ADJECTIFS
113. Les adjectifs, y compris les participes, se déclinaient comme les substantifs, bonus et grandis au masculin comme murus; bona et grandis au féminin comme causa et 7iavis. ^lais les voyelles posttoniques du latin autres que a étant tombées en français, le féminin de grandis était au singulier granf^ au pluriel granz, sans e final; tandis que bona, bonas avaient donné bone, bones, a posttonique devenant e.
114. Les formes féminines en e étant les plus nombreuses, cette terminaison en est arrivée à être considérée comme la marque du féminin, et les adjectifs et participes qui phonétiquement ne devaient pas l'avoir l'ont reçue, d'abord exceptionnellement, puis, à la fin du moyen âge, régulièrement ^
115. Souvent la consonne finale du masculin n'est pas, en français, la même que celle qui précède Ve final au féminin. Cette différence provient soit du renforcement de la consonne finale {grant et grande, cf. § 72); soit d'une nécessité orthographique {turc et turque, parce que turce se prononcerait turse ; gentil et gentille, parce que gentile n'indiquerait pas le mouillement de 1'/); soit parce que la consonne qui terminait le radical latin subissait un sort diff'érent suivant qu'elle était ou n'était pas suivie d'un a {francum : franc, franca : franche, frisciun : freis^ frois > frès, frisca : fr esche).
1. Quelques traces de l'ancien usage se sont conservées jusqu'aujourd'hui dans dos expressions telles que g r and' mer grand'messe, etc.