‹ Chrestomathie des prosateurs français du 14e au 16e siècle, avec uneChapitre 56 sur 113 · RÉGIME DES ADJECTIFS · texte numérisé non relu

RÉGIME DES ADJECTIFS

g 54. — Les régimes de plusieurs adjectifs différaient des régîmes actuels: « Semblable courage de ce qui est esprit de Trayan;»

— t estre serf à fortune; » — < estre amy, ennemy à quelqu'un; »

— € traistre desoy-mesme; t — • pareil de luy; » — « prest de faire; i — • il me trouveroit tousjours preste de le servir. » Marg. de Valois *.

Degrés de comparaison.

g 55. — Le comparatif est souvent suivi de la préposition de^ an lieu de notre qm : « Je ne scay en mon royaume nul chevalier plu$ preux de vostre corps. » — « N'en ouïs oncqnes nul priser plus avant de l'autre. » Id. — « L'on ne nommera nulle part de meilleur chevalier de luy. » — Même dans une comparaison d'égalité : f n ne fust si grand ne si puissant de sa partie, t 0. d. 1. Harche. — « On les traiteroit de la mesme façon de plusieurs autres. > De la Noue. — Cette construction était la plus ordinaire au XII« et au XIII* siècle : « Vous estes meillor de moltz de muskeronns. > Matth. X, 31. — c Mielz volt, se dist Salemons, li patiens rfrffort baron. » St.-Bernard. — En italien on dit toujours : c È piu dotto del suo padre e piu éloquente di Cicérone. >

Nous avons conservé plus d'à moitié.

Quand les deux termes d'une comparaison d'inégalité sont deux propositions, on met dans la seconde, après que^ ne devant le verbe: • Louis est plus studieux que je ne Tétais au même âge. > La raison de cette particule négative explique une tournure ana-

1 Prêt de est comman dans les vers de Corneille et même dans sa prose : « Les grands de CastiUe étant préu de former une gnerre civile. » Ep. déd. de D. Sanehe, — « Il joint les dépntés comme ils étaient prétt d'arriver. > — Nons le lisons quelquefois encore dans le dernier tiers dn XVIIme siècle : « Si l'eaa de mille belles fontaines n'était prête d'éteindre le feu. » Fléchier, Les Grands Jours,

Cette utile frayeur propre à nous pénétrer.

Vient souvent de la grâce en nona prête d'entrer. Boileau, Ep. 12.

Mon cœur se propose D'arrêter son courroux déjà prêt (f éclater. Regnard.

logae de la vieille laogae quand le second terme de la comparaison n'avait pas de verbe, c Pexodoras fat bien plus content dV voir Alexandre ponr son gendre, que non pas Aridoas. t Amyot — t J'aimeroye mieux surmonter les autres en intelligence des choses hautes et très-bonnes, que non pas en puissance. » Id. — c Et font estât de trouver bien plus facilement, pourquoy une chose soit fausse, que non pas qu'elle soit vraye. » Montaigne.

Adjectifs pris substantivement.

g 56. — Le victorieux, pour le vainqueur ; — en son naïf, dans 8û naïveté. — • Il n'y a autre certain que Fincertitude. » Montaigne. — Le commun, le peuple, la masse. Un contraire, un accident, un malheur. — Le demourant, le reste.

Adjectifs pris adverbialement.

Un adjectif, se rapportant au sujet d'une proposition, se place quelquefois après le verbe de manière à tenir lieu d'adverbe : « Il y regarde plus entier et plus attentif qu'aux événements qui nous sont légers, t Montaigne. Voir Lexique s. v. Premier,

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