NOTES DU N° III
(1) Le mot ^1 signifie fils. Entre deux noms propres, il
s écrit ^, sans 1, (à moins qu'il ne se trouve au commencement d'une ligne), et se prononce ben. On écrira donc, par
exemple, suivant le cas de la déclinaison, wV^^sr^ ^ J-ju- qui s'articule dans l'usage : 5aïd hen Moh'ammed. (V. Cours de Langue Âràbe^ pp. 72, 270 (note), et 521 et suiv.)
Je ferai remarquer ici que les noms venant d'une racine défectueuse ( c'est-à-dire dont la troisième radicale est un j ou un ^) et dont la forme est assimilée à Jjis ou Jx?, suppriment quelquefois leur dernière radicale, cii vertu des convenances de l'euphonie arabe j ils mettent un ! devant la première
i.H PREMIÈRE PARTIE.
(qui perd alors sa voyelle). C'est ainsi qu'est formé le mot *vi (dey-j), ainsi que 1^1 nom (de^^^), cl un petit nombre d'autres. Le nom ^\j, assez commun en Algérie, est le participe actif ou présent. (J^li) du verbe Ijj gagner, prospérer, il équivaut h notre nom Prosper. Il s'écrit cl devrait granimalicalemcnt se prononcer ^1» râbih'; mais l'usage est de
l'articuler Râbah', forme que j'ai conservée, car ce n'est pas à la grammaire à faire la loi à un usage général. — H y a d'autres mots en arabe, dont l'usage a altéré la prononciation, tout en en respectant l'orthographe; mais préférer l'orthographe à la prononciation dans la transcription française, serait exposer ceux qui apprennent ces mots par les livres à n'être pas compris, ou k paraître ridicules ou prétentieux. Les caractères de l'écriture ont pour objet de communiquer les sons el la pensée : ils ont toujours tort quand ils n'alteignent pas directement ce, double but.
(2) Silc ^^LJ! Le salut svr vous. Le pronom est au pluriel dans le texte, conformément à certaines formules épislolaires. — A l'exception de quelques rares circonstances, où, par une espèce d'emphase, on emploie le pronom de la seconde personne au pluriel, on se sert partout du singulier quand on ne s'adresse qu'à une seule personne. C'est ce qui a fait penser à tort, chez nous, qu'on se tutoie en arabe. On doit observer que si l'on tutoie en français,' c'est par exception à la règle générale, qui exige l'emploi du pluriel quand on s'adresse à une seule personne. Si tous les Arabes, sans exception, se servent logiquement du singulier en parlant à un individu , il ne faut pas conclure qu'ils y attachent aucunement l'idée d'extrême familiarité que nous donnons aux mots tu et toi. C'est donc un contre -sens basé sur la lettre et souvent contraire à l'esprit , que de traduire en français ce singulier par un tutoiement, comme on le fait par une appréciation super-
ficielle, et pour conserver, dil-on, la couleur locale, que les novices en arabe recherchent avec un soin exagéré, bien qu'ils soient peu à même d'en saisir les véritables caractères.
Nous pensons qu'un traducteur doit s'attacher surtout à exprimer la pensée, qui se formule dans les langues de manières bien diverses, et qui ne peut être exactement rendue sans une appréciation rigoureuse du mode quelquefois bizarre de l'expression. Sans entrer ici dans les détails de la question, nous nous per(nettrons de dire qu'il n'appartient qu'aux écoliers de suivre servilement la lettre ou la forme extérieure de l'expression, qui est loin de correspondre , chez les divers peuples, aux mêmes points ou aux mêmes nuances de la pensée.
(3) Voir sur Jo "^ la note 5 du n» I, p. 20.
(4) Le sur le sjij du mol <Jij^\\ est mis ici pour indiquer la réunion euphonique du ^^ de la conjugaison avec la dernière radicale du verbe , qui est ici un :> , et se trouve par conséquent analogue au c^. (Voir Cours de Langue Arabe, p. 256, G.). On prononce, comme on le voit, aratta, au lieu de aradta. — C'est par une semblable cause que nous disons approuver, allonger, etc.
(5) Le mot c^ùo chose, précédé d'une négation, équivaut
ainsi à notre mot rien.
(6) L'idée d'individualité, que nous exprimons, en français, par le mot même, placé après les pronoms, comme moi-même, lui-même, etc., a pour équivalent, en arabe, les mots ,ww — «,jj — w^ii, âme, esprit, essence, personne, individu. — Il est
venu lui-même se dirait, au moyen de l'un de ces mots : il est venu de son âme, de son esprit, de son individu, c'està-dire, de sa personne. Cette observation s'applique aussi à ridée que nos grammairiens nomment réfléchie, quand elle s'attache matériellement à l'individu , comme : il s'est jeté dans le
péril : ^^)L^\ ^ ^-..^o..i JÔ\ il a jeté sa personne... etc.
.'lu PRKMIHRE PAHTIK.
t'ouMullallon léfcalc.
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Louange à Dieu. Le porteur du présent (I) un tel, fils de telf est venu nous soumettre la question suivante : 11 est survenu entre lui et sa femme (2) une querelle , dans laquelle il lui a dit qu'elle était défendue (5) pour lui. Il voudrait maintenant la reprendre , a-t-il un moyen légal pour cela? — Je lui ai répondu (4) que d'après l'opinion unanime des docteurs h'anafi (5) sur la matière, le divorce était évidemment prononcé , et qu'il ne pouvait que la réépouser par un nouveau contrat et moyennant une nouvelle dot, qui ne peut être au-dessous d'un real (6) et demi, monnaie du pays. — Écrit par 'Abd- Allah, fils de tel.
PETITES PIÈCKS ARABES. 31
MOT A MOT
La louauge à Dieu. Est venu le porteur de lui, tel, fils de tel, interrogeant sur une question, elle (est)
cela que est survenu entre lui et entre l'épouse de lui une altercation et une contestation. 11 a dit alors
à elle : elle prohibée. Puis, maintenant, il a voulu la réintégration d'elle.
Est-ce que (est) à lui un moyen légal pour cela?
J'ai répondu (à) lui que ce que s'est réuni sur lui les décisions des autorités h'anafi
sur la question, (c'est qu'elle présente) le cas obligatoire d'un divorce patent, et à lui, maintenant, l'épousement d'elle avec un contrat
nouveau, et une dot le minimum d'elle un real et moitié du real, monnaie de la ville.
A écrit lui 'Abd-Allah, fils de tel.