XVIII. — Page 398, Ligne 4. — iJ! j juj Par les adci
!.e mol i)lj.^ sign i lie le corps des assesseurs des Cadis, ^}j^-s.
(odoulj, doul Ic singulier est Jj^ 'adi, équilibre, conlre-poids, justice, ajuste. « Ce sont des espèces de noiaires et de grcfTiers, » des olïicicrs publics dépendant du cadi, et chargés par lui M de rédiger les obligations et les conventions entre les parlicu- » liers, et d'en dresser les actes authentiques. » Les fonctions do ces officiers publics sont fondées sur ce passage du Coran (Chap. Il, V. 282) :
« Lorsque vous contractez une dette remboursable à une » échéance déterminée, dressez-en un écrit; qu'un écrivain ré' » dige par écrit vos conventions, conformément à la justice; » il ne doit point se refuser à en dresser un écrit, ainsi que » Dieu lui en a donné le talent.
n Voici comment les fonctions des Odoul sont définies par » Ebn-Rhaldoun : LMas Cadâla). C'est un emploi qui tient à M la religion, et qui dépend des fonctions du cadi et de l'exer- » cice de ses attributions. Il consiste à exercer, avec l'autori- » salion du cadi, les fonctions de témoin entre les particuliers, » soit qu'il s'agisse de constater leurs droits ou leurs obliga- » lions, à se prêter de bonne grâce à leur servir de témoin » dans leurs conventions, et à déposer en justice eu cas de » contestation; enfin à apposer sa signature aux actes pour » assurer la conservation des droits des particuliers et de leurs » propriétés , de leurs créances , en un mol de toutes leurs
» transactions » (S. de Sacy, Chrestomathie arabe, t. i,
Il faut ajouter que le témoignage de deux adel est indispensable pour la validité d'un acte. C'est pourquoi Ton trouve si fréquemment celle formule : Tel invite à témoigner contre sa personne les deux témoins du présent acte à^iô^^^J:.- , c'est àdirc les deux adcl ou assesseurs, dont les noms se trouvent
écrits dans un paraphe souvent de figure bizarre, placé au bas de l'acte. Les add témoignent aussi de l'état mental du cadi au moment de la passation de l'acte, ce qui s'indique par celle
formule : J!^L) j&j ôii! »Jju-! ^^Li3! J,^! ^J^ ^^ •••■
Lc^ »\-jUsr^l témoignage a été porté sur le seigneur cadi (que Dieu le comble de félicités! ) et il se trouvait dans les circonstances personnelles légalement admissibles.
Page 404, Ligne 4. — ^LjJIj L^-x-?^ ^^jj Veut la
concéder moyennant un ana. Lorsqu'un immeuble appartenant en tout ou en partie à l'une des corporations religieuses, exige des réparations importantes, et que celui qui l'administre ne peut pourvoir à son rétablissement ou à son entrelien qu'à des conditions onéreuses pour la corporation, l'immeuble est transmis
ij^j *i^-J j^ à-i f>^-> /^» c'est-à-dire à un étranger qui s'oblige à payer une rente perpétuelle, généralement minime, cl en outre à entretenir ledit immeuble, à le réparer, à établir sur le sol des constructions nouvelles, en un mot à le mettre en valeur suivant des condi^ons stipulées. Celte Iransaciion est
désignée en Algérie sous le nom de rLx^ ana, soin, sollicitude;
c'est-à-dire que l'immeuble religieux , inaliénable en principe , subit , quant à l'usufruit , une espèce de vente à charge de soin ou d'entretien.
Les biens que posscdenl les diverses corporations religieuses proviennent de legs faits à Dieu. — C'est ce que l'on nomme hobous ou ouakf; il en est queslion ci-derrière.
XIX. — Page 406. — Acte de notoriété (de l'an 935-1528) constatant l'étal de dévastation déjà ancien du hamma de Conslanlinc à la suite de l'expulsion des Turcs, — cl les encouragemens accordés par le caïd Ali ben Fârah au rétablissement de la cullurc on <os localilés.
Le mol i-*L.^ signifie thermale ( sous-enleiidu y-^r source). Il désigne ordinaiiemenl des iocalilcs où se trouvent des sources thermales, et, aux environs de certaines villes, des lieux où se fait la culture maraîchère.
Celte pièce authentique a une certaine valeur pour l'histoire, et je dois remercier le hasard qui me l'a procurée. Elle établit d'une manière positive qu'assez longtemps avant l'année 1528 de notre ère, les Turcs, dont l'invasion en Barbarie a eu lieu en 1512 seulement, par Djidjeli et Bougie, avaient déjà tenté infructueusement d'établir leur domination à Constantine, dont ils avaient été bientôt chassés. Selon toute probabilité, l'expulsion mentionnée ici aurait eu lieu vers i520 (927-928 de l'Hégire).
Pour faciliter l'intelligence de la formule finale par laquelle on approuve les surcharges de quelques mots du texte, j'ai simulé ces surcharges dans l'impression (p. 408 et 410). C'est une innovation dont le but pourra faire excuser l'originalité.
XX. — Page 412, Ligne 3. — ^--^ L/*r^^ (*^J ^^'^ ^^ hobous mounedjez. On appelle ^yj^*^-^ tah'bis , l'acte par lequel on institue tel établissement religieux, telle mosquée, tel saint ou marabout, nu-propriétaire d'un objet meuble on immeuble, soit en mettant immédiatement l'établissement religieux en possession absolue de la chose (cet acte est nommé mounedjez, c'est-à-dire complet ou parfait); — soit en se réservant la jouissance de cette chose pour soi-même et pour ses descendans , suivant la ligne et avec les conditions que l'on indique : c'est le tah'bis simple. — L'objet ainsi consliiuc est
dit jVM^ ou ^r*^i prononcé habous, et plus exactement hobous. Il est inaliénable dans son essence, et ne peut se iransnieltrc que d'après le mode indiqué par le fondateur.
Le but exprimé dans les actes de celle nalurc, c'est la face, ou, comme nous dirions, l'amour de Dieu, et Vespoir des ré compenses éternelles; mais le motif réel était bien souvent lo
désir purement temporel de mettre des biens meubles et immeubles à l'abri des exactions des agens du pouvoir, ou de la dilapidation de ceux qui étaient appelés à les posséder. Le'bien hobous en effet, consacré à Dieu, c'est-à-dire à un établissement religieux , était complètement inaliénable , et ne pouvait être confisqué ni vendu ; il se transmettait ainsi avec sécurité jusqu'aux derniers rejetons d'une même famille.
Le mol i^^^*^ hobous y veut dire détention, incarcération;
^v^ww.^.ar-' est le nom d'action du verbe ^j**^^ metti^e en état de j>**^ hoboiis, fonder ou instituer une chose hobous. — Les Maleki se servent plus particulièrement du mot ^j**^ hobous,
et les Ilanafi emploient souvent aussi l'expression ^^j ouahf, arrêt, station; mais le sens de ces deux mots est synonyme, comme on peut le voir par ce passage à la p. 412, ligne 12 : Ly-Tb LjÇLijj ÎJ^^ L-^Lj L*»jw.jisr-J ladite fondation de hobous est complète, perpétuelle; c'est un ouakf continuel....
L'épilhète^s-^-^ est le participe du verbe j-sr-* compléter, rendre parfait. Elle confère à l'acte de constitution le caractère d'une véritable donation ( 'L^ hiba), avec cette différence que dans le hobous mounedjez le donataire réel est Dieu, et dans la hiba, ou donation, c'est une créature mortelle. Les cas de hobous mounedjez sont très-rares, tandis que ceux de hobous simple sont fréquens. Celte particularité s'explique facilement par la jouissance que l'on conserve pour soi-même et sa postérité par le hobous simple, tandis que dans le mounedjez on en fait un abandon immédiat et absolu.
Les actes XXI et XXII, p. 414 et 418, offrent des exemples de hobous simple : le premier, d'une propriété immobilière, le second , d'un livre.
Page 412, Ligne G. — ^ jjL=v ^! ^-^^^ Li^^) .... sise au Fossé fou à VÈgoût) de Ben Gaour Àli. — ^^jjlsL est un mot turc désignant un fossé ou canal destiné à l'écou-
Icmcnt (les immondices. — Le mot j jL-a. prononcé gaour. est une allcralion turque de l'arabe j.3 15' mécréant, infidèle. De là le mot Djiaour ou Giaour que nous avons formé.
La localité désignée encore aujourd'hui par les habilans d'Alger sous le nom de Ben Gaour Ali, est l'impasse que l'on nous a fait nommer Orali; il aboutit h la rue Slaouéli. Le nom de Ben Gaour Ali (fils du mécréant Ali) fut changé en Orali, qui ne signifie rien , parce qu'un Indigène habitant la maison située à l'angle de cet impasse, avait, en blanchissant ses murs à la chaux, effacé successivement la première moitié des lettres qui en composaient le nom, écrit primitivement par nous Ben Gaor Ali. L'artisan qui vint rétablir plus tard le nom presque illisible, ne voyant que les dernières lettres . . . .oUali ; pensa qu'elles formaient l'ensemble du nom , et les réinscrivit sur le mur.
XXiV. — Page 4i4, Ligne anté-pénultième. — C^^J-ijj jj\ i ij-^l Le fait de ce don charitable a précédé le présent ^ acte d^ environ quatre ans; la livraison de Vimmeuhle et la rédaction de Vacte n^ont eu lieu que On voit par cette formule, qui est commune aux actes de donation , et par celles ïui précèdent, que la loi musulmane, en astreignant le donaeur à un délai de plusieurs années avant d'accomplir la donation, le garantit contre les dangers de la précipitation et de la sollicitation, et lui donne les moyens de réfléchir mûrement à cet acte définitif.
XXVL — Page 430, Ligne 9. ~ lJ! 'i^j&i] i^U! Établissement d'un état de répartition d'un terrain... On nomme 'i^j^ frid'a, au pluriel frdïd' , la part légale attribuée aux héritiers d'un défunt , d'après le degré de parenté de chacun. Par extension , le mot frid'a désigne aussi l'acte déterminant la quotité de ces parts. (V. plus loin le Tableau des ^jiajj^, ou paris légales de succession).
XXVII. — PAfcE 436, Ligne 3. — JUl ^l.^^ ^.^..^is^j Et le Beïl el-Mâl vient se substituer à ses droits. Ce qu'on appelle usuellemeiU Bit el-Mâl (J^^ ^^^-^ Maison des Biens), est une administration qui a pour but de mainlenir les droits des absens vivans ou des mineurs , de conserver leur fortune, ei spécialement de recueillir les successions vacantes en totalité ou en pariie. Suivant la loi musulmane, certains héritiers ont une part légale relative qu'ils ne peuvent dépasser. Lorsque, d'après ces bases, la totalité de la succession n'est pas absorbée, le Beit el-Mâl perçoit les parts qui n'ont pas de destination. Comme on le voit, la part de succession de certains héritiers ne s'augmente pas, chez les Musulmans, par le défaut des autres héritiers, et la non-existence de certains degrés d'héritiers ne profite pas aux héritiers exislans. — (V. ci-après l'excellente Notice de M. Solvet , orientaliste , Conseiller à la Cour impériale d' Alger f sur les Successions musulmanes).
Page 438, Ligne 7. — jLJx,lSJjJ\j Et des Boulouk-Bachi. Les Boulouk-Bachi étaient des officiers du Pacha, désignés pour assister comme inspecteurs aux ventes faites par le Beit el-Mâl. Leurs fonctions, d'ailleurs, étaient toutes militaires; ils commandaient des troupes d'infanterie. — Le motjL-ù-LXJ^ est turc ; il est formé de «^O^ corps de troupes , bataillon , jib têtCf chef, et de la désinence jJ ou jY lar, qui est le signe général du pluriel en turc.
Page 438 , Ligne ante - pénultième. — 'i^jj.^j Et une kharrouba. La kharrouba était une petite pièce de cuivre blanchi, valant 0^0375; c'est la moitié de la 'Ljjjj^ mouzouna, ancienne monnaie valant six liards (0^01875).
XXVm. — Page 440, Ligne H. — jjj^\ jji}i^ jLLL.1! ^-^jLJLa)! f.e sultan Napoléon, embirour des Français.
480 Notes
En (lablissanl crt arabe la forimilc française, on a en» devoir conserver le mol français empereur, que le mol arabe soKân ( sulian ) exprime avec «ne scrupuleuse cxaclilude. Les mois arabes clant soumis à des formes spéciales rigoureuses et précises, on conçoit que la langue ne s'assimile pas volontiers les mots étrangers, qui sont en si grand nombre cbcz nous. Les Arabes subissent avec répugnance les innovations de ce genre, et nous insistons toujours sur l'inconvénient d'employer des mots français , sans une absolue nécessité. Nous avons exposé nos motifs aux pages 347 et 348 ci-dessUs, et nous renvoyons le lecteur à ce passage de notre livre.
Page 440, Ligne d 4. — ^x^L) J^^ysr^ J^-w^! Le sieur Mohammed, avec un 0, et ligne 15 : ,^ly ^^!^ ^^\ le sieur Mahammed, avec un A. On trouve aussi, en d'autres actes : H]--C£> Jv^ €' Lsr-^^-^ «-J-^î ce qui a le même sens.
Le mot v.x.yisr* Mohammed est le nom du Prophète, que nous appelons communément Mahomet. Ce mot est le participe passif de la 2e forme du verbe vX^^, et signifie celui qui doit être loué ou glorifié. L'orthographe de ce mot est rigoureusement
déterminée par sa nature même (Jlf»). Cependant, la fréquence de l'emploi commémoralif de cette épilhète comme nom propre, et l'ignorance de beaucoup de savons musulmans, qui ont oublié que leur Prophète s'appelle lui-même très - correctement
J^^ Mohammed, a introduit dans l'usage l'altération ^5»^=^ Mahammed, qui est insolile, et néanmoins est le nom propre d'un grand nombre d'Indigènes barbaresques. On trouve aussi dans l'écriture des gens iilcllrcs, ce nom écrit Jv==^''- Celle anomalie, due simplement à l'ignorance locale, n'en constitue pas moins une désignation spéciale; et l'on ne doit pas plus confondre , dans la pratique , un individu appelé Mohammed avec un autre nommé Mahammedy que l'on ne confondrait chez nous, par exemple, un Dumoulin avec un Dumoulin.
XXX. — 1*AGE 454. — Ce document , qiii esl l'cxplicaiioii technique de quelques points de droit, offre à la traduction la double difficulté de la nature toute spéciale des idées et de l'obscurité de la rédaction du texte qui les expose, malgré le savoir incontestable de son auteur. En présence de textes métaphysiques de cette nature j il iie suffit pas à un traducteur de posséder une conriaissan^ie étendue de la langue dans laquelle ils sont écrits, il faut qu'il connaisse encore la science à laquelle ils ont rapport , et soit à même d'en comprendre et appliquer la technologie. — C'est ainsi que des ouvrages de médecine, de droit, de maihémaliques, etc., ne peuvent être exactement traduits que par des personnes possédant ces sciences ; ou avec leur concours, si elles ne sont pas toutefois entièrement étrangères à la langue du texte.
Lorsque le texte ci-dessus me fut présenté pour la première fois, je n'hésitai pas à dire que, n'ayant pas fait d'étude du droit, je ne comprenais presque rieii aux idées techniques exprimées, et j'ajoutai que, de plus, la rédaction me paraissait fort obsctire. Celte double difficulté me sembla digne d'être surmontée } je demandai et obtins la permission d'examiner et de publier celle jiiecc, et je me mis à en analyser scrupuleusement les mots et à en établir une traduction provisoire. Je revis ensuite celle traduction, matériellement exacte quant h la lettre^ mais à peu près informe quant au sens, avec un honorable et savant magistrat, M. le conseiller Solvet, qui pouvait, en appréciant les termes techniques du texte, me mettre à même de déterminer ou de restreindre le vague des idées : nous fîmes ainsi la traduction ci -dessus, que je n'ai imprimée qu'après l'avoir minutieusement comparée à l'original, et avoir consulté des Indigènes sur certains points restés douteux.
J'avoue ici, sans scrupule, l'auxiliaire dont je me suis servi : premièrement pour attribuer à un ami savant et modeste la part qui lui revient dans mon travail, — et secondement pour bien faire comprendre qu'il y a de la témérité, et quelquefois une indéiicalesse reprehensible, à traduire des textes auxquels
482 N()TKS l)i: l.k THOISIKVE l'AHTlÈ.
se rallaflieul tlf graves inlcrcls, lorsque l'un n'a d'anlrcs ressources que l'ignorance des élémens de la langue et une con naissance nulle ou insuffisante des idéet émises. Rareincnl on à vu des iraducleurs peu inslruils doulcr d'eux-inônies ; et quelle que fût la nature ou la difficulté d'un texte , on l'a presqu<; toujours interprété sans hésitation, cl avec d'autant moins de scrupule, que l'on comptait sur le peu de moyens de vérification. Il est souvent arrivé alors que la traduction disait tout autre chose que le texte, ou qu'elle était complètement inintelligible. — Je citerai comme fait de la légèreté avec laquelle on hasarde quelquefois des traductions, une inscription soi-disanl persane, dont on me soumit un jour la copie, et qu'un interprète avait traduite de cette langue, qu'il ignorait, en français, qu'il ne savait guère. Après examen du prétendu texte, qui me parut d'abord d'une confusion inextricable, je découvris que l'original était en turc, mais que le traducteur, ignorant celle langue aussi bien que le persan, avait copié au hasard les mots en les réunissant par tronçons, de telle sorte que chaque groupe était formé de fragmens et devenu illisible. J'admirai la hardiesse du personnage, qui, ne croyant pas à la possibilité du contrôle, avait donné une traduction due tout entière h son imagination. Ce fait n'est que risible, mais il est loin d'être unique; et lorsqu'une témérité analogue s'applique à des intérêts graves et respectables, il y a peut-être quelque nécessité d'en prévenir les inconvénicns. Nous en pourrions citer de très - nombreux exemples.
FIN DE Là TROrSlÈMR PARTIE.