‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 199 sur 245 · CiOnf. lo ])rovcr])(! cWr pa^c ^OS, vers TiO · texte numérisé non relu

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2. I.e roi Philij)j)(', suzerain de riicliard, avait profité de la captivité d(î coliii-ci })oiir envahir la Norniiindic

5. Avantdo partir pour la croisade, IMiilipjKMd Uicliard avaientsig-né (30 décemhi-e 1 lUO) nn Iraili' cti vn hi dii(|nel rliacnn d'eux s'eng^a- ^(Mil à déf'endi'c do loiil son poiiNoii' les possessions de l'autre tant que durerait l'exjjédition. Le ^29 juillet 1191, Philippe n'obtint de

rotroue:n'GE de richard cœur de lion

Ce sevent bien Angevin et Torain, Cil bacheler qui or sont riche et sain, Qu'encombrez sui loinz d'eus en autrui main. Forment m'amoient, mais or ne m'aiment grain. De bêles armes sont ore vuit cil plain,

Por tant que je sui pris *. 3o

Mes compaignons cui j'amoie et cui j'ain, Cens de Caheu^ et cens de Percherain, Me di, chançon, qu'il ne sont pas certain : Qu'onques vers eus nen oi cuer faus ne vain. S'il me guerroient, il font mout que vilain, 35 Tant con je serai pris.

Ils savent bien, les Angevins et les Tourangeaux, ces jeunes guerriers qui à cette heure sont riches et bien portants, que je suis dans la peine, loin d'eux, au pouvoir d'un autre. Ils m'aimaient beaucoup, mais aujourd'hui ils ne m'aiment plus. Et les campagnes ne voient plus de beaux faits d'armes, parce que je suis prisonnier.

A mes compagnons que j'aimais et que j'aime, ceux de Cayeux et ceux du Perche, va dire, chanson, qu'ils ne sont pas des amis sûrs. Jamais ils n'ont trouvé mon cœur faux et volage. Ils agiront très vilainement s'ils me font la guerre tant que je serai prisonnier.

Richard l'autorisation de quitter la Terre Sainte pour rentrer en France qu'en lui renouvelant le serment « quod nec ipse damnum facerct nec ab aliquo fieri permitteret régi A7igliœ, vel terris^ vel hominibm suis ; sed omnes homines et omîtes terras et homines suos defenderet ac si vellet defendere civitatem suam Parisiiis^ si aliquis eam invasisset. »

1. Richard était g^rand ami des tournois aussi bien que des guerres, et y brillait plus que tous.

2. Ansel de Cayeux (Somme) avait été un des compagnons de Richard dans sa croisade.

POÉSIE LYRIQUE

Coiitesse suer*, vostre pris soverain^ Vos saut et gart cil a cui je me clain

Et por cui je sui pris ^.

Je nel di pas de celi de Chartain*, 40

La mere Loeïs.

Comtesse sœur, que votre renom suprême soit défendu et gardé par celui à qui je me plains et pour qui je suis prisonnier !

Je ne parle pas de celle de Chartres, la mère de Louis.

1. Contesse suer. Marie de France, comtesse de Champagne, était fille de Louis VII et d'Aliéner de Poitiers : elle était par conséquent sœur utérine de Richard, qui était fils de la même Aliéner et de Henri II.

2. Marie de Champagne était en effet très célèbre pour ses qualités de tout genre ; elle a inspiré plusieurs des meilleurs poètes de son temps.

3. Cil..., Dieu. Richard avait été pris en revenant de la croisade, entreprise pour Dieu.

•4. (]eH ch' Char tain. Aélis, comtesse de Chartres, veuve de Thibaud V et mère de Louis, était, comme Marie de Champagne, fille de Louis VII et d'Aliéner : on voit par ces vers qu'elle n'était pas en aussi bons termes que Mario avec Richard.

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