‹ Chrestomathie des prosateurs français du 14e au 16e siècle, avec uneChapitre 14 sur 113 · NOMS DE NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMS DE NOMBRE

Cardinaux.

§ 20. —Les différences d'avec la langue actuelle sont peu nombreuses.

Outre deux on avait am6&, ambes, signifiant aussi avec; deambo: quelquefois ambe les deux , ambedeux , andeus , comme en italien ambedue^ ambedui. Il ne nous en est resté que le substantif ambey terme de loterie.

Oo avait septarUe, qui ne s'est conservé qae dans la Version des Septante, tradactioo grecque de l'Ancien Testament; de plusAuyiante et octante pour qaatre-vingts ; probablement nouante, qui subsiste encore comme provincialisme, à côté des trois mots pré* cédents.

Les multiples de t7m</( étaient plus usités. Nous n'avons conservé que quatre-vingts, quatre-vingt-dix, et comme nom propre de Thospice des aveugles les Quinze-vingts. Six-vingts était fort en usage au XVII*"® siècle. Au XVI™% Montluc parle ie six ou sept vingt gentilshommes, et ailleurs de huit vingt; trois vingt se lit aussi, onze vint dans un roman du XIII°'<' siècle , et douze vingts dans Joinville. En anglais on comptait de même par vingtaines, score : threescare^ sixscore, etc.

On voit par ces exemples, exactement copiés, que dans les multiples vingt s'écrivait avec ou sans s, arbitrairement et non comme aujourd'hui d'après une règle fixe ; ajoutons que Montluc écni six vingts mille francs, et Comines : Pan mil quatre cens quatrevingts et trois. Il en était de même Aecent: « L'an mil cinqcefU.*— € Plus de cens mille francs. » Comines.

Mille et mil, on vient de le voir^ servent également pour les dates. Ils servent indifféremment aussi pour le nombre des objets. La Boëlie dit : « Les batailles qui ont esté données detuc mille ans > (il y a 2000 ans). Montluc vient de parler de six vingts mille francs ; » ailleurs il écrit • quatorze mil livres; mil hommes, > et à peu de d'intervalle, « dix mil francs, six vingts mille francs. »

Un sabreur n'y regarde pas de si près ; mais des écrivains plus pacifiques sabraient de même l'orthographe.

ORDINAUX.

g21.— Le vieux français avait de plus que nous une double forme pour les adjectifs ordinaux des six premiers nombres. Nous n'avons conservé complètement que le mot second; les autres cinq n'ont gardé qu'un emploi restreint.

Prime se retrouve dans un mot créé par Montaigne, un esprit prime sautier, comme dans prime et primer.

« Le premier luy apprenait la religion ; le second à estre toujours véritable : le tiers, à se rendre maistre des cupidités : le quart, à ne rien craindre. » Montaigne.

Au XIII*°° siècle, la terminaison de la plupart des nombres ordinaux était ime en Normandie, wne en Picardie ; vinlime, trm^ iisme. C'est au Xiy»<^ que la terminaison ième commence à être employée pins fréquemment et avec quelque régularité (Bnrgoy, I, H6).

Alors aussi prévaut Tusage d'exprimer les fractions par un seul mot (Ib. 418).

Le tierSy le quarts fraction. Le tiers et le quarts les premiers venus, la troisième et la quatrième personne qu'on rencontre. Tierce^ quarte, quinte^ sixte^ termes de musique et de jeu. Tierce et qmrte^ termes d'escrime et de médecine ; tierce^ de plus, terme d'église, d'astronomie et d'imprimerie.

Quint^ Charles-Quint, Sixte-Quint.

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