chapitre du Coran : L^-Jw* ^*«=s.b l^-jwi-? à^^-sr^ (*^^r^ ^^i
« Lorsque l'on vous fait un salut, saluez d'un salut plus poli que » celui qui vous est adressé » — Après avoir traité de la nature et des formes du salut, le commentateur donne les détails suivans, qui nous paraissent assez curieux, et que nous traduisons sur le texte. « Du salut dû aux gens tributaires (i^ jJ! Jj&I) les n Juifs cl les Chrétiens. Les docteurs ne sont pas unanimes sur ») cette question ; un grand nombre pensent qu'il est permis à un » Musulman de les saluer le premier ; mais d'autres docteurs pré- » tendent que cela, sans être défendu à la rigueur, n'en est pas » moins un acte reprehensible. Ce qui semble appuyer cette opi- ») nion, c'est la tradition, racontée par Abou Horaïra, d'après la- » quelle le Prophète a dit : Ne prenez pas l'initiative du salut » envers les Juifs ni les Chrétiens, et lorsque vous rencontre- » l'un d'eux en un chemin, refoulez-le dans la partie la phis n étroite. Recueilli par Moslem. — Si un Juif ou un Chrétien ») salue un Musulman, celui-ci doit rendre le salut sans em-
320 NOTKS
>» plover la particule copulative et (1). C'est du moins ce qui
» résulte de la tradition suivante , rapportée sur l'autorité de
» Ans ": — Un Juif un jour vint trouver le Prophète au milieu
» de ses disciples , et les salua par la formule habituelle :
» *^Jic j»^U!. Chacun des disciples lui rendit exactement
» sa politesse. Quand le Juif fut parti , le Prophète leur de-
» manda s'ils savaient de quelles expressions cet homme s'était
» servi. — Sauf la science supérieure de Dieu et de son Envoyé»
» répondirent-ils, il n'a employé que la formule ordinaire. —
» Non pas , dit le Prophète , il a dit tout autre chose. Rap-
» pelez-le. — On fit revenir le Juif. — Tu as dit SSs, >LJI
(1) La formule la plus ordinaire du salul arabe est : ^*a jJ& >jImJÏ Que le salut soit sur vous l La réponse à ce souhait se fait par les mêmes mots transposés et précédés de la conjonction j : ^-L*Jl >X J-£^ Et sur vous AUSSI le salut. C'est à l'emploi de cette particule et que le commentateur fait allusion. — Voici le texte d'El-Khazin au sujet de l'usage du pluriel et de la particule dans l'expression du salut :
^CL ^.^1 J^. J ^HJb ^^:^\ ^^^.^U^\ JLi
~^*o\jj ô^l iUcs^.j >>X*Jl ^-.AjCj ,,.^.^-^Jsr^l ^j.JL-ij 1^,21. ij
♦ XwJ-Sj ^JjS a f).hx) ) j\^ <^'-r?
« Celui qui salue le premier, disent les eulama (docteurs), doit dire : » jJi A^v-^ >jL*JI , en employant le pronom pluriel, lors même que le » salut ne s'adresserait qu'à une seule personne. Quant à celui qui répond, » il doit dire : jJl ^-i**Jl /^xJfij en se servant de la conjonction j dans ») les mots *XwJ^j. )♦ (Bibl. d'Alger, ms. 256.)
» (que les maux et les peines soient sur vous), lui clil Mahomet. » Le Juif en convint. C'est alors que le Prophète dit : — >• Lorsqu'un des yens du Livre vous saluera, répondez-lui seu- » lement oXlc (sur toi) , c'est-h-dire : sur toi ce que tu as » dit. Recueilli par El-Termedi. — On peut employer dans la » réponse la particule copulative j, ainsi que le ^ du pluriel » (dire (>^^j et sur vous), parceque l'on exprime un souhait M après lequel ils n'ont plus rien à ajouter. L'emploi de cette » dernière forme est justifié par cette tradition appuyée de » l'autorité de Djâber : — Le Prophète reçut un jour plusieurs » notables personnages Juifs, qui l'abordèrent avec la formule :
.) ^liJI b! L) sjXlc >LJ! (les maux sur toi, ô ÀboulKâ- » cem) (i). — (^^j (et sur vous aussi), dit-il. — Aïcha, qui » était présente, s'irrita vivement contre les Juifs : n'avez vous » donc pas entendu? lui dit-elle. — Si fait, répartit le Pro- » phèle , mais j'ai renvoyé sûr eux leur souhait en forme de M réponse, et ils n'avaient plus rien à ajouter. Recueilli par M Moslem. — Lorsqu'un Musulman passe auprès d'une réunion » de Musulmans, de Juifs et de Chrétiens, et qu'il salue, son » salut ne s'adresse qu'aux seuls Musulmans, d'après la tradi- » lion d'Açama (?) ben Zeïd, où nous apprenons que le Prophète » fit le salut en passant auprès d'une assemblée où des Juifs r étaient mêlés à des Musulmans. Recueilli par El-Termedi. » (Bibl. d'Alger, ms. 256, C.)
(1) Mahomet était surnommé About- Kâcem (**.>LiJl jJl) père d'Et- Kâcem (dont on a fuit par contraction Rel-Kâccm), du nom d'EI-Kdcem, son premier enfant qu'il eut de Kbadidja. — C'était l'usage des anciens Arabes d'ajouter ainsi à leur nom celui de l'un de leurs enfans. On a déjà rencontré ce nom à la p. 49, note 6, ci-dessus. C'est par une contraction analogue que l'on dit Bel-Abbas, pour Ahoul- Allas, prononcé Del-Albès par les Français, qui substituent presque toujours un E à un A dans les mots arabes, ainsi qu'on l'a fait remarquer précédemment. — La contraction euphonique Bel..,., s'applique aussi bien à Aboo 'l-, pèrs de. . . . qu'è Brn kl, fils de
322 NOTiis
riidépeiidaninienl dos cclain^issftniens sur le sujel en qiicstiorr., ce passage d'KI-KhazIn peut donner «ne idée de ce qu'on entend par la Sonna, ou loi traditionnelle.
Page 188, Ligne 3.
J.^] j] j—^-i» <i^-^-5 combien Us veulent de vivres
pour un mois au plus. Le texte de ce passage porte littéralement ; combien ils veulent de vivres pour eux, pour la valeur d'un mois, ou moins, ce qui équivaut h un inois au plus.
Page 188, Lignes 7 et 11 .
Dans les expressions fj-J^ '■^— > ^ il faut te hater, — et Ui-c l-jhC^ ^ ^ *' f^^^ Q^^ t'^ woMs avertisses promptement, le mol >>y c est pris dans le sens de promptitude, suivant son acception usuelle dans l'ouest de l'Algérie. Son véritable sens est avoir dessein , se proposer de faire une chose , se disposer à la faire.
LETTRE XXIV, pages 190 a 193.
Style simple et sans prétention, peu élégant, néanmoins correct et bon à imiter.
Page 190, Ligne 14.
Ji ^J.-^-c UJ5^ Et vous ne perdrez rien de ce que vous avez fait. A la lettre : et tout ce que vous avez fait, ne sera pas perdu de lui la moindre chose. Le mot UJi' tout ce que, eût été écrit plus exactement U Ji' en deux mots , pour le distinguer de L^^Ji' toutes les fois que. Les Arabes se trompent souvent eu écrivant ces deux mots, qu'il réunissent quand ils doivent être séparés, comme font beaucoup de personnes chez nous pour le mot parceque, au lieu de par ce que.
LETTRE XXV, pages 194 et 197.
Rédaction correcte, et d'une élégance prétentieuse. Une grande partie de cette lettre est en prose rimée; mais l'auteur retombe souvent , comme par oubli, dans la simple prose. Bon sujet d'étude.
LETTRE XXVI, pages 196 a 201.
Style élégant et correct, mais très mystique. CeUe letlre fait allusion à des circonslances et k des faits connus seulement des personnes qu'elle met en relation; c'est pourquoi elle est trèsdifficile à entendre. 11 faut ajouter que l'exaltation fanatique des idées religieuses des Marocains, développée partout par les etudes classiques arabes, rend presque habituels chez eux l'enflure, la prétention du style, et l'obscurité mystique des idées.
Cette lettre du fils de l'empereur de Maroc est rédigée d'une manière erudite; elle annonce des connaissances littéraires assez étendues. C'est un excellent sujet d'étude analytique pour les arabisans. — Le style est trop peu naturel pour être donné comme modèle.
Page 198 , Ligne 8.
i->^l Et le reste du verset. L'emploi absolu , au cas direct, d'un mot indiquant une période ou un fragment de texte classique, est un signe d'abréviation du passage cité ; il équivaut à Jt (p. 289); et en français à et caetera. Par exemple,
les mots : Lj^I le verset, O^J^i la tradition, cu^*-JI le vers, etc., placés après une citation incomplète, veulent dire et le reste du verset, de la tradition, du vers, ou, en général, et le reste du passage, que l'on suppose présent à la mémoire du lecteur.
t^AOR 200, Lion p. 4.
^w-^ûJ J.-^j ^ ^*^rH /*^-'-***=^' *^-^ C'esl en ma propre main qu'est tombée voire bonne action, non dans celle de K'oçair. Ceci est un proverbe arabe qui, dans le texte ci-dessns, paraît impliquer un remerciement el une promesse de reconnaissance équivalant à : votre bonne œuvre est adressée à un homme dont la main n'est pas celle d'un ingrat; c'est pourquoi je l'ai traduit dans ce sens, qui paraît seul convenir après la mention d'un acte de sollicitude et de prévoyance Cependant la discrétion mystérieuse qui règne dans celle lettre ne permet pas de saisir l'allusion d'une manière certaine.
Le proverbe cité plus haut est un peu modifié pour le besoin de la circonstance, el n'est pas appliqué dans son véritable sens , fait qui n'est pas rare dans les proverbes. Sa forme réelle, telle qu'elle est citée par El-Meidâni (Bibl. d'Alger, ms.
428) est : J^Jx^ ^tfl w^-w) ^ v^^V-^ ^^^ '"^^ main,, non par celle du fils d^Adi.
Voici, en résumé, d'après El-Meïdâni et Aboulfeda, les faits d'où il tire son origine, et qui en expliqueront le sens :
Avant l'islamisme, le roi Djadima {'LùJ^) qui régnait sur les bords de l'Euphrate, tua dans un combat Amr {jj^)t qui possédait en Mésopotamie la ville forte de Hadra. Amr avait une
fille, Naïla, surnommée Zabba (sLJ\Ji pilosa), d'un caractère énergique et résolu, qui se promit de venger elle-même la mort de son père. Elle cacha soigneusement son dessein , et noua adroitement, sous prétexte de commerce, des relations, amicales en apparence, avec Djadima, meurtrier de son père. Elle déploya toutes les ruses de sa coquetterie pour captiver son cœur, et lorsqu'elle l'eût amené au rapprochement qu'elle préparait, elle le tua dans le piège où il était tombé.
Djadima avait un neveu , fils de sa sœur , Amr ben Adi ^Jx ^ j j-^-c, qui, désespéré du meurtre de son oncle, jura
de s'emparer de Zabba ; mais celle ci, plus puissante qu'Amr par l'imporlance de ses étals, et bien fortifiée dans Hadra, sa <îapitale, ne pouvait être vaincue par la force : il eut recours à ta ruse.
Amr avait un serviteur intelligent et dévoué , nommé Racir (»^-^23), qui possédait toute sa confiance et dirigeait ses affaires. 11 lui fit part de ses projets de vengeance , et celui-ci promit de les exécuter avec une entière abnégation. Amr coupe le nez à Kacir, lui déchire le dos de nombreux coups de verges, et ce serviteur va trouver en cet état la reine Zabba. Il se plaint amèremenl devant elle de la barbare ingratitude d'Amr beu Adi, qui l'avait récompensé de sa fidélité en le maltraitant, et offre ses services à Zabba, si elle veut l'aider à tirer une vengeance terrible de l'ingrat Amr. La reine, sans défiance, accueille ses paroles; et comme elle connaissait ta valeur et l'ancienne fidélité de Kacir , elle l'attache à son service en attendant qu'elle puisse l'aider à se venger de son ennemi. Placé à la tête du commerce considérable qu'elle faisait, Kacir, après des excursions nombreuses, lui rapportait, tantôt des marchandises, tantôt des sommes d'argent, provenant, disait-il, de ses opéralions, et qui lui étaient quelquefois remises par son maître Amr, avec lequel il entretenait des relations secrètes en allaiii faire Je commerce avec son pays.
11 continua ainsi jusqu'à ce que la confiance de la reine fût bien affermie, et lorsqu'il vil Zabba dans une entière sécurité, il partit, comme il avait coutume de le faire. Au bout de quelque temps, il revint à Hadra avec une caravane de plus de mille chameaux, portant, en apparence, une riche cargaison. La caravane est introduite dans la ville et déchargée par les soins de Kacir au lieu accoutumé. Mais les sacs n'étaient pas remplis de marchandises : ils renfermaient, dit l'histoire, des hommes armés, et Amr ben Adi était parmi eux. A un signal donné, les gens d'Amr s'emparent de la ville , ei se portent au palais de la reine, que celle soudaine attaque a étourdie. Llle apprend qu'elle est au pouvoir du neveu de Djadima , (jui vient venger sou
[Hi\ NOTES
oiicio , el retonuaîl alors qu'elle est Irahie par Kacir. Voyant toute chance de salut impossible, elle porte à ses lèvres le chaton d'une bague qu'elle avait au doigt, et dans lequel était du poison. (Je mourrai) de ma main, s'ccria-l-elle, et non
de celle du fils d'Adi : ^At ^1 Jw^ Y ^-^. Telle fut la fin de Zabba. (V. Bibl. d'Alger, uis. 428; — Schultens, Meidanii Proverhia arabica, p. 82-97; — Fleischer, Àboulfedœ Hisloria anteislamica , p. i 22-123.)
Les dernières paroles de la reine Zabba sont passées en proverbe.
Quelques personnes substituent le nom de Kacir à celui de Ben Adi, et c'est ce qui explique la leçon de la lettre du fils de l'empereur du Maroc '• j^^ ^^^ Y ^-^^ par ma main,
non par celle de Kacir. — Ce dernier nom «doit être lu wv~aà
f Jwjisi) Kacir, et non j^^ Koçaïr, à la forme diminutive
(J^), comme le défaut de docuuiens, lors de l'impression du texte, me l'avait laissé supposer. — Celte indécision dans la lecture d'un mot arabe, et surtout d'un nom propre, est un' fait auquel on est communément exposé, lorsqu'une signification bien déterminée ne ramène pas le mot à une forme précise. S. de Sacy lui-même n'a pas pu toujours éviter ces erreurs, et Schultens,
loc. cit., a imprimé comme moi »-w-û3. C'est un des graves inconvéniens de l'écriture slénographique de l'arabe; j'ai eu déjà, p. 303, l'occasion d'en donner des exemples.
Page 200, Ligne 5.
i5jU3! ^^^^t -^-5 Et celui-là égale la bravoure de
Kâra, etc. Ceci est un proverbe arabe signifiant que celui qui ose lutter avec un adversaire redouté pour sa bravoure et son adresse, montre déjà qu'il possède ces qualités. — Le texte de la lettre» d'une des plus belles écritures barbaresques connues,
-el dont j'ai donné un specimen dans mon Cours de langue arabe, p. 150, porte : LaU. ^ »\Li)! ^,^jr^^ ^> ^" ''^" ^^ i^'.UJt et UUU. Celle variante n'élant qu'un lapsus de la mémoire du copiste, je rétablis le proverbe tel qu'El-Meïdâni le donne, et joins ici les explications de cet auteur sur ce sujet :
v^x-Li, .1 v»^;'-^^ J^-^ J^j^ UaJo.! Lli-i)! ^JLLj ,!
Z^]j 9 ^ v^\Ju 3 A^-*«--' .-^ ^ yjL^\ 4,-3'
yj| JLJ j^ U-*v4-j ^^^ 2^jt^^ J-^^ wX^^^^j! JI 9
^w'!<' w-^ »3 \AA^ ^ «jLfiJ! ^__^! J-^ UJlj j^L
'MH NOTE»
(Bibliolh. d'Alger, ms. 428). »^."f>LLgj *^Li.j a) ^JJI
Voici la iraduclion de ce passage :
« LaUlj ^ ijlili ^^^^t ^ Le mot K'dra est le nom M d'une famille qui avail pour patriarches Adal et Riach, tous M deux fils de Khozaima (1). Ils furent surnommés Kâra (»jLi » monticule) à cause de la ligue compacte qu'ils formèrent » lorsque Cheddàkh voulut les disséminer parmi les Béni Kinâna. u Un de leurs poètes a dit à ce sujet :
» Laissez-nous agglomérés comme un monticule ( ïjl — 9 ), cl ne cherchez » pas à nous disperser,
» ACn que nous devenions nombreux comme les troupeaux d'autruches.
M Du temps du paganisme, ils étaient fort habiles au tir de
» l'arc. Ils habitent aujourd'hui l'Yemen. Ils ont pour tradition
» qu'une rencontre eut lieu jadis entre deux hommes, dont l'un
w était karaîte. Celui-ci dit à son adversaire : « Je te défie à
w la lutte, à la course ou au tir de l'arc, à ton choix.» — « Je
» prends le tir, » dit l'autre. — « Tu te montres alors mon
» digne rival, » reprit le karaïle , qui se mit aussitôt à citer
» ces vers :
)» il égale Kâra en bravoure, celui qui ose tirer l'arc avec celle tribu, — » car nous, qui en sommes les membres, lorsque nous rencontrons une » troupe d'ennemis, — nous replions la tête de leur colonne sur les derrières,
» Puis il dirigea une flèche contre son adversaire , et lui y traversa le cœur.
» Abou Obaïd nous apprend que le mot »jli signifie primii) tivemenl butte de terre (ou monceau de pierres), et qu'il fait
» au pluriel 1^. — Ebn Ouâkid prétend que le proverbe en V question fut dit pour la première fois dans un combat entre
(1) Les familles à'Àdl et de Kdra habitaient des cantons voisins de la Mekke. (Enai sur l'Hûtoire des Arabes, l. I, p. 193).
« la tribu de Koraïch et celle de Bekr, fils d'A])d Meiiâf, fils
» de Rinâna. Parmi les alliés de Koraïch se trouvaient les guer-
» riers karaïles, gens fort habiles à tirer de l'arc. Lorsque
» l'affaire s'engagea entre les deux partis, l'arrière-garde en
M nemie vint attaquer avec des flèches les redoutables archers
»> de Kâra. C'est alors que l'on dit : Ces gens-ci valent bien les
» Karaites, puisqu'ils cherchent à les égaler dans l'action qui
» est pour eux un état habituel et un art spécial. »
Page 200, Ligne 6.
Lw-x j3j L*»ûJ .^^Js-s C'est par erreur que l'on a imprimé
dans le texte v^^Ji3. — Le sens littéral de cette locution est : sois lien en fait d'âme, sois frais en fait d'œil ; c'est-à-dire : sois tranquille et rassuré, comme nous l'avons mis dans la traduction. Les mots L»*aJ et L^j-& sont au cas direct comme termes spécificatifs, (V. sur La^-£ j-J la note à la page 309 ci-dessus.)
Page 200, Ligne dermère.
^L & An 1260. Il est à observer que les Marocains
se servent souvent des chifl'res que nous employons sous la dénomination impropre de chififres arabes. Le chiffre 5 seulement a une forme particulière, assez semblable à un B mal fait.
LETTRE XXVII, pages 202 a 205.
Le style de cette lettre et celui de la suivante est très-incorrect, et renferme des tournures et des expressions étrangères à la langue arabe. Ces deux lettres ont été écrites sur la côte de Zanzibar par des indigènes, dont la langue usuelle est le souahli, idiome enticremeni difTcrent de l'arabe, auquel il eni-
'X){) NOTKS
pninU; cepciiiiaiit iiii grand nombre (it; mois. Je (:(»(iie servilcmenl ici nn t'nignienl d'une lellrc en wuahli, pour donner un specimen de celle langue. — N'ayant pas la pensée que l'on puisse interpréter fidèlement un idiome que l'on ignore (même en en lisant les caractères), je m'abstiens de hasarder la traduction de ce passage (1), et me borne à le transcrire aussi «exactement que le permet l'écriture de l'original.
__^ww*«/9 jJli>3 ^j-^ ^'-^ J*^' (•t-tr' '«^•r^ \Sj^ Jwji; j^ )i ^^-^ j>-^ -^-^^ ;^-^* ;^^;rV^
La lettre d'où est tiré ce fragment est datée du 6 Ramadan 1262 (fin août 4846); elle e«t antérieure d'un peu plus d'uii mois à la lettre XXVIII, qui a pour but de recommander M. Vignard, interprète de la station navale. Le nom de 31. le capi-
(1) Je me suis souvent demandé comment on peut quelquefois liasaider, sur les plus minces fragmens, des traductions de langues totalement perdues, et dont on ne peut lire même les caractères, — lorsqu'on a déjà de la peine à interpréter consciencieusement celles dont on a une connaissance positive, appuyée sur de nombreux matériaux. — C'est ainsi qu'une même pièce a souvent eu autant de traductions différentes entre elles que de traducteurs peu scrupuleux, d'autant plus hardis devant le public admirant, qu'ils craignaient moins son contrôle. — La vraie science cherche en effet à étendre son domaine par des investigations faites avec prudence et sagacité, mais elle sait douter, et ne se prononce que lorsqu'elle a conscience de l'exaclitiide de son résultat.
laine Guillain, commandant la station, se trouve deux fois dans le texte souahli, et permet de supposer qu'il s'agit également de quelque avis ou de quelque recommandation, J-c! û^jI^Î On remarque même, dans l'ordre de la lettre, par les mots arabes qui s'y trouvent, la disposition habituelle du style épisiolaire arabe. — Cette lettre esl écrite par Khamis ben Otsman , auteur de la lettre arabe XXVII, que nous annotons; elle est adressée à Cheikh Bâna Chata, ben Cheikh iMobârek. Suivant l'usage de la Perse et de l'Inde, la lettre :> est souscrite d'un point.
Nous ne pouvons nous arrêter à relever toutes les erreurs d'orthographe et les incorrections de style que renferment les deux lettres XXVII et XXVIII. Nous avons mis ces textes dans ce recueil pour étendre les exercices pratiques. On peut remarquer, par différens mots, que la lettre -. est prononcée gue h Zanzibar.
LETTRE XXVIII, pages 206 a 211.
Même slyle et même provenance que la lettre précédente. Voir les observations auxquelles elle a donné lieu, p. 329.
Page 211, Ligne dfrniere.
A f f f 8 2 4 2. Il y a ici une erreur du texte : il faut lire A^fC (8642). Ces chiffres sont la valeur numérique représentative des lettres -r j ^ '■^ , dans l'ordre antique de
VAbadjed (V. Cours, p. 69, 84 et 85). — Ces lettres réunies forment le mot cabalistique ^jJ^y qui serait, dit-on, le nom d'un ange chargé de la surveillance et de la protection du service de la poste aux lettres en ce monde. C'est pourquoi le mot ^j->— > (suivant cette tradition) est placé sur l'adresse des
lettres, ou derrière, au bas du cachet, comme une recommandation au plus diligent des facteurs ailés. Ce talisman, qui parait avoir en effet pour but de protéger la correspondance, est
liùs-souvonl employé en Orieiil; il s'écril iiidifféieimiieiil avec les lettres ou avee les chiffres qui les représenlenl, et qui se raiigenl par la droite ou par la gauche : SG-iSouS^és. — Il y à bien d'autres explications sur ce mol inconnu, comme il y en a sur toutes les choses que l'on ignore.
LETTRE XXIX, pages 212 a 215.
Style poétique en prose rimée, de la nature de celui que nous avons déjà signalé pour les lettres XIX et XX. (V. les notes de ces lettres, p. 300 et 305.)
Pagk 212, Lignes 4 et 5, Le premier hémistiche de ce distique est un peu altéré par le rédacteur de la lettre. La mesure est : y^ t-rj*^. i-ry^, lT-?*?
(mètre ^^^XkjLj»)', il faut lire : gt^ ■'..>! *Jj (^^ i-^j
Page 214, Lignes 5 et 6.
Autre distique du même mètre que celui dont il est question dans la précédente noie , altéré par le rédacteur , qui paraît mieux s'entendre à entasser des métaphores qu'à scander des
vers. Il faut lire au premier hémistiche : *;Juaftjj liy^^\ .b.
LETTRE XXX, pages 216 a 223.
Le style de celte lettre el l'orthographe sont loin d'être corrects; la rédaction en est obséquieuse el peu claire; on s'y perd dans les tournures mystiques. Une traduction purement littérale de ce texte n'eût pas été intelligible en français, nous avons dû nous attacher à en présenter les idées comme l'auteur
de la lettre les a conçues ; mais non toujours comme il les a exprimées.
Cette lettre est un échantillon du style usuel des chrétiens de Syrie, qui n'est guère préférable, en général, à celui des Arabes de nos contrées. II a plus de ressources que ce dernier, mais il est aussi beaucoup plus prétentieux. — Nous sommes loin de signaler cette lettre comme un modèle : c'est un exercice pratique à ajouter aux autres pièces irrégulières que nous avons déjh données.
Pagb 216, Ligne 11.
A L-SjLi ^^ ^ Depuis le moment où nous avons quitté votre personne. Le mot ^j-^^-^\ est syriaque, et veut dire l'hypostase, la personne. Il est employé exclusivement par les Chrétiens, qui l'appliquent aux personnes de la Trinité. Son
pluriel est ^.-wJlil.
Page 216, Lignes 13 et 14.
J j\-^ 'Li..a-i .^jjar^! l^J^ r^J"^ Employé au service du chœur en qualité de chantre. A la lettre : en forme de chantre, ce qui est une expression aussi mal appliquée en arabe qu'en français. — Le style de cette lettre est rempli de locutions analogues.
Le mot if)j^ est le grec choros, et notre mot chœur. —
J-Jj»-^ veut dire celui qui lit avec méthode et d'une manière élégante et distincte. Dans l'usage des Chrétiens de Syrie , il signifie un chantre.
Page 216, Lignes 16 et 17.
. >.>,p'.,H Le prêtre. Le mot ^Z3 désigne un prêtre chrétien.
X\\ N<)Ti:s
LKTTRE XXXI, pages 222 a 229.
\ai style tic celte proclamation fanatique est correct, mais il est mystique el prétentieux. F^a traduction n'a pas toujours pu en èlre littérale : elle a dû quelquefois s'étendre pour développer et préciser l'idée. Celte lettre a été adressée en 1845 par un certain cliérif, qui se disait fils du chérif Sorour, ancien sultan de la Mekke.
Lorsque l'original de celte proclamalion, qui est Irès-lisiblemenl écrit, tomba entre les mains des Français, il fut soumis à l'examen d'un traducteur officiel , comme il y en avail tant jadis; ce traducteur l'a apprécié et résumé par la note suivante, inscrite en tète de la proclamalion : « Lettre adressée à *** , khalifa des Oulad "'**, un peu avant la soumission de ce dernier, par un commerçant revenant de VEst par le Sud, et qui, ayant une petite fortune à sauver, cherchait à accréditer une prétendue mission. » — Grâce à ce traducteur, une proclamalion qui a pour but de soulever des populations, est déclarée la lettre inoffensive d'un commerçant. — Ceci nous rappelle un manuscrit arabe sur lequel un interprète de même force a^écrii Traité de Bolanique : c'est un ouvrage de jurisprudence. Lr livre est à la bibliothèque d'Alger. — Les anciens litres politiques turcs et arabes sont à peu près aussi exactement rendus dans les langues européennes , et la bibliothèque d'Alger en possède plus d'un exemple. — Les traductions comme celle que nous venons de citer étaient fréquentes atitrefois; car, faut-il l'avouer aujourd'hui? lorsque nous vînmes à Alger en 1836, les plus savans ignoraient qu'il y eût seulement une orthographe en arabe. — TodI a bien changé depuis celle époque, et l'on comprend à présent qu'il ne suffît pas d'une routine acquise dans les marchés et les cafés arabes, pour traduire et pour rédiger. — La nouvelle organisation du corps des interprètes de l'année tend à refpuler dans le passé cette ignorance, dangereuse, dont cependant il reste encore des traces : on
n'écrira peut-être pas toujours, comme nous l'avons vu gravé quelque part : y^yô] y^i c^^ (N***) tenant le puits des Arabes, avec la louable intention de dire : (N'^*J chef du bureau arabe. Peut-être aussi a-t-on adopté la construction v^^^-jJ! j-*-) puits des Arabes comme exprimant une idée plus profonde. Une légère connaissance de la syntaxe et des ressources orthographiques arabes eût épargné au traducteur officiel, plus zélé qu'éclairé, ce plaisant contresens, qui n'est pas unique dans les traductions sérieuses. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.
LETTRE XXXIÏ, pages 228 a 231.
Bon style ordinaire, simple. — Cette pièce, qui est un utile sujet d'exercice et d'étude, ne renferme rien qui nécessite une remarque spéciale, si ce n'est toutefois l'excellence et la sincérité des sentimens de son auteur, qui est, sans contredit, le chef arabe écrivant le plus mal, mais en récompense, l'un de ceux qui pensent et agissent le mieux. Puisque je suis amené à parler de ce personnage, très-connu et très-eslimé en Algérie par son ancien et constant dévouement à la France, je donnerai ici l'explication de son nom, qu'il fait toujours, contrairement à l'usage, précéder de celui de son père.
On a dû observer que tous les noms arabes s'énoncent : tel, fils de tel. Le chef dont nous parlons se nomme et se désigne : Ben Ali Ch****, Mohammed ***, c'est-à-dire : le fils d'Ali "**", Mohammed***. Nous lui demandâmes un jour la cause de celte bizarrerie, qui nous avait attiré de nombreuses questions. «Je dois, répondit-il, mon nom et ma noblesse à mon père, il n'est pas juste que, n'étant rien par moi-même, je me nomme le premier. » Cette réponse témoigne à la fois d'une élévation d'idées et d'une haute délicatesse , qui se reproduisent dans la conduite politique et privée de ce chef, et se manifestent dans son exquise urbanité. — Un autre fait analogue démontre encore le
:VM\ NOTKS
(•aracliM'e moral du personnage. Il vil un jom sur le sceau d'un Français le vers suivant :
(( l/homme se distingue au milieu de ses semhlablm par ses » actions; celles d'un homme libre et noble doivent être con- » formes à son origine. » Frappé de celle pensée qui cadrait si bien avec ses senlimens, il insista pour faire mettre celle devise sur son cachet, bien qu'on lui fît observer qu'elle avait élé déjà choisie pour un aulre. — Une circonstance favorable a obligé le Français à faire élargir son cachet ; il n!a pu garder la devise, mais le chef arabe la maintient.
LETTRE XXXIII, pages 232 a 235.
Le style de cette lettre est loin d'être correct; il se ressent de son origine turque ; il est néanmoins fort intelligible et l'orthographe en est bonne. Dans une étude pratique, où l'on doit se familiariser avec les particularités et les bizarreries de toute nature, un semblable texte est un curieux sujet de travail. Il présente de plus un caractère spécial assez piquant , qui fait voir que l'influence française en Orient dans la dernière guerre, n'a pas été exclusivement diplomatique et militaire. — Pour des causes faciles à apprécier, la traduction a dû se permettre de retrancher quelques mots trop caractéristiques.
Page 232, Ligne 6.
On remarque au milieu de la ligne un s (H) isolé. Cette lettre est l'abréviation du mot ôi^! (Dieu), que les Orientaux représentent par le 2* placé au haut de la première page de la lettre.
Pagb 232, Ligne 7.
^»jj^l V jb-sr') 2^-i2 aw La seigneurie du très-noble. Le mot
v^L::i3:r ! est inutile après le mot ï^-cca., dont il reproduit l'idée (V. p. 254). Il y a ici litléralcmenl : la seigneurie de la seigneurie très-noble. Nous avons déjà fail remarquer que celle lellre a été écrite par une main lurque, il n'est donc pas étrange d'y rencontrer quelques bizarreries de style.
Page 232, Ligne 12.
>^lx^ àib:^*^! JLn ^Sx^\ Vous connaissez, monsieur, les exigences de la localité. Littéralement : monsieur, l'état de la Porte est connu. Le mot ^J^^l veut dire monsieur (V. ci-dcss.
p. 268). — L'expression <5^L::^! acitdnèh est persane, et signifie le seuil d'une porte et la porte elle-même. C'est le nom populaire et spécial de Constantinople , que l'on désigne par ^,JL:-wl C^o'ouv saâdeti âcitânéh, la Porte de la Félicité, ou
ou tLdJU x['j^\ acitân alichân, la Porte très -élevée, la Sublime Porte. — Le mot ^Lj:-^! , nous a-l-on assuré, est usité dans certaines villes de Turquie , pour désigner la ville elle-même, la localité. — Il s'agit ici de la ville de Constantinople. La phrase ^^l*^ .^Jbiwl JL=w veut dire : on connaît l'état de la ville, les inconvéniens qu'il présente pour les com^, munications, et les exigences de cet état de choses.
Page 234, Lignes 7 et 8.
^j^\ LJ J-'^^sar;', »!^ Nous seriom hors de nous-mêine. Le texte porte littéralement : il nous arriverait les génies. La phrase, assez mal construite, peut être prise dans un sens passé : car si nous ne l'avions pas possédé, nous aurions été sous l'empire des génies. — Le mot ^y^ est le pluriel de ^j^ djinn, dont nous avons fait génie; il désigne des êtres intermédiaires invisibles, auxquels la superstition attribue une influence capricieuse cl s'cxerçant à l'avantage ou au diétrimenl des hommes.
:j;i8 NOTES
li csl |)iis ici dans une acccpliou défavorable, el fréqueuimenl usil6e : être sous l'influence des génies signifie être hors de soimême, cire fou.
Page 234, LIG^B 13.
^->>v:>j Puissiez-vous conlinuer à être (dans le bien joint à la sanlé). Le mol ^,:l^^ esl la 2« pcrs. pi. du préléril du verbe f»\^ - /*j'-^ persévérer, resler, durer. La deuxième radicale, qui est ici un j, a clé retranchée à cause du — que porte la lettre qui vient après lui (V. Cours, p. 252 (B) et note 2.)
On a pu remarquer dans cette lettre et dans plusieurs autres, que l'on emploie au pluriel le pronom de la 2^ personne en s'adressant à un individu, comme cela a lieu parmi nous. Chez les Barbarcsques, cette particularité du style épistolaire est peu fréquente, ainsi que nous l'avons fait remarquer ci-de.ssus p. 28j mais elle est beaucoup plus répandue en certaines contrées de l'Orient, où elle se rencontre môme dans le style intime et familier, comme on le voit par la lettre que nous annotons, et par la lettre XXX, p. 216. Le singulier reste toujours usité dans la conversation. Les Arabes disent que le pluriel , dans ces circonstances, est employé *JâxJ!j J-w^2fl.xD pour marquer l'excellence et par considération. Les lettres du bey Ahmed au dey d'Alger (pp. 4 66 à 185), quoique rédigées dans le style officiel élevé, emploient tantôt le singulier, tantôt le pluriel.
LETTRE XXXIV, pages 236 a 243.
Celle lettre , ainsi que les deux suivantes XXXV et XXXVl (pp. 243 à 247), est un specimen des fautes les plus grossières d'orthographe et de style arabes. Elles peuvent être comparées aux écrits des gens les moins lettrés de chez nous. La rectification de toutes ces erreurs nous entraînerait beaucoup trop
loin sans profit pour l'étude, car ces pièces incorrectes ne peuvent servir de base h aucune démonstration. Elles ont été mises ici, avec les autres de même nature, comme un utile exercice pratique pour les personnes familières avec les formes régulières. Celles-ci trouveront facilement les fautes et s'habitueront à saisir les alléralions que l'on rencontre fréquemment dans la correspondance. Quant aux personnes qui sont encore étrangères aux élémens de la langue arabe, ces textes, quoique plus faciles à lire et à comprendre que d'autres plus exacts, seraient un dangereux moyen d'étude, et nous sommes loin de le leur conseiller.
« Page 236, Liiîne 13.
±ljS i^x^j II était accompagné d'une corvette de trentesiœ. A la lettre : il y avait avec lui une corvette sur laquelle
(étaient) trente-six canons. Le mot ^S korbet'a, n'est, comme on le voit, que le mot français corvette prononcé à l'arabe. Ce mot. contient, dans son orthographe, une anomalie qui se rencontre dans les écrits de tous les Barbaresques ignorant les règles de leur langue : quand un mot est terminé par un son voyelle, ils' négligent généralement d'écrire la lettre qui le représente. Le mol ^Si que tout le- monde prononce korbet'a, en est un exemple : il devrait être écrit lkjj5^. J'ai ajouté le fath'a sur le i afin d'indiquer le son voyelle sous-entendu; mais ce signe même ne se trouve pas dans le texte. On rencontre de fréquens exemples de ce fait, notamment dans les lettres XXXV et XXXVI, dout j'ai religieusement conservé l'orthographe fautive, où l'instinct de la prononciation a remplacé la théorie grammaticale. J'insiste sur cette observation, parcequ'elle s'applique à un usage général chez les gens ignorans, et qu'elle met en garde contre une difficulté, quelquefois embarrassante, ainsi que j'en ai fait moi-même l'expérience.
Pagr 238, Ligne 3.
^jlùJ] >jJi-3 [/arrivée du chaouch. Le mol i^jU>- t'sl
340 NOTKS
Hire; il équivaiil à peu près à huissicVy cl ilésigiie en général \\u officier du palais, revcCu d'un nniforinc dislinclif cl porlaiM à la main une baguette d'argent. Ses fonctions consistaient à transmettre aux domestiques d'un rang inférieur les ordres de son maître, et à remplir diverses missions ou ambassailos. Il est ici synonyme d'ambassadeur extraordinaire. On prononce cl écrit vulgairement f^jLd,, plur. ^\^io fchaouch, chouâchj. Sous notre domination en Algérie, les Indigènes qui sont employés à ce titre peuvent être parfaitement assimilés par leurs fonctions à nos garçons de bureau.
Page 242, Ligne 6. ^
L^.2sr^ L«j U-^j' Vous voudrez bien A la lettre : rows
resterez, ô notre ami, à remettre la réponse. (V. sur le mot J-i , la note qui termine la p. 261 ci-dessus.)
LETTRE XXXV, pages 242 a 245.
Page 242, Ligne 15.
Lw)!*^. ^-^-n-:' J-^'^-^.J ^tO«ij V ? t*^. ^^^ averti par
la présente, et parvient notre réponse... Altération de la phrase banale du style épislolaire , employée par les gens illettrés :
Est averti par ceci, celui devant lequel se présente notre écrit, et à la main duquel parvient notre réponse. Cette formule et d'autres analogues sont fréquemment employées par le vulgaire, sans appréciation aucune de leur plus ou moins d'opportunité. Le mot V >\ys. réponse, est pris ici simplement pour lettre.