Aubertin, Histoire, etc., t. I, p
TABLEAU SOMMAIRP: DR LA LITTÉR ATI'MK FRANf.ALSK AU MOVKN AGE
iL'j,niaii( maKiiifiiiiicmenL sur des pays innonihi-ables et souim-tlaiiL tous ses ennemis A ses lois. C'est ainsi ((ue la (ir'|)einl lauleur de la Cli.tnsuii de lioLtnd '. » Autour de la {,'rande li[;ui-e de I21iarleniaj.rue, le poète a placé des types variés, i|ui représentent les principaux sentiments l't les aspects divers de lame Iiumaine. « Holand. c'est le courajce indiscipliné, téméraire, sn|Tei'be, et. l)oui- tout dire en un mot, l'ranvais. Uli\ier, c'est le courafje rélléclii et qui devient sublime à l'orée / d'être modéré. Naimcs, c'est la vieillesse saf;;c et conseillère, c'est Nestor. Ganelon, c'est le traître, mais non pas le traîtie-né, le traître-formule de nf)S derniers romans, le traître forcé et à perpétuité : non, c'est l'homme tombé, qui a été d'abord couraj;eu.\ et lo\al et ipie les passions ont un jour terrassé. Turpin, c'est le type brillant, mais déplorable, de l'évèquc féodal, qui préfère l'épée à la crosse et le sang au chrême '-. » Si l'on peut admettre, avec Gaston Paris, qu'en général « la faiblesse de la caractéristique est sensible dans l'Epopée française », il faut faire exception pour le Holand : les personnages, du moins les principaux, en sont bien vivants et se distinguent nettement les uns des autres. Le caractère de Roland, en particidier, est renfermé dans des lignes très précises et conserve son unité dans tout le développement du poème. Certes, voilà un héros, et un héros fortement conçu, mais c'est en même temps un héros bien vivant, et un cœur d'homme bat sous son armure. Il est vrai qu'il semble étranger aux tendresses de l'amour : la belle Aude, sa fiancée, n'est mentionnée qu'une fois par le poète, et c'est 01i^•ier qui prononce son nom, pour déclarer que, s'ils survivent, il ne la lui donnera pas en mariage, parce que son obstination a causé la perte de l'armée : à quoi Roland ne répond que ces mots : <■ Pourquoi me garder rancune? » C'est que l'ivresse du combat ferme son âme à tout sentiment étranger. Mais quand il a succombé dans cette héro'ique lutte, le héros redevient homme : il pleure à la vue de ses compagnons morts en combattant pour leur grand empereur : il pleure encore quand succombent à leur tour stm fidèle ami Olixier et rarchevêque Turpin ; il n'est pas jusqu'à son épée sur le sort de laquelle il ne s'attendrisse, au souvenir des hauts fait dont elle a été l'instrumenl en songeant qu'elle va peut-être tomber entre les mains de l'ennemi ".
Le mérite princi|ialde l'auteur du Roland, quel qu'il soit *, c'est, à notre avis, d'avoir produit