G. Paris, Histoire poétique de Charlemaqne, p
2. Léon Gautier, Lu Chanson de Roland, édition classique, préface, p. xx\ni-xxxiv.
3. Le désastre de Honcevaux eut lieu en 778, et le 15 août, comme le montre l'épitaphe récenuiient (l(-couverte dKggilianl, l'un des trois morts illusties mentionnés par Kginhai't. La forme la plus ancienne de la légende de Roland se trouve dans le cliapilre XI.\ du roman latin qui se rt'olame du nom de lai-ciievi ,|ue Turpin, et cpii date du commencement du xir sii'cle. D'une source sensiblement ililVérente dérivent le Rtdnnd. du XI' siècle, issu, à ce qu'il semble, d'une clianson du X' dont le KarUtmagnussngu serait une traduction, et le Carmen de prodilione duenonis, poème en distiques latins qui est du commencement du xu' siècle, mais où la léffende primitive parait mieux conservée.
4. Il n'est pas sur que le dernier vers du poème. Ci fait la geste que Turoldus declinet, signifie que Turold
une o'u\'re na'ive. foide, saisissaid-c, pleine d'intérêt, dans laquelle se rcHète oxacteinctit l'épocpu" à la fois guerrière el i-eligieuse à la- (pudle elle a été écrite, et cela par une inspiration piMsoiiîU'lle, à la fois indépendante de la traditiim classique el de l'esprit religiiuix exclusif qui diuninait au xr siècle, en un nuit, une (eu\re vrainu'ut nationale el naïve. Sans aller jusqu'à appeler une nouvelle Iliade la plus belle de nos chans(ms de geste, nous avons le droit d'en être liers comme d'un beau produit spontané de notre sol généreux et de nous réjouir de l'intelligi'nte décision qui en a prescrit l'étude dans les classes d'huruanités :mI n'est pas d'œuvre plus capable d'entretenir dans l'àme des jeunes générations la llannue vixiliantc du patriotisme et le' culte îles senlinnuits nobles et géiu''reux.
b. — La matière de Rome la Grande. — Romans imités de l'Anlitfuité.
Les (euvres de l'Antiquité ne cessèrent jamais d'être étudiées au moyen âge : je parle de l'antiquité latine, car l'antiquité grecque n'était guère accessible que par l'intermédiaire des traductions latines. Mais les clercs ne voyaient plus dans les chefs-d'd'uvre que l'extérieur, la forme dont ils avaient besoin pour entendre les Écritures et les livres de doctrine ; ils n'en comprenaient nullement l'esprit. Ce qu'ils recherchaient dans les œuvres pa'icnnes, c'était, non le coté esthétique, mais le coté moral. Les rapports de |)lus en plus suivis entre le monde des la'iques el celui des clercs ne tardèrent pas à rendre familiers à la littérature populaire les noms et les choses de l'Antiquité, qu'elle s'exprimât en latin ou en langue vulgaire. " 11 en résulta que l'antiquité, transportée dans un milieu hétérogène, subit une nimvelle transformation en passant dans la littérature romanesque, comme elle en avait subi une première dans les écoles: et l'influence du milieu fut si forte que la forme littéraire et les formules poétiques fui-ent totalement transfoi-mées aussi bien que la langue, sans que personne s'aperçut d'un changement si radical. Alors on peignit des barons du xii' siècle, tout en croyant représenter des Troyens, des Grecs etdesRouuiins •'•. » C'est altu's qu'un (rouvèrc anonyme ccwuposele Roman de Thèhes Chrest., 16), un autre anonyme rA';ie;i.s. et Benoit de Sainte- Maure '^ le Roman de Troie {Chresl.. 17). parcoui-ant ainsi à eux trois tout le cycle des oi-igines de Rome; c'esl alors que Jean de Tuin (en Hainaul; écrit, en y ajoutant le curieux épisode des amours de César et de Cléopâtre el (à ce propos un intéressant traité de l'amour courtois, une tiaduction en prose assez libre de la l'hur.-<ale île Lucaiu. traduction que Jacol de Foi-est ne tarile
est l'auteur du poème : le mot ilerliner peut s'acpliquer également à un scribe ou à un jongleur.
5. Gonstans, La légende d'Œdipe étudiée it.ins fanliiiuit '•. au moyen âge et dans les temps n)nilrrnes, en parlicu'ier il.ins le Roman de Tliél>es. Pari-;. Maisonneuve el G", 1881, 138-139. Gl'. Gomparetti. \ irgilio nel metlio ei'O, L P- 249-250. dont l'auteur s'est inspiré tlans ce |)assage.
(i. G'est bien ainsi ipiil faut écrire, et non Sainle- .More, comme on la éciil jusqu'ici le plus souvent : lienoit était plus probablement originaire de Sainte- Maure, près Ghàtelleraut, que de 'Sainte-More, pK'S Troves.