‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 19 sur 245 · A. — VOYELLES ET DIPHTONGUES · texte numérisé non relu

A. — VOYELLES ET DIPHTONGUES

73. Parmi les modifications subies par les voyelles et les diphtongues depuis le commencement du moyen âge, les unes sont spéciales à chacune d'elles, les autres, telles que la nasalisation, la combinaison avec Vu provenant de t vocalisée, ont un caractère plus général ; les premières seront traitées individuellement, les autres d'ensemble.

74. A, toujours bref dans les plus anciens textes, s'est souvent allongé par la chute d'une consonne suivante*.

1. Lorsque la première consonne d'un groupe cesse d'être prononcée, la voyelle précédente, si elle est accentuée et brève, devient généralement longue {àls > âs, ànnie > âme, àsne > â(s)ne, iesle > të{s)te, côste > cô{s)te).

xxvni INTRODUCTÎON

Va en hiatus à l'intérieur du mot devant^/, o devient souvent e au xii'' siècle {ynditurum : madur > meûr, fatutum : fadud > feu , pavorem : paor > peor) \ il tombe dans la prononciation devant a, ai, ei, ou, au XIV' siècle, souvent en allongeant la voyelle suivante {m{a)aille, g{a)aignier, ch(a)eine, s{a)oid)\ devant il forme avec cette voyelle le son ai {haine > haine ^ sam >> sain, traître > traître) ^.

75. AI cesse d'être diphtongue à la fin du xr siècle et assone dès lors avec Nous avons gardé la graphie ancienne, mais les manuscrits, surtout au xiif et au XIV* siècle, écrivent aussi souvent e que ai (fet, mes pour fait, mais).

76. È, É et E féminin se prononçaient comme aujourd'hui. Ve provenant de ë, î latins toniques entravés avait avant la fin du xi" siècle une prononciation spéciale, probablement intermédiaire entre é et è. Dans le Roland et dans la partie la plus ancienne du Couronnement de Louis, il n'assone qu'avec lui-môme; depuis le milieu du xii* siècle, il assone avec è. É provenant d'à tonique, depuis le xvie siècle, est devenu ouvert lorsqu'il était suivi d'une consonne prononcée {pére > père,sél'> sèl). E féminin avant la fin du moyen âge a souvent cessé de se prononcer et quelquefois même de s'écrire lorsqu'il séparait dans l'intérieur du mot deux consonnes dont la première était une r {sair{e)ment, per{e)sil, lar{e)cin). Depuis le xiv^ siècle, e féminin en

1. Le bosoin do maintenir intactes les désinences du verbe a empêché cette fusion dans tra[h]ir^ enva[h]ir, esba[h]ir^ etc.

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