MARIONS
Ll CflEV. — MARIONS —
LE JEU DE ROBIN ET MAllION
MARIONS — Vous perdez vo peine, sire Aubert,
Je n'amerai autre que Robert, Li cHEv. — Non, bergiere?
MARIONS — Non, par ma foi. 85 Li ciiEv. — Guideriez empirier de moi,
Qui si loing getez ma proiere?
Chevaliers sui et vous bergiere.
MARIONS — Ja pour ce ne vous amerai.
Bergeronete sui, niais f ai 90 Ami bel et cointe et gai.
Li CHEV. — Bergiere, Dieus vous en doinst joie! Puis qu'ensi est, j'irai ma voie.
Ilui mais ne vous sonerai mot.
MARIONS — Trairi deluriau deluriau delurele, 95
Trairi deluriau deluriau delurot.
LiCHEV.* — Hui main je chevauchoie lez Voriere d'un bois, Trouvai gentil bergiere, tant bele ne vit rois. Hé! trairi deluriau deluriau delurele,
Trairi deluriau deluriau delurot. 100
MARiON. — Vous perdei votre peine, seigneur Aubert ; je n aimerai personne autre que Robert.
LE CHEVALIER. — Noii, bcrgèi'e?
MA h ION. — Non, par ma foi.
LE CHEVALIER. — Croiriez-vous déroger avec moi, vous qui repoussez ainsi ma prière? Je suis chevalier et vous bergère.
MARION. — Ce n'est pas pour cela que je vous aimerai. Je mis une j)etite bergère, mais j'ai un ami beau, gracieux cl gai.
LE CHEVALIER. — Bcrgèrc, Dieu vous en donne joie. Puisqu'il en est ainsi, j'irai mon chemin. Je ne vous i)arlerai pas davanlage.
MARION. — Trairi deluriau deluriau delurelle, trairi deluriau deluriau delurot.
LE CHEVALIER. — Cc mutin je chevauchais à la lisière d'un bois, je trouvai une gentille bergère, jainais roi n'en vit une si belle. Ah! trairi deluriau deluriau delurelle, trairi deluriau deluriau delurot.