IlOI,.VM> REFUSE DE SONNER DU COR TURPI.X BÉMT l'armée
[89J « Compaing Rodlanz, car sonez olifant : Si l'odrat Charles, qui est as porz passanz : Jol vos plevis, ja retorneronl F"ranc.
— Ne placet Dieu, » ço li respont Rodlanz, ô <' Que ço seit dit de nul ome vivant .Ta por paicns que jo seie cornanz !
Ja n'en avront reproche mi parent.
Quant jo serai en la bataille grant.
Et jo ferrai e mil cols e set cenz, 10 De Durendal vedrez l'acier sanglent.
Franceis sont bon, si ferront v^assalmcnt : Ja cil d'Espaigne n'avront de mort guarani. »
* Extraits de la Clmn.son rie Roland, pulsliés avec une Introduction littéraire, des observations grammaticales, des Notes et un Glossaire complet par Gaston Paris. 0' édition, i-evue et corrigée. Paris, Haciiette et C", 1896 (nous n'avons pu reproduire telles quelles les dentales marquées d'un point au-dessous pour marquer l'atTaiblissement). — La Chanson de Roland, la plus ancienne et de beaucoup la plus belle de nos chansons de geste, est postérieure à V Alexis d'environ un quart de siècle. Elle a été composée en assonances (ou peut-être simplement transcrite) par un jongleur des Marches de Bretagne, nommé "Touroude ; elle appartient, dans tous les cas, au Centre ou à l'Ouest du domaine. Pour des détails sur le sujet, voy. Tableau, etc., p. 9-11. Nos trois morceaux correspondent aux laisses 89-94 (v. 1070-1151), 200-204 (v. 2338-2417) et 295-6 (v. 3705-33) de l'éd. Gautier, que nous avons suivie dans notr-e 1" édition. — Nous croyons inutile de donner la traduction d'un texte si souvent traduit (L. Gautier, L. Clédat, Ji* Fabre, etc.) : nous renvoyons une fois pour toutes à celles de nos notes qui visent l'interpiétation.
à côté de dirent. Le / a été inséré pour faciliter la prononciation. Cf. mislreiil. pristrent, etc. — 174. M'e.ipee = ma e.fpee. Le ms. et l'éd. ont nia'spee, inadmissible à cette date.
1, 4. Dieu = :i Dieu. (Cf. 20 et 63, 6, 2. 29. 48, etc., et voy. 3, 65, n. — 5. Z)e = par. — Viivint, voy. 3, 41, note. — 6. Por paiens, pour [des] pa'iens (parce que j'ai devant moi des pa'iens). Cf. 21. Les Sarra/ins, comme les Turcs et les .4rabes, sont très souvent apjielés « pa'iens » dans les chansons de geste, et Aialiomet rapproché de Jupiter (ou Jupin), d'.Vpollin (-Vpolloni ou même de Tervagant, divinité dont loriaine n'est pas connue. — 7. J<i, etc. Nous voyons ici combien puissant él ait, à l'époque du Roland, le sentiment de solidarité chez la noblesse : la famille tout entière était glorifiée ou déshonorée par la conduite d'un de ses nuunbres. Cf. v. 21, où le sentiment patriotique vient corroborer le sentiment de l'honneur de la race. — 10. Durendal. L'épée des héros des cliansons de geste porte généralement un nom particulier et possède des qualités merveilleuses, ((^f. Halleclere, l'épée d'Olivier; ,4/mace, celle de Turpin; Joiose, celle de Charlemagne; Cortuin, celle d'Ogier.) Cet usage, dit avec raison G. Paris, doit remonter a un temps où il était rare de posséder une excellente épée. — 11. Si, ainsi, par conséquent. — 12. G. Paris place ici la laisse 88 de l'éd. L. Gautier.