TÉ.M01NS AU PRÉSENT ACTE, DE TÉMOIGNER CONTRE LUI-MÊME QUE
On a déjà expliqué dans la noie (2), à la page 75 ci-dessus, le sens précis des mots .^v-^ J^ J,^ii.!, qui font partie de la formule mentionnée plus haut.
Page 374 , Ligne 2. — hlsi] 'iJL^j^u^ Jw> Au contraire
moyenne de taille. La particule Jj indique la reslriclion ou la reformation de ce qui la précède. Elle signifie mais, bien plus, au contraire. Dans les actes, elle annule totalement le mot qui la précède pour y substituer celui qui la suit. On l'emploie pour rectifier une erreur de copie, et éviter la radiation de mots surabondans. Dans la pièce ci -dessus on avait écrit d'abord haute de stature, pour moyenne : on a rétabli le sens et indiqué le lapsus calami par le mot J.j .
Page 374, Ligne 6. — Uj-vw ^^j±i\ ^y'j Ledit maître de Vesclave représente ici les deux parties contractantes, c'est^ à-dire que le maître épousant son esclave se présente devant le cadi comme patron de cette dernière , et pour son propre compte.
IX. — Page 374, L. avant-dernière. — JLsr't L^-^x^ ^j^^ .... dont V époux légitime est décédé. On a vu dans le Cours, p. 347, que l'article Ji placé devant un adjectif verbal, a la valeur du relatif ^jJI ou ^:j\ lequel, laquelle, etc.; l'adjectif qui suit prend alors la valeur du verbe lui-même à un mode personnel, et la construction, dans la phrase ci-dessus et dans
les cas analogues, peut être rétablie ainsi : L^-J^c nSy ,c^^i JLs-'i laquelle est décédé en laissant elle, le légitime (époux).
— JL^ est le participe actif de J.:^., Ji! être légal, légitime, permis.
Page 376, Lignes 4 lt 5. — Lc^ v ^l^b "^ .... J »L) Y
Il n'y a d'acquittement pour lui (du reste de la dot) que conformément aux exigences légales; c'est-à-dire, qu'après avoir versé la somme chez le cadi devant des témoins, et avoir pris une c|uil(aiice authentique.
468 NOTfvS
TAiJE 37G, l.rCNt \). — Ua-^j Lj»^^«L 5 /.« chose d'elle est entre ses mams; c'csl- à -dire qu'en cas de conlravciuion par l'époux aux conditions stipulées, l'épouse devient maîtresse de Taire prononcer le divorce.
Page 376, Ligines 10 et 11. — 'LL^]j ^LSTJl à^j le Conformément aux exigences du Livre et de la Sonna. Les Musulmans appellent le Coran le Livre (de Dieu) et sont obligés de se conformer rigoureusement aux prescriptions qu'il renferme. Pour suppléer à l'insuflisance du Coran dans un très -grand nombre de cas particuliers, on a recours aux traditions reconnues authentiques des actes et des dires du Prophèlo, dont les différens recueils admis par les docteurs sous le nom de v.^.^ A-w récits ou traditions (recueillis de ceux mêmes qui ont fréquenté Mahomet), composent ce qu'on nomme Sonna, c'est-à-dire règle Canonique non révélée, mais traditionnelle. Tout Musulman doit se conformer à la loi révélée (le Coran), mais la Sonna, ou loi traditionnelle, n'est pas rigoureusement obligatoire pour la foi ; elle est seulement recommandée. — Les Arabes nomment ^j3
fard' (obligation) les prescriptions du Livre, et Ll-v- Sonna, les pratiques basées sur' la tradition.
X. — Page 378, Ligne 12. — j^j^\ ^^-^j ^ A titre de kard'. Le mot rj^j-^ signifie littéralement rétribution, compensation; dans la pratique il exprime un prêt d'argent effectué sous la condition d'une part dans les bénéfices obtenus. C'est le seul intérêt que les Musulmans puissent retirer directement du numéraire. Le Coran, en plusieurs endroits, interdit formellement de placer l'argent à intérêt ; ce passage en est un exemple :
»< Ceux qui mangeront l'usure (l'intérêt de Vargent ) ne se
>' loveront que comme des gens que Salan aurait accablés du » joug des esprits infernaux. » C'est-à-dire, en langage plus clair, qu'au moment de la résurrection, ils seront semblables à des épileptiques dans leurs accès , et incapables de diriger leurs mouvemens. (Cor., chap, ii, v. 276).
« Parmi les motifs qui ont fail défendre l'intérêt de l'argent, » dit El-Khazin en expliquant ce verset, on doit apprécier les » suivans : 1° L'intérêt est un profit pour le prêteur, sans » compensation pour l'emprunteur j 2^ il nuit au développement » du commerce, parceque si l'homme peut vivre du produit de » son argent sans nulle peine, il se contente de cette position » et prive les autres des fruits de l'activité qu'il déploierait » pour obtenir un gain licite; 3» il défruit le mérite d'obliger : » car l'homme alors ne prêle plus son argent à son semblable w indigent sous la seule condition d'une restitution scrupuleuse, M et en vue d'obtenir de Dieu la récompense de sa bonne acw tion, etc » (Ms. 256 A. f».) Ces idées, comme on voit, sont d'un autre temps et d'une autre société que les nôtres.
XI. — Page 380, Ligne 4. — J^sc^t L> ^CJ! Lhomrahle lia- Ahmed. Le mol b qui, chez les Beni-Mzâb principalement, précède beaucoup de noms propres, est une forme indéclinable du mot^ pourri père de... Celle indéclinabililé du mot par V\ bref dans le cas ci-dçs^us îîîenlionné, n'est pas un fait absolument arbitraire, bien qu'il n'ait lieu que chez un petit nombre de peuples : il est fort bien indiqué dans VAlfiya, entre autres
ouvrages, par ce passage relalif à la déclinaison des noms v >!,
^!, ci^'. .-.'j^^ ^.^-^g-âJ ^[jtj^j (vers 30), ^ l'usage de li bref h la fin de ces mots est plus répandu (on veut dire moim rare) que l'emploi de la voyelle simple.» Le nom du sultan lia-Yazid (BajazetJ, entre autres, présente celle particularité.
Xn. ~ Page 384, Ligne 7. — ^b^ C^. Orlhographc vicieuse, mais fréquente en Algérie, pour m^J ^^' fV. cidessus, /). 268, an bas).
Page 38 i, Ligne 8. -— ww?Lx)!. L'(hérilicr) 'âceb. (V. pour I'cxplicalion de ce mot, la Notice sur les Successions musulmanes, ci-après, p. 491.)
Nota. La rédaction assez obscure de celte pièce arabe, due „à quelque taleb peu habile, ne m'a pas permis de préciser, dans la traduction, les faits avec toute la netteté désirable.
XIIL — Page 388, Ligne 8. — XJaX^^i jjb hj^ Pour la
garnison de la ville de Constaniine. ^^y vient de ^\j , ^y^ , tenir lieu de.,., remplacer; il signifie tour (de rôle), ordre successif; il désigne ici le tour de garnison. Le mol Lj jJ indique aussi le corps de musique, plus ou moins sauvage, qui accompagne un chef arabe.
XIV. — Page 390, Ligne dernière. — ^j^ iawl ^ Ben Ost Mahmoud, c'est-à-dire fils de maître Mahmoud. Le mol iaw! employé autrefois devant des noms par les Turcs , est probablement l'altération du mot persan ,ibuot, expression honorifique équivalant à M» (Maître).
XV. — Page 392, Ligne 12. — J^Yl àj^-L=w Originaire de Djenna , ou Djenné, comme disent les Européens, qui évitent presque toujours de prononcer les a. Djenna est une localité du bas Bambara, dans l'Afrique centrale, située sur le fleuve Djoliba, ou Dioliba (iL^wJl-ç».?) vers 43» lat. septent. et 4» longil. occid. Une notable partie des Nègres esclaves en Barbarie viennent de cet endroit. C'est du nom Djenna, sans doute, prononcé Guenna, que le langage des nègres est appelé génériquement en Algérie Guennaouia.
Page 392, Ligne 13. — J! «J>ii)l L^U.^ »! ...Si le tiers le
comporte {le prix de l'esclave); sinon, (il l'affranchit) pour la portion du prix de V esclave représentée par ce tiers. Le test^-
leur musulman ne peut disposer que d'un tiers de son bien pour des legs particuliers : les deux autres tiers sont affectés aux divers liérîlicrs légaux , chacun suivant son degré , et le Beit el-Mâl profile des parts en déshérence. (V. ci-après la Notice sur les successions) . Dans l'objet de cet acte, si le tiers disponible renferme la valeur vénale de la négresse, celle-ci est libre ; sinon, elle peut se libérer eniièrement en complétant la somme à laquelle elle est évaluée. Si elle est dans l'impossibilité de le faire, on lui compte en argent la portion de sa valeur pour laquelle elle a été affranchie.
XVII. — Page 396, LiiGNE 4. — .... îsÎA^^^ia^ Les deux fissesseurs témoins au présent, ont comparu (devant la dame] ... ; c'est-à-dire que les deux assesseurs du cadi se sont transportés au domicile de la requérante pour recevoir sa déclaration.
Pace 396-397. — ^:>^Ji ^ o^l L^^ Qu'elle
a loué au Juif. Les verbes arabes \jS\ louer, pb vendre, et quelques autres, se joignent par la préposition ^ (de) au nom de la personne à laquelle on loue ou vend ; celle préposition, dans cette circonstance toute spéciale, prend le sens de a; de telle sorte que l'on écrit : il a vendu de tel, il a loué DE tel: avec le sens bien positivement constaté de il a vendu à...., loué à.... Cette anomalie est d'autant plus digne d'èlre signalée, qu'elle induirait à de graves contresens toute personne qui s'en rapporterait seulement à la lettre de la formule. Le texte ci-dessus porte ; — ^ C-^i qu'il faut traduire, comme on le voit : elle a loué au (Juif), et non du Juif, — On doit observer que les verbes \jS\ louer; oL» vendre et acheter, (transmettre par vente ou achat); v..^s»j donner, ^j\ marier, se construisent souvent avec la préposition ^, qui est employée, en quelque sorte, d'une manière expletive. Ces quatre verbes sonl par eux-mcmos doublement transilifs , c'est-à-dire qu'ils ont on arabe doux régimes dirons , romnip on latin relare ,
docere, clc, el que l'on pourrait dire, par cxeinpie, sans employer ^ : »j!v> [JJ3 \jS\ locavil eum fei) domum ejus, il a loué à un tel sa maison, etc., comme l'indiquent les lexicographes Djauhari et Firouzàbâdi. Voici, sur ce fait particulier, le fragment d'une note assez curieuse, extraite du <^^^ <,^J^
\jl^LijJtj jcU^Yl (Livre de la r édification des noms et des expressions), par l'imâm En-Naouaoui, citée mais non traduite par le vénérable S. de Sacy (Chrestomathie arabe, t. i, p. 257) :
« L'expression des jurisconsultes : Iji^ ajl-» ob (il lui a » vendu telle chose), s'emploie avec la préposition ^. Mais » quelques personnes regardent celte construction comme une » locution technique des hommes de loi, et prétendent que l'on )» doit rigoureusement dire : t Ji' à-tb en faisant le verbe » doublement transitif. Cette assertion n'est pas exacte, car » l'emploi de ^ est adopté régulièrement chez les Arabes.
» On lit dans le S'ah'ih' ^-.^p^i a^Ls^î de Bokhari, au
» Testament {'i^j) de Zobaïr : à^-^^ ^ax». ^ 6^t Jyjj c.b
» ^ ^t il)L^:u*o h^\j^ f^ Âbd- Allah len Djafar vendit à
» (^) Moâouiya sa portion, moyennant six cent mille (dir^ » hem).... Dans un autre passage, on trouve : L-^ iJi^ c-L? » et il lui vendit un cheval.... Dans le Sahih, au livre du » Mariage, titre l\,ji ^^Ki Y JLi ^ ceux qui prétendent » qu'il n'y a de mariage qu'au moyen d'un patron, on lit .• » J^j ^ J L^t '^.^!^^^\ j'ai marié une sœur à moi à
» (^) un homme Dans le Sahih de Moslem a-JL-***» .^riF^
» ( livre de traditions qui a obtenu chez les Musulmans la même » vénération que le Sahih de Bokhari), au titre : f-^j^ ^VI » JijŒr'! recommandation d'admettre les cas d^ empêchement par
}} c(fuse de stérilité, on trouve : \j^ ^-^-^Vr^' tj^ ^-^^^-r ^^b'
» ^^^^«^wjo ^-t-^î^^ JL^ J-=kLj* ^J iVe voîs-tu pas que si » tu avais vendu des dattes à {^) ton frère, et que la stéri- » lité Veut atteint (à la lettre, et que l'eût atteint un dcpouil- » lement des arbres) tu devrais ne rien recevoir de lui, car » alors tu prendrais le bien de ton frère injustement.
» D'après ce qui précède , les verbes indiqués peuvent gou- » verner leur régime (le nom de la personne) directement ou M par l'intermédiaire de ^. Suivant l'opinion de ^-.-ft-^Yl » ^l-ÀJchfach , ^ pourrait être regardé comme explétif, car M ce grammairien admet l'emploi de ^ explétif dans les pro- » positions affirmatives.
« Au commencement du livre des Ventes, de Bokbari , titre
» I/.A. ,C^t ^ (quiconque a vendu quelque chose], il y a
» iwjujb ^ i.A î6^ '--r^ v^--^-^^ irf ^^^'** 9^^ ^' vendu » une chose, et qui Va livrée à {^) l'acquéreur. On raconte » d'après Ebn Omar, qu'Omar possédant un chameau, le Pro-
M phète lui dit : .r^wwX 3uJ vends- le moi (vendito me (mihi)
» eum) ^JuJLô b^\ Jj-»M ^ ^^'-r-? ^^ *^ ^^ vendit au (^) » Prophète de Dieu »
Page 396, Ligne \\. — LjljLx^ «s^-cûx> Partie ostensiblement. Cela signifie que la somme ayant été versée entre les mains de l'esclave, celle-ci en a remis une partie à sa maîtresse, et du consentement de celle-ci et pour un motif quelconque, a retenu l'autre partie, en déclarant avoir reçu le tout. Le mot