Heaume. Cf. page 18, note
VIE DE SAI^'T LOUIS
d'Alemaigiie en sa main. Quant il fu la arestés, si bon chevalier qu'il avoit en sa bataille, que je vous ai devant només, se lancierent entre les Turs. Et sachiés que ce fu uns très beaus lais d'armes, car nus n'i traioit ne d'arc ne d'arbalestre*, ainçois estoit li fereïs de maces^ et d'espees des Turs et de nostre gent, qui tuit estoient meslé. Uns miens escuiers^, qui s'en estoit fouis a toute ma baniere et estoit revenus a moi, me bailla un mien roncin* flamenc,seur quoi je montai, et me trais vers le roi tous coste a coste.
Endementres que nous estions ainsi, mes sires Jehan s de Valeri li preudons vint au roi et li dist qu'il louoit qu'il se traisist a main destre seurle flun pour avoir l'aide deu duc de Bourgoigne et des autres qui gardoient l'ost, que nous avions laissiés, et pour ce que si sergent eussent a boire, car li chaus estoit ja grans levés. Li rois
Quand il se fut arrêté là, ses bons chevaliers qu'il avait dans sa troupe, et que je vous ai ci-dessus nommés, se jetèrent au milieu des Turcs. Soyez certains que ce fut un très beau fait d'armes, car nul n'y tirait d'arc ni d'arbalète, mais les Turcs et nos gens, qui étaient pêle-mêle, se battaient à coups de masses et d'épées. Un de mes écuyers, qui s'était enfui avec ma bannière et était revenu près de moi, me donna un roncin flamand, sur lequel je montai, et j'allai me placer au côté du roi.
Cependant messire Jean de Valeri, cet homme de bien, vint au roi, et lui conseilla d'appuyer à droite sur le fleuve, pour avoir l'aide du duc de Bourgogne et des autres que nous avions laissés à la garde du camp, et pour que ses sergenis eussent à boire, car la chaleur était déjà très forte. Le roi
1. « Li rois et nostre ^ent n'avoient nul arbalestrier la endroit; cil qui avoient passé le flun avueqiies le roi avoient esté tuil ocis aviieques l'avant garde. » (Jean Sarrazin.)
2. Les chevaliers aussi bien que les hommes de pied se servaient de la masse d'armes.
3. Vécuyer (qui porte Vécu du chevalier) était au service d'un chevalier. Il combattait généralement à cheval.