‹ Chrestomathie de l'ancien françaisChapitre 5 sur 63 · LA TROISIÈME EDITION · texte numérisé non relu

LA TROISIÈME EDITION

Depuis la publication de la deuxième édition de notre Chrestomathie en 1890, plusieurs ouvrages du même genre ont été publiés en France, ouvrages que recommandent des qualités diverses^. Cette concurrence, pourtant inévitable, a fait hésiter l'éditeur, M""^ veuve Em. Piouillon, à entreprendre une troisième édition après Tépuisement de la deuxième, et nous aurait peut-être découragé nous-même, si de nombreuses sollicitations n'étaient venues ranimer notre confiance. M. H. Welter, qui a déjà rendu à l'étude de notre vieille langue de réels services, en particulier par la publication du Lexique de Vancien français (abrégé du Dictionnaire de Fr. Godefroy) et de la Grammaire sommaire de l'ancien français de MM. J. Bonnard et Am. Salmon (1903-19U4), a bien a'ouIu nous demander de donner notre Chrestomathie comme complément à ces deux ouvrages. Nous l'en remercions sincèrement.

Cette troisième édition, que nous avons, naturellement, revue avec soin et mise au courant des travaux parus depuis quinze ans dans le domaine de l'ancien français ^, ne présente que peu de changements, pour le fond, par rapport à la précédente. V^oici les deuxplus importants: l°nousavons dû, pour gagner delà place, supprimerles morceaux cotés VI'% Vie et VI I"^', intéressants en ce qu'ils nous initient aux procédés employés par les metteurs en prose de nos vieux poèmes, mais dont l'absence ne constitue pas une lacune ; les mots correspondants ont, par suite, disparu du Glossaire ; 2° pour observer plus exactement l'ordre chronologique, nous avons placé le n° VJa avant le n" V [Chanson de Roland) et le n° XVII avant le n" XVI [Roman de Troie), notre opinion s'étant modifiée sur les dates respectives de ces poèmes ; 3" nous avons renoncé à indiquer par des accents la prononciation de l'e entravé, à cause de l'incertitude qui règne à ce sujet pour certaines époques. L'emploi de l'accent aigu a été limité aux cas où l'e porte l'accent tonique (il sert alors à distinguer cet e plus ou moins fermé de l'e sourd, improprement appelé muet ou féminin) ; l'accent grave est employé dans le même cas et de plus quand l'e remplace ai (ou ei)^ ; 4° quand deux voyelles qui se suivent ne forment pas diphtongue, nous marquons d'un tréma la seconde ; faute de caractères spéciaux, il est placé sur Vi dans le cas où Vi est suivi de a, de au ou de e accentué.

Que nos collègues de l'enseignement supérieur et de l'enseignement secondaire veuillent bien nous permettre de faire encore une fois appel à leur bienveillant concours pour l'amélioration de ce livre : nous tiendrons d'autant plus de compte de leurs observations qu'elles auront été inspirées par l'expérience de l'enseignement et la pratique journalière de notre modeste ouvrage.

Aix-en-Provence, 31 mai 1905.

1. Outre les recueils de M. L. Clédat et de M. Sudre, il convient de citer particulièrement la Chreslomalhie du moyen àr/e de Gaston Paris et Ernest Lan^flois (Paris, Hachette et C'"", 1897). Dès 1887, K. lîartsch avait public, avec la collaboration de M. Ad. Honiinf,"^, à la librairie Maisonneuve et Ch. Leclerc, La langue et la litléralure françaises depuis le IX" siècle jusqu'au XIV' siècle.

2. Ainsi l'extrait du Itomnnde Troie [ir XVII; reproduit le texte critique de notre édition encours de publication pour la Société des anciens textes français, dont le premier volume vient de paraître. Pour les autres textes, nous avons tenu compte des nouvelles éditions depuis 1890.

3. Des notes indi([ucnt d'ailleurs la prononciation, lorsque cela a paru nécessaire.

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