EN UN AUTRE
Mais que penser de l'annonce suivante, insérée dans le Moniteur algérien du 22 septembre 1832, par uu de ceux (|ui ont été chargés de traduire en arabe un grand nombre de pièces officielles dans les premiers lemps de la conquête ? — iNous copions fidelemeiit ;
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Traduction arabe.
Sache, A qui veul apprendre la langue arabe, parmi les Arabes, que le maître, interprète de celui qui cache les secrets de la seigneurie de l'excellence le grand général sultan d'Alger, ouvrira dans sa maison une eskoua, c'est-à-dire un collège , — et il donnera lecioun trois ilem ( ^^\ jours) par semaine ; ce sont : le tiers fsic)y le hamis (?) et le samedi, depuis la septième ampleur (heure) jusqu'à huit et destruction complète, à la veillée, nombres européens. Cet enseignement se perpétuera six mois, et le second sera 60 francs, 30 ....
(mot altéré voulant dire comptant), et le reste dans la suite.
Texte à traduire.
M. ***, interprèle de M. le duc de ***, va ouvrir un cours de langue arabe vulgaire. — Les personnes qui se proposeront d'y assister sont invitées à se faire inscrire chez lui, rue ***.
Le cours commencera le l^r octobre prochain et sera continué trois fois par semaine : les mardis, jeudis et samedis , de 7 heures à 8 heures et demie du soir, jusqu'au l**" mai suivant.
Le prix du cours sera de 60 francs , dont moitié payable en se faisant inscrire, et moitié à la fin de décembre.
Cette pièce, qui ne contient que treize fautes d'orthographe en sept lignes, et beaucoup de gallicismes et de non -sens, a pour but d'engager les Arabes à aller chez ce professeur ap^ prendre leur langue vulgaire.
Elle donne le specimen de la rédaction des documens officiels de l'époque, et de l'état de l'enseignement de l'arabe en Algérie avant ^836.
Le Moniteur algérien, journal officiel de l'Algérie, fourmille de traductions de ce genre, dont quelques-unes semblent être imitées des plaidoyers des deux seigneurs de Rabelais.
Parlerons-nous enlin de ces affiches officielles placées sur les murs, où une prétendue traduction arabe, rédigée dans le goût précité, se rapporte à un tout autre objet que celui du français mis en regard ?
On présente quelquefois, pour justifier ces faits, et se dispenser d'avouer qu'on ne sait mieux faire, une excuse d'une admirable ingénuité : « Les Indigènes, dit-on, sont illettrés, et la plupart même ne savent pas lire. En conséquence, en défigurant beaucoup de mots français , en faisant beaucoup de fautes d'orthographe et de style, en employant les formes les plus banales du langage, on se met au niveau de l'ignorance des masses, et l'on peut être lu et compris plus facilement de tous. M — Ne semble- t-il pas voir ces bonnes gens qui , dans une croyance. naïve , pour se faire comprendre d'un étranger dont ils ignorent la langue, barbarisent leur langage de leur mieux , et crient bien fort à ses oreilles? — C'est avec des idées expérimentales et rationelles aussi exactes et élevées , que l'on veut même publier de cette manière des traductions d'ouvrages français à l'usage des Arabes qui ne savent pas lire. On adoptera, bien entendu, le style dit vulgaire, pour se rendre lisible et intelligible, -- Que dirait-on chez nous, d'étrangers qui voudraient nous faire lire des écrits en jargon anglo-français ou ludesque, ou même qui nous imposeraient le style et l'or-