lx.>-w ... Nous l'avons entendu de votre bouche. Le mot «,jX.^ n'est pas ici la préposition J dans, suivie de
l'affixe ^jj" : c'est le mot *3 bouche, qui, dans le cas d annexion grammaticale , devient ^-s — L-s et ^ , suivant les trois cas de la déclinaison (V. Cours, p. 317).
Page 136, Ligne 11.
A-d^j Yj (dont le nom) ni la naissance (ne vous soiii inconnus). — Le mol >-i=M qui signifie uterus, est employé mêlaphoriquement pour naissance, origine, parenté:
Page 136, Ligne 12.
b^\ cL — t »! S'il plaît à Dieu... Celle formule dubitative est employée par les Musulmans lors de renonciation d'un acte futur quelconque. Par un sentiment qu'on ne saurait trop louer, ils n'affirment jamais ce qui n'est pas encore accompli, sans le subordonner à la suprênje volonté de la divine Providence. Nous disions aussi, jadis, dans les mêmes circonstances : « S'il plait à Dieu. )> — La volonté téméraire de l'homme a cru, depuis, devoir se substituer à la sagesse divine, et, pour excuser des déceptions souvent dues à notre imprudence , nous avons la maxime : l'Homme propose et Dieu dispose.
La formule èii! Li. »! si Dieu veut, est imposée aux Musulmans par le verset 23 du chapitre xviii du Coran fia Caverne):
û\i! xLdo ^! ^ !li ^t03 Jcli ^! *^XiJ ^j^ X? O^^ii
ne t'arrive pas de dire : je febai cela demain, à moins que (tu n'ajoutes) pourvu que Dieu le veuille. Les commentateurs expliquent ainsi l'origine de ce verset : « D'après El-'Abbas, w quelqu'un fit, au milieu d'une assemblée des R'oraïchites, l'ob- » servalion suivante : Mahomet s'est présenté à nous avec tous » les indices de la bonne foi et de la vérité, et nous ne pou- » vous guère le soupçonner de menso^ige. 11 nous a cependant » exposé des choses d'une nature étrange et d'une haute im- » portance. Envoyons consulter les Juifs de Médine , qui sont » sectateurs du Livre (.^^^LCJ! Jjd!) et demandons -leur des » renseignemens à son égard. — Les R'oraïchites expédièrent » ce message, et les Juifs répondirent : posez-lui trois questions ; » s'il les résout toutes les trois, vous le reconnaîtrez pour pro- » phète; vous pourrez même le considérer comme tel s'il en » explique deux ; mais s'il ne peut répondre, soyez assurés qu'il » ne l'est pas. On alla le trouver à la Mekke, et on lui demanda » ce qu'étaient devenus des individus des temps anciens, sur » lesquels courait une légende merveilleuse , et dont on avait )) perdu les traces. On le questionna aussi sur un homme qui
» avait parcouru ic monde depuis l'orieul jusqu'à roccideiit, » et sur la nature de l'âme. — Le Prophète leur dit lémérai- « rement : « Je répondrai demain. » Mais la révélation lui lit » défaut pendant douze, et suivant quelques-uns pendant quinze » jours ; et même, d'après une autre tradition, pendant quarante » jonrs ; il renvoyait quotidiennement au lendemain ceux qui » l'interrogeaient. Ou murmurait de ce relard; le Prophète en » était fort affligé, et se préoccupait vivement des bruits défa- » vorables qui couraient parmi les Mekkois. L'ange Gabriel lui » apporta alors le verset : Qu'il ne ^arrive pas de dire... y etc., » et lui révéla que les individus sur lesquels on l'interrogeait » étaient les Compagnons de la Caverne ( les sept Dormans » d'Éphèse). Il lui apprit aussi que l'homme qui atteignit To- » rient et l'occideui du jnohde était Alexandre -le -Grand, et » que la question de l'âme était de celles dont Dieu s'est reft serve la solution. Il y a bien des récits divers sur les questions » que l'on posa au Prophète...» V. El-Khazin, sur lev. 87 du chap. XVII ; voyez aussi El-Baïd'aoui, sur le v. 23 du chap, xvin.' Ce dernier commentateur ajoute : « Ne parlez point d'une chose » que vous vous proposez de faire dans l'avenir, sans recon- » naître la divine volonté, et dites alors : ^KLà, »î si Dieu » veut. »
Ce qui précède explique pourquoi les Arabes ne promettent presque jamais par une affirmation simple et directe , mais bien accompagnée de la formule ^! s:\jo »! sHl plait à Dieu, qui équivaut la plupart du temps à notre mot oui, malgré la réserve arbitraire qu'elle semble impliquer.
LETTRE XIV, pages 136 a 139.
Style correct et bon a imiter.
'^iX,*-^ U;? j./»j Et recommandez à vos deux amis. . j^
est l'impéralif du verbe j/»l commander, prescrire, recommander. Le fi qui esl la première radicale de ce mol a élé retranché par une nécessité d'euphonie, et l'orthographe a con-
sacré ce retranchement. La forme normale serait j^]].
Dans le mot ^iX-.^a.U» , qui est le duel au cas direct du singulier ^^a^L^ ami, camarade, le ^ a élé retranché à cause de l'annexion du mot v.,^^^.Lo à un pronom. On sait que le .* des terminaisons du pluriel régulier et du duel se retranche lorsqu'un mot au duel ou au pluriel régulier gouverne un autre mot, c'est-à-dire lorsqu'il est avec ce dernier en rapport d'annexion. (V. Cours, p. 316.)
LETTRE XV, pages 138 a U1.
Avis d'un espion Israelite espagnol. Style médiocre sans être incorrect, mais bas et rampant.
Page 140, Ligne 3.
ji\ys^\ j^xJ ^.^^ r)J^.^. veulent attaquer la
place forte d'Alger. Le mol j-*-J veut dire séparation, fente. Il signifie , entre autres choses , les dents de devant , et les places fortes qui se trouvent sur la frontière d'un pays.
LETTRE XVI, pages 140 a 149.
Style simple et peu élevé, se rapprochant du langage et contenant des locutions triviales.
Page 142, Ligne "1.
^s^jL j^L) ^^^-^ajo ... Le bàch-topdji m'ayant pris en
aversion. Le mot ^b est lure el signifie tête, chef. ^çS^i^L esl également lurc el veut dire canonnier. Il esl formé de '.^j^ boule, ballot f sphère, boulet, canon, el de la finale ^9-, qui caraciérise en lurc les noms de professions, et qui équivaut h la terminaison de noire mot canonnier ( Voy. ci-dessus, p. 39, note 42). Le bdch-topdji désigne ici le commandant de l'artillerie de la localité.
Le mol turc ^L> est employé dans la composition de quelques noms arabes ou arabisés, désignant des fonctions; on dit Le! ^b bach-ar'a (ou bach-agha, comme on l'écrit), J Jx ^p^b bach-adel, premier assesseur, faisant office de greffier au tribunal du cadi ou au medjlis (que Ton écrit et prononce à tort midjelês) .
Page 142, Ligne 6.
^-**SLJ ,J.£ CUJy» Je pris la fuite. A la lettre : je me sauvai sur ma personne, locution triviale et vicieuse pour ^ç^**q-;lj w-Jj-» je mis ma personne en sûreté par la fuite.
Page 142, Ligne 9.
J.w.x3!^jwà.l^£^ .... Et eu égard aux jours de la fêle. j..^\j-£, est le pluriel d'un singulier inusité j^û-lx. Il vient de la racine j.Ju£ , dont la signification abstraite est participer du nombre dix, et désigne les jours de réjouissance, de congé, etc., qui accompagnent une fête.
Page 142, Ligne 11 .
^j^L^\ ^ ....par les Biskri. ^SL^ est le pluriel
de ^j^Ljy adjectif relatif, signifiant oriôfinaire de 2^C^ Beskra. — La ville, ou plutôt l'oasis de Biskra, ou Biskara, est située
dans le S'ah'ra, à environ 220 kilomètres S. 0. de Constanline, au pied du versant méridional du Tell. Les habitans de l'oasis de Biskra , et ceux des oasis voisines , telles que Lichana , Tôjga, Bou-Chegroun, etc., immigrent à Alger et dans quelques autres localités , où ils viennent exercer le métier de porteurs d'eau et de porte-faix, comme les Auvergnats et les Savoyards à Paris. On les confond sous la désignation générique de Biskri, bien que les habitans de l'oasis de Biskra ne soient pas , en réalité, les membres uniques ou les plus nombreux de la corporation,
Page 142, Lignes 15 et 16.
J! ^-^LiJîj ...El ceux qui sont démens, etc. L'auteur de la lettre veut citer ici le verset 128 du chap, m du Coran, que le défaut de sa mémoire lui fait altérer. Le voici
intégralement : ^^wsBd31j ^ÎJL^JÎj JjZ}\ ^ »^^Xaj-j ^^\
» qui , placés dans l'abondance comme dans la détresse , ne « manquent pas de consacrer une partie de leur avoir pour la » cause de Dieu ; qui savent apaiser leur irritation, et qui sont » indulgens envers les hommes. Et Dieu aime ceux qui font M le bien....»
L'abréviation Jî ci-dessus, est pour iyk\ '! jusqu'à sa (in. Elle équivaut à notre et cœtera.
Page 14/i, Ligne :5.
'^j^j=?- ^^^^^s^Lso Maître du Djerjera. Le Djerdjera, ou, plus usuellement, Jurjura, est une chaîne de montagnes de Kabilie, dont le pic a environ 2,100 mètres au-dessus de la mer, et est situé à 420 kilomètres à l'est d'Alger.
290 NOTKS
F'AOR lU, Lignes 3 kt 4.
<^wJLjU«& ôiji LLSj^i Que Dieu nous fasse mériter sa grâce. A la leUrc : Que Dieu nous fasse atteindre à la grâce de lui (du marabout cilc); c'esl-à-diie : Que Dieu nous fasse arriver auprès de lui, au même degré de faveur que le personnage dénommé (sid Ali beii 'Aiça, maître, ou chef des tribus kabiles du Djerdjera).
Le mol LjLj û ('andia) veut dire littéralement : protection, soin, grâce, faveur. Chez les populations kabiles, il signifie une recommandation, souvent verbale, d'un personnage notable, par laquelle on place, d'une manière absolue ou temporelle, un individu sous la protection d'un autre individu ou d'une population. C'est, suivant les cas, un passe-port pour circuler dans des contrées où l'on est étranger, ou un sauf-conduit, une espèce d'amân (.jl^b POur suspendre ou détourner une peine encourue. L'anâia se transmet de localité en localité, et la personne recommandée est remise de main en main aux frontières de chaque territoire. Quelquefois Tanâia est représentée par un objet reconnu pour appartenir à la personne qui donne la recommandation, comme un chapelet, une arme, etc.
LETTRE XVII, pages 444 a U9.
La première partie de cette lettre est écrite en prose rimée et d'un style emphatique et prétentieux, que les Arabes trouvent toujours fort élégant. La seconde moitié est en prose ordinaire très-correcte.
Page 144, Lignes 13 et 14.
U^LlIîj Ji^^* kj^\j ^JJî ^^UYl cJî; "^ Que
ses ennemis de terre et de mer ne cessent d^être dissipés et anéantis par son choc formidable. Le mot ^^l&\ ennemis, est le
pluriel J^L?^ (lu pluriel Aj^\ (JLisî) venant du singulier jji
ennemi (forme adjective JjJuS ). Les Arabes composent quelquefois des pluriels d'un second degré avec des mots déjà pluriels, formés immédiatement sur le singulier. L'idée de pluralité reçoit ainsi une certaine extension. — J^^L!, ou plus simplement ^^Lc! (J^b!), signifie un grand nombre d'ennemis. Le mot J^3r^>^^ s'évanouissent, se dissipent, est la 3» personne
fém. de Taorisle du verbe quadrilitère J^s— *>^^>^i (4e forme). L'emploi de celle forme est rare. — Quant au mol Ld-blbij' que sans l'obligalion de la rime on eût dû écrire ^jIxJ)*, il signifie êlre anéanti, disparaître successivement, l'un après l'autre. C'est, comme on le voit, la sixième forme du verbe peu usité jJ, que Golius, dans son dictionnaire, croit être formé des
mois *û— ^ ^ ^*^** ^^ ^out.
Page 144, Ligne avant-debnière.
^[y)l\ j.lSj ^'^j^^ rj'^^J (*'-^*^^ ^j-^ ^ ...Tant que la colombe gémira, tant que le moueddin appellera à la prière, tant que Vimâm proclamera la grandeur du Très-Haut. Dans celle phrase, le mot U exprime la durée, et signifie tant que. Les grammairiens arabes le nomment en celle circonstance :
jL*^-hs-)3j! U, U de durée.
Les verbes »M et j-li', qui sont à la deuxième forme, indiquent ici l'action de réciter une formula; ainsi »M veut dire :
crier I' ,\\^\ ou l'appel public à la prière; jZJ^ signifie dire la formule : yf\ ^\ Dieu est très-grand, comme ou a fail en français saluer, dire je vous salue; remercier, dire merci, eic.
Page U6, Ligne 7,
JCj'^L*- ,^^jju L^w*j 1 jj) Nous instruirons votre sei-
(jneurie..... Lillcraleuieni : Ceci. El parmi les choses dont nous instruirons votre seigneurie... — Dans le style cpistolairc, le mol lij» esl souvenl employé d'une manière absolue h la fin de l'exposé ou du récil d'une affaire. 11 résume ce qu'on vient de dire, el signifie : voilà ce que nous avons à dire sur cette question. La traduction française n'en peut pas toujours tenir compte el esl obligée quelquefois de le supprimer.
Page 146, Lignes 7 et 8.
j^\ juo ( Le mois de ) S'afar du bien. Plusieurs mois de l'année musulmane sont quelquefois accompagnés d'une épilhèle
caractéristique. Ce sont ^U^^ ^y^ Moh'arrem el~H'arâm , Moh'arrem le Sacré; — j^\j&^ S'afar du bien; — ^jlD! a^. Rebi' du Prophète, Rebi' I^^^", au 12» jour duquel on célèbre la Nativité du Prophète :)jJj-Ji j — ^^-f^^ "^r^J ^^^j^^ ^'wnique (parcequ'il n'y a pas deux mois de ce nom, comme il y a deux Rebi' el deux Djoumâda.
Plusieurs mois de l'année arabe, chez les Algériens, portent, dans les relations populaires, des noms d'un usage local, dont la connitissance est fort utile à la pratique. Voici la double nomenclature de ces noms :