‹ Chrestomathie des prosateurs français du 14e au 16e siècle, avec uneChapitre 59 sur 113 · SORTES DE VERBES · texte numérisé non relu

SORTES DE VERBES

AeiUb ou tranaltllfi qui aajoard'hnl sont neutres.

§ 63. — Approcher la verisimiiitude.

Argumenter une doctrine. La déduire d'un principe.

Chevaucher un pays. Le parcourir à cheval.

Consentir un voyage.

Desmordre une prise. La lâcher.

Discourir une chose à quelqu'un. L'exposer, la développer.

Fureter tous les coins ; il n'est plus actif que dans la phrase fureter des nouvelles.

Gauchir la meslée. Eviter d'en venir aux mains.

Guerroyer le pays : les partis se guerroyaient.

Jouir une chose, jouir s(m estre, la santé.

Maugréer quelqu'un.

Parler, c Ce que j'en parle. > Calvin. Il n'a aujourd'hui uq régime direct que quand il s'agit d'une langue ou d'une matière générale : parler français, parler politique.

Marcher. En les marchant à terre.

Reculer, c Par leur force ils reculèrent les payens. > Artois.

Renoncer un privilège. Il n'est plus actif que dans Renoncer quelqu'un^ le renier.

Résister. € Que les ennemis Dieu feussent résistez. >

Tomber de Teau, Montaigne. —Expression gasconne poxir faire de Feau.

AetUs aaloard'hal pronomlnaiix*

§ 64. — Accoustumer quelqu'un ou quelque chose; s^accoutumer à. Montaigne dit du penser de la mort : € Ostons-luy l'estrangeté; pratiquons-le, âœoustumons-le. >

Escrier son cri.

Enquerrir quelqu'un. L'interroger.

Laver, c Le roy lava et fit laver tous ses chevaliers (au moment de se mettre à table). » Froiss.

Fortifier. ) • Les Anglais mallipliërent et fortifièrent telle- MnltipUer. j ment qa*il convint les Bretons reculer. > Froiss. — Multiplier n'est aujourd'hui neutre que dans le sens de s'accroître parla génération. Dans le passage de Froissart, il signifie se multiplier par l'arrivée de nouvelles troupes. Refroigner son front. Se refrogner ou se renfrogner.

IVcntres on intrattritlfti ai^joard'hiil actUs.

§ 65. — Appeler à délices. Aussi avec le régime direct. Tancer avec son valet. Aussi avec le régime direct.

IVevtres on Intnmaitliîi ai4oardliiil pronomlnaïui

§ 66.— Amender, f Si l'âme est immortelle, elle ira en amendant. » Montaigne.

Appaiser. « La douleur appairn. >

Arrester. • Ayant arresté quelques jours. » Montaigne. Il est aussi neutre aujourd'hui dans le sens de cesser de marcher, d'agir, de parler; faire une station.

Diversifier. « Nous voyons flotter les événements et diversifier.* Montaigne.

Enquérir. S'enquérir.

Esbattre. S'ébattre. Aussi s'esbattre.

Estudier à faire quelque chose {Studere).

Fourvoyer. • La nature mortelle ne fait que fourvoyer partout. » Montaigne.

Glacer. Geler, se glacer.

Mesprendre. Se mesprendre.

Noyer. Nous noyons,

Repaistre. Se repaître.

Ruer. Se ruer.

Troubler, c Les yeux troublent à ceux qui travaillent outre mesure à cet exercice. >

Plusieurs verbes neutres qui prennent aujourd'hui l'auxiliaire avoir se construisaient avec être : c Ovest nostre secours failly, — n«/fuy. t

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Verbes pronomlMawz 4«l me 1

g. 67 . — S'apparaistre.

Se bouger. Hontluc.

Se combattre, comme se battre^ sich schlagen.

Se commencer. Froiss.

Se craindre, c Le Pape se craignant qu'on lui tient propos qui peust offenser les ambassadeurs des autres princes. » Montaigne. — c Se craindre de quelqu'un > (sich fûrchten).

Se croupir. « Ne craignons pas en cette solitude nous croupir d'oisiveté ennuyeuse. » Montaigne.

Se délibérer. Se résoudre.

Se désirer à avancer. Froiss.

S'enquester. S'informer, faire des recherches.

Se feindre. Feindre, hésiter.

Se guerroyer. Froiss. Se faire la guerre.

Se partir. Froiss.

S'en partir, c Je m'en partiray d'ici plus ignorant toute autre chose que mon ignorance. > Montaigne.

Se prendre garde. Prendre garde, observer. Montaigne parlant des chiens des aveugles : tjeme suis pris garde comme ils s'arres* tent à certaines portes, d'où ils ont accoustumé de tirer l'au* mosne. •

Se revenir d'un profond sommeil.

Se tiédir.

Malgré le grand nombre de verbes pronominaux, l'ancienne langue supprimait souvent à l'infinitif et dans d'autres modes le pronom de ces verbes (ci-après Infinitif, § 86) et n'aimait pas le même pronom mis deux fois de suite : « Gautier vous (-) en irez à ceux de Calais, t Froiss. — « Nous transporter en pays incongneu sans savoir comme nous (-) y devons trouver. • Calv. — « Il ne vous en faut (-) esbahir. > Id. — « Nous (-) sonunes retrouvés.» 0. d. \. M.

Ifeghem impersoiuielB.

g 68. — Il a, pour: Il y a. f il avait un valet qu'on appeloit Nihilvalet.» Pasquier.

II est, cela est, c'est une chose : < /{ est plein de raison et de piété; > il est conforme à la raison et à la piété.

Il ne me chaalt on chaut (de chaloir). Il ne m'importe.

Il seult (de seuidre, souloir). Il est d'usage.

Il affiert (de aflférir). Il convient.

Il me deuU (de douloir). Il me fait de la peine.

Il me desplaist de cela. Froiss.

Il se supprime devant le verbe impersonnel quand la phrase commence par un adverbe: t Pis me fait, il m'est plus pénible. » Al. Chartier.

Aecord dn si^|et et da verbe.

Le verbe peut s'accorder avec un sujet collectif partitif on indéterminé, au lieu de s'accorder avec le pluriel qui en dépend. « Infini nombre de riches familles ^s< tombé en ruine. > 0. de Serres.

Après deux sujets au singulier, même quand ils ne sont pas synonymes, le verbe et l'attribut peuvent se mettre au singulier : f Lorsque la chaleur et moiteur est garant. » Chr. de Pis.

Quand, au lieu de la con.struction avec un verbe personnel, nous employons le tour impersonnel, le verbe s'accorde avec il qui le précède et pas avec le nom qui suit et qui est le véritable sujet dans la pensée ; au lieu de dire : dix mille hommes lui furent donnés, nous pouvons mettre : il lui fut donné dix mille hommes. Le vieux français conserve ce dernier tour, même en sous-entendant il : • Et luy fut baillié dix mille hommes, >

Cette construction subsiste encore, quand, avec la suppression de il, le nom sujet de la pensée précède le verbe au lieu de le suivre : « Deux grants maux peut ensuivre de bataille desroutée, i Chr. de Pis. — L'auteur avait présent à l'esprit l'impersonnel il peut.

Le verbe d'un premier membre de phrase peut être sous-entendu dans le second, à une autre personne et un autre nombre, se rapportant à un autre sujet : « Par le roy fus appelée et (fut) fait ce que je requeroye. » Chr. de Pis. *

s Rien de pins fréqaent dans les plus beaux ouvrages de Corneille: J'ikimois, yétois aimée et nos pères d*accord. Cid. Votre colère est juste et vos pleurs légitimes Ib.

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des Werbes.

g 69. — Plas OD étadie les langues, plus on est frappé de la difficalté de séparer toujours logiquement et pour le fond des idées, les verbes transitifs et les verbes intransitifs, puis ceux qui ont avecTobjet de Pacte un rapport direct ^ comme s'expriment les grammairiens, de ceux dont le rapport est indirect, La liberté de Tesprit humain se joue de mainte distinction grammaticale, quand on prétend la rendre rigoureuse. La matière dont nous parlons dépend trop de la manière nationale et individuelle d'envisager les idées pour qu'on la règle avec une rigueur systématique. Le même acte peut être considéré dans. Tagent seulement, comme pur acte sans objet, en dehors de lui-même : chanter, ou dans ragent et dans un objet extérieur : chanter une chanson. De là beaucoup de verbes, actifs dans un sens, et neutres dans un autre, quelquefois flottant entre deux. Même rapprochement entre le régime direct et le régime indirect, séparés souvent par de légères nuances : une balle a frappé un arbre, une autre a frappé au but. Le latin de différentes époques dit : adulari aliquen^ eiadulari alieut. Notre observation explique les changements que le temps opère dans le régime des verbes, et l'impossibilité de rendre toujours compte parle raisonnement des faits semblables ou différents qu'on rapproche. On s'en convaincra par les exemples suivants de diverses variations de ce genre.

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