‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 195 sur 245 · CHANSON D'HISTOIRE · texte numérisé non relu

CHANSON D'HISTOIRE

« On appelle, au moyen âge, chansons d'histoire^ à cause de leur caractère à moitié narratif, ou chansons de toile, sans doute parce cpie les femmes les chantaient en travaillant (et la plupart d'entre elles nous présentent une femme assise à son travail), des chansons de peu d'étendue, qui nous exposent en un petit tableau une aventure ou souvent une simple situation d'amour. Ces chansons, en vers de dix ou de huit syllabes assonants, se composent de quelques strophes de quatre, cinq, six ou huit vers, munies d'un refrain. Nous en avons malheureusement conservé fort peu, eu égard au grand nombre qui en a certainement existé. » (G. Paris, La littcraiurc française au moyen âge, g 118.)

Celle qui suit est du xn° siècle; elle a été déjà souvent publiée; l'unique manuscrit qui la contient a été reproduit par la phototypie : Le chansonnier français de Saint-Crermaiïides-Prés, par P. Meyer et G. Piaynaud, t. I (Société des Anciens Textes, 1892). Elle est écrite en vers de dix syllabes coupés après la sixième^

Le samedi al soir faut la semaine :

Gaieté et Orior, serors germaines,

Main a main vont baignier a la fontaine.

Vente Fore et li raim crollent :

Qui s'cntraimcnt soef dorment ! 5

Le samedi au soir finit la semaine : Gayette et Oriour, sœurs germaines, se tenant ])ar la main, vont se baigner à la fontaine.

La brise souffle et les ])i*anches se balancent : que ceux ([ui s'aiment dorment en paix!

Page 1