Roncin. Cf. page 49, note
lllSTOlUE
comanda a ses sergens qu'il li alassent querre ses bons chevaliers qu'il avoit entour lui de son conseil, et les noma tous par leur non. Li sergent les alerent querre en la bataille, ou li hustins estoit grans d'eus et des Turs. 11 vindrent au roi, et leur demanda conseil, et il dirent que mes sires Jehans de Yaleri le conseilloit moût bien. Et lors comanda li rois au gonfanon saint Denis ^ et a ses banieres qu'il se traisissent a main destre vers le tlun. A l'esmouvoir l'ost le roi reut grant noise de trompes, de nacaires et de cors sarrazinois. Il n'eut gueres aie quand il eut pluseurs messages deu conte de Poitiers son frère, deu conte de Flandres- et de pluseurs autres riches omes qui iluec avoientleur batailles, qui tuit h proioient qu'il ne se meûst, car il estoient si pressé des Turs qu'il ne le pouoient sivre. Li rois rapela tous ses preudomes chevaUers de son conseil, et tiiit li louèrent qu'il atendist; et un peu après mes sires Jehans
donna l'ordre à ses sergents d'aller chercher ses bons chevaliers qui faisaient partie de son conseil, et les désigna tous par leurs noms. Les sergents les allèrent chercher en la l3a taille, où la mêlée était grande entre eux et les Turcs. Ils vinrent au roi, qui leur demanda conseil, et ils dirent que le conseil de messire Jean de Yaleri était très bon. Alors le roi commanda au gonfalonier de Saint-Denis et à ses bannières de se diriger à droite vers le fleuve.
Lorsque l'armée du roi se mit en mouvement, les trompes, les nacaires, les cors sarrasinois retentirent de nouveau. Le roi n'avait pas été loin lorsqu'il reçut plusieurs messages du comte de Poitiers son frère, du comte de Flandres et de plusieurs autres puissants barons qui avaient là leurs troupes, qui tous le priaient de ne pas s'éloigner, parce qu'ils étaient si pressés par les Turcs qu'ils ne pouvaient pas le suivre. Le roi rappela tous les bons chevaliers de son conseil, et tous lui conseillèrent d'attendre ; mais peu après revint messire Jean de