‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 174 sur 245 · Le mardi gras (8 février · texte numérisé non relu

Le mardi gras (8 février

2. Le côté gauche était en aval et chacun « y tirait » naturellu» ment, poussé par le courant.

lîTSTOTRE

passâmes en tel manière, la merci Dieu, qu'onques nns de nous n'i cheï; et maintenant que nous fumes passé, li Turc s'en fouirent.

L'on avoit ordené que li Temples * feroit l'avant garde et li cons d'Artois avroit la seconde bataille après le Temple. Or a vint ainsi que si tost come li cons d'Artois eut passé le flun, il et toute sa gent se ferirent ans Turs qui s'en fuioient devant eus. Li Temples li manda qu'il leur faisoit grant vilenie, quant il devoit aler après eus et il aloit devant, et li proioient qu'il les laissast aler devant, ainsi come il avoit esté acordé avec le roi. Or avint ainsi que li cons d'Artois ne leur osa respondre pour mon seigneur Fourcaut deu Merle, qui le tenoit par le frein, et cis Fourcaus deu Merle, qui mout estoit bons chevaliers, n'ouoit chose que li Templier deïssent au conte, pour ce qu'il estoit sours, et escrioit : a Or a eus ! or a eus! )) Quant h TempHer virent ce, il se pensèrent qu'il seroient boni s'il laissoient le conte d'Artois aler devant

si bien, grâce à Dieu, que pas un de nous ne tomba; et dès que nous fûmes passés, les Turcs s'enfuirent.

On avait disposé que le Temple ferait l'avant-garde, et que le comte d'Artois conduirait la seconde division après le Temple. Or il arriva qu'aussitôt que le comte d'Artois eut passé le fleuve, il se jeta avec ses gens sur les Turcs, qui fuyaient devant eux. Les Templiers lui mandèrent qu'il leur faisait une grande injure en allant devant eux lorsqu'il devait venir après, et le prièrent de les laisser passer devant, ainsi qu'il avait été entendu avec le roi. Le comte d'Artois n'osa pas leur répondre, à cause de messire Fourcaud du Morte qui tenait son cheval par la bride, et ce Fourcaud du Morte, qui était très bon chevalier, n'entendant rien de ce que les Templiers disaient au comte, parce qu'il était sourd, criait : « A eux! à eux! » Ce que voyant, les Templiers crurent qu'ils seraient déshonorés s'ils laissaient le comte d'Artois aller

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