CHANSON D'HISTOIRE
L'enfes Gerarz revient de Ja quintaiiie*, S'a choisie Gaieté sour la fontaine :
Entre ses braz l'a prise, soef Ta streinte.
Vente l'ore et li raini crollent :
Qui s'entrainient soef dorment ! lo
(( Quant avras, Orior, de Teve prise, Reva toi en ariere, bien ses la vile : Je reniandrai Gerart, qui bien nie prise. )>
Vente l'ore et li raim crollent :
Qui s'entrainient soef dorment ! i5
Or s'en va Orior teinte et marie;
Des ieuz s'en va plorant, del cuer sospire,
Quant Gaie sa seroi' n'en meine mie.
Vente l'ore et li raim crollent :
Qui s'entrainient soef dorment ! 20
Le jeune Gûrard revient de la quinlaine; il aperçoit Gayette au bord de la fontaine. Il la prend dans ses bras et l'étreint doucement.
La brise souffle et les branches se balancent : que ceux qui s aiment dorment en paix!
(( Oriour, quand tu auras puisé de l'eau, retourne-t'en, tu connais le chemin de la ville. Je resterai avec Gérard, qui m'aime bien. »
La brise souffle et les branches se balancent : que ceux qui - aiment dorment en paix!
Oriour s'en va, paie et triste; ses yeux pleurent, son cœur soupire, parce qu'elle n'emmène pas Gaye sa sœur.
La brise souffle et les branches se balancent : que ceux qui s'aiment dorment en paix!
1. \.a rpiiiifaivc étdiïl un poteau contre lequel on s'exerçait au maniement de la lance.
POÉSIE LYRIQUE
(( Lasse î )) fait Orior, « com mar fui née !
J'ai laissié ma seror en la valee ;
L'enfes Gerarz l'en meine en sa contrée ! ))
Vente Tore et li raim croUent :
Qui s'entraiment soef dorment !
L'enfes Gerarz et Gaie s'en sont torné, Lor droit chemin ont pris vers la cité. Tantost com il i vint l'a esposé.
Vente l'ore et li raim crollent :
Qui s'entraiment soef dorment ! 3o
(( Hélas î » fait Oriour, c( à quelle mauvaise heure je suis née! J'ai laissé ma sœur dans le vallon. Le j^une Gérard l'emmène dans son pays! ^)
La brise souffle et les branches se balancent : que ceux qui s'aiment dorment en paix!
Le jeune Gérard et Gaye s'en sont allés : ils ont pris le chemin qui conduit droit à la cité. Dès qu'ils furent arrivés ils s'épousèrent.
La brise souffle et les branches se balancent : que ceux qui s'aiment dorment en paix !