DU CADRE EPISTOLAIRE ARABE
On a pu remarquer, dans presque toutes les lettres qui composent cette deuxième partie, une forme identique du cadre qui renferme chacune d'elles. C'est qu'en cfl'el , la rédaction ordinaire des lettres arabes écrites par les Musulmans de tous les
pays , est établie dans un ordre à pou près invariable , que; nous signalons ici aux personnes appelées par leurs fonctions ou leurs înléréls à rédiger en arabe.
^Le cadre de loule lellrc arabe ordinaire, chez les Barbaresques se réduit à ceci :
1° Louange à Dieu, etc. (au haut de la page).
2o A la seigneurie, l'excellence.... du très- grand, très- honorable.... TEL. — On peut dire aussi : Que Dieu garde, protège^ conserve la seigneurie....
3» Que le salut, la miséricorde et la hénédiclion de Dieu soient sur vous....
4» J — x^ Uî Lobjet de la présente.,.. y ou : la chose exposée à votre haute intelligence est....
5<* (Fin de la lettre). Salut de la part de l'écrivain de la présente, TEL..., — ou : de celui au nom duquel elle est écrite, TEL...., que Dieu le favorise! A la date du...
6» Le sceau. (En signe d'un grand respect, le sceau est mis quelquefois derrière la lettre, au milieu de la page.)
Telle est la forme à peu près invariable des lettres ordinaires. Le nombre et le choix des épilhètes, des souhaits, des saluls, varie en proportion du rang de celui auquel on écrit, de la nature des relations, de l'habileté et du tact du rédacteur.
Lorsqu'un supérieur écrit officiellement à un inférieur, cette disposition subit de légères modifications, et l'ordre de classift' cation s'établit ainsi i
i" Louange à Dieu, etc.
2° Le sceau (au milieu de la ligne).
3° De la part du très-grand, très-illustre..,, tel....
4» A l'honorable tel..., ou : à notre fUs, (serviteur, ami...) tel.
S" Que le salut
G'» -V xj L«! (Objel de l'ordre OU de la communication).
7" ^bLJ!j (après l'objet de la lettre, el €omme formule de salutation finale). — Il ne faut pas prendre celle expression de politesse pour un nom propre, comme le fit un traducteur diplomatique officiel, qui écrivit : signé, El-Selam.
Les personnes qui voudront étudier les divers protocoles des
lettres arabes, GlTieielles et autres, pourront parcourir les rULJl
Inchàj ou formulaires de la correspondance, qui existent manuscrits ou imprimés. Ils y trouveront une grande quantité de formules de toutes sortes, applicables à un grxind nombre de circonstances, dont ils pourront tirer parti pour développer leur style épistolaire. — Tout en conseillant l'élude des ouvrages que nous signalons , nous sommes loin d'engager à les copier servilement dans les applications que l'on aurait besoin d'eu faire : les lieux-communs, les métaphores exagérées , souvent appliqués d'une manière inopportune, trahiraient bientôt un plagiat européen. Il est bon , sans doute , de s'inspirer des locutions et des tournures admises , mais on n'en doit pas être l'esclave. Les idées d'un homme civilisé instruit , généralement nombreuses et positives , n'ont pas besoin , comme celles des Orientaux , de cacher leur isolement ou leur indécise vacuité , sous les fleurs flétries et disparates d'une rhétorique surannée.