Y, EN
§ 62. — Ces deux pronoms se retranchent quelquefois : c Et n'y (en) avoit aucun qui osast. » Froiss. — « Espier s'il (y) avoit nulle part personne. > Id. — Ha il? (Y a-t-il?) — Ha (il y a). — liai. Havrei; hawif
Plus souvent encore ces pronoms, en tout particulièrement, inutiles pour la clarté, forment un pléonasme, peut-être dans Pintérét d'une liaison plus complète de la pensée, mais pas dans celui de Télégance : c Une cave dans laquelle le vin et Peau y demeuroient aussi frais que glace. > Montluc. — • Les livres sont plaisans : mais si de leur fréqttentation nous en perdons enfin la gayeté et la santé, nos meilleures pièces, quittons-les. > Montaigne. — « La proie dont ils en y trouveront grand foison. » Froiss. — • £tt y eut foison de morts. » Id. ■— « Dequoy les chevaliers plus courageusement s'en aventuroient.»Id.—« Volontiers le peuple du ma/ qu'il souffre n'en accuse pas le tyran. » La Boëtie.— « De cela il y en a de grands disputes, dont je m'en rapporte aux grands docteurs ^ > Brantôme.
Quand les deux pronoms y et en se suivent dans une môme phrase, nous les mettons dans cet ordre. Autrefois on pouvait suivre l'ordre inverse : ^ En y eut foison de mortz. > Froiss. — Hais on disait aussi : « Allez vous-^-en vous. > Montaigne.
* Ce genre de pléonasme n'était pas innnté dans la première moitié dn WII^* siède:
Je créa qâ*il me falloit d'une mauvaise affaire^
En prendre seulement ce qui m'en pouvoit plaire. Régnier.
Alors de tous ensemble On en verra sortir un tout qui te ressemble. Corn.
* De cet enfant sanvé par la supposition d'un autre, j'^ ai fait. » Heractius. Id» '^ Même encore dans la !'• satire de Boileao.:
De servir un amant je n'en ai pas l'adresse.