Cr. Romania. L\, 497 sq
3. Cl'. Thomas, Xouvelles rcclierclici sur l'Enlroe do Spagne, Paris, 1882.
•i. Cf. G. Paris, La liliérature française au moijfu âge, § 32.
5. Cf. Darmesteler, De Floovanle vetustiore gallico poeinale et de mérovingien ryclo. Paris, Vieweg, 1877.
équivalents français, et Renaud de Montauban [Chrest., 11); dans le second, la Geste des Lorrains, immense composition bien enchaînée '^, qui raconte les guerres des familles lorraines et boi'delaises pendant plusieurs générations, et à laiiuelle on n'a pas encore pu découvrir une source historique'', et Raoul de Cambrai [Chrest., 13), où se déroule, en 7.630 vers divisés en 319 laisses assonancées, la lutte du neveu de Louis d'Outremer contre les quatre fils d'Herbert, comte de Vermandois, lutte qui se termine par la mort de Raoul, tué sur le champ de bataille d'Origny en 9i3 : le roi Louis y est )-eprésentc comme félon, et les barons s'unissent pour le braver. Un groupe à part est formé ]>ar les poèmes à forme biographique, qui racontent l'histoire d'un héros généralement de pure in\ention, comme Aioul, Flie de Saint-Gilles (Chrest., 12), Aie d'Avignon et sa suite Gui de Mantenil, Orson de Beauvais, etc. Enfin Huon de Bordeaux {Chrest., 8), dont le fond appartient à réjiopée féodale, se rattache, pour d'importants dé\cloppements, au cycle adventice, tout comme Berthe, la reine Sébile et le Pèlerinage de Charlemagne, qui appartiennent essentiellement à l'épopée royale ^.
Dans le cycle méridional (Geste de Garin de Monglane ou de Guillaume), le poème qui a le plus de valeur est certainement celui des Aliscans ou Aleschans, où l'on voit Guillaume d'Orange ou au Court Nez, d'abord vaincu et grièvement blessé par les Sarrasins en Aleschans, prendre sa revanche avec l'aide du roi Louis, son beau-frère, et du brave Rainouart ai; linel(k la massue). La scène où son épouse Guibourc afïecte de ne pas le reconnaître et refuse de l'admettre dans son château d'Orange, jusqu'au moment où, malgré ses blessures, il s'élance sur les ennemis qui le poursuivaient et leur arrache leurs prisonniers (Chrest., 10), est une des plus heiu^euses inspirations de l'épopée française. Signalons encore Aimer i de Narbonne, la Mort Aimeri de Narbonne, les Fnfances Guillaume, le Mariage Guillaume, le Charroi de Nîmes, la Prise d'Orange (poème du xin" siècle, qui ne manque ni d'entrain ni d'originalité), etc.
^L G. Paris ^ admet avec quelque raison un cycle particulier, qu'il appelle cycle adventice, et qui comprend des poèmes d'origines diverses, basés sur des récits ou des contes absolument étrangers à l'histoire nationale auxquels on a donné la forme épique, et que l'on a rattachés à répo|)éc nationale par les noms des héros, les lieux ou l'époque où se place l'action, comme sont, par exemple : Ami et Amile {Chrest., 14), types fameux au moyen âge de l'amitié et du dé^ouemenl, et sa continuation, Jourdain de Blage, du même auteur, dont la source est le roman byzantin d'Apollonius, roi de 7'i/r, composé au MI" siècle en Asie-Mineure et traduit en latin an vi" siècle; Anseï's de Carthage, dont la base est une légende espagnole ; le Moniage Guil-
G. Elle comprend cinq grandes chansons : Hervi de .Mclz, Ciarin, Girherl, .\nseïs et Yen.